Terreur Olympe de Gouges : et si rien n’avait changé…

Excellente interprétation de Olympe de Gouges (Anne-Sophie Robin) Sébastien Mercier (Philippe Leroy) Fouquier-Tinville (Christophe Raymond) Photo S.G

J’ai vu hier soir à Confluences, dans le 20ème, « Terreur Olympe de Gouges », lecture-pupitre écrite par Elsa Texier Solal, tableaux de la vie de la féministe révolutionnaire, effacée par l’histoire, mais réapparue ces dernières années. La force du texte, superbement écrit par l’auteure, en s’inspirant des romans, des lettres, des actes du procès et du style de l’époque, est mise en valeur par cette disposition scénique qui surprend parfois au départ, mais s’impose très rapidement comme une évidence.

En tableaux d’Olympe avec son correspondant epistolaire et amant supposé, en cellulle, en procès, on apprend beaucoup des combats de cette femme qui était presque deux siècles en avance sur son temps. Défenseure des droits des femmes au travers de sa superbe « déclaration de la femme et de la citoyenne », mais aussi militante de l’abolition de l’esclavage, et proposant quelques réformes sociales qui font échos à nos oreilles (elle avait proposé un impôt sur la fortune) elle a tranché parmi ses concitoyennes. Elle ne se contentait pas de converser dans les salons, mais en s’arrogeant le droit d’écrire, et de dire, aux gouvernants, leurs erreurs. Ainsi, elle a fini par avoir la tête coupée en place de grève pour avoir parlé en terme peu mesurés de Robespierre, et en ayant demandé un référendum. Accusée de vouloir conserver la monarchie, (elle est contre la mort du roi, parce qu’elle ne veut pas que la révolution verse du sang), d’avoir soutenu Marie-Antoinette, elle est décapitée en novembre 1793.

Elle s’était emparée de la plume, espérant qu’innocente, elle serait vite reconnue et retenue dans l’histoire pour son oeuvre et ses idées. Il aura fallu plus de deux siècles pour qu’elle résiste à l’effacement du rôle des femmes dans l’histoire, et commence à y reprendre la place qu’elle mérite. Le spectacle est très réussi, et peut-être cette longue ellipse, nous rend encore plus impressionnée par l’actualité des textes et des idées de cette femme, qui disait alors :

« les femmes ont le droit de monter à l’échafaud, elles doivent avoir le droit de monter à la tribune »!

Sandrine Goldschmidt Partager

Particulièrement intéressée par les questions d’effacement des femmes dans l’histoire, Elsa Solal explique le coup de foudre qu’elle a eu pour Olympe de Gouges.

Mise en scène de l’auteure avec la collaboration artistique du collectif de comédiens et de Sylvie Pascaud
Création Son : Yann Galerne
Avec : Olympe de Gouges : Anne-Sophie Robin
Sébastien Mercier : Philippe Leroy
Fouquier-Tinville : Christophe Raymond

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