Etats d’âmes

Marrant, comme dans une journée, on peut passer d’un extrême à l’autre. Aujourd’hui, j’ai vu La Comtesse, au cinéma.

Et j’ai lu Direct Sport, dans le RER. Etats d’âmes.

La comtesse, c’est un film incroyablement dur, la cru-auté y est omniprésente. Mais surtout un film riche en réflexion, et qui va jusqu’à l’extrême explorer la question de la place des femmes dans la société. La comtesse, interprétée par Julie Delpy qui est aussi la réalisatrice du film, est une hongroise exceptionnelle. Femme forte, mariée à un grand guerrier qui meurt alors qu’elle a 39 ans, c’est une femme d’affaires, sûre d’elle, « plus intelligente que les hommes », comme le révèle son esprit lors de joutes oratoires avec un membre de l’Eglise au début du film. Elle tombe amoureuse d’un jeune homme, un amour impossible, empêché par le père du garçon de 20 ans de moins qu’elle. Sa cruauté exaltée  par ses ennemis, elle devient alors « folle » sanguinaire. Convaincue que le sang des jeunes filles peut lui rendre sa jeunesse, elle devient vampire, les torture et les tue, par centaines, pour s’enduire le visage de leur sang. Ses ennemis, c’est d’abord le père de son jeune amant, qui veut ses terres et lui envoie un amant manipulateur (qu’il paie) qui exalte sa haine et sa cruauté. Et le roi qui veut effacer sa dette. C’est une femme, elle a du pouvoir. Ils veulent le lui reprendre.

A moins qu’ils aient même tout inventé, qu’elle n’ait jamais tué personne, mais qu’il ait fallu ça pour la vaincre. Et qu’elle ait commis ces abominables atrocités ou pas, la force subversive du film, c’est le message qu’elle transmet depuis sa chambre où elle est emmurée jusqu’à la mort. En effet les hommes peuvent tuer, massacrer, torturer à la guerre par millers, ils ont la gloire. Les femmes, elles, sont des sorcières, des meurtrières qu’il faut éliminer, elles ont droit, sorcières, au bûcher, ou comtesse meurtrière, mais surtout trop puissante, à être privée de leurs biens et de leur pouvoir. Une vision radicale, qui, loin de se contenter comme l’histoire le fait habituellement de regarder « la monstre », la remet dans un contexte où l’humain et les sentiments n’étaient rien au regard des intérêts des dominants.

A l’autre extrême du grand écart, j’avais envie de lire en rentrant chez moi dans le RER, j’attrape ce que je crois être un gratuit d’info, je ne regarde même pas le titre et cherche quelque chose à lire. Du football, encore du football, un peu de tennis. Tiens, une photo de femme, top model un peu trop bien faite. Le titre ? « Une tête bien faite ».

Cela m’intrigue suffisamment pour que je me mette à lire. « Elle a le physique de l’emploi, blonde, des mensurations quasi-parfaites« …un peu plus loin. Elle « admet exercer le plus beau métier du monde« . Des petites phrases qui déja me font réagir. Mais pas grand chose à se mettre sous la dent. Je me rends compte alors que c’est un gratuit de sport que j’ai dans les mains. Et que cet article, après les footballeurs étalés en long et en large, Ribéry en une, dont on se demande à l’intérieur non pas où en est l’affaire judiciaire dans laquelle il est impliqué, mais s’il parviendra « à mener les bleus au Graal », fait partie dans le journal d’une catégorie bien à part… TROISIEME MI-TEMPS. Voila. Après l’effort, le réconfort. Pour la troisième mi-temps, on s’offre les « belles courbes » d’une des plus grandes top-models du monde, payée 5000 euros par jour…un bien joli monde!

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