Violences envers les femmes : le NON des femmes handicapées

On commence à bien connaître les ressorts du cycle de la violence dans une société de hiérarchie/domination entre les sexes : une femme n’ose pas dire qu’elle subit des violences ou du harcèlement, de peur que son entourage lui rétorque qu’il faut s’adapter, prendre sur soi, et parce qu’elle se sent « coupable » et « nulle », ce que son agresseur ne cesse de lui répéter. Que peut-être, elle exagère, qu’il faut prendre du recul… On sait qu’il est parfois tellement difficile de pouvoir déposer plainte. Que certaines juridictions voudraient remettre en avant la médiation. Bref, que malgré les campagnes, c’est un acte de bravoure de dire non.

Alors, imaginez un peu si la victime est en situation de handicap et est victime d’un compagnon/entourage violent. Alors, pour elle, dénoncer, dire non, c’est encore infiniment plus difficile. Parce qu’on va lui dire qu’elle a déjà bien de la chance qu’on s’occupe d’elle. Imaginez le pouvoir que possède l’agresseur-prédateur, qui sait qu’il passe déjà pour un « héros » de prendre soin d’une personne en situation de handicap. Imaginez la réaction de l’entourage, du commissariat, qui ne peut accepter l’idée qu’une personne qui s’occupe d’une autre en situation de handicap puisse la maltraiter.

Imaginez enfin comment la personne en situation de handicap fait pour sortir de chez elle et aller porter plainte, alors qu’on sait très bien  que l’agresseur est déjà par définition un pro de l’isolement de sa victime. Quand en plus, celle-ci n’a pas forcément la mobilité facile…et que les lieux publics ne sont pas très adaptés aux personnes à mobilité réduite (même si certains font des efforts).

Imaginez enfin ce que c’est de dénoncer, pour une personne en situation de handicap, qui souvent, depuis la naissance ou depuis « l’accident de la vie », a une expérience douloureuse avec son corps. Un corps qui « subit » des soins depuis toujours, même si ceux-ci sont pratiqués correctement…

Résultat, les femmes en situation de handicap subissent beaucoup plus de violences que les autres.

Il serait donc temps qu’on les entende, et qu’on les soutienne. Merci à « Femmes pour le dire, femmes pour agir », l’association de Maudy Piot, qui a coordonné les actes du colloque « Violences envers les femmes, le NON des femmes handicapées » (avec notamment des textes de Michelle Perrot, Muriel Salmona, Emmanuelle Piet, et plein d’autres) dans un livre aux éditions L’Harmattan, que je vous recommande de lire de toute urgence…

S.G

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