Moi, je ne suis pas pro-vie

Photo Hélène Epaud

Je ne suis ni pour ni contre la vie. Ni pour ou contre la mort. J’essaie de faire avec, et au mieux !

C’est sûr (!) je ne marcherai pas dimanche auprès de ceux qui s’autoproclament défenseur-es de la vie, qui réclament les droits des enfants non-nés, au nom de LA vie, mais plus exactement au nom de ce qu’ils appellent Dieu. Je propose plutôt de continuer à lutter pour la défense de l’IVG, pour faire pression, comme l’ont fait les associations en début de semaine, pour que la loi soit appliquée, que des moyens y soient mis, et qu’on ne continue pas à reculer. Pour qu’on arrête de culpabiliser les femmes qui veulent avorter dans les délais légaux, pour qu’on s’occupe plutôt de favoriser l’information, pour permettre au maximum de femmes d’avoir le choix. (Il faut savoir que les mêmes qui marcheront dimanche se plaignent qu’on fasse de l’éducation sexuelle dans nos écoles républicaines-).

Pour moi, la vie, ce n’est pas un cadeau. C’est une condamnation à mort. Prendre la responsabilité de faire un enfant QUAND ON A LA CHANCE D’AVOIR LE CHOIX, c’est un acte presque insensé de foi. De foi en notre capacité et sa capacité future de vivre des joies et d’avoir du bonheur de vivre, et de passer au travers autant que possible des atrocités humaines et de l’incapacité des vivants d’accepter leurs semblables tels qu’ils ou elles sont. C’est une responsabilité gigantesque, un devoir qui s’impose à nous d’exercer notre autorité parentale dans la plus juste acception du terme : le ou la protéger face à une société agressive, lui ouvrir le champ des possibles, lui donner les moyens de mener sa vie par lui ou par elle-même.

Donner la vie, ce n’est donc pas dire qu’un embryon vivant, sous prétexte qu’il a été conçu, doit vivre et a des droits. Donner la vie, c’est tout faire pour qu’on puisse avoir d’abord le choix de mettre un enfant au monde, ensuite les moyens de l’aider à vivre, dans une société qu’on essaie de bâtir moins cruelle pour les dominés. C’est tout faire pour se débarrasser des systèmes de domination qui écrasent les être humains.

Manifester en faveur d’UNE vie (pas de LA vie) meilleure, plus juste, pour tous et toutes, et donc par voie de conséquence (et non par une « essence » naturelle ou divine) pour celles et ceux qu’on mettra au monde, c’est donc manifester pour le droit d’avoir le CHOIX, c’est donc manifester pour le droit à disposer de son corps, c’est donc manifester pour le droit à l’IVG.

SANDRINE GOLDSCHMIDT

(une contre manif aura lieu dimanche à 14H30 àOberkampf)

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7 réflexions sur « Moi, je ne suis pas pro-vie »

  1. Merci mille fois pour ton article.
    Donner la vie c’est quoi ?
    j’ai acouchée de deux enfants. Je n’ai pas donné la vie.
    Qui peux pretendre donner la vie ?
    Je ne serai pas à Paris. Mais je serai de tout coeur avec ceux/celles qui seront dans la contre manif pour manifesteront pour le droit à disposer de son corps, pour le droità à l’IVG.
    MRG

  2. Bonjour, au cours de la contre-manifestation qui avait lieu cet après-midi pour défendre les droits des femmes, une trentaine de féministes ont été encerclées puis interpellées par des policiers et se trouvent en ce moment au commissariat! Ce rassemblement était pacifiste et ne troublait pas l’ordre public, elles étaient de plus en forte infériorité numérique par rapport au cortège des pro-vie!
    Ce pays lâche régresse décidemment.

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