Des moyens de la lutte…réflexions post-manif

PP

Publicités

Pas facile de retrouver les copines féministes dans le défilé du 1er mai. Je voulais les interroger sur l’utilité de faire partie d’une telle manif…pour le film, « féministes, pour quoi faire ? » que je réalise avec les résidentes du C.H.R.S les UniversElles, pour l’association FIT . Nous nous interrogeons, entre autre sur les contours, et la pertinence des modes du combat féministe.

Or, ce premier mai,  il n’y avait presque pas de revendications qui concernent l’égalité entre les femmes et les hommes dans le cortège. Pour les sans-papiers, la mobilisation était forte, et c’est très bien. Pour les retraites, également. Mais pour ce sujet tout aussi urgent qui est la place des femmes dans le monde du travail, presque rien. Alors merci Linda d‘OLF, qui portait sur sont petit chapeau le « 27% d’écart de salaires entre les femmes et les hommes »…

Lors de la manifestation du 8 mars pour les droits des femmes...

Déjà, parfois on se demande, face à un pouvoir en place qui fait la sourde oreille à tout ce qui vient de la rue, si l’on ne crie pas un peu dans le vide… on se rassure, en se disant qu’il s’agit avant tout de se retrouver, que c’est un moyen de communication, de mise en contact. Mais concernant les femmes, on n’est pas rassurées. Parce que la question de l’égalité des femmes et des hommes dans le monde du travail est essentielle. Pour le salaire, pour l’accès à des postes correctement valorisés en terme de salaires et de reconnaissance sociale, pour le chômage, la précarité, pour l’accès aux postes de direction. Le chantier est gigantesque, essentiel, et reste pourtant très peu visible.

Pourtant, il y a des commissions femmes, parfois même féministes, dans la plupart des syndicats aujourd’hui…en bref, c’est notre capacité à toutes, féministes, et à tous, ensemble, à porter ces questions sur le devant de la scène, qui semble laisser à désirer. Ici ou là, et de plus en plus souvent, il y a des associations (de femmes cadres dans les entreprises, par exemple), des politiques, qui s’organisent, par exemple le laboratoire de l’égalité. Je pense que c’est bien. A mon avis, les différents types de luttes ne doivent pas s’exclure les uns des autres. Il s’agit de travailler vers un objectif commun, chacun, chacune avec ses spécificités. Mais on ne fera pas, non plus, de progrès, si dans les principaux lieux de la défense des travailleurs et des travailleuses, des salariés et des salariées, les syndicats et la rue, on ne porte pas au premier plan des priorités, les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

Sandrine Goldschmidt

1 réflexion sur « Des moyens de la lutte…réflexions post-manif »

  1. absolument d’accord avec toi, j’avais le même sentiment cet après-midi et nous avons fini par quitter la manif un peu déçues et frustrées…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s