Victimes un jour, pas pour toujours

Aujourd’hui, c’est la journée européenne des victimes. A 13 heures (et toute la journée) au Trocadéro, aura lieu un lâcher de ballons. Pourquoi une journée des victimes ? Les détracteurs des mouvements féministes pourraient avoir beau jeu de nous traiter de victimisation des femmes, des enfants…

La vérité, c’est qu’il s’agit de tout autre chose. Reconnaître qu’une personne a été victime, c’est la libérer de l’enfermement dans ce qu’elle a subi pour qu’elle puisse un jour espérer ne plus l’être. Parce que ce qui constitue le verrou du changement, c’est le SILENCE. Ne pas pouvoir parler et être reconnu-e dans ce qu’elle a subi, c’est ça qui enferme la victime dans son statut et sa culpabilisation.

S’il fallait une preuve, ce serait l’insistance avec laquelle les forces de résistance tentent de faire taire celles qui dénoncent. En créant le concept fumeux d’aliénation parentale, en créant cet incroyable « Nouveau mouvement de la condition paternelle » qui dénoncent les soi-disant « fausses accusations » des mères à l’encontre des pères, disant que dans 90% des cas où des mères dénonceraient des abus sexuels du père sur leur enfant, ce serait faux; en réalité, les chiffres dont on dispose disent ceci (source SOS les mamans) :

  • En France, selon l’enquête demandée par le ministère de la justice, il y aurait  » trois à sept fausses allégations pour….1000 dossiers
  • En Espagne il a été démontré par le Conseil de la magistrature après une étude approfondie de 530 résolutions, tous ces éléments, un seul – où est la femme elle-même qui nie la vérité de son premier témoignage, pourrait caractérise comme un faux rapport. Selon le CGPJ, basé sur cette étude (2009) ce qui montre que la prétendue de fausses allégations de violence domestique est un «mythe» (Octobre 13, 2009). »

Alors évidemment, quand une femme dénonce son conjoint pour agressions sexuelles, c’est la plupart du temps dans le cadre d’un divorce. Comment pourrait-il en être autrement ? N’a-t-on pas suffisamment reproché aux mères d’avoir laissé faire ? D’ailleurs, souvent, on entend plus d’émotions sur le fait que « la mère n’a rien vu ou rien fait » que de détermination à condamner l’acte à sa juste mesure.

Sa juste mesure, c’est un acte qui détruit des êtres en en faisant des victimes à vie, en les condamnant au silence. C’est très bien expliqué dans ce préambule de lancement de la campagne 2011 de l’association Mémoire traumatique et victimologie, je vous conseille donc d’aller le lire directement sur le blog de Muriel Salmona.

« Les violences ne sont pas une fatalité, elles sont un privilège que certains s’octroient en toute injustice et impunité. Il faut lutter contre elles en protégeant toutes les victimes, en les soignant et en luttant contre toutes les inégalités et toutes les discriminations. »

C’est ainsi que se termine le texte (que je vous encourage à aller soutenir sur le site). Parce que sortir du silence, et soigner, c’est le seul moyen de rendre possible cette phrase mise en exergue par Marie-Ange Le Boulaire (réalisatrice) sur le site de l’Association nationale pour la reconnaissance des victimes : « Etre reconnue en tant que victime pour un jour pouvoir enfin dire « je ne suis plus une victime ».

S.G

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1 réflexion sur « Victimes un jour, pas pour toujours »

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