Les lois de la gravité

Comment parler des « Lois de la gravité » sans vous raconter l’histoire ? Allez, j’en dis le strict minimum, ce qu’on apprend dans les 5 premières minutes. Il est 21 heures au commissariat, le lieutenant attend minuit pour être en repos…arrive une femme, valise à la main, qui vient se dénoncer : elle a tué son mari, il y a des années. C’était un mari violent, et spécialiste des tentatives de suicide, elle n’a eu qu’à le pousser légèrement pour qu’il tombe, debout sur le congélateur près de la fenêtre.

La pièce se passe donc dans ce commissariat où le lieutenant doit prendre la plainte, mais ne veut vraiment pas l’arrêter. Parce qu’outre le fait qu’il espérait être tranquille, il a du mal à trouver que cette femme qu’il a devant lui est bien coupable, et ne comprend pas qu’elle veuille à tout prix se dénoncer, risquant de son plein gré 20 ans de réclusion. Peu à peu, la situation révèle le mal-être du policier et met en lumière celui de cette société qui crée tant de culpabilité, en particulier chez les femmes, et chez les femmes victimes de violence. Mais le sujet de la pièce, ce n’est pas directement la violence à l’encontre des femmes, qui finalement n’est qu’une toile de fond. Cette femme qui doit devenir l’accusée d’un meurtre et celle qui va être condamnée, semble au policier bien innocente, lui qui s’est souvent arrangé avec sa conscience, sa propre culpabilité, et qui est le premier témoin d’une société malade.

C’est lui le véritable sujet de la pièce, tout est vu par ses yeux, c’est lui dont Jean Teulé a raconté l’histoire. C’est très réussi, c’est bien écrit, joué, mis en scène…j’aurais, forcément, aimé que le personnage de la femme qui se livre à la police, se livre un peu plus justement, soit plus présent par moments…et il serait très intéressant d’avoir le même récit, écrit aussi avec le point de vue de la femme, avec un regard de genre, et pourquoi pas, un regard féministe..mais alors ce serait une autre pièce…

S.G

« Les lois de la gravité », de Jean Teulé, mise en scène Elizabeth Sender, adaptation Marc brunet, avec Marc Brunet, Christian Neupont, Hélène Vauquois.

Les vendredi et samedi à 21 heures, le dimanche à 17h

A la manufacture des Abbesses, 7, rue Véron, Paris 18ème Métro Abbesses ou Blanche.

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