Femme libre, étrangère au monde ? un week-end au cinéma

En ce week-end d’orgie chocolatière, j’ai mangé du cinéma. Au printemps de Cineffable, d’abord, dont je retiens avant tout une image : celle de ces jeunes filles kenyanes, qui reçoivent une formation pour détecter et se défendre de la violence sexuelle et sexiste. Pas moins qu’une députée à l’origine de la loi contre les violences sexuelles, une victime-survivor de viol, viennent témoigner, discuter, apprendre aux jeunes filles. Et toutes en choeur (l’école est non-mixte), elles apprennent à dire NON, ensemble elles déclament « mon corps est à moi », « tu n’as pas le droit de me toucher », « NON ». C’est très fort et peut-être ferions-nous bien de nous en inspirer.

Ensuite, j’ai vu deux films réalisés par des femmes et qui passent dans les circuits traditionnels : « L’étrangère », de Feo Aladag, et « Women without men » de Shirin Neshat. Deux films où des femmes, toutes victimes de la violence patriarcale ET institutionnelle, tentent leur libération.
Dans le premier, qui a été primé par le public au festival international de films de femmes de Créteil, Umay est étrangère au monde qui l’entoure, tant elle a de détermination et ne renonce jamais, malgré la succession des agressions et des rejets. Ni à sa liberté, ni à l’amour de sa famille, ni à être. Un personnage et une actrice magnifiques, et une réalisation très juste et en finesse.

Dans Women without men, film un peu complexe, très esthétique (les 5 premières minutes sont époustouflantes), quatre femmes tentent d’échapper au carcan patriarcal, à un moment crucial pour l’Iran, le renversement du gouvernement Mossadegh sous le Shah en 1953 (sous l’influence des Etats-Unis). Alors que le pays lutte pour sa liberté, elles luttent pour la leur. Une est militante politique, les autres fuient la violence patriarcale et se retrouvent dans une maison isolée, presque paradisiaque, sans que plus rien ne différencie la jeune fille violée, la prostituée échappée, la bourgeoise qui a quitté son mari général, ce sont des femmes, qui veulent, enfin, avoir une vie. Mais alors que le pays bascule, elles ne peuvent empêcher le monde extérieur de venir envahir ce lieu, et leur illusion, leur rêve -celui de la liberté, pour un pays, pour les femmes, de s’évanouir brutalement.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s