Rage de nuit

Vous avez marché contre la politique anticonstitutionnelle du gouvernement, bravo !

Contre la réforme des retraites, qui en particulier pénalise les femmes, dont l’espérance de « vie de travail » est de 32 ans, alors avoir côtisé 42 à 67 ans, surtout pour celles qui commencent aujourd’hui (et pour les hommes, c’est à peine mieux…), c’est mission impossible !

Le slogan du moment cela pourrait être ce « NON, c’est NON ci-dessous…

photo issue de l’exposition de l’association Pulsart « Chromozones (sensibles) »

Si vous avez envie d’aider à organiser une autre marche, une marche pour revendiquer que l’espace public, soit, en particulier la nuit, ouvert aux femmes sans la peur d’être agressées ou tout simplement harchelées, enquiquinées, voici l’appel que Rage de nuit, le collectif, me propose de vous

faire connaître.

Vous pouvez participer à une réunion le 11 septembre (c’est samedi). Mais avant de publier l’appel, je rappelle un film montré en mars au forum des images : Drague (la), de Charlotte Szlovak, qui suit le trajet d’une jeune femme rentrant chez elle le soir…vu du point de vue de la jeune femme…tout est dans la durée et la répétition…et aide un peu mieux à comprendre ce qu’il nous « faut accepter » le plus souvent. Accepter ? Pourquoi ?

Voici l’appel :

Première réunion : samedi 11 septembre, 14h, 5 rue du capitaine Marchal, 20ème arr. métro Porte de Bagnolet.
Ecrivez nous si vous ne pouvez venir mais souhaitez être tenues au courant des suivantes.

APPEL A LA PREPARATION D’UNE MARCHE DE NUIT A PARIS, NOVEMBRE 2010« Tu suces ? » « Vous êtes seule ? » « T’es bonne tu sais.. » « Pour qui
tu te prends salope », « C’est il ou elle ? », « Tu n’es qu’une sale
gouine ! », « Laquelle fait l’homme ? » « Tu pourrais être canon si tu
mettais une jupe ! », « Les gens comme toi ne devraient pas exister ! »
Pelotées dans le métro, suivies et insultées dans la rue, nous sommes
considérées, jugées et jaugées comme un morceau de viande.
NON, les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout : dans les
maisons, dans la rue, au travail… L’espace public (métro-bus, parcs, bars,
rues) soi-disant neutre, est recouvert de pubs de magazines d’affiches,
banalisant la culture du viol.
Les agressions masculines sont cause de mort, d’invalidité, de handicaps
pour les femmes du monde entier.
La violence des hommes contre les filles, les femmes, les lesbiennes et
les femmes trans frappe tous les milieux sociaux, toutes les cultures tous
les pays et toutes les religions.
Nous dénonçons les violences spécifiques faites aux lesbiennes parce
qu’elles s’aiment, affirment leur existence, se réapproprient les espaces,
échappent au contrôle des hommes.
Nous voulons être libres de circuler de jour comme de nuit.
Liberté et autonomie pour toutes !
Nous marcherons contre toutes les violences patriarcales dans l’espace
public comme dans l’espace privé.
Nous marcherons contre tous les interdits qu’on finit par trouver normaux
et contre toutes ces normes (contrainte à la maternité, à
l’hétérosexualité, obligation à la sexualité et au plaisir après leur
interdiction pendant des siècles, normes esthétiques) qui nous étouffent.
« La libre disposition de notre corps » s’est transformée en « libre
exploitation de notre corps ».
Nous marcherons pour transformer nos peurs en rage en lutte en force.
Nous refusons la récupération de nos luttes par les partis à des fins
racistes, sécuritaires, électorales et de contrôle social. Nous sommes
contre la stigmatisation et l’exclusion des femmes voilées, les
vidéos-surveillances, la rétention de sûreté, les contrôles au faciès, la
loi sur le racolage passif qui criminalise les prostituées et les rejette
vers la périphérie et les met en danger. Nous refusons un état qui rafle
et qui expulse les femmes sans papières.
Nous marcherons contre l’économie capitaliste qui écrase d’abord les
femmes (bas salaires, CDD, temps partiels imposés). Nous ne voulons pas
d’un monde où l’on doit choisir entre rêver d’être patronne et souffrir
d’être exploitée.
Nous reprendrons l’espace public sans drapeaux ni partis.
Nous sommes libres de dire NON.
Autonomie et résistance !
Fortes et fières,
Solidaires et en colère !
Nous prenons la rue et la parole pour affirmer :
Filles, femmes, femmes trans, lesbiennes et féministes,
La liberté de décider de nos vies partout et toujours !
Marchons la nuit, pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !
Collectif RAGE DE NUIT

ragedenuit@gmail.com

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3 réflexions sur « Rage de nuit »

  1. Vous avez raisons, mesdames de « Rage de nuit », la régression actuelle en matière de sécurité des femmes dans la rue, et de drague lourde dans le moins pire des cas, et agressive sinon, est préoccupante. En tant que père d’une petite fille, je me soucie beaucoup pour elle, et voudrait aussi qu’elle vive fière et libre et non soumise ou dans la crainte.

    Vous avez raisons, mesdames de « Rage de nuit », il y a matière à lutter pour que les femmes soient libres de leurs choix dans la vie, et concernant leur sexualité.

    Je me permets cependant de vous faire les 3 remarques suivantes:
    1°) la précarité, les CDD et les bas salaires ne sont pas le privilège des femmes (ni des hommes d’ailleurs). Les SDF sont des hommes et des femmes. Quand l’organisation de la société laisse la place à l’individualisme et à la concurrence entre les individus, cela fait des morts des 2 sexes…

    2°) Le voile islamique pour les femmes est une invention d’une secte d’hommes, les frères musulmans en l’occurrence. Cette secte est des plus obscurantiste et nie ouvertement l’existence des femmes. Avec le voile, on cache la féminité pour mieux la nier. Une femme voilée n’est pas et ne sera jamais une femme libérée mais une femme asservie à… l’homme de la façon la plus primitive qui soit. Bien des « arabes » ou des musulmans vous le diront…

    L’influence de cette secte des frères musulmans dans les banlieues est ravageuse pour les femmes. Inutile d’entrer dans les détails.

    Parlons également des prostituées que vous prétendez soutenir: la loi et la police les harcèle en laissant sévir les proxénètes et autres trafiquants, c’est vrai, mais font-elles se métier par plaisir ou par vocation? La prostitution n’est-ce pas le premier des asservissements à une partie de la gente masculine? Leur rendre la liberté ne consisterait-il pas à les aider à se sortir de la prostitution, leur financer des études ou un projet professionnel?

    Enfin, à vous lire on dirait que la mère des vertus est l’homosexualité. Une femme hétérosexuelle qui se sent libre dans ses choix trouve-t-elle grâce à vos yeux? Où alors est-elle tout simplement manipulée par des hommes?

    3°) Méfiez-vous de cette approche communautariste anti-masculine, qui transparait que vous le vouliez ou non dans votre manifeste. Le communautarisme, qu’il soit xénophobe, raciste pro ou anti-blanc, religieux, n’a jamais mené à rien. Que voulez-vous faire? Tuer ou enfermer vos pères, frères, fils oncles ou neveux? Ceux des autres? Faire disparaitre la gente masculine, ou l’asservir pour venger les victimes ou échanger les rôles? À quoi cela rime-t-il?

    Le problème de la sécurité et de la liberté des femmes, la chanteuse Koxie l’a abordé de façon bien plus percutante et de surcroît drôle dans sa chanson « garçon ». En tant qu’homme, je ne me suis pas senti visé et y adhère. Ma religion a été faite quand elle a suscité un rejet total dans le monde du rap, qui a prouvé à cette occasion sa misogynie et son sectarisme.

    Vous aussi ajustez dont vos cibles, si vous limitez au féminisme les luttes sociales que vous voulez mener!

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