Bonne bo-bonne à tout faire…

Bon, les femmes effectuent 80% des tâches ménagères, le chiffre commence à être connu. Ca veut dire quoi, en fait ? Ben que les hommes ils en font 20%. Et quelles tâches ! « En 2005, parmi les femmes en couple âgées de 20 à 49 ans, 8 sur 10 s’occupent « toujours » ou « le plus souvent » du repassage, 7 sur 10 de la préparation des repas, la moitié de l’aspirateur et des courses d’alimentation et 4 sur 10 de la vaisselle et de la tenue des comptes (figure 1). L’organisation sociale de la vie du ménage (invitations, organisation des sorties) est plus souvent partagée à égalité, bien que cette tâche revienne généralement aux femmes lorsque ce n’est pas le cas ».

Donc, qu’est-ce que ça veut dire, en clair ? Que les femmes font 80% du ménage, mais que cela ne les dispense pas de la parité dans les activités de l’organisation sociale (qui sont quand même, il faut le dire, de moindres corvées) du ménage. (ménage-ménage !)…

Mais ce qui est particulièrement intéressant dans l’étude de l’Ined (enquête Erfi) téléchargeable ici, c’est que les mêmes personnes ont été réinterrogées en 2008. Et, là, ça craint. « Une naissance accentue le déséquilibre du partage des tâches entre conjoints. Celui-ci devient particulièrement prononcé chez les couples ayant déjà un ou plusieurs enfants au premier entretien et qui se retrouvent avec un enfant supplémentaire de moins de 3 ans. Le déséquilibre se creuse pour la plupart des tâches : préparation des repas, courses alimentaires, aspirateur, tenue des comptes… »

Alors, c’est dû à quoi ? Mais bien sûr, c’est parce que Monsieur travaille plus, et Madame moins ! Ce sont les femmes qui s’arrêtent ou diminuent leur activité après la naissance d’un enfant.  « L’arrivée d’un enfant conduit à des ajustements professionnels
qui touchent principalement la femme Elle cesse ou réduit son activité entre les deux visites de l’enquête Erfi dans 25 % des cas si cette naissance est un premier enfant, dans 32 % des cas si c’est un enfant supplémentaire. »

Alors, est-ce normal ? Le truc, c’est que certes, l’homme continue à travailler autant, voire plus, et la femme travaille moins. Enfin, elle a moins d’activités rémunératrices. Son temps de travail global reste supérieur à celui des hommes. En revanche, cela nous impose de nous arrêter 2 minutes sur les raisons de son « arrêt de travail ». Est-ce parce que les femmes sont, naturellement, enclines à plus s’occuper des enfants, est-ce donc leur choix ? Deux éléments de réponse :

Le premier, c’est une analyse basique du couple : en moyenne, une femme a 3 ans de moins que son époux/concubain. Donc, il y a plus de chances que lui soit plus avancé dans sa carrière. Dans une grande majorité des cas, de fait, l’homme gagne plus que sa conjointe. Pour cette raison, mais aussi parce qu’il est plus fréquent de rencontrer un DAF de 40 ans marié à une secrétaire de 30 qu’une DAF de 40 ans mariée à un secrétaire de 30 ans. Et même s’ils ont le même âge et le même poste, il y a 25% d’écarts de salaires entre les femmes et les hommes. Et même s’il n’y a rien de tout cela, alors, il y a les représentations qui sont tenaces.

Mais ces représentations, dans le « bonheur du couple », sont à minimiser (à mon avis). C’est tout l’intérêt de cette étude. En effet, elle a interrogé les femmes pour savoir si elles étaient satisfaites de devenir bo-bonnes parce qu’elles avaient enfin accompli leur « destin de femme » ! (mère-ménagère c’est moi qui le dit, ça, bien sûr…): « Lors de chaque visite, l’enquêteur a demandé à la personne interrogée si elle était satisfaite de la répartition des tâches au sein de son couple. Les femmes les moins satisfaites appartiennent à des couples où elles assument presque toute l’organisation ménagère. »

En clair, un vrai bon congé parental partagé, de meilleurs modes de garde, des salaires égaux, tout ça, ça pourrait aider les représentations à changer. Malheureusement, la parité n’avance guère, comme le fait très justement remarquer Isabelle Germain dans les Nouvelles news…

Sandrine Goldschmidt

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Une réflexion sur « Bonne bo-bonne à tout faire… »

  1. Pas besoin de ces stats pour faire avancer les moeurs, les gens sexistes se sont déjà fermés depuis longtemps à ce discours qui fait maintenant qu’empirer les choses :/
    Il faut faire comprendre, science à l’appui, que la seule différence entre une femme et un homme, c’est la distinction que fait la société.

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