Archives de la catégorie politique

1er mai tout en couleurs

De Denfert-Rochereau à Bastille, le défilé du 1er mai, vu à partir du cortège féministe et lesbien à l’appel des LOCs, avec La Marche mondiale, l’AG…

Quand la sono s’est éloignée, nous avons même pu nous entendre…

Et puis, parce que le soleil était revenu et qu' »aux arbres citoyennes », les sourires ont défilé devant mon objectif, Christine, Sylvie, Moruni, et aussi quelques arbres. Chose étonnante, même  leurs feuilles avaient revêtu des couleurs inatttendues -le rose- Je le prends comme un signe de bon augure pour l’avenir proche !

Voici une galerie de sourires donc, et une mini video prise avec mon appareil photo…

 

 

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J-7 je coupe le son, sauf pour de belles musiques

Pas besoin de commentaires. Entre-deux-tours mieux vaut avoir l’oreille sélective…voici ma sélection. Pour tenter de garder l’espoir…4 chansons, 4 touches de coeurs qui vibrent pour l’humanité…

D’abord, Melissmel.

Et puis, comme aujourd’hui c’est l’anniversaire de la première fois où les femmes ont eu le droit de vote, (29 avril 1945 aux municipales), un petit retour sur cette Marseillaise là…où l’on reparle des torts du sexe barbu… ;-)

Ensuite le Chant des marais, chanté par Isabelle Longnus, parce que c’est une chanson d’espoir…et que l’air ne vous en sera pas inconnu !

Enfin, une éternelle, qui ne veut pas que revienne le temps du sang et de la haine…

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Le crépuscule des dominants ? (DSK et autres)

En cette période, c’est l’hécatombe des dominants… qui s’enfoncent tous seuls.

Ainsi, ici même j’expliquais comment Marcela Iacub la juriste était allée tellement loin qu’elle s’était décridibilisée toute seule face à Muriel Salmona.

Ailleurs, il me semblait plutôt nécessaire de laisser le président sortant et bientôt sorti j’espère s’enfoncer de lui-même…

Enfin, il y a DSK. Qui réussit à faire son come-back entre les deux tours de l’élection présidentielle, dans un journal américain (il dira certainement qu’il ne voulait pas que cela paraisse à ce moment-là…), pour dire qu’il a été victime d’un complot. Alors que c’est son seul comportement qui est responsable de son écartement des affaires…car même s’il y avait eu complot (non pas que j’y croie), c’est bien parce qu’il l’avait rendu possible…

Je n’imagine pas qu’il croie que cela va servir la France, donc le candidat du parti dont il est issu, François Hollande, de déballer sa rancoeur. Il devrait savoir que cela ne peut faire qu’embarrasser son camp qui l’a trop soutenu trop longtemps. Il semble plutôt qu’il fasse ça « pour lui-même ». Ainsi quand le journaliste du New York Times, Jay Epstein, raconte leur entrevue, il fait part d’une interrogation : » Was it that, as a man of huge international renown used to being courted around the world, he perhaps felt he was invincible, a Master of the Universe? » « Est-ce que c’est cela, le fait qu’en tant qu’homme internationalement reconnu et habitué à être courtisé, il se sentait peut-être invincible, un maître de l’univers » ?

Il semblerait bien que oui, lui qui « ne doute pas qu’il aurait gagné l’élection présidentielle », et qui pense qu’il aurait eu de fortes chances de convaincre Merkel de sauver la Grèce…se prenne pour le maître de l’univers.

C’est clair. Un dominant ne renonce jamais. Et comme il croit que son impunité lui est dûe (cf les réactions de son ami BHL qui comprenait pas qu’on le traite comme n’importe quel prévenu), il est prêt à tout, même mettre en danger son pays, visiblement, pour conserver cette image de maître de l’Univers.

Il faut juste espérer que cela n’aura pas l’effet du pire.

S.G

Une remarque supplémentaire : un journaliste du NYT semble déterminé à suivre DSK et mettre en avant le maximum d’infos -peu probantes et interprétables- à sa décharge. Est-ce un hasard que ce soit un homme ? Une femme pourrait-elle simplement envisager de le rencontrer pour une interview ? Et quand aurons-nous une femme journaliste qui s’intéresse au sort de Nafissatou Diallo ? Et lui accordera au moins un peu d’importance ? Pour nous éviter de penser qu’encore une fois, elle n’était QUE femme, QUE noire, QUE immigrée, QUE femme de chambre ?

 

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Iacub, Auschwitz et le viol

« Il y a des gens qui ont été à Auschwitz et qui ont été traumatisés et d’autres non ».

Oui, je sais, c’est choquant. Surtout quand c’est utilisé, tel le point Godwin, pour décridibiliser une femme qui lutte pour aider les victimes de viol.

Vous vous en doutez, ce n’est pas moi qui le dit. Vous savez qui l’a dit ?

C’est Marcela Iacub, la juriste.

Vous savez dans quel cadre cela a été dit ? Dans une émission d’une radio privée pour jeunes, en catimini ?

Non, dans l’émission de Finkielkraut sur France Culture.

Vous imaginez que ces propos ont fait réagir l’animateur, a priori très sensibilisé à la question ?

Non, il n’a même pas relevé.
Il faut dire que cela a été dit le plus vite possible. au détour d’une phrase, à un moment de tension dans une émission.

Ah, et aussi. Vous savez dans quelles circonstances cela a été dit ? C’était lors de l’émission, Répliques, intitulée « la domination masculine », où, pour parler du livre de Iacub « Une société de violeurs ? », Finkielkraut avait invité  en face de la juriste, Muriel Salmona, psychiatre psychotraumatologue et présidente de l’association mémoire traumatique et victimologie, avec qui je milite étroitement.

Cette phrase, a donc été dite, vers la fin de l’émission, pour essayer de discréditer le propos de Muriel Salmona, qui expliquait que la vie des victimes de viol est un terrain miné en raison des  troubles posttraumatiques. Marcela Iacub essayant de nous faire croire que Muriel Salmona « condamne les victimes » au malheur en poussant à faire reconnaître l’existence desdits troubles psychotraumatiques, à les identifier pour pouvoir les traiter.. Alors que bien sûr, c’est le crime de viol subi qui mine la vie des victimes, à moins qu’il soit pris en charge de façon appropriée. Ce qui est très exactement le combat que mène Muriel Salmona, forte de 20 ans d’expérience professionnelle et de son expertise scientifique.

Il faut dire que face aux arguments factuels et précis de Muriel, vers la fin de l’émission, Marcela Iacub n’avait plus qu’une solution : l’empêcher de finir ses phrases et, avec une méthode à l’efficacité éprouvée, faire dire systématiquement à la personne en face le contraire exact de ce qu’elle dit.

Plus c’est gros, plus ça passe ? La réalité, c’est que je crois que cela ne passe plus. Quand essayer de faire sortir de ses gonds son adversaire est le dernier argument qu’on est capable de produire, c’est qu’on est proche d’un aveu d’échec à débattre.

Ce que finalement je trouve très éclairant dans cette émission, c’est la posture de l’animateur, Alain Finkielkraut, qui cache à peine qu’il est à charge contre Muriel Salmona, reprenant une fois qu’elle a parlé à plusieurs reprises par « c’est vrai MAIS ». Dans la posture de l’homme terrorisé à l’idée de l’innocent accusé à tort, il a du mal à entendre que les victimes ne s’amusent pas à porter plainte à tout va, et essaie de ramener toujours la question aux mensonges de Nafissatou Diallo dans l’affaire DSK. Comme si ceux-ci avaient prouvé quoi que ce soit quant à la culpablité ou non de DSK.

Le viol conjugal, une violence non sexuelle ?

Enfin, il se livre, sur la question du viol conjugal, à une intervention surprenante. Je m’explique. Dans le cours du débat, Marcela Iacub affirme qu’elle ne comprend pas que le viol conjugal soit considéré comme un viol, pire, un viol aggravé (ce qui est le cas depuis une dizaine d’années, passible de 20 ans contre 15) : « je trouve absurde qu’on pénalise le viol entre époux », dit-elle. Parce qu’il faudrait certes, le pénaliser, mais pas comme de la violence sexuelle. C’est un viol, mais pas de la violence sexuelle….Sur ce, Muriel Salmona tente de lui faire expliquer comment peut ne pas être qualifiée de viol une pénétration obtenue par surprise, menace ou contrainte (définition légale du viol) sous prétexte que c’est dans le cadre du couple légal. Ce à quoi Iacub ne trouve rien à répondre.

C’est alors que l’animateur intervient :

« il peut y avoir une certaine difficulté. Les couples traversent des hauts et des bas. Des rapports consentis du bout des lèvres ou par fatigue ». Plus loin « la vie conjugale n’est pas un long fleuve tranquille ». Ce qu’il semble craindre ici, c’est que des femmes qui ont fini, par fatigue, par dire oui alors qu’elles pensaient non, qu’elles cèdent donc, et ne consentent pas, portent plainte ? Ne devrait-il pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles un homme, fut-il un mari, s’autorise à se contenter d’un « consentement » par fatigue ? Je mets entre guillemets consentement, bien sûr, parce que même Iacub, qui place le consentement entre adultes au pinnacle, le reconnaîtrait j’espère : « céder n’est pas consentir ». Encore moins désirer.

La psychiatre qui reçoit depuis 20 ans des victimes a beau l’expliquer : les plaintes pour viol conjugal sont rarissimes, justement parce que les victimes ne réalisent pas elles-mêmes qu’il s’agit de viol, alors qu’elles ont parfois subi des sévices très importants. Il n’y a donc que très peu de risque d’abus de plainte pour un changement d’avis intempestif. En revanche, il y a tous les risques qu’une femme soit dès lors encouragée à céder, si le viol conjugal n’était plus reconnu…

Si Iacub milite comme elle le dit pour la liberté sexuelle ( selon elle « c’est la sexualité qui est dévalorisée et non pas les femmes » ), pourquoi alors ne veut-elle pas reconnaître que le viol conjugal est un viol ? Ce qui permettrait d’encourager une sexualité libre dans le désir et la valorisation réciproque, plutôt que d’encourager les femmes à céder sans désir, et les hommes à se contenter de cet abusif « consentement du bout des lèvres » dont parle Finkielkraut*.

Sandrine GOLDSCHMIDT

*on peut raisonnablement imaginer que les femmes, ayant déjà du mal à porter plainte et à dire non alors même que le viol conjugal est reconnu, le pourraient encore moins si l’on revenait en arrière de 20 ans. Et que cela  les découragerait un peu plus de faire respecter leur désir…tout en encourageant encore moins  les hommes à se poser a question de le faire…

Comme toujours, il y aurait encore énormément à dire, il y a aussi beaucoup à lire

je vous conseille la lecture

De l’explication de texte par Muriel Salmona elle-même : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2012/04/la-domination-masculine-le-21-avril.html

de la note du blog « Féministes en tous genres » : http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/04/25/le-sexe-a-l-etat-de-brut-e.html

Je remercie A.Schmitt de m’avoir signalé la citation qui fait le titre de cet article.

Et voici le lien vers l’émission, pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion : http://www.franceculture.fr/emission-repliques-la-domination-masculine-2012-04-21#.T5JyBwBJ64h.facebook

Enfin, si cela vous intéresse, le programme des interventions de l’Association mémoire traumatique et victimologie

http://stopauxviolences.blogspot.fr/2012/04/emissions-et-debats-en-avril-et-en-mai.html

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Le Pen 18%, Hollande en tête : le pire est-il avenir ?

Une fois n’est pas coutume, je vais vous donner mon avis sur le premier tour de la présidentielle…je pense que le pire n’est pas forcément à venir, à condition qu’il perde le 6 mai (le pire). Et que les 18% de Le Pen n’en sont que l’expression. Avec la politique du pire, c’est un avenir sombre que le pouvoir sortant nous promet, et c’est des millions d’électeurs qu’il jette dans les bras de l’extrême droite.

Le score de Marine Le Pen  à 18%, ça ne m’étonne pas. Je ne crois pas que 18% des Français-e-s soient racistes. Je pense que la société l’est, mais pas d’une façon frontale et consciente.
En revanche, je ne crois pas que ce soit pour ses fondements nauséabonds de l’extrême droite la plus violente que la candidate a eu un tel score.
Je pense que c’est tout simplement un vote protestataire qui se porte sur une des seules candidates à parler d’un avenir pour le pays face à des gens désespérés par le nihilisme cynique du pouvoir sortant.

Et le problème, c’est que ce désespoir mène certain-e-s à ne plus avoir aucune confiance en la République dans sa composante ouverte et généreuse, et à se tourner vers un avenir qui est celui du repli sur soi, de la haine et de la France réservée à certain-e-s, en focalisant toutes les rancunes sur les autres.
Le problème, c’est que l’avenir de la France, cela doit être exactement le contraire de ça : pour que « les 30 glorieuses soient devant nous », comme le disent Karine Berger et Valérie Rabault dans leur ouvrage paru récemment, il faut une France ouverte, généreuse, qui sache investir et prendre des risques. Pour cela, il faut cesser d’entendre un discours sur : « nous sommes en crise, rentrez chez vous, détestez votre voisin et dîtes que c’est la faute au reste du monde qui agit contre nous ». Ce discours-là, c’est en premier celui du président sortant. C’est lui, sa politique, son discours et celui de ses sbires gouvernementaux qui l’ont créée (mais ils ne sont pas les seuls). LEUR politique est la première responsable du fait que beaucoup de gens soient prêts à voter pour le pire.

En ne cessant d’affirmer que le modèle français est dépassé, qu’on est en crise, il n’a fait qu’enfoncer le clou dans la tête du désespoir. Ce ne sont pas tant les faits objectifs de la crise qui comptent ici. C’est le modèle d’une société en mutation qui a du mal à prendre des décisions courageuses et ne propose aucun projet de cohésion sociale et d’amélioration de la vie quotidienne pour celles et ceux qu’on ne voit pas à la télévision gagner des concours idiots, ou obtenir beaucoup d’argent en ne faisant pas grand chose (je parle bien sûr de certain-e-s sporti-v-es, stars +/- fictives, des actrices qui gagnent des millions pour être l’égérie d’une marque). Ca pendant que la majorité essaie au prix de chômage de longue durée, boulots de plus en plus précaires, de joindre les deux bouts, avec des salaires qui ne sont décents qu’au regard de l’indécence absolue de nos mimina sociaux (je ne comprends pas personnellement pour quoi le RSA n’est pas au niveau du seuil de pauvreté…)

Ce n’est pas parce qu’il y a 18% de fascistes en France que Le Pen a eu 18%. La France a certainement une très forte part de racisme, d’antisémitisme et de sexisme en elle. Ca, c’est clair. Mais ce n’est pas ça qui se traduit dans le vote Le Pen. C’est parce qu’il y a des millions de gens qui ne savent plus où rêver leur vie, pas la vie vide de sens que nous montrent les médias, mais une vie où chacun, Français-e, étranger-e immigré-e, femme, homme,  a l’impression qu’il y a un sens à participer à l’effort collectif.

Alors je n’ai pas changé d’avis depuis que Hollande est candidat. Je pense qu’il n’est peut-être pas bien charismatique ni révolutionnaire, qu’il ne propose pas le grand soir…et qu’il faudra lui mettre la pression. Mais je pense que si la France des 5 prochaines années a cet homme, pas tout seul, et la gauche aux manettes (parce qu’il faut penser aux législatives !), il y a une toute petite chance qu’on entre sur une voie où les choses progresseront, au mieux de cesser de ne faire que se dégrader.

Ce sera dur, parce que dans les 10-15 dernières années, la confiance collective a été très fortement entamée. On ne sait pas encore, si le candidat en tête au premier tour, François Hollande est élu au second, s’il aura le courage nécessaire pour prendre, face aux partenaires internationaux, la voie annoncée. Mais ce qui est sûr, c’est que cela ne sera possible que si c’est lui qui est élu.

S.G

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Pétroleuses à la Bastille pour Mélenchon

Je n’y étais pas. C’était hier, à la Bastille, une marche pour Jean-Luc Mélenchon, démonstration de force.

Et une forte présence d’un cortège féministe, qui explique l’ampleur des applaudissements reçus par le candidat du Front de Gauche à la Cigale par Jean-Muc Mélenchon lors de l’interpellation par les Féministes en mouvements de s candida-t-es  à la présidentielle.

Il est vrai que le candidat sait faire mouche et dire ce que les femmes de gauche ont envie d’entendre : que l’égalité femmes hommes soit au centre de la politique.
Je vous montre aujourd’hui les photos de cet événement, prises par mon amie Pascale Carayon, d’abord parce qu’elles sont très belles, pourvues d’âme et de sens.

Et vous laisse seul-e-s juges pour le reste…

N.B : on désigna par pétroleuses les femmes qui avaient pris part aux combats armés, faisant d’elles les boucs émissaires du vandalisme survenu pendant la semaine sanglante“. Pendant la Commune ».

 

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Soirée féministe d’interpellation des candidat-e-s, c’est mercredi ! Et le 8 mars, et pas de justice, pas de paix, c’est toute la semaine !

Avant de vous faire un petit point sur l’avancement de la campagne « Pas de justice, pas de paix », rappel des moments importants de la semaine qui vient (PJP y sera, d’ailleurs !)

Mercredi 7 mars, c’est le grand soir des FEM, Féministes en mouvements, regroupement de 45 associations (dont femmes en résistance), pour l’interpellation des candidats et candidates à la Présidence de la République. L’objectif : leur faire prendre conscience que faire de la politique en oubliant que les femmes existent, et que toute mesure à un impact genré, qui en l’état actuel de la société fait qu’une loi qui ne penserait pas en termes de genre, un plan d’actions qui ne penserait pas en terme de genre, aboutit dans l’immense majorité des cas à défavoriser les femmes, et à renforcer les inégalités. Un exemple tout bête : un budget sport d’une ville, analysé en termes de genre, montrera que tous les investissements -en tout cas l’immense majorité, vont aux équipements et aux sports pratiqués majoritairement par des garçons. Et une fois qu’une municipalité a, au hasard, décidé de dépenser beaucoup d’argent pour rénover son stade de foot, » il n’y en a plus » pour la beaucoup moins coûteuse rénovation d’une salle de danse…

Au programme de la soirée du 7 mars (18h), les politiques, mais aussi des artistes ou humoristes, Flavia Coelho, Dialem, Aldebert, Oceane Rosemarie, Didier Porte…

Donc, interpeller les politiques, c’est essentiel, et c’est essentiel tout le temps. C’est donc aussi une fois que la nouvelle équipe sera élue, si elle l’est, qu’il faudra imposer une pression tous azimuts pour que les choses changent.

FEM, c’est aussi un livre, très bien fait, le manifeste des féministes en mouvements, qui sort le 7, et est intitulé : « mais qu’est-ce qu’elles veulent, encore » ?. Oui, elles veulent l’égalité. Mais aussi, la liberté de vivre, de choisir son destin, de se tromper, de se promener en sécurité, de croire en la justice de leur pays, de ne pas subir un deuxième traumatisme lorsqu’elles portent plainte.

C’est bien évidemment l’objectif de la campagne Pas de justice pas de paix, qui est dans la suite des campagnes de ces dernières années, mais cible particulièrement la nécessité que la justice nous prenne au sérieux. pas de justice, pas de paix, c’est un slogan des émeutes de Los Angeles, en 1994. Parce qu’aux US, et ailleurs la justice est raciste comme elle est sexiste. Ici, son sexisme intégré est flagrant. Et il ne peut y avoir de progrès dans ce pays ni de paix, tant qu’il n’y a pas de justice. Et donc, nous ne ferons jamais comme si de rien n’était. Nous ne vous ficherons pas la paix, tant que la justice ne sera pas faite…tout cela est dans ce slogan, qui au départ n’était pas forcément ciblé sur le viol des femmes, mais qu’un livre magnifique, d’une écrivaine féministe a repris. Dans le cadre de la campagne, qui durera jusqu’au 8, et continuera après la présidentielle, une action vous sera proposée et révélée mardi à 9 heures, qui ne nécessitera que d’avoir un ordinateur et un mail, mais aura beaucoup d’importance ! En attendant, continuez à signer la pétition, déja 1095 signatures à l’heure où j’écris ces lignes : http://lapetition.be/en-ligne/petition-10319.html. Rejoignez notre page facebook : http://www.facebook.com/pages/Manifeste-pas-de-justice-pas-de-paix/339714649387698et inscrivez-vous à l’événement pour être tenu-e-s au courant (http://www.facebook.com/events/253001501450002/?ref=ts )! Bien sûr, vous aurez toutes les infos sur le blog du manifeste : http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/ , et ne manquez pas, dès demain matin, la troisième photo de la campagne !

Et puis, je signale aussi, déjà, qu’il ne peut y avoir de journée internationale de lutte des femmes sans affirmation de la nécessité d’abolir la prostitution, et d’inverser la charge pénale : supprimer toutes les mesures répressives à l’encontre des personnes prostituées, pénaliser le client (on est ici dans une « économie de la demande ». Sans client qui est prêt à acheter et détruire le corps d’une femme pour obtenir un « service sexuel », il n’y a pas d’offre. Sans pauvreté, mais surtout sans violence sexuelle dans l’enfance, il n’y a pas d’offre). Tout ceci est donc lié. Encore une fois, pas de justice, pas de paix. Pour comprendre mieux, ce que je veux dire par là, de nouveaux liens indispensables : le dernier article de Muriel Salmona, présidente de l’association mémoire traumatique et victimologie, mémoire traumatique et conduites dissociantes, et ce nouveau blog découvert grâce à A. , qui s’intitule : « Surviving prostitution and addiction ». Avec cet extrait : ‎ »Des années à enterrer les émotions, à me diviser, m’assommer et me détacher ont rendu difficile le fait d’accepter la moindre émotion et de faire avec. Elles menaçaient de me noyer. Identifier et nommer les émotions – colère, peur, tristesse – a pris du temps. »

Enfin, pour parler d’un sujet qui semble moins grave, mais est tout aussi important, pour donner une existence aux femmes, c’est celui de la langue : un rassemblement aura lieu mardi 6 mars à 18h devant l’académie française, pour le masculin ne l’emporte plus  sur le féminin, et revenir à l’ancienne règle de grammaire de la langue française, de l’accord de proximité. Car ce qui n’est pas nommé n’existe pas, et ce qui est invisible ne peut demander la justice, ni être reconnu par elle. Après tout, c’est la langue qui crée la pensée autant que la pensée la langue. Alors, sur ce terrain là aussi, Pas de justice, pas de paix.
Sandrine GOLDSCHMIDT

Et bien sûr la manifestation du 10 mars dont je parlais dans l’article précédent pour les survivant-e-s du viol par inceste et de la pédocriminalité !

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Quand il n’y aura plus de violences, il n’y aura plus de victimes

Ah ! comme certaines femmes ont du mal à accepter ce terme : victimes ! Moi même, je dois dire, il n’est pas dans ma culture. Quand on se « doit » d’être forte, indépendante, féministe, égales, difficile de reconnaître la possibilité d’être un jour ou d’avoir été victime…et si cela nous arrive, on a bien du mal à accepter de faire partie des « faibles » (ce qui est faux, mais ancré profondément).  Comme si, reconnaître un état de fait était pire que de l’avoir été. Voire créait le stigmate. Cette confusion sur un terme, est à l’origine de beaucoup de nos difficultés de convaincre. Etre victime, ce n’est pas un état. On peut être victime d’une escroquerie, d’une imposture, d’un harcèlement, ou de violence et viol, ce n’est pas lié à ce que nous sommes, mais au fait que nous avons croisé un-e agresseur-e, pas à notre « nature de faible ». C’est pour cela que la « journée des victimes » de demain a un rôle. Celui de nous faire comprendre que c’est exactement l’inverse que nous voulons : reconnaître que les femmes -et les enfants, et d’autres- ont été victimes, c’est offrir -enfin- la possibilité de ne plus l’être. Si on est dans le déni, alors on sera dans l’incapacité de s’en sortir à long terme. Si en revanche, on se reconnaît comme telle, et la société nous reconnaît comme victimes, alors, on pourra laisser derrière nous ce moment qui ne nous résume pas, et passer à autre chose.

Alors, pour revenir sur mon article d’hier, en finir avec l’article de Peggy Sastre et passer à autre chose, je vous conseille de lire le commentaire de Lulu sur mon dernier article, dont je vous livre un extrait ici. Eh oui, il ne s’agit pas d’autre chose que de faire appliquer la loi. Comme pour le vol et autres délits ou crimes qui entraînent beaucoup plus de répression que l’atteinte grave à la personne qu’est le viol. Une amie et moi, nous en viendrons bien un jour à expliquer que si la société doit faire un choix : entre emprisonner les violeurs de femmes ou les voleurs de poules , on préfèrerait à tout prendre qu’elle enferme les violeurs et libère les petits voleurs…

Voilà une partie de ce que dit Lulu :

« – le mieux, lorsqu’on vous a agressé(e) pour vous voler, c’est de ne pas vous en préoccuper, de faire comme si rien ne s’était passé, de ne pas regarder cette dent que vous avez perdu sous les coups, ni cet oeil enflé et de ne pas penser à votre bras cassé. À cette seule condition vous pourrez vous sentir libre et fort(e), participant d’une société démocratique au sein de laquelle tou(te)s peuvent vivre sans crainte et qui prend soin que la loi de la jungle ne devienne pas celle de la république. Aller porter plainte et réclamer que l’on retrouve et poursuive votre agresseur ne ferait que vous obliger à entrer dans la peau d’une victime (ce que vous n’êtes en aucun cas, et ce qui serait de surcroît très très mauvais pour votre moral). De même, méprisez légèrement et conspuez quelque peu tous ces faibles et veules qui vont se plaindre qu’on leur a volé leur bagnole, qu’on les a frappé(e)s, qu’on les menace de mort, qu’on leur a détourné toutes leurs économies, qu’on s’est servi de leur numéro de carte bleue à leur insu – et condamnez grandement cette société de petits joueurs qui réclament justice face aux détournements d’argent de la société générale, de Tapie, de Woerth, des flambeurs de bagnole, des supporters saouls, etc. »

Bon, mais heureusement, il y a des associations, des femmes, des politiques, qui travaillent au quotidien d’arrache-pied pour changer la société. Malgré les multiples bâtons qui leur sont mis dans les roues, elles et ils ne renoncent pas et parviennent peu à peu à se faire entendre. Ainsi, Muriel Salmona, psychiatre et psychotraumatologue, a-t-elle été auditionnée au Sénat. Et elle a été entendue, en particulier par le sénateur Roland Courteau. Celui-ci a écouté, compris, repris le propos de Muriel Salmona. Et a fait voter une proposition de résolution pour améliorer l’application de la loi du 9 juillet 2010 sur les violences envers les femmes, violences au sein des couples et incidences sur les enfants.

Voici un extrait du discours de présentation au Sénat qu’il a fait le 13 février : Toutes les violences entraînent chez les victimes des atteintes graves à leur intégrité physique et psychique.

« Cependant, selon le docteur Muriel Salmona, les violences conjugales et les violences sexuelles font partie des violences les plus traumatisantes sur le psychisme.
Il faut que les intervenants le sachent : de 60 % à 80 % des femmes victimes de ces violences développeront des troubles psychotraumatiques chroniques, qui peuvent durer des années, des dizaines d’années, voire toute une vie et avoir un effet considérable sur la santé des victimes, celle de leurs enfants, ainsi que sur leur insertion sociale et professionnelle.
La sous-estimation de ces violences et de leurs conséquences sur la santé est, il faut le savoir, à l’origine de l’abandon des victimes à leur sort. Délaissées, celles-ci ne bénéficient pas de soins spécifiques et tentent de se réparer comme elles le peuvent. Ainsi, les stratégies de survie qu’elles développeront seront souvent un facteur d’exclusion et de vulnérabilité à de nouvelles violences ».

Vous pouvez lire sur le blog « Stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles », un plus grand extrait du discours et avoir de plus amples informations sur les mécanismes post-traumatiques sur le blog de l’association mémoire traumatique et victimologie.

Dans un monde où certaines ont à ce point intériorisé la domination qu’elles minimisent la gravité du viol, savoir que certains responsables politiques (je pense aussi à Danielle Bousquet et Guy Geoffroy sur la prostitution), sont capables de s’ouvrir à un constat qui seul, pourra permettre d’aller vers plus de justice pour l’humanité, est somme toute rassurant…

S.G

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Envoyé spécial auprès des femmes de ménage

A Cnikel enquête, nous avons vu le reportage remarquable d’une demie heure qu’Envoyé spécial doit diffuser demain soir : « femmes de ménage, les nouveaux domestiques » et que je vous conseille de regarder.

Voici un coup de gueule de la rédaction : « femmes de ménage : le scandale ».

S.G

 

 

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Nounous à domicile : « les prolétaires de la mondialisation »

« Prolétaires de la mondialisation », c’est ainsi que Caroline Ibos appelle les femmes qui migrent pour venir garder les enfants des familles riches des pays riches. Son livre est passionnant. A mon avis, on ne peut vouloir une politique d’égalité professionnelle sans se pencher sur la question de l’accueil et le traitement qu’on fait à ces femmes migrantes qui viennent s’occuper avec compétence des personnes de nos entourages qui ont le plus besoin de soin et d’humain : les enfants et les personnes âgées dépendantes. J’en ai fait un dossier sur cnikel enquête dans un point de vue « qui gardera nos enfants ? », un édito et une chronique qui fait un résumé de l’ouvrage :

http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/garde-enfant/caroline-ibos

http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/qui-gardera-nos-enfants-caroline-ibos

http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/caroline-ibos-reecrit-la-couleur-des-sentiments

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