La vérité sur nos retraites…sort de la bouche des femmes !

Nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, alors que le Sénat a voté la retraite à 62/67 ans.

L'association La Barbe, lors de la manif du 2 octobre

Que dire de plus, sinon, que suite à la tribune d’Eric Woerth et autre ministres dans le monde la semaine dernière, deux tribunes de réponse sont venues apporter quelques précisions et infos intéressantes.
D’abord, le débat avec Rachel Silvera, économiste, dans le journal Le Monde, qui y répond directement. Face à l’argument massue du gouvernement « en réduisant les écarts de salaire femmes-hommes on réduira les écarts de retraite », elle rappelle que…c’est plus compliqué que cela…Evidemment, « pèsent aussi les carrières, le temps partiel, la précarité, les interruptions liées aux congés parentaux, et plus généralement les rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes » des domaines où les femmes partent avec un lourd « handicap »…

Et même s’il ne s’agissait que des inégalités de salaires, on serait loin d’avoir la solution ! « la dernière loi date de mars 2006 et elle prévoyait que les inégalités de salaire devaient être supprimées, et prévoyait des sanctions financières d’ici à trois mois ».

Un des arguments du gouvernement, c’est d’avoir introduit un article sur l’égalité salariale…un article, explique Rachel Silvera, qui est en fait moins sévère sur l’obligation de résultat que la loi de 2006 !

De son côté, le laboratoire de l’Egalité, association créée en 2010 pour promouvoir l’égalité professionnelle, précise que les sanctions que le gouvernement affirme prévoir dans cet article sur l’égalité salariale ne sont pas du tout explicitées « et aucune échéance de mise en oeuvre n’est précisée ».

Le laboratoire pointe également le manque de clarté et de précision dans les chiffres avancés par le gouvernement. « les conditions ne sont pas réunies pour permettre un débat démocratique éclairé : des études d’impact, différenciées entre hommes et femmes, permettant de mesurer les conséquences des reports d’âge et de la politique des droits familiaux et conjugaux auraient dû être produites et partagées« . Si les derniers chiffres parlent de 30% de femmes qui doivent attendre 65 ans avant de pouvoir liquider leur pension sans décôte, on ne sait pas qui elles sont (alors que le gouvernement affirme qu’il ne s’agit pas des femmes les plus soumises à la précarité).

Et les deux textes contestent cette affirmation selon lesquelles les inégalités se réduiraient « d’elles-mêmes » avec le temps. Le gouvernement se fonde sur des projections faites sur les femmes nées en 1980…il faudrait donc attendre au minimum… 2040…alors que le passage à 62 et 67 ans est prévu pour…2023 !

Enfin, sur la fameuse mesure prise en faveur des mères de trois enfants…c’est à la fois quasi-rien « selon les propres chiffres du gouvernement, précise le laboratoire, cela entraînerait une hausse de 1,6% des pensions des femmes », et cela ne concerne que les mères de trois enfants. Laissant à penser que donc, les femmes, ce n’est que mères, qu’elles peuvent avoir une place…

Enfin, que faudrait-il faire ? Pour que ne soient pas pénalisées, encore et toujours, les « familles monoparentales », ces femmes seules qui élèvent des enfants et subissent si souvent le temps partiel ?

Pour le laboratoire, cela passe par « la pénalisation des temps partiels courts et des horaires atypiques », ce à quoi Rachel Silvera ajoute : « je préconise que le temps partiel imposé, qui joue sur le montant des pensions de retraite, soit pénalisé pour les entreprises qui en abuses, et que ces entreprises, par exemple, cotisent à hauteur d’un tomps plein pour ouvrir de nouveaux droits à la retraite à ces personnes qui subissent ce temps partiel,e n majorité (plus de 80 %) des femmes. »

Autre mesure nécessaire, le développement des modes d’accueil de jeunes enfants en qualité et quantité suffisante, et la réforme du congé parental. Pour le Laboratoire, « il devrait être mieux rémunéré de manière à ne pas retirer du marché du travail les seules femmes peu qualifiées, être réduit dans sa durée et être entièrement partagé entre les deux parents ».

Enfin, nous sommes toutes d’accord aussi, sur ce qui fait danger pour les femmes dans notre société  : « que les femmes les plus fragiles sont les oubliés de la réforme des retraites » (c’est le titre de l’interview de R.Silvera), et tout simplement les oubliées de cette société, et c’est la conclusion du laboratoire de l’égalité : « Les ministres signataires de la tribune du Monde se disaient particulièrement attentifs à la situation des femmes les plus modestes. Ce souci a-t-il disparu ?« .

S.G

Des chiffres sur les retraites des femmes, ici

et j’en parlais déjà à l’époque…

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