« La video comme une forme de tract »

« Faire comprendre que c’est un grand bonheur et une grande rigolade de se battre! Nous avons toutes à gagner de lever la tête, tout le monde, tous les opprimés de la terre».

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C’est toute la force et l’énergie de cette femme qui transparaissent dans cette citation et dans cette vidéo, toute la force du mouvement féministe des années 1970 et qui nous inspire aujourd’hui, qui nous donne l’envie de continuer à nous battre dans un monde si triste.

Féministe et militante, Carole Roussopoulos, qui est décédée d’un cancer en octobre dernier à l’âge de 64 ans, avait acheté une caméra vidéo sur les conseils de Jean Genet, pour documenter le monde qui l’entourait, et avait créé un mouvement, la vidéo militante (et une société, « Video-out »), sorte de nouvelle vague féministe. Copine des plus grandes féministes, elle a fondé avec Delphine Seyrig et Ioana Wieder le Centre Simone de Beauvoir en 1982, qui détient aujourd’hui ses films et les distribue.

Vendredi soir, la « Carole Roussopoulos Appreciation Society  » rend hommage au théatre Sylvia Monfort à Paris à cette grande dame de la vidéo et du documentaire féministe, qui affirmait, que la vidéo est un moyen, parmi d’autres, de revendiquer.  Dire, que par l’outil video, on peut aussi réclamer ses droits, montrer qui nous sommes, quand la société, patriarcale et hétérosexiste, pour reprendre l’expression du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire, sur lequel elle a fait un excellent document video), nous cantonne dans des images stéréotypées qui reproduisent ad lib… les rapports sociaux de sexe.

On découvrait alors qu’avec la video, on pouvait sortir de la critique cinématographique classique, uniquement centrée sur l’esthétique filmique, là encore très conventionnelle. Roussopoulos, est pour nous, une sorte de « nouvelle vague » qui serait, elle, féministe.

Elle a abordé tous les thèmes qui comptaient à l’époque (homosexualité, droit à l’avortement, prostitution, image des femmes dans les médias) dans ses 150 films, des thèmes qui auraient encore et toujours besoin d’être documentés aujourd’hui. Lors du 3ème festival « Femmes en résistance » dont je m’occupe, plusieurs séances avaient été consacrées à son oeuvre. C’était en 2005, et pourquoi pas refaire une séance consacrée à « Carole », comme on l’appelle dans le milieu, pour la prochaine édition…pour continuer à faire vivre l’esprit de la cinéaste et de ses oeuvres, et l’esprit du féminisme pour les 40 ans du MLF. Elle avait d’ailleurs filmé l’histoire du mouvement en 1999, dans un film, Debout!, que nous avions diffusé, et dont voici un extrait :

S.G

Pour en savoir plus sur Carole Roussopoulos, deux liens Facebook : l’un vers la page de la « Carole Roussopoulos Appreciation Society », l’autre vers la page annonçant l’événement de vendredi soir au théatre Sylvia Monfort à Paris, ouverture des portes à 19heures, extraits de films, lectures, chansons, au 106 rue Brancion, Paris 15ème.

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