Que faire ? (suite)

Aujourd’hui, il y a de plus en plus de citoyens et de citoyennes qui ne votent plus. Soit parce qu’ils basculent dans le « tous pourris », soit parce qu’ils ne trouvent plus que les représentants pour lesquels ils ont le choix les représentent, justement. Peut-être n’ont-ils pas tort. Les politiques à l’heure actuelle représentent la caste dominante de l’homme, quadra, blanc, hétérosexuel et au minimum cadre.

C’est à dire, finalement, pas tant de monde que ça…pour les autres, la représentation est exceptionnelle et plus souvent gadget.

Mais il y a un autre fait que celles et ceux-ci oublient souvent : c’est que le suffrage universel, celui qui existe depuis 1945, est notre seul moyen d’avoir un tout petit peu d’influence sur le cours des choses. Si ça va mal aujourd’hui, ce n’est pas le fait de nos politiques, même pas de Nicolas Sarkozy, mais de la crise économique mondiale. Mais si c’est allé moins mal un temps chez nous que chez les autres, c’est parce que des acquis sociaux importants ont été gagnés pour nous par nos parents et grands-parents, et que nous en profitons. En tête, la retraite. Alors bien sûr, elle désavantage déjà les femmes, qui ont des carrières morcelées et une « espérance de vie active » de 32 ans seulement. Elle désavantage aussi celles et ceux dont l’espérance de vie est faible, la classe ouvrière…mais l’âge légal à 60 ans avait lutté contre ce phénomène…partaient à la retraite tôt ceux qui avaient travaillé tôt et avaient déjà cotisé pour les autres, en travaillant dès l’âge de 16 ans… c’est un système de solidarité collective qui faisait la grandeur de notre société. Avec la retraite, le système de Sécurité sociale, le smic, etc..

Dans le domaine des luttes des femmes, nos mères et nos grand-mères ont, elles, lutté pour qu’en tant que femmes, nous ayons un peu plus de droits, et l’égalité légale entre femmes et hommes soit faite, puis que les femmes aient accès à l’avortement et à la contraception, puis qu’elles aient un champ des possibles élargi…

Et dans tous ces domaines, social, économique, femmes/hommes, on assiste actuellement à un démantèlement systématique. Et je ne vois pas bien ce qui pourrait empêcher les gouvernants en place de continuer.

Que faire ?

Alors bien sûr, aujourd’hui, toute la gauche appelle à manifester, jeudi 24 juin….la manifestation c’est une des voies de la démocratie, normalement : « le rôle de la manifestation tient en peu de mots. Partie prenante de l’expression démocratique – notamment de la démocratie directe -, la manifestation vise à influer sur l’opinion, à influencer le pouvoir politique et, ce faisant, à contribuer à la naissance de politiques publiques menant à la satisfaction des revendications qu’elle exprime. (wikipedia) » et il y aura peut-être un million de manifestants dans les rues (si on a de la chance, et encore, heureusement que les onze gugusses qui couraient après la baballe se sont pris les pieds dans le gazon).

Mais cela se passera sans doute sous le regard narquois du gouvernement…dont l’indifférence à la rue n’a d’égale que la fausse compréhension compatissante.

Alors, que faire ? On y revient toujours. Quels sont nos moyens d’action aujourd’hui ? Faut-il rester chez soi ? On peut manifester, certes, cela nous donnera au moins le sentiment de ne pas être seul-es.

On peut aussi agir, à notre niveau, sur le terrain, individuellement ou en petit groupe. C’est nécessaire, et parfois efficace.

Mais si l’on veut vraiment que les choses changent,  je crois qu’il nous faut aussi, absolument, nous approprier le politique. Le peuple, c’est nous, réunissons-nous, avec des jeunes, avec des sans-voix, avec de femmes et des hommes, de toutes origines, pour proposer quelque chose de nouveau, et pourquoi pas dès la présidentielle de 2012 ! Parce qu’en démocratie, il n’y a qu’un seul vrai moyen de faire parler le peuple, c’est les urnes.
IL FAUT VOTER, et si nous ne sommes pas satisfaits de l’offre politique, bâtissons-en une nous-mêmes. Et en attendant, votons quand même pour le moins pire, parce que ne pas voter, c’est aider la politique du pire, et aujourd’hui, c’est elle qui nous gouverne !

Sandrine Goldschmidt

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4 réflexions sur « Que faire ? (suite) »

  1. Entièrement d’accord avec vous – j’ai même demandé la nationalité du pays où je réside pour pouvoir aussi y voter.

    Mais d’un autre côté, chaque fois que j’essaie de mettre les pieds dans une formation politique, même peu influente, même à gauche, ce sont toujours les mêmes schémas : quatre-vingts pour cent d’hommes, qui parlent très fort pour ne rien dire, dont quelques-uns sont flanqués de leurs femmes silencieuses et dociles. Le pire étant tout de même l’unique réunion générale d’Attac à laquelle j’ai assisté, où seuls des hommes ont pris la parole et où les deux femmes présentes sur l’estrade se sont contenté de faire défiler les pages de la vidéoprojection (je m’attendais à ce qu’elles servent le café).

    Il semble même qu’il y ait parfois un anti-féminisme assez prononcé dans ces formations de gauches type attac, anti-décroissants, etc avec des arguments du genre « les femmes maintenant ont l’égalité, les combats les plus urgents sont contre la pauvreté (ou le racisme, ou le libéralisme, ou pour les femmes mais en Afrique, etc.). »

    Alors je continue à voter (et dans les deux pays), mais j’ai de plus en plus de mal à me forcer à participer à ces réunions, auxquelles parfois je ne réussis à me forcer à aller qu’en me disant que si je n’y vais pas, c’est encore une femme de moins…

    1. Oui, c’était d’ailleurs le sens de mon propos…je ne crois pas dans les formations politiques traditionnelles pour changer les choses. Je crois en nous, c’est à nous de faire, de discuter, d’imposer notre « agenda », comme disent les Anglo-saxons…donc, je retiens votre intérêt, si jamais ce « manifeste » devait se muer en action, ce qui n’est pas improbable ! 😉

  2. Volontiers : mon intérêt, mon temps et mon aide à distance, puisque ma participation en chair et en os à une action en France restera peu probable du fait de l’éloignement.

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