Tournée, Dirty Diaries. Le sexe du côté des femmes ?

Quel point commun entre « Tournée », le film de Mathieu Amalric remarqué à Cannes, et « Dirty Diaries« , le film pour « repenser la pornographie », compilation de douze courts-métrages réalisés par des femmes ?
Le point commun, c’est que ce sont les femmes qui sont supposées avoir le pouvoir sur le désir et sur le sexe. « Tournée », c’est avant tout une très belle mise en scène et le portrait d’un homme à la dérive. Mais qui croit dur comme fer que la seule authenticité dans ce monde, est ce que font, ce que sont les strip-teaseuses burlesques américaines qu’il tente de faire tourner à travers la France. Parce que ces femmes, qui sont belles, ne sont pas dans les canons de la « femme sexy » (qu’on retrouve souvent dans le burlesque), elles ont des formes, et surtout, elles affirment leur liberté. Elles se dévêtent pour des femmes, avec humour et décalage, et refusent d’être contrôlées par un homme, artistiquement ou autre. Elles reprennent à leur compte les stéréotypes du strip-show pour hommes, mais pour s’en défaire. Et autant dans les précédentes prestations que j’avais vu j’avais été peu convaincue, trouvant le tout un peu ennuyeux et répétitif, et peu différent du strip-tease classique, autant sous l’oeil de la caméra d’Amalric, cela passe assez bien. Tout en restant…vu par un homme…il ne s’agit donc pas et en l’occurence, c’est un peu normal, de désir vu par les femmes…

D’où l’intérêt a priori d’un film entièrement consacré au sexe vu par des réalisatrices féministes, douze réalisations pour « repenser la pornographie », c’est Dirty Diaries, « le porno au féminin »

L’idée de Mia Engberg est intéressante : se réapproprier un genre qui morcèle le corps des femmes, qui enferme leur sexualité, et leur corps dans une fonction d’objet. Le faire avec une intention ouvertement féministe aiguise la curiosité. Le pari est-il réussi ? Pas sûr Mais la tâche est rude, de parvenir à réinventer un genre si ouvertement sexiste. Et le film a le mérite de le tenter et de faire réfléchir.

Les douze courts-métrages sont très inégaux, et souvent, c’est l’ennui qui s’est emparé de moi. Oui, les fantasmes des femmes sont montrés, dans des scènes entre homme et femme ou entre femmes. Il y a de la recherche, de renversement des stéréotypes. Une femme qui s’exhibe, une lutte entre femmes, où le corps à corps est joliment filmé, renversant l’idée de la faiblesse et de la passivité des femmes. Mais ce renversement, ne permet pas toujours de dépasser les stéréotypes. Parce que là encore, le porno veut dire sexe-corps-plaisir. Et non sexe qui fait partie d’un tout, du corps et de l’esprit, de la communication entre êtres…et la communication, ça passe aussi par des mots…des mots, pendant les scènes de sexe (sauf dans « Phone Fuck », assez authentique), il n’y en a pratiquement jamais qui sont prononcés.

On est encore loin de savoir montrer ce qui fait le désir…

S.G

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