Défendons notre droit à l’IVG !

Passible de la peine de mort entre les années 1942 et 1975…

légal depuis, l’IVG, interruption volontaire de grossesse à moins de 14 semaines d’aménhorée est un acquis majeur des femmes au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle.

La loi a même vu son extension à 14 semaines en 2001, les sages-femmes ont le droit de distribuer la pilule du lendemain aux mineures, les pharmaciens doivent la leur délivrer gratuitement…

Pourquoi, alors, appeler à la défendre, le 6 novembre prochain, place d’Italie ?

C’est très simple : pour ne pas laisser le terrain libre aux anti (ce n’est pas parce qu’on a gagné un droit qu’on ne peut pas le perdre si ses adversaires sont bien organisés, surtout), parce les lieux pour avorter ferment (centre IVG de Tenon), parce que pour les médecins, c’est trop dévalorisant de pratiquer l’IVG, parce que l’inégalité géographique et économique est trop forte entre les femmes.

Le hic principal en effet, c’est que comme en matière de droits des femmes en général, ce n’est pas parce que la loi est là, qu’elle est appliquée. C’est ce que déplore le Collectif natonial droits des femmes : « La loi de 2001 représente une réelle avancée, mais elle est mal appliquée. Certains établissements n’accueillent pas les femmes jusqu’à 12 semaines de grossesse. D’autres multiplient les obstacles à la prise en charge des mineures. Les femmes sans couverture sociale peuvent être obligées de fournir un chèque de caution. Les délais d’attente pour un avortement peuvent dépasser 3 semaines.   L’obligation des établissements publics d’organiser la pratique des avortements n’est pas respectée, alors qu’ils y sont tenus depuis 1979 : il n’existe aucune mesure contraignante ou incitative. Les médecins pratiquant les avortements ne sont pas, dans la plupart des cas, remplacés quand ils partent ou prennent leur retraite : c’est l’occasion pour les directions d’établissements de restreindre ou d’arrêter la pratique de l’avortement.   Début 2010, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a dénoncé cette situation ».

Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales déplore que le nombre d’IVG n’ait pas franchement diminué ces dernières années. Et les sites « pro-life » à la française, ne manquent pas de s’en emparer, tout comme le Z comme…(vous savez ce que j’en pense) de RTL… seulement ce constat est fait par l’IGAS, surtout, pour souligner l’insuffisance de la prévention. L’insuffisance de l’application de la loi sur l’éducation à la sexualité à l’école, l’insuffisance d’information dont souffrent, en particulier, les populations défavorisées…le rapport souligne donc aussi comment l’accès à l’IVG peut être de plus en plus difficile, et comment le pratiquer n’est pas facile  pour un médecin : « Danielle a cru que, eux, les médecins militants de 1968, avaient fait un pas de géant. Une avancée irréversible pour la liberté des femmes. Trois décennies plus tard, le constat est amer : hôpitaux qui ferment, délais non respectés, médecins non remplacés, ce sentiment, toujours présent, de faire un geste dévalorisé et dévalorisant..« .

Ce sont des mécanismes classiques : on se bat, la lutte crée des dynamiques, et puis, on croit que c’est gagné. Mais c’est le problème des droits des femmes. Ce n’est jamais gagné. Il y a toujours un mouvement de balancier, en partie dû à un autre des axes majeurs de la résistance à l’égalité : l’invisibilisation des luttes et des combats féministes. Le combat de nos aînées pour notre droit à disposer de notre corps, qui nous l’a enseigné ? De la même manière que le secret sur les mortes de l’avortement clandestin était soigneusement gardé (les septicémies, tétanies et appendicites étaient si fréquentes à l’époque), le secret sur la souffrance des femmes qui se retrouvaient avec des enfants qu’elles n’avaient pas voulu était également bien gardé…de la même manière, ce qu’il a fallu pour que la loi change, on ne l’apprend guère à l’école. Et on censure. Ainsi, en 1973,  le film « Hisoire d’A, de Charles Belmont et Mariette Issartel, a été interdit.

Cette manifestation du 6 novembre, est donc une nouvelle occasion de rappeler celles qui ont fait notre histoire.

Si vous ne l’avez vu, il faut le voir : Histoire d’un secret, chef d’oeuvre de Mariana Otero, dont voici la bande-annonce.

Le manifeste des « 343 », qui a contribué à rendre visible le débat sur l’avortement (la liste des 343):

« Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait le silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l’une d’elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l’avortement libre. »
Et enfin, revoir cet extrait, sur les archives de l’INA, de Mme Simone Veil présentant la loi.


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1 réflexion sur « Défendons notre droit à l’IVG ! »

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