Réflexions sur les jouets : ouvrir le champ des possibles

C’était Noël…le temps des monceaux de cadeaux, et des protestations  sur l’excès de consommation, l’excès de partition garçons-filles des rayons de jouets. Une moitié bleue, une moitié rose, c’est tellement flagrant que cela devrait être ridicule…et pourtant, ça marche.

Mais avant-hier, c’était Noël, et j’étais avec ma fille de 8 ans dans l’appartement où j’ai passé mon enfance. C’était il y a plus de trente ans. Et les jeux avec lesquels je jouais, après ou avec mon frère, étaient dans un carton, à la cave. Nous les avons exhumé pour l’occasion. Pas grand chose : des legos, des playmobils. Et en l’observant s’émerveiller de ce peu, je me suis interrogée sur une construction non sexiste de l’identité par les jouets… Les legos, quelques morceaux de construction blancs, rouges, bleus, des roues pour fabriquer des voitures, des fenêtres pour construire des maisons, des ailes pour fabriquer un avion… et deux panneaux, indicatifs : cinéma, garage…et ma fille, qui souvent réclame des magazines de princesses et de fées, était passionnée par la possibilité de construire, d’inventer, d’imaginer, de faire des voitures avec remorque, de bâtir le garage pour les ranger…et de me charger (elle me sait cinéphile) de construire le cinéma.

Il y avait aussi les playmobils. A l’époque, il y avait surtout des « hommes » playmobils. Quelques femmes, mais je ne me souviens plus trop comment on les distingait. En tout cas, elles n’avaient pas de seins, pas de jupes. Et les personnages avec lesquels j’ai joué (ce que je préférais, d’ailleurs, c’était séparer les jambes de la taille avec un stylo pour changer les tenues…), je les ai redécouverts. C’étaient : un policier sur sa moto, des soldats, des balayeurs, des cavaliers… alors, aujourd’hui, on dirait qu’il n’y avait pas de modèles d’identification pour une petite fille. Mais il n’y avait personne pour me dire : ça, ce n’est pas pour toi, c’est réservé aux garçons… et je ne me sentais pas exclue de l’histoire que j’inventais, je n’étais pas en manque de princesse ou de personnage faisant la cuisine…je m’imaginais plutôt construire des cinémas…battre des ennemis, faire le bien…

C’était insuffisant, peut-être, parce que les tâches réalisées majoritairement par les femmes sont aussi importantes, mal valorisées, peu visibles…mais s’il y avait eu des playmobils cuisinière, ménagère, est-ce que c’est moi qui aurais joué avec et mon frère avec le policier et le soldat ? Ou est-ce qu’on aurait alterné ?

Tout ça pour dire, que l’égalité par les jouets, c’est aussi une affaire complexe. Tant mieux si aujourd’hui la société est mieux représentée dans les jouets. Mais si on réserve des rôles stéréotypés aux modèles d’identification, alors on reproduit les rapports sociaux de sexe traditionnels. Et il y a des modèles pour petites filles, et des modèles pour petits garçons, il y a ségrégation dans les magasins, dans la société…

Pour marcher vers l’égalité,  il faut donc continuer à proposer aux petites filles, de jouer avec des legos ou des playmobils de policier, qui pourront être parfois des policières, et proposer aux garçons d’être cuisinier à la maison, boulanger ou père qui change les couches du bébé…pour que chacun puisse ouvrir son champ des possibles et choisir sa destinée…

S.G

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