L’affaire Mahéas

Enfin, on parle dans les médias de l’affaire Mahéas, cet ex-élu PS condamné à trois reprises pour harcèlement sexuel avec une procédure qui a duré de longues années. Tout au long de la procédure, l’AVFT, association contre les violences faites aux femmes au travail, a été aux côtés de la victime. Aujourd’hui, celle-ci, qui a perdu son travail, dû déménager, été systématiquement décriée, niée, culpabilisée, n’aspire qu’à une chose : avoir -enfin- la paix, après la reconnaissance de la justice. Or, ce n’est qu’aujourd’hui, après l’affaire Strauss-Kahn, que le PS finit par saisir la commission des conflits pour voir s’il est possible de maintenir Jacques Mahéas dans le Parti Socialiste, ou si cela risque de nuire à l’image du parti. Et la commission voudrait auditionner la victime…je trouve ça incroyable… Heureusement, l’AVFT est toujours là pour remettre les pendules à l’heure. Je publie donc son dernier communiqué et le lien vers cet article d’égalité-infos.

Condamnation pour agressions sexuelles du sénateur-maire de Neuilly-sur-Marne : la commission des conflits du Parti Socialiste est saisie. L’AVFT demande à être auditionnée.

Nous avons appris par un article de Lénaig Bredoux publié dans Médiapart le 2 juin que Martine Aubry, première secrétaire du Parti Socialiste, avait le 27 mai saisi la commission des conflits(1) dudit parti afin qu’elle se prononce sur l’exclusion ou non du sénateur-maire, suite à une lettre de Benoit Hamon et Gaelle Lenfant, respectivement porte-parole et secrétaire nationale adjointe aux droits des femmes du PS. Ceux-ci estiment dans cette lettre que « Les actes de Monsieur Mahéas – et sa condamnation pour agressions sexuelles qui en a résulté – sont de nature à porter préjudice au Parti »(2) (Cf. article de Médiapart).

Nous apprenons également que la commission des conflits, dont le rapporteur est un ancien directeur de cabinet de J. Mahéas, ne se contentera pas d’une condamnation judiciaire définitive revêtue de l’autorité de la chose jugée pour statuer, et qu’elle a prévu d’entendre J. Mahéas et les « plaignants ».

Nous soulignons la tardivité de la réponse du PS, fruit de la pression médiatique actuelle, après des années de silence. En outre, Mme S., victime des agissements de J. Mahéas, refuse à juste titre d’être auditionnée par cette commission : «  Je n’ai plus à me justifier, j’ai affronté des années de procédure, je me suis battue pour que justice soit rendue sans que personne au PS ne se soit manifesté pour moi. C’est trop tard ».

Enfin, les partis politiques ne peuvent pas à la fois refuser de se prononcer sur le sort de leurs élus quand la justice n’a pas encore statué de manière définitive (« la justice est saisie » ; « respect de la présomption d’innocence ») et décider de refaire une enquête quand une décision judiciaire est intervenue.

L’AVFT, quant à elle, demande à être auditionnée pour répondre aux allégations de manipulation de la victime, présentée par l’attachée parlementaire du sénateur comme « une pauvre femme complètement manipulée » (Cf. article déjà cité).

Pour rappel : l’AVFT est une association indépendante de tout lien avec les partis politiques. Ainsi est-elle intervenue ou a-t-telle soutenu des femmes ayant été victimes de violences sexuelles commises par des élus de tous bords politiques : UMP, PC, PS, ou maire sans étiquette. L’association ne peut donc être soupçonnée d’agir en fonction d’intérêts autres que ceux des victimes.

Pour précision : Si l’AVFT demande la condamnation pénale des mis en cause et des sanctions administratives à l’encontre d’élus condamnés pour des violences sexuelles (révocation des mandats de maire, de parlementaire), elle ne formule pas de demande d’exclusion aux partis politiques. Nous les interpellons pour qu’ils fassent connaître aux femmes, hommes, citoyennes et citoyens, électrices et électeurs, leur position sur la question des élus auteurs de violences sexuelles. Il leur appartient en effet de déterminer si une condamnation d’un des leurs pour des violences sexuelles est compatible avec l’appartenance à leur parti et aux valeurs que celui-ci véhicule.

Contact :
Marilyn Baldeck
Déléguée générale
Tél : 01 45 84 24 24

 

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4 réflexions sur « L’affaire Mahéas »

  1. Si la procédure a été publique , déjà on comprend mal , que face à un problème aussi grave, le PS n’ait pas eu un observateur délégué pour suivre ce dossier et pour lui faire un rapport.
    Au cas où elle ne l’aurait pas été ( publique) c’était à l’accusé , élu PS de donner copie des décisions de la justice, à son parti… ou à son parti de l’exiger
    Le comportement du PS à l’égard de cette courageuse femme victime est indigne mais, hélas, symptomatique des habitudes françaises

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