Le patriarcat, ce sacré « man hater »

Facebook a du bon, parfois. Dans les commentaires qu’on glane ici et là, on trouve des perles qui nous éclairent sur le monde.
Ainsi, une « amie facebook » publie l’annonce de la sortie du film « Women without men » (que j’ai hâte de voir). Des femmes sans hommes. Le parcours de 4 femmes en Iran, film pour lequel la réalisatrice a eu un prix à Venise.
Un commentateur a cru bon de dire : « sans hommes, le monde serait éphémère ».

Tout est dit. En fait, elle est là la grande peur du patriarcat. Comme s’il fallait que chaque femme soit sous contrôle des hommes, non autorisées à pouvoir se passer du maître (le viol correctif des lesbiennes à travers le monde en est un exemple criant), à moins que l’entière gente masculine soit amenée à disparaître, et avec elle l’humanité. Mais surtout, la GRANDE PEUR du patriarcat est là : les hommes s’imaginent que si les femmes peuvent se passer d’eux, alors ils n’ont rien à faire dans ce monde… Est-ce un fantasme inconscient d’une époque où la reproduction n’était pas sexuée ? Ou une incapacité à se penser en terme non destructeurs, qui serait apprise inconsciemment depuis ces millénaires…

Et c’est incroyable, comment s’exprime ce besoin de contrôler, de peur…de ne plus avoir de place, de ne plus exister. Ainsi, ce sont les tenants de la domination masculine et du patriarcat, qui sont ceux qui détestent le plus les hommes, et qui font presque apparaître Valerie Solanas comme une enfant de choeur dans SCUM manifesto. A les entendre en effet, les hommes ne seraient, par nature, pas capable d’exister sans dominer les femmes et leur confisquer leur corps et leur capacité d’être, ce qu’ils ont tant de fois mis en pratique (génocide des nouvelles-nées, des foetus fille, mutilations génitales, violences conjugales)…. Quel mépris pour les hommes !

Alors que les femmes, féministes, nous sommes finalement celles qui les respectons le plus… car nous rêvons d’un monde où les hommes auraient compris que justement, c’est parce que nous n’avons pas BESOIN d’eux, et pas ENVIE qu’ils nous possèdent, que de vraies relations enrichissantes pourraient se nouer entre hommes et femmes, au cas où chacun-e le souhaite…

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4 réflexions sur « Le patriarcat, ce sacré « man hater » »

  1. ce qu’il y a de triste dans la domination masculine, c’est qu’elle ne rend pas compte de la complexité du système que traduit le patriarcat.

    en réalité dans le patriarcat ce sont les hommes qui sont le plus aliénés dans leur condition d’oppresseur : ils veulent tout contrôler, tout posséder…

    les femmes subissent les conséquences de l’aliénation des hommes et parmi elles il y en a beaucoup qui veulent davantage de liberté.

    et en effet, les tenants du patriarcat donnent une image bien déplorable des hommes !!! si bien que l’on peut affirmer que les féministes ont plus de respect pour les hommes que bien d’autres personnes….

  2. @ Sylvie: dire que ce sont les hommes les plus aliénés dans l’histoire me parait un peu incongru dans le sens où ce sont eux qui ont instauré et maintenu jusqu’ici le patriarcat … parce qu’ils en retirent plus de bénéfices que d’inconvénients. C’est juste, je crois, que leur désir de supériorité à un prix: la virilité.
    D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les mouvements de libération des hommes sont inexistants.

    Sinon, billet très juste et qui avance une hypothèse qui se tient. En ce moment, on peut lire partout que les féministes veulent réduire les hommes, les voir disparaître … la PEUR. Une peur infondée bien sûr pour qui s’est penché.e un tant soit peu sur les théories féministes. Une peur surjouée aussi peut-être pour diaboliser le féminisme. Car, en attendant, ce sont les femmes qui ont peur et que l’on jette à la mer …

    1. Aliénés.. je ne sais pas. En tout cas, oui, pour le moment les femmes se sont plus libérées de leur rôle social que les hommes. Sûrement parce qu’elles y ont plus intérêt qu’eux

  3. Je pense que nous devons lutter de toutes nos forces contre un système qui conditionne toujours les filles (dés leur plus jeune age) pour qu’elles trouvent normal d’être dominées par les hommes.
    Bien sur, les hommes y trouvent largement leur compte et dans l’ensemble, n’y trouvent rien à redire, tellement cela les arrange!
    S’il commencent à avoir peur, c’est que nos actions et nos revendications commencent à porter leurs fruits.
    Les filles, continuons à nous battre pour un féminisme juste.

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