Barbie, Tamara Drew, femmes en résistance ?

Ces derniers temps, j’ai du mal à ne parler, quand je veux faire une critique de cinéma, que d’un film. C’est vrai que depuis des années, moi qui suis cinéphile depuis 25 ans bien tassés, je ne vois plus les films pareils. Les rôles des hommes et des femmes m’y sautent souvent aux yeux, le point de vue du réalisateur ou de la réalisatrice m’apparaît souvent très « genré ».

Et souvent, un film ne m’inspire plus tant pour ces qualités esthétiques que pour son propos, ou plutôt, pour sa capacité ou non à sortir des clichés.

C’est pour cela que je ne lis plus les critiques, et me concentre plutôt sur ce qui, dans tel film plutôt que tel autre, pourrait attirer mon regard ou mon intérêt…je suis donc allée voir « Toy Story 3« . Si j’aime en général, les films de Pixar, ce qui m’a attirée ici, c’est quand on m’a dit que le film montrait la rencontre de Barbie et Ken (voir ci-dessous la vidéo). C’était trop beau pour une guetteuse de stéréotypes. Et je dois dire qu’au delà de la facture, toujours efficace, du film, c’est bien la seule chose qui m’a amusée…de la rencontre, très banale, où le coup de foudre frappe les deux jouets au milieu de l’école maternelle, pas grand chose à dire. Mais ensuite, la façon dont Barbie réussit à déjouer la méfiance de Ken en lui faisant céder à sa passion pour les essais de mode…excellent ! et surtout, alors que Ken tente de l’amadouer sur le bord du vide-ordures, elle résiste et nous fait une tirade sur le pouvoir et l’autorité : « Authority should derive from the consent of the governed, not from threat of force! » « L’autorité devrait venir du consentement du peuple, et non de la menace de la force ». Pas mal, comme moyen de finir de séduire Ken, que cela achève de convaincre de quitter son environnement machiste et totalitaire…

Quant à Tamara Drew, elle s’est fait refaire le nez, qu’elle avait très proéminent, et le monde entier autour d’elle change. Ceux qui se moquaient d’elle ou n’assumaient pas leur amour à cause de son faciès à la Cyrano, tournent autour d’elle comme des mouches…mais, comme elle le dit, « elle a l’impression qu’on lui a enlevé le cerveau en même temps qu’un bout de nez »…Un film plein de promesses, donc…et pourtant, le « nose job », s’il change l’environnement de Tamara, n’a pas la même influence sur la caméra de Frears, qui s’élève peu au delà des clichés du genre…

Je profiterai donc surtout du film de Frears pour vous parler un documentaire beaucoup plus stimulant, sur la question de la beauté, des diktats de l’industrie pour que nos corps soient beaux, parfaits ? Pas beaux, pas parfaits, juste irréels… C’est Berpekt Houdbaar, à voir le 25 septembre au festival Femmes en résistance à Arcueil !

S.G

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4 réflexions sur « Barbie, Tamara Drew, femmes en résistance ? »

  1. Machiste et totalitaire?
    D’où vient ce terme « totalitaire »? Je ne connais pas vraiment Ken et Barbie mais je suis surpris de cet adjectif…

  2. J’ai été aussi surprise par Wall-E, également du studio Pixar, dans lequel, contrairement aux rôles traditionnels, c’est LE robot qui aide LA robote à accomplir sa tâche ; et c’est cette tâche qui est le moteur de la narration. Bref, au lieu de la femme qui attend en s’ennuyant que l’homme fasse irruption, lui montre le sens de la vie et l’entraîne vers des aventures décidées par lui, c’est le robot qui voit la robote faire irruption et l’entraîner pour sauver l’humanité (c’est un block-buster américain, il s’agit tout de même de sauver la terre).

    La division des tâches est aussi assez inhabituelle : c’est Wall-E qui est chargé de faire le ménage sur terre avec balai et autres alors que la robote se balade d’une planète à l’autre suréquipée de technologie. C’est aussi Wall-E qui est le gardien de la vie sur Terre en se chargeant d’arroser une plante verte qu’il a découverte. Il ne s’agit cependant pas d’une simple inversion du schéma des films traditionnels puisque chacun des deux va venir au secours de l’autre ou prendre les décisions.

    Bien que Pixar soit un studio Walt Disney, cela change tout de même de Walt Disney…

  3. « Authority should derive from the consent of the governed, not from threat of force! L’autorité devrait venir du consentement du peuple et non de la menace de la force.»
    Serait-ce là l’origine des nouveaux programmes de formation des cadres en vue de leur inculquer la mentalité de pervers narcissiques et ainsi de mieux manipuler leurs employés et clients ?

  4. Film : j’ai lu la trilogie Millénium il y a trois ans. J’ai vu les films début 2011. Je n’avais perçu que la violence faite aux femmes à la lecture. Trois ans après, dans les films, j’y ai vu un féminisme fort. J’ai relu. Et oui, j’y ai bien vu et apprécié une écriture et une histoire pour les femmes dans un contexte actuel … à diffuser autour de soi ;-)))

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