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Hier, j’ai publié trop tôt un article qui s’interrogeait sur l’image de la campagne « osez le clito » (il est parti, il reviendra lundi, pour cause d’embargo). En me demandant si on pouvait utiliser le cadrage pornographique, même pour la noble cause de montrer le clitoris, cet organe sexuel trop mal connu.
Aujourd’hui, je publie le clip du Lobby européen des femmes et les réactions sont immédiates.(voir commentaire de M. Dufresne et d’autres sur facebook).

En effet, il semble incroyablement difficile d’interpeller par l’image, sans risquer de minimiser, trahir ou transformer le ressenti des femmes, sans minimiser les effets de la prostitution sur les femmes…on ne peut que rarement juste inverser les situations. Parce que si le contenu change, est-ce que justement, le point de vue du spectateur, change avec ? Pas forcément. Celui qui regarde, regarde toujours avec les codes appris.

Il y a donc là es questions essentielles sur l’image et la représentation qui se posent à nous.

Celle de la possibilité de faire des fictions sur certains sujets, de la justesse du documentaire versus la fiction (mais où est la frontière ?)

Il semblerait en effet que concernant la prostitution, seuls certains documentaires et certains documents parviennent à retranscrire, à parler de ce qu’est, pour les personnes prostituées, de se prostituer. Je pense à celui de Marie Vermeiren, Pas à vendre, et à l’imposture, d’Eve Lamont, par exemple. Je pense au blog de rebecca mott, déjà cité ici souvent.

Enfin, pendant tout le siècle dernier, l’explosion des images, fabriquées, financées, diffusées par des hommes pour des hommes et dans une optique patriarcale et mercantile, a tellement formaté nos représentations, notre façon de regarder, qu’il semble qu’on ne parvienne toujours pas à montrer les femmes autrement. Parce que le corps objet l’est nécessairement plus encore en image…Que ce soit pour parler prostitution (ce clip), désir des femmes (osez le clito), corps des femmes (colloque de l’IEC), on n’y arrive pas. C’est un sujet de réflexion qu’il nous faudrait vraiment approfondir…et pour lequel il nous faudra certainement beaucoup de déconstruction, avant de réussir à trouver une façon de représenter les femmes, qui justement nous représente, soit notre langage et ne soit pas le regard d’une société sexiste sur les femmes…

S.G

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