A propos d’OrelSan et de la liberté d’expression : TOUT N’est pas permis

Bon. Peut-être ne faut-il pas empêcher OrelSan de chanter au Printemps de Bourges. Il n’y chantera pas son ignoble éructation qui invite à la violence envers les femmes. Mais il y a un préalable à accepter sa montée sur scène. Qu’il présente ses excuses aux femmes et aux victimes quotidiennes de la violence conjugale!

S’il est encore possible aujourd’hui qu’une femme meure tous les trois jours sous les coups de son conjoint; s’il est possible aujourd’hui qu’une femme sur 10 soit victime de violence au sein de son couple (psychologique, verbale ou physique, c’est ce qu’on appelle le continuum des violences conjugales), c’est parce qu’on n’a pas assez systématiquement dit que TOUT N’EST PAS PERMIS, sous le couvert de l’art, de l’humour ou du second degré.

Il y a des mots qui tuent, on le sait suffisamment depuis la seconde guerre mondiale, il y a des mots qui poussent à la tolérance envers des violences intolérables.
Il y a des mots qui favorisent l’impunité bien trop fréquente des violeurs et des hommes violents. Il y a des mots enfin qui sans cesse tentent de rappeler aux femmes qu’on veut les maintenir à leur place et qu’elles n’ont pas les mêmes droits dans les faits que les hommes.

Car c’est vrai, les paroles de la chanson d’OrelSan sont ignobles, bien au delà du titre évoqué. Mais le titre suffit à devoir provoquer notre révolte!

Tant qu’il sera admis qu’un homme puisse traiter une femme de pute sous prétexte qu’elle a fait quelque chose qui ne lui plaît pas (en quoi une femme infidèle est-elle une femme qui monnaie son corps ?).

Tant que le mot pute sera vu comme une insulte envers les femmes et non comme une stratégie de survie qui n’existe que parce que des hommes sont prêts à donner de l’argent contre du sexe, et que ce sont les prostituées qui en sont les premières victimes, ce qu’on ne rappelle presque jamais.

Tant que l’on ne refusera pas l’emploi de ce mot et de quelques autres du même acabit dans les cours de récréation et dans les classes, il n’y aura pas d’avancée possible, et nous devrons être d’une vigilance absolue.

Alors, M. OrelSan, excusez-vous auprès des femmes battues, de toutes les femmes, et de la société, dîtes que vous avez compris l’impact des mots que vous maniez, et continuez à chanter, ou taisez-vous à jamais.

Sandrine Goldschmidt
Je ne reproduis pas ici les paroles de la chanson que vous trouverez abondamment sur la Toile si vous souhaitez absolument les lire…

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2 réflexions sur « A propos d’OrelSan et de la liberté d’expression : TOUT N’est pas permis »

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