Chaque jour est une fête.

C’est le jour de la fête de l’indépendance du Liban. Pourtant, ici, le titre est allégorique. La guerre, la méfiance, la peur rôdent dans ce désert et sur ce film. C’est la toile de fond, une ambiance de longs plans-séquences où plane en permanence sur les trois femmes qui le parcourent une menace d’origine inconnue, mais de mort ou de terreur, un peu comme cet avion qui plane au dessus de Cary Grant dans « La mort aux trousses », d’Alfred Hitchcock.

Sauf qu’ici, le contexte, c’est le Liban carrefour de violence, et les héroïnes, ce sont trois femmes, qui se retrouvent après que le chauffeur de car qui emmenait tout un groupe de femmes rendre visite à leur mari à la prison, est mort d’une balle dans la tête. De ces trois femmes, une seule, la belle à la robe rouge, allait, déja, sur cette route, pour quérir la clé de son indépendance (la signature des papiers de son divorce). Une autre, la plus jeune, celle qui a le plus de rêves, bientôt d’illusions, était mue par l’espoir de revoir son jeune époux arrêté le jour du mariage, la dernière, (interprétée par la magnifique Hiam Abbass, vue dans « les citronniers » ou « Le visiteur »), obligée de se rendre à la prison pour apporter à son mari, gardien, son arme de service qu’il a oubliée.

Cette arme, va devenir le symbole de la quête des trois femmes et du lien qui se noue petit à petit entre elles, de la prise en main de leur destin, du pouvoir que leur errance dans le désert et l’obligation qu’elles ont de résister, à la chaleur, aux violences, leur donne petit à petit au fil du film.Tout cela évoqué par la réalisatrice, Dima El-Horr, avec peu de paroles, de belles séquences oniriques, beaucoup d’ellipses, et parfois aussi quelques longueurs.

Ce qui reste à la fin de ce film singulier, talentueux, c’est une belle allégorie de la route empruntée par ces trois femmes, de la fin des illusions, de l’obligation de s’approprier les armes… on pense à Kill Bill, le film de Tarantino, voire au pamphlet de Valerie Solanas SCUM Manifesto.

Sandrine Goldschmidt

Photo D.R

Voir la bande-annonce sur dailymotion

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4 réflexions sur « Chaque jour est une fête. »

  1. Tu donnes envie de voir ce film et aussi de comprendre le titre car à te lire cela n’a pas tellement l’air d’un jour de fête pour ces trois femmes.

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