Idaho: ce qui est immoral…

Le 17 mai 1990, l’OMS (Organisation mondiale de la santé), supprime l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

15 ans plus tard, à l’initiative de Louis-George Tin, naît la journée mondiale de lutte contre l’homophobie (Idaho), aujourd’hui reconnue par l’Union européenne, suivie dans une cinquantaine de pays, mais pas encore reconnue par les Nations unies.

En même temps, 7 pays à travers le monde condamnent encore l’homosexualité de peine de mort.

D’autres, comme l’Ouganda, veulent discuter au parlement de le faire…et des militants politiques LGBT sont assassinés.

Pour les femmes, on parle aussi d’homophobie, souvent. Mais on a créé également un terme spécifique : lesbophobie.

Parfois, on entend dire que c’est plus facile pour deux femmes de s’aimer. Parce que les gestes affectueux entre deux jeunes filles, par exemple, sont plus tolérés qu’entre deux garçons. Parce que, « l’insulte suprême au lycée » pour un homme, c’est d’être « un PD »…parce que, à condition que ce soit bien caché, souvent, la loi ne l’a pas explicitement condamné. Ainsi, à la renaissance, on condamnait moins les lesbiennes en France que les homosexuels. Parce que tout simplement, « ça n’existait pas », et il n’y avait pas de loi.

Donc, pour des femmes, ce serait possible d’aimer d’autres femmes, mais à une condition. Qu’on ne le dise jamais. Que cela ne se voie pas. Et le seul cas où on brûlait des lesbiennes, c’est quand, dans le couple, une prenait des habits d’homme, mettait le pantalon…c’est celle-là qu’on condamnait…parce que c’était un geste, quasi politique : le problème, non seulement ça se voyait, mais en plus, une femme « prenait la place d’un homme »; car dans l’homophobie et la lesbophobie, c’est bien de cela qu’il est question : de place, assignée, que la société à trop peur qu’on remette en cause.

Aujourd’hui, c’est un peu la même chose. Les femmes ne peuvent toujours pas facilement montrer, dire  qu’elles sont lesbiennes sans soudain que le regard change, de l’incompréhension aux coups en passant par les crachats…et jusqu’à une pratique tristement nommée « viol correctif », qui existe dans tous les pays du monde. Des hommes qui violent des lesbiennes pour « les punir » de ne pas vouloir coucher avec des hommes…cela montre bien ce qu’il y a de subversif politiquement à refuser les codes de la domination masculine. Et que le viol n’est pas un « besoin » irrépressible chez le mâle en rut, mais bien un outil de répression politique..pour maintenir la domination.

Et tout ce déchaînement de haine et d’inacceptation de l’autre, au fait, pourquoi ? parce que deux hommes s’aiment et/ou couchent ensemble ? Parce que deux femmes s’aiment et/ou couchent ensemble sans faire de mal à qui que ce soit ? Il me semble que c’est belle et bien cette liberté sexuelle là qu’il nous faut défendre, pour laquelle il nous faut lutter, encore et encore !

S.G

De nombreuses manifestations sont organisées à cette occasion, je rappelle demain soir au centre LGBT Paris Ile-de-France, la projection de « Ouganda, au nom de Dieu », en présence de militants ougandais, et de Louis-George Tin.

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