"Les Echos" : hommes 12, femmes 0, les journalistes femmes se révoltent

juin 7, 2013 § 3 Commentaires

Je ne parle pas souvent de là où j’ai travaillé avant…Les Echos, premier quotidien économique français, que j’ai quitté suite à son rachat par LVMH. A l’époque, il y avait 3 femmes rédactrices en chef. Elles étaient très minoritaires, et déjà c’était plus dur pour elles pour l’avancement et les augmentations. C’était il y a 5-6 ans. Mais aujourd’hui c’est pire. A tel point qu’elles ont décidé un mouvement de protestation "visible" dans le journal de ce matin : la grève des signatures. En effet, non seulement il n’y a plus aucune femme rédactrice en chef, mais en plus, l’inégalité salariale et de promotion est suffisamment criante pour qu’une quarantaine de femmes journalistes présentes sur 75 dans le mouvement aient décidé unanimement de cette grève, que certains hommes soutiendraient même.
Voici leur explication ci-dessous, et mon commentaire :

Bravo, c’est rarissime un mouvement commun de femmes au sein d’un média, c’est un signe que les femmes ne se laissent plus faire et de l’avancée de nos idées, et je suis fière de mes ex-collègues et pour certaines amiesq ui connaissaient bien mon engagement…

Bravo ! parce que c’est la clé du plancher collant et surtout de la visibilité des femmes dans les médias : tant qu’ils seront tenus par des hommes, il pourra y avoir une majorité de femmes journalistes dans les rédactions, le sexisme y sera toujours aussi fort.Et leur mouvement, du fait que ce sont des collègues, a été immédiatement visibilisé par l’Afp et repris sur le web.

Bravo, mais justement pour toutes ces raisons, il se peut qu’une grève des signatures ne soit pas suffisante…et mes ex-collègues reconnaîtront mon radicalisme si je leur dis qu’il faudra probablement après ce succès rester vigilantes et aller plus loin…priver une journée le journal de leur travail permettrait sans doute encore plus de se rendre compte combien elles sont indispensables et compétentes !

Hommes : 12, femmes : 0 Pourquoi nous, femmes, faisons aujourd’hui la grève des signatures
Nous, femmes journalistes aux Echos, sommes devenues, au fil des ans, invisibles. C’est pourquoi nous avons décidé de faire une grève des signatures dans les éditions papier et web du vendredi 7 juin 2013. Chaque jour, aux Echos, nous sommes aussi nombreuses que les hommes à faire ce journal. Mais il n’y a de femme ni à la rédaction en chef ni à la direction de la rédaction du quotidien. Les femmes ont peu à peu disparu de cette équipe. Nous espérions beaucoup de la nouvelle direction de la rédaction mais rien n’a changé.
On nous dit qu’aucune femme ne correspondait aux profils recherchés ! Les Echos ne manquent pourtant pas de femmes compétentes, motivées et ambitieuses. Mais elles ne sont pas considérées. Ces dernières nominations renforcent le malaise, prégnant depuis plusieurs années au sein de la rédaction du quotidien, concernant la carrière des femmes : augmentations individuelles de salaire, primes au mérite, mobilité interne, gestion de la période de maternité.
Nous appelons aujourd’hui la direction des Echos à prendre la mesure du problème et à agir en conséquence.
Laurence ALBERT, Marina ALCARAZ, Caroline d’AVOUT, Laura BERNY, Eléonore de BAILLIENCOURT, Anne BAUER, Carole BIBILY, Elisabeth BEYEKLIAN, Marianne BLIMAN, Véronique BROUTARD, Emmanuelle CHABERT, Dominique CHAPUIS, Catherine CHATIGNOUX, Julie CHAUVEAU, Myriam CHAUVOT, Véronique CHOCRON, Catherine CIMAGUS, Leïla de COMARMOND, Elsa CONESA, Marie- Christine CORBIER, Cécile CORNUDET, Isabelle COUET, Marie-Josée
COUGARD, Florence COUPIN, Hélène CROIZE-POURCELET, Sabine DELANGLADE, Pascale-Marie DESCHAMPS, Anne DRIF, Catherine DUCRUET, Clémence DUNAND, Anne FEITZ, Anne FLATEAU, Isabelle FICEK, Elsa FREYSSENET, Béatrice GAIGNAND, Solveig GODELUCK, Béatrice GOIGNARD, Arielle GONCALVES, Frédérique HUMBLOT, Muryel JACQUE, Muriel JASOR, Christine JULIEN, Isabelle LABUSSIERE, Sophie LACAZE-MASMONTEIL, Annette LACOUR, Valérie LANDRIEU, Claire LEBEAUPIN, Véronique LE BILLON, Laurence LECOEUR, Isabelle LESNIAK, Catherine LIMAGNE, Valérie MAZUIR, Stéphanie MEUNIER, Véronique MINGUY, Aminata N’DIAYE, Constance PAINDAVOINE, Celia PENAVAIRE, Florence RENARD, Ninon RENAUD, Reijane REIBAUD, Véronique RICHEBOIS, Martine ROBERT, Virginie ROBERT, Lucie ROBEQUAIN, Laure SALA, Fabienne SCHMITT, Valérie de SENNEVILLE, Nathalie SILBERT, Marie-Christine SONKIN, Cécile TEXERAUD, Geneviève THIBAUD, Anne-Sophie VION, Michèle WARNET

Juste…des femmes. Merci, Anne Sylvestre

mai 18, 2013 § 7 Commentaires

NB : Anne Sylvestre sort un 21e album à ne pas manquer, et elle sera à Violette and co pour la présentation de sa biographie par Daniel Pantchenko : "Et elle chante encore ? "(Fayard) le vendredi 24 mai à 19h. A ne pas manquer è

 

justunefemMercredi soir, je suis allée voir Anne Sylvestre en concert. Grâce à une amie chère, c’était la seconde fois que j’avais la chance d’assister à un de ses concerts. La première fois, c’était en décembre 2011, à Ivry-sur-Seine, un concert un peu particulier : d’abord j’y étais allée en vélo -je vous expliquerai(1), ce qui m’est fortement contre-indiqué ;-) . Enfin parce que la grande Anne s’était blessé le poignet 3 jours plus tôt, et qu’elle était tout de même sur scène, et impressionnante.

Cette fois-ci, c’était au Casino de Paris, occasion de retrouver le quartier de mes 20 ans (je ne peux traverser la place Trinité sans penser au meilleur croissant de Paris à 2 pas, dans la rue Pigalle où j’habitais, et sans penser à Jean-Pierre Léaud descendant sa bouteille de lait après une "nuit buissoniere" aux pieds de l’Eglise.

Au Casino de Paris, Anne Sylvestre s’était entourée de 3 musiciennes, piano, cordes et vents, pour l’accompagner sur les chemins poétiques de la vie qu’elle chante, celle d’une femme, celle des femmes. Amour, féminisme, petites choses de la vie quotidienne, j’aime la richesse du répertoire. Et son écriture tout à fait exceptionnelle pour qui prend le temps de bien l’écouter. Elle sait nous faire rire, tout comme nous interpeller, glisse des messages abolitionnistes dans une chanson sur les souvenirs d’une "femme au foyer" ("les calamars à l’harmonica").

Elle rend des hommages à des amies disparues qui savaient parler le langage de l’eau ("le lac Saint-Sébastien"), nous amuse de son dégoût de "l’obligation sociale" des balades et de devoir marcher dans la boue, ou d’un "quart d’heure de langue de p.".

Elle nous parle aussi d’elle, avec la très belle chanson "Ecrire pour ne pas mourir".

Enfin, elle nous parle de nous, les femmes, dans tous les aspects de nos vies. Avec "Gulliverte", qui n’avait jamais si bien résonné en moi qu’en l’entendant chanter sur scène, et "juste une femme", où elle répond, avec finesse et justesse au mépris de la société, des médias et des hommes puissants pour les femmes victimes de violence, en précisant…qu’il y a bien mort d’âme. Et en une chanson, rend justice à toutes.

S.G

(1) sérieusement, c’est quoi l’intérête du vélo ? un vélib’, jamais à la bonne taille (mal aux genoux), on peine quand ça monte, on s’ennuie quand ça descend, mais on n’a pas le temps de voir le paysage qui défile trop vite, on ne peut quand même pas s’arrêter tous les deux mètres pour faire une photo, enfin on a froid et le vent dans les yeux fait pleurer les yeux.  Et on arrive à la station vélib’ à 10′ de chez soi complètement crevée, les jambes en compote…A tout prendre, je préfère le RER..

Dworkin et sexualité : d’où vient le malaise ?

mars 19, 2013 § 2 Commentaires

Demain mercredi 20 mars à la librairie Violette and co (102, rue de Charonne, Paris 12e), une présentation très attendue : "Les femmes de droite", deuxième livre de la théoricienne féministe radicale Andrea Dworkin à être traduit en français ! Car si l’auteure qui, avec Catharine McKinnon, a réussi à révéler les dangers de la pornographie, est souvent citée voire décriée en France (cf Badinter, "Fausse route", E.Jouvet, etc.), elle a peu été lue, et donc comprise, et peu discutée.

Le livre est paru aux "Editions du remue-ménage" et a été traduit par Martin Dufresne et Michèle Briand. C’est Christine Delphy, qui a écrit une préface lumineuse à cette ouvrage, qui viendra le présenter à la librairie féministe mercredi à 19h. N’ayant pas eu le temps de finir le livre, je ne peux pour l’instant vous en parler, mais d’autres l’ont déjà fait, comme @Antisexisme ou Entre les lignes entre les mots

Je reviendrai juste un instant sur la préface, qui explique pourquoi l’absence de traduction de Dworkin est à la fois "stupéfiante et révélatrice" : "La première raison du silence fait sur elle est sans doute que Dworkin est radicale. Elle écrit sur un sujet qui, alors qu’on prétend en parler, est en réalité toujours aussi tabou : la sexualité, et plus précisément l’hétérosexualité, et plus précisément encore, sa pratique et sa signification dans un contexte précis : la société patriarcale. Elle parle de sexualité dans un régime de domination, et de sexualité entre dominants et dominées". Delphy souligne qu’en fait, le sujet n’a pas été abordé en France depuis le  la deuxième vague féministe. Et ce malaise a bien une raison : "D’un côté, aujourd’hui, la majorité des femmes essaie de redéfinir la sexulaité comme le lieu du désir et du plaisir, de la redéfinir comme non seulement opposée mais contraire à la violence, au viol, à l’inceste, à la prostitution : de la raboter pour n’en garder que ce qui est bon, pour faire autre chose de l’acte sexuel que de la ‘baise". De l’autre côté, pourrait-on dire, Dworkin iniste et démontre dans ce livre la continuité entre toutes ces formes de sexualité : faire l’amour c’est baiser, la baise c’est le viol, et la baise c’est la prostitution". Selon elle, les féministes mainstream voudraient débarrasser la sexualité de ses scories violentes, alors que la volonté "d’humilier, de rabaisser, d’annihiler la personne-femme (…) existe dans la définition, dans le coeur -qu’on voudrait pur- de l’acte hétérosexuel".

A la lecture de cette introduction, on comprend mieux les origines des résistances à toute discussion autour de la pensée de Dworkin,

Quand on voit combien même le féminisme le plus "modéré" s’attire sarcasmes et sanctions de la société patriarcale, il y a de quoi avoir des craintes.  Quand on est sur le champ d’un intime dans lequel il est bien difficile de distinguer le plan politique du plan personnel, quand, en clair, on veut aimer et être aimée dans ce contexte, le malaise est palpable. Enfin, il y a, semble-t-il, dans cette pensée décrite par Delphy, une crainte du pessimisme fondamental, et du désespoir. Et pourtant, cette déconstruction radicale est porteuse d’espoir, dit la féministe française. Car ce qui caractérise l’oeuvre de Dworkin, écrit Delphy, c’est que : "ce qui paraît le plus noir, c’est ce qui est éclairé par l’espoir le plus vif".

On pourrait bien sûr ne pas être d’accord avec ce que dit Dworkin. Mais pour cela, il faut accepter de l’avoir écoutée, lue, entendue. N’est-ce pas le propre de la pensée critique, de la pensée tout court, de vouloir tout entendre, analyser, essayer de comprendre, pour ensuite, si jugé pertinent, critiquer et en démontrer les limites ? Il est donc plus que temps que ses ouvrages soient disponibles à la discussion !

S.G

Abolition de la prostitution pour toutes et tous, c’est la seule solution !

mars 9, 2013 § 6 Commentaires

Je suis assez contente que mon texte sur l’échec -cuisant- des pays réglementaristes, soit paru hier dans Slate, pour le 8 mars, et faire conrtepoids à l’avalanche d’articles de ces derniers jours qui tentent de nous faire passer des vessies pour des lanternes.

http://www.slate.fr/tribune/69153/prostitution-abolition-impasse-reglementarisme

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Contente aussi parce que, même s’il n’aborde pas le sujet, cela permet de faire lire un peu autre chose que le concert de n’importe quoi autour de la prostitution pour personnes handicapées, qu’ils appellent assistanat sexuel, qui allie au mépris de celles-ci par les valides la promotion de l’esclavage sexuel des femmes. En effet, lors d’un débat après le film "L’apollonide" de Bertrand Bonello (que j’ai d’ailleurs trouvé intéressant et un très bon support pour le débat) auquel je participais jeudi soir à Choisy-le-roi avec Claire Quidet pour le Mouvement du nid, le sujet n’a pas manqué d’arriver dans la discussion.

"Comment faire pour les pauvres gens (hommes, bien sûr) trop handicapés, trop malades, trop vieux, trop timides, pour avoir une vie sexuelle quand même ? "
Oui, la sexualité des personnes en situation de handicap est une vraie question. Mais la société doit-elle décider que pour cette raison une catégorie de personnes doit être mobilisée-désignée-convoquée pour satisfaire ce qu’on veut d’un coup à nouveau faire passer pour des besoins sexuels (et serait réduite à des actes techniques et/ou purement factices) ? Et être obligées, alors que la sexualité doit être fondée non sur le seul consentement mais sur la relation entre personnes désirant avoir une relation, de "fournir des services sexuels" ? Et qui seraient ces personnes désignées (ah non, qui auraient le droit de choisir…)  Mais pas n’importe lesquelles ! On est dans une société de domination où on n’a pas les mêmes possibilités de refuser, selon qu’on est femme ou homme, pauvre ou riche, immigrée ou non-immigrée, valide ou invalide, victime de violences dans l’enfance ou pas. Qu’il y ait argent ou pas  (à lire l’article de Christine Delphy "la condition de la possibilité du don, c’est l’égalité). Donc,  seraient chargées de pallier ce problème, des personnes qui sont soient contraintes d’accepter de l’argent, soient contraintes de faire un don.  Tout en les privant elles du droit à une sexualité désirante, et en les mettant en danger de risque de domination et violences supplémentaires. Est-ce supportable dans une société humaine ? Non. Est-ce satisfaisant pour les personnes en situation de handicap qu’on contraint à ne pouvoir espérer plus ? Non. Alors qu’on pourrait, enfin, essayer d’avoir une politique ambitieuse pour rendre la société moins brutale envers les personnes en difficulté, plus accessible. On pourrait permettre les rencontres au lieu de les interdire dans certaines institutions, continuer à tout faire pour que les enfants handicapé-e-s puissent aller à l’école avec les autres et y nouer des relations etc…mais bien sûr, cela demanderait plus d’efforts -et pas que financiers- à la société des valides, qui devrait aussi changer de regard…

manifslateBref, tout cela pour dire qu’alors que certains journaux très influents (mais désespérants de partialité sur le sujet, je parle bien sûr de Libé, le journal qui publiait sans sourciller Iacub lorsqu’elle disait que le viol c’est pas bien grave, mais d’un coup se trouve offensé que celle-ci ne les ait pas prévenus de sa relation avec DSK…) promeuvent en Une un film qui parle d’un cas tout à fait exceptionnel pour en faire un outil de propagande pour ce qu’ils appellent l’assistanat sexuel (The Sessions, sorti sur les écrans mercredi), qui serait une entorse à la loi sur le proxénétisme, il nous faut nous battre pour arriver à faire publier nos arguments.

Encore un d’ailleurs : imaginons qu’on accepte cette entorse à la loi sur le proxénétisme. Qui seraient les prochains sur la liste ? Les vieux ? Les timides ? Les hommes mariés -qui sont le profil type du client-prostitueur et qui s’estiment lésés ou qui ont "un malaise" parce que leurs femmes veulent être leurs égales (cf L’Express) et ne pas être violées ? Ah, et qui serait chargé de déterminer si le degré de handicap, de timidité, est suffisant pour "avoir le droit de bénéficier de ce service" ? Et qui fixerait les limites d’âge ? Les limites tout court ?

Bref, une vaste fumisterie, disons-le, qui ne s’adresse qu’aux hommes : dans tous les films sur le sujet, on n’a jamais vu l’idée qu’une femme en situation de handicap aurait le droit à une sexualité. Non, le lot quotidien très fréquent des femmes handicapées, c’est la violence sexuelle, et la violence tout court, par l’interdiction d’accès à toute information sur la sexualité : elles sont trois fois plus exposées aux violences, selon les études, et encore plus vulnérables  si leur handicap est survenu à la naissance, les laissant à la merci des valides, et dépourvues d’informations sur leurs droits humains. Et ça, tout le monde -ou presque, s’en fout !

Une vaste fumisterie enfin, qui reprend les armes habituelles du patriarcat : ne sachant organiser une société où tous ses membres peuvent espérer s’épanouir, il désigne au sacrifice et à la loi du marché une partie d’entre elles, à qui il n’hésite pas à retirer ses -vrais- droits humains.

S.G

Revue du vendredi : images de V-day, et autres infos

février 15, 2013 § Poster un commentaire

Je vais faire texte court aujourd’hui, pour laisser place à une petite galerie de photos de la place Nikki de Saint-Phalle hier soir ou un millier de femmes ont dansé hier soir dans le cadre de One Billion Rising (voir billet précédent). Dans sous la lune et à la tombée du jour, ça donne une jolie ambiance photographique. Des danses de ce style ont eu lieu dans une cinquantaine de villes de France et dans 200 pays dans le monde entier. Pour voir tous les rassemblements, probablement le site d’OBR les reprendra.

Sinon, autre info, que je voulais traiter, cette affiche inouïe pour le handball féminin qu’on a vu circuler la semaine dernière : mais le blog d’une chienne de garde l’a fait et je vous recommande donc d’aller y voir : http://humourdedogue.blogspot.fr/2013/02/cest-une-affiche-pour-quoi-au-fait.html

Enfin, on aurait retrouvé la tête de "l’origine du monde". C’est en effet la thèse de Paris-Match, par ailleurs très contestée. Courbet, en dessinant ce tableau, qui montre un sexe de femme, sur son corps mutilé par le cadre du tableau (jambes coupées et buste et tête absentes), aurait eu une tête au départ ! Ce serait extraordinaire ! La nécessité de couper la tête à une femme pour en faire une image, y aurait son origine ! Et ce dessin paru dans la presse dit finalement très bien les choses. Un homme, passant devant le tableau, avec une légende qui dit au dessus : "on a retrouvé la tête de l’origine du monde". Et qui dit : "En même temps on s’en fout, de sa tête". C’est exactement ça…

Violence, mot féminin ?!!!

février 13, 2013 § 8 Commentaires

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Dessin ©S.G

Ce matin, je ne voulais pas du tout m’énerver. Mais la colère m’a prise par surprise, au détour d’une "newsletter". Déjà, alors qu’on est à la veille de la "Saint-Valentin" qui se lève, où 1 milliard de femmes et des hommes sont censés danser pour dire stop aux "violences" faites aux femmes -je me dis à nouveau que cela me semble léger par rapport à l’enjeu et très oublieux de qui sont responsables de cette violence, (voir à ce titre cet excellent article Danser contre la violence ou riposter ?), je me sens confortée dans cette position en lisant que l’organisation d’Eve Ensler se réjouit de la participation du secrétaire général de l’ONU et de tous les institutionnels. Ils sont prêts à danser, formidable, mais alors pourquoi ne font-il pas tout, au quotidien, pour lutter contre ce crime contre l’humanité (parce qu’un milliard de femmes victimes de viol ou violences, qu’est-ce d’autre ?). La première réponse, a été donnée par une commentatrice sur mon dernier billet sur le sujet, où elle compare One Billion rising à "we are the world" dans les années 1980. On ne sait plus de quoi il s’agissait, mais tout le monde était pour, et finalement, c’était un gros coup de pub pour homologuer au niveau mondial les bons sentiments.

Mais la principale réponse, dont je vous parle souvent,  je l’ai trouvée donc ce matin en ouvrant mes mails, dans l’édito du centre Hubertine Auclert pour annoncer une journée d’étude sur les violences le 26 février. C’est parce que la violence est, selon sa présidente :

Mot féminin. Un des principaux maux des femmes. Et véritable fléau que cette violence, notamment conjugale, qui parcourt notre société. Comme dans tout rapport de domination, la violence est enjeu. Politiques, institutionnels ou scientifiques, ces enjeux seront analysés et discutés lors d’une journée d’étude le 26 février prochain. Le Centre Hubertine Auclert, espace d’expertise et de débats, est partenaire de cette journée qu’il a contribué à façonner.
Déconstruire les stéréotypes pour mieux construire une culture de l’égalité, c’est à cet objectif que l’énergie humaine devrait s’employer !"

Je récapitule. Mot féminin ? Principal mal des femmes ? Un fléau qui parcourt notre société ?

La violence est-elle comme je le pensais bêtement, un mal infligé aux femmes par des hommes de façon massive et permanente à travers l’histoire, dans tous les pays du monde, pour s’assurer à la fois possession et maîtrise, service, puissance sans limite et disjonction de leurs propres traumatismes, donc, des crimes contre l’humanité ?

Non, apparemment, j’avais mal compris : c’est un mal des femmes (oui, c’est leur principal cause de mauvaise santé et/ou de mort), qui vient d’une malédiction divine : un fléau, c’est ça que ça veut dire. Malédiction divine, cela veut dire aussi que c’est la fatalité, que personne n’est responsable, sinon -mais bien sûr- les femmes elles-mêmes !!! Mais oui, puisque les fléaux sont en général des punitions divines !

Mais pourquoi est-ce que je dis que les responsables ne sont pas nommés ? En fait, ils le sont ! Ce sont les criminels qui nous entourent ces temps-ci, dont tout le monde parle et contre lequel tout le monde veut lutter, avec autant d’enthousiasme que danser demain soir.  CE SONT LES STEREOTYPES!!! (non, malheureusement, ce n’est pas une façon hitech de nommer les hommes). C’est donc ça la solution ! Consacrer notre énergie à déconstruire les stéréotypes, et il n’y aura plus de violeurs, d’hommes violents, de parents oppresseurs, de proxénètes, de mauvais traitements envers les victimes, d’in-justice et d’impunité !

C’était si simple, il suffisait d’y penser…

S.G

 

 

Revue du vendredi : Wadjda et Arrêtez-moi au cinéma

février 8, 2013 § 6 Commentaires

Cette semaine, revue hebdo consacrée au cinéma, avec  deux films qui sont sortis mercredi, qui enfin traitent de sujets qui concernent les droits des femmes, et surtout les violences faites aux femmes.

wadjdaAinsi, le premier film saoudien, Wadjda, réalisé par une saoudienne, a eu l’honneur de la critique. Et c’est mérité. Wadjda serait une "Antoine Doinel" au féminin. Et c’est vrai, l’espièglerie de la jeune fille dans une société qui veut réduire les femmes et fillettes au silence, son intelligence pour détourner le système, voire pour en profiter (même si à la fin, on voudrait bien qu’elle n’aie pas dit la vérité), font du bien. Elle veut faire du vélo et elle fera du vélo, tout en changeant le monde, et le remettant à l’endroit.

Un cinéma tout en subtilité, qui n’en montre pas moins l’implacable système patriarcal à la saoudienne, violent pour les femmes, et hypocrite, comme parvient si bien à le faire remarquer la jeune fille.

Les critiques sont en revanche plus sévères avec "Arrêtez-moi" de Jean-Paul Lillienfeld, et pourtant c’est aussi un film très important. 1751459Certainement moins cinématographique que Wadjda, probablement un peu coincé dans cette nécessité justement, de créer un suspense de cinéma.  Mais indispensable, parce que c’est certainement un des premiers films qui montre aussi clairement les processus et les ressorts de la violences conjugale. Le film est soutenu par Solidarité femmes, la Fédération qui gère le 39 19, numéro d’appel pour les victimes de violences. Le film est tiré du roman "les lois de la gravité" de Jean Teulé, inspiré d’une histoire vraie, celle d’une femme qui vient, presque 10 ans après les faits, s’avouer coupable d’avoir poussé son mari violent.

Le roman avait été adapté l’an dernier au théatre et j’en avais parlé ici.  Dans l’adaptation au cinéma, l’inspecteur de police du livre est devenu une femme, ce qui est un choix judicieux (d’autant que c’est Miou-Miou qui joue le rôle), pour enlever toute idée de rapport de séduction que le cinéma n’aurait pu manquer d’induire.  Et le réalisateur a réfléchi à la façon de montrer les faits de violence conjugale : il a choisi une caméra subjective, ce qui fait que c’est le ressenti du regard de haine de l’homme violent qui nous parvient. Et c’est une façon intéressante de montrer les choses, plutôt que de reproduire les faits de violence. Autre point positif : il est dit on ne peut plus explicitement que les actes sexuels qu’a vécu cette femme pendant les années de violence, sont des viols. Et l’inspectrice dit aussi clairement à la femme en face d’elle que l’acte qu’elle a commis était de la légitime défense.

Enfin, cette dernière (que joue Sophie Marceau) crie à un moment : "je veux être reconnue coupable d’être victime". 

Phrase choc, appel à la justice, qu’enfin les femmes qui, poussées à bout, commettent cet acte, soient reconnue comme en état de légitime défense, et plus, qu’on en soit toujours à cet éternel retournement du "la victime, c’est la coupable". Pas de justice, pas de paix.

S.G

Addendum : aussi, j’ai pensé tout le temps pendant le film à ce qui aurait vraiment pu aider cette femme, et que l’inspectrice ne parvient pas à faire tout au long du film : le soin à la mémoire traumatique, laquelle est bien montrée à plusieurs reprises. Une nouvelle occasion de dire combien les travaux de Muriel Salmona sont indispensables et doivent être diffusés. Je reparlerai très vite de son livre, le livre noir des violences sexuelles qui sort le 6 mars, et que je suis en train de lire.

Décoloniser nos images de nous-mêmes

février 6, 2013 § 5 Commentaires

Ah! la représentation des femmes en images ! Nous voilà dans une belle contradiction. Féministes, nous voulons, évidemment, que les femmes se disent, prennent la parole, s’emparent des outils créatifs et d’expression. Nous voulons, bien sûr, que les femmes se représentent, essaient de se montrer telles qu’elles se ressentent, et plus telles qu’on les a représentées pendant des siècles. Nous voulons, bien sûr, qu’elles s’emparent de la caméra, seul moyen pour que peu à peu, des images de femmes existent à l’écran autres que faire-valoir, mères ou objets sexuels.

Le problème, dont je parle souvent ici, c’est que nous ne savons pas faire. Non pas que nous ne serions pas capable d’écrire, produire des chefs d’oeuvre. Les femmes en font tous les jours. Mais ce que nous avons tant de mal à réussir, c’est nous représenter en image décolonisées du regard des hommes dans le patriarcat.

La semaine passée, deux exemples flagrants me sont apparus. Le premier, concerne une femme qui prend les outils de la création, une plasticienne sculptrice. Certes, elle rejette le féminisme politique, "celui qui aurait créé la guerre des sexes". Et son objectif, n’est rien moins qu’essentialiste et même antiféministe, puisqu’elle revendique que montrer les femmes, c’est les montrer sans visage comme le fait le patriarcat. Mais elle dit qu’il s’agit de défendre la liberté des femmes : "Je souhaite, au travers de mes créations, défendre la liberté d’expression des femmes et de l’image collective qu’elles véhiculent : la séduction, la maternité, la muse, l’affection protectrice sans visage."

Et l’article de parler de son oeuvre comme de bouts de vie. Mais où y a-t-il de la vie quand on montre des mortes ? (femmes sans tête). Comme l’analyse très bien Laëtitia C., amie féministe : "Des bouts de vie ?" … Je ne la vois pas notre libération, (dans ces oeuvres NDLB). N’étant pas dé"colonisée" cette artiste nous montre et met en scène la violence des hommes faîte sur noues. Je ne vois que notre mort, notre déshumanisation avec ces dîtes " oeuvres" qui nous démembrent une fois de plus ( de trop … ) . Elles recréent le système oppresseur qui n’est que haine des hommes pour les femmes. Ce n’est en rien noues libérer et ne mettra jamais à bas le patriarcat = ce n’est pas la liberté des femmes mais la violence sans "mot" faites aux femmes par les hommes qui est encore repésentée".

Encore une fois, la liberté est utilisée ici contre les femmes, dans un jusqu’au boutisme qui oublierait qu’être libre, c’est dans la limite de la liberté de l’autre, mais aussi du consentement à sa propre destruction, qui n’est pas possible.

***

Autre image, plus étonnante celle-là, puisqu’elle apparaît dans un festival de films de femmes, lieu incontournable de la création des femmes depuis 35 ans, féministe, et indispensable au féminisme français : le festival international de films de femmes de Créteil.

Depuis 35 ans, le festival est une bouffée d’air pour les femmes, un espace unique et essentiel pour montrer la création, le bouillonnement d’idées, être un lieu de débats, faire découvrir des réalisatrices de fictions, de documentaires (d’ailleurs Invisible dont je parlais ici était d’abord passé à Créteil)… et pourtant, les affiches du festival ont rarement réussi à s’éloigner de notre image colonisée.  Ainsi, la dernière affiche, "remue-ménage en images", qui illustre un bon titre de festival pour les 35 ans, nous montre une femme  caméra-woman plus proche de la domestique, évoque la femme de ménage immigrée qu’on exploite, le dos courbé et le corps contraint et en plus en talons aiguilles…

J’imagine qu’il s’agit là d’interpeller par l’humour ou la provocation, mais malheureusement, nous montre combien il est encore difficile de dénoncer l’oppression sans la reproduire…

S.G

 

Un milliard de femmes se lèvent…et lui, et lui, et lui

janvier 27, 2013 § 19 Commentaires

Oui je sais. La campagne "One Billion Rising" s’adresse aux hommes et aux femmes, pas que aux femmes. Car si on part de l’idée qu’il y a "un milliard de femmes victimes de violences", apparemment, il n’y pas vraiment de coupables de ces violences, les hommes. Puisque ceux-ci, on n’en parle que pour les remercier d’être "gentils".

Pourtant, le 14 février à 18h30, je serai avec les autres près de Beaubourg, Car même si c’est institutionnel, médiatique, je ne manquerai pas cet événement mondial, l’occasion d’être vues et entendues à travers le monde, même si ce n’est pas exactement ce que j’imagine pouvoir faire changer les choses. Ce sera déjà ça.
Mais je ne peux pas m’empêcher aujourd’hui de dire/redire ceci, après avoir vu deux clips récemment.
On ne pourra rien changer à quoi que ce soit, concernant la guerre contre les femmes, si à un moment donné, on ne dit pas qui en est responsable : de l’ordre de grandeur de un milliard d’hommes, oui, et donc "les hommes", en tant que dominants dans le système oppresseur.

Or, quand on regarde le film ci-dessous, c’est saisissant.

La structure, est la même que pour beaucoup des films de la campagne : d’abord, on voit les horreurs commises contre les femmes à travers le monde. Excision, viols, agressions, violences conjugales sur femmes et filles. Ensuite, on revoit les images des femmes qui subissent et souffrent. Leur regard change. De la honte elles passent au combat, se lèvent, et se mettent à danser.
Très bien. Alors, qu’est-ce qui cloche ?
Tout.
-D’abord : on voit les femmes subir et souffrir. Mais on ne voit jamais par qui. Si bien sûr, on voit des hommes. Mais jamais leur visage. Et surtout jamais leur regard. Or, nous savons que ce regard est celui de la haine, de la destruction, de la menace (souvent mise à exécution) de mort, parce qu’il y a une femme en face. C’est ce regard qui terrorise, et assoit la domination. Quand commencera-t-on à le dénoncer ? Et non, je n’exagère pas. Il ne s’agit pas de protéger l’identité d’innocents acteurs. Parce que quand la personne qui tient le couteau (et le patriarcat reste responsable, le hommes qui derrière imposent ce système) est une femme, on montre son visage.

-Ensuite : tout d’un coup, les femmes qui sont vouées à la mort par ces assassins-violeurs-tortionnaires, ces hommes qu’on ne voit jamais, ont toutes les raisons d’avoir le regard qui pleure. Bien sûr, je veux que ça change. Qu’on les protège, qu’on les aide, qu’on dise enfin que des criminels les ont attaqué, que justice leur soit rendue et que les coupables soient désignés. Mais par quel coup de baguette magique, leur regard d’un coup changerait-il comme dans le film, pour être celui de la fierté et de la possibilité de se lever contre la haine ? Si rien n’est fait pour que justice soit rendue, que les hommes-coupables soit désignés, que la volonté de détruire soit reconnue ? Comment se lèveraient-elles alors et se mettraient-elles à danser, si ces choses là ne sont pas exprimées clairement ?

Encore une fois, tout repose sur elles. On dirait que ce sont elles qui doivent se mettre debout, seules, et oublier. Je ne dis pas que c’est l’ensemble de la campagne qui dit cela. Très clairement, c’est ce que dit ce film. Et comme c’est toujours comme ça, ça m’énerve.

Oui, je veux voir les femmes danser, un milliard, dans la rue, et pointer du doigt. Mais pas "la violence", abstraite. Pointer du doigt les hommes qui l’ont commise, et ceux qui ne se lèvent pas pour dénoncer ceux qui la commettent. Parce que les "gentils hommes", dans la campagne "One Billion Rising", ceux qui -oh là là- comme nous avons de la chance- ne violent pas, ne battent pas, etc., ceux là, sont montrés en héros. Son choyés. Sont décrits comme "émouvants"*. Quand les femmes qui se battent tous les jours contre ceux qui les écrasent, on les enjoint à cesser de pleurer et à se lever. On ne dit jamais qu’elles sont des héroïnes ! Et pourtant, ce sont bien elles, qui tous les jours, font preuve de ce courage inlassable de rester en vie et se battre.

Il serait temps qu’on change de regard. De ce point de vue, j’aime bien celui des "Feminist Avengers", les féministes vengeuses, un groupe féministe radical de Grande-Bretagne. Je vous rassure, elles "n’agressent personne". Elles désignent juste et dénoncent les complices et/ou criminels, avec cette campagne contre les "blagues" sur le viol (ce que j’appelle la propagande du viol et de l’impunité des violeurs).

Bref. Oui, qu’un milliard de femmes se lèvent, mais que le message soit clair et les choses dites. Pas parce qu’il faudrait les enjoindre à "cesser de se taire", mais pour que cesse la violence des hommes à leur égard !

*voici le message qui accompagne le lancement de la vidéo :

"Nous sommes tellement émues de voir tous ces hommes qui ont rejoint One Billion Rising. Vous êtes si nombreux, nos frères, pères, grand-pères, amis, maris, et petits-amis qui se sont engagés à se lever avec nous le 14 février.
Ce mouvement ne serait pas possible sans vous. La violence contre les femmes et les filles est une question humaine qui nous touche tous et c’est seulement avec vous à nos côtés que nous réaliserons nos buts".

 

 

 

La morte la plus sexy du 21e siècle

janvier 19, 2013 § Un commentaire

DSCF6237Ce serait presque sans commentaire…avec une capture d’écran… Mais je ne veux pas contribuer à la voir "fleurir sur les murs de mes amis"; Alors je vous mets juste la partie texte. Et vous dit qu’au dessus, on voit la n°1, la chanteuse Beyoncé, en tenue de spectacle pour homme, du dessus des genoux au bas du cou. Sans tête, donc morte, sans pieds, donc inerte et immobile.

Capture d’écran 2013-01-19 à 13.20.55

On va m’objecter : ce n’est pas qu’on lui a coupé la tête, mais qu’on la garde pour la page d’après…oui, sauf que le titre est là, la photo est là, le mal(^e) est là…

Et de toutes façons, le principe même du classement bien sûr est non seulement débile, mais sexiste et mortifiant pour les femmes, qui ne sont plus des êtres humaines, mais des objets sexys. Et du coup, j’ai envie de vous livrer cette réflexion…

Les normes sexistes ont toujours existé, le patriarcat aussi, mais ils me semblent qu’elles changent de forme avec les périodes et lieux de l’histoire… Ainsi, depuis  1900, elles se font de plus en plus mutilantes et mortifiantes dans les images. Cet article du Monde qui cette semaine disait qui était "la femme parfaite" en 1912 montre comment les normes étaient alors bien différentes…

Bien sûr, déjà, le thème était débile, sexiste, androcentré…mais la représentation des femmes étaient moins violente (et avec tête sur le dessin qui accompagne l’article). Je ne veux bien sûr pas par là exonérer les précédents patriarcats de toute domination et oppression. Mais je me dis qu’ alors, les normes légales étaient plus pesantes pour les femmes, et qu’aujourd’hui, la loi, même souvent très mal appliquée, est relativement égalitaire. Il a donc bien fallu que le patriarcat renouvelle ses méthodes, en imposant un bombardement systématique de normes en images de femmes mortes ou mutilées, en les poussant à revendiquer elles-mêmes la "liberté" de le faire, pour pouvoir assurer sa pérennité…

S.G

 

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