L’égalité maintenant ! le manifeste des 343, 40 ans après

Le garderons-nous dans la petite histoire comme le deuxième volet d’un film ? « le retour des 343 salopes » ? Ou comme un moment important dans la « troisième vague » du féminisme ? Difficile à dire…

Tout est bien dans le contenu du nouveau manifeste des 343 lancé par Osez le féminisme, inspiré par les « anciennes », des 40 ans du MLF…

Il se trouve que j’ai été témoin quand l’idée est venue, c’était il y a moins d’un mois à l’issue d’une très belle manif, dans un café parisien, et je dois dire que je suis toujours très impressionnée de l’efficacité « d’Osez le féminisme ». Moins d’un mois après, le nouveau manifeste des 343 fait la Une de Libération.

4 femmes témoignent des inégalités que nous subissons toujours. 343 disent qu’elles veulent l’égalité ici, et maintenant. C’est mis en avant comme un sujet politique. Alors certes, ce n’est pas tout à fait le seul sujet de la Une, il y a la Côte d’Ivoire qui en prend une moitié longitudinale.

Certes encore, le titre n’a pas été choisi par les militantes, et il reprend, sans guillemets le terme de « salope », un terme qui n’est pas celui du manifeste d’origine. Un titre choc dont on peut s’inquiéter de l’impression qu’il laissera. Si à l’époque, l’invention, par Charlie Hebdo, de l’appellation, pour reprendre l’info, pouvait avoir un sens transgressif, on peut peut-être regretter qu’il soit repris tel quel avec un effet « à double tranchant » (comme celui de la « double une »). Le 5 avril 1971, Le Nouvel Observateur publiait en effet le manifeste des 343. 343 femmes qui osaient, alors que l’avortement était illégal, prendre le risque de dire publiquement qu’elles faisaient partie du million de femmes avortant chaque année, en France. Un acte de bravoure, fait entre autres par Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Françoise Sagan…

Aujourd’hui, il s’agit bien plus d’un acte de communication que de courage…dire « nous ne demandons pas la Lune, juste l’égalité, maintenant, » c’est juste dire  que nous demandons l’application de la loi. Et pourtant, c’est toujours viser la lune. Parce que pour faire exister médiatiquement une revendication juste et encore bien trop souvent mise hors du champ du politique, il semblerait qu’on soit obligées d’en passer par la sacro-sainte communication, ce « Storytelling » qui nous oblige à nous inscrire dans une histoire pour être entendue… on ne peut donc pas faire la fine bouche et seulement espérer qu’il en restera quelque chose…

Je reprends donc ici les phrases essentielles du manifeste, auxquelles je m’associe pleinement :

« Nous voulons atteindre l’égalité femmes – hommes dans les têtes et dans les faits. Nous exigeons aujourd’hui que nos droits fondamentaux deviennent réalité. Des mesures doivent être prises rapidement pour garantir l’égalité dans l’emploi, en faisant reculer la précarité du travail des femmes et en imposant l’égalité salariale. Il est temps de prévoir une éducation dès le plus jeune âge pour comprendre et remettre en cause les mécanismes de domination. Nous demandons que chaque femme puisse accéder à une contraception libre et gratuite, puisse avorter dans de bonnes conditions, être mère si elle en fait le choix. Il faut en finir avec les violences sexistes qui pèsent sur chacune d’entre nous. »



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Une réflexion sur « L’égalité maintenant ! le manifeste des 343, 40 ans après »

  1. Le site internet du monde parle de cet article dans la rubrique … Loisirs. Le « nouveau féminisme » (titre de l’article) est donc un « loisir », auquel peuvent s’adonner entre autres les femmes dont la « profession » est la prostitution, suivant le raisonnement habituel de ce journal : puisque les prostituées sont des femmes libérées du carcan de la morale, il est bien normal que pendant leurs heures libres elles s’amusent au nouveau féminisme.

    Ceci vient après la publicité Sixt en première page du site internet du monde il y a deux ou trois ans, pour laquelle, parmi pas mal d’autres, j’avais écrit au monde et reçu une réponse avançant que si je ne voulais pas de publicités, je n’avais qu’à m’abonner…

    Puisqu’il est bon d’avoir une pensée nuancée, le figaro aura 0 (les seuls à ne féminiser aucun nom de profession et à écrire des articles sur des docteurs, des professeurs, des directeurs dont on apprend seulement en dernière ligne que ce sont des femmes, dans le meilleur des cas), le monde 3 (il sont toujours à la limite du machisme et savent très bien faire passer le dénigrement des femmes, et surtout des mouvements féministes, en les traitant toujours à mots couverts de « politiquement correct », la nouvelle insulte de la réaction), libé 5 (de bonnes intentions, mais les réactions des lecteurs sont affligeantes et semblent trop influencer la politique éditoriale).

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