Du vide à l’image à l’image du sacrifice…

Je voulais parler du dernier film de Sofia Coppola, « Somewhere »…

Je m’imaginais déjà mettant un extrait du Magicien d’Oz où Dorothy chante « Somewhere over the rainbow », évoquer « Mulholland Drive » qui est une subtile construction autour de ce film et de nos imaginaires…mais  ici rien de tout cela, et  je n’ai pas retrouvé cette double dimension, qui pour moi est l’essence du cinéma, dans le film de Sofia Coppola…

Je n’avais pas encore lu (je ne les lis jamais avant) les critiques, qui disent très clairement que c’est un film réussi sur le vide. Vide de l’acteur trop riche, trop beau, entre deux films, et qui a bien le droit de faire une dépression, après tout. Je pensais que son vide et son ennui, pourraient s’exprimer autrement que par l’endormissement devant deux jumelles qui lui font un private show dans sa chambre…Je pensais surtout que la partie du film où « Cleo », sa fille vient le sortir de sa torpeur, aurait un peu plus d’épaisseur, nous emmènerait, à un moment du film, au-delà de l’arc-en-ciel.

Le problème est bien là. Il n’y a pas « d’over the rainbow », pas d’imaginaire. L’omniprésence de cette Ferrarri noire qui vrombit et tombe en panne est un symbole qui ne fait pas fonctionner le mien (mais ça marche peut-être chez d’autres ?). C’est finalement un film très bien fait mais en une seule dimension, peut-être trop proche d’une réalité vécue (par la fille de son père Coppola ?) pour nous entraîner dans cet au-delà que le cinéma sait parfois si bien faire exister…

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Image aussi, dans « Images de femmes, le corset social ». Le film s’est pas mal fait descendre, comme ramassis de clichés sur la mode. C’est un documentaire fait par un homme…deux raisons d’aller le voir, pour me faire une idée. Alors, c’est sûr, il faut faire le tri au milieu des évidences et des clichés que nous servent quelques philosophes et psychanalistes, ou quelque discours d’un affligeant ras-des-pâquerettes nous expliquant que sociologiquement nous sommes aujourd’hui libres de nous habiller comme nous le voulons…

Mais il y a un discours, assorti d’une image, qui m’ont saisie, sur le caractère sacrificiel des défilés de mode. On ne brûle plus des jeunes filles en offrande aux dieux pour conjurer la mort. Ici, des très jeunes filles, totalement décharnées, sont offertes en sacrifice sur l’autel du défilé, avec un grillage de tissu sur le visage. Cette image m’a fascinée. Quand on interdit par la loi à des femmes de porter le voile intégral, mais qu’on fait défiler sur des estrades ces jeunes femmes avec une prison sur le visage, un filet qui les enferme…c’est bel et bien un sacrifice. Celui-là, notre société occidentale et laïque consent à le faire subir à ses jeunes femmes, pour conjurer la mort sur l’autel du dieu sexe/argent.

Sandrine Goldschmidt

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4 réflexions sur « Du vide à l’image à l’image du sacrifice… »

  1. Je n’ai pas vu le film et, du coup, je ne comprends pas bien cette histoire de filet sur le visage et de sacrifice. Pouvez-vous expliciter et/ou faire un lien vers une image ? Merci.

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