PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX : manifeste

Mardi 23 août, 22H Voici un nouveau texte co-signé par Muriel Salmona et Sandrine Goldschmidt suite à l’abandon des charges à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn. Vous pouvez également y souscrire iciCombien de femmes ont un jour menti ?
Combien de femmes ont un jour cédé sans consentir ?
Combien de femmes se sont dit : je n’avais qu’à pas être là, habillée comme-ci, habillée comme ça, avoir donné l’impression que je voulais, avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?

Après avoir lu le rapport de Cyrus Vance pour motiver sa demande d’abandon des charges à l’encontre de DSK, nous ne pouvons arriver qu’à une seule conclusion. C’est vrai, Nafissatou Diallo n’avait guère de chance de gagner un procès pénal et de convaincre 12 jurés « au delà du doute raisonnable ». Cela ne prouve pas que DSK n’était pas coupable. Cela veut dire qu’aujourd’hui, la justice des hommes est bien la justice des hommes.
Quand on sait que sur 75000 femmes violées par an en France et autant d’enfants, 10% de plaintes sont déposées et 3% donnent lieu à un procès pour 1% de condamnations, doit-on en conclure qu’il n’y a qu’1% de violeurs ? NON.
Cela veut dire que sur les 75000 femmes violées en France, et à peu près autant de violeurs, seules 2250 victimes ont droit à un procès pénal et à peu près 72750 violeurs ont le droit de recommencer en toute promesse d’impunité.
En effet, il semblerait qu’il suffise que la plaignante soit un peu – ou beaucoup- menteuse, qu’elle ait été la petite amie du violeur (80% des viols sont commis par une connaissance de la victime), qu’elle soit toxicomane, alcoolique, prostituée, qu’elle présente des troubles psychiatriques, qu’elle ne se souvienne plus bien de ce qui s’est passé (et on pourrait citer encore beaucoup d’exemples de ce type), pour que la justice estime qu’il n’y a pas de preuve suffisante et qu’il n’est pas nécessaire qu’elle tente d’en savoir un peu plus sur la nature du consentement soi-disant donné.

Alors, nous disons ici aujourd’hui que si 99% des violeurs ne sont pas condamnés, non pas parce qu’ils sont innocents (on n’en saura rien) mais parce que la justice -quand elle est saisie- n’a pas les preuves suffisantes, c’est qu’il y a un problème avec la justice.

Parce qu’à l’évidence elle n’est pas en mesure de rechercher des faisceaux d’indices indispensables pour une véritable instruction, et qu’elle est gravement parasitée par des stéréotypes sexistes et des fausses représentations concernant les violences et la sexualité.
Nous demandons l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire  pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien.
Nous exigeons que les choses changent, pour l’avenir de notre société.
PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX

Sandrine Goldschmidt, journaliste et militante féministe, https://sandrine70.wordpress.com/
Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, http://memoiretraumatique.org/

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Nous tenons à remercier Lola Lafon, auteure du roman « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce », qui a inspiré la phrase-titre (pour l’avoir associée aux violences faites aux femmes) et d’autres dans ces textes.

Le slogan « pas de justice, pas de paix » est celui des émeutes noires de Los Angeles en 1992; Il a été repris par le MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues) en France.

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12 réflexions sur « PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX : manifeste »

  1. Pourquoi les enfants, femmes ou hommes, ou encore par exemple, religieuses novices et séminaristes apeurés, victimes harcelées de prédateurs cyniques, machistes et patriarcaux, ou de bourreaux nantis ou armés (dans tous les sens du mots) avons-nous dû attendre cette année 2011 pour nous lever, nous rassembler et TROUVER LES MOTS POUR LA REVOLTE ????
    « Le féminisme est désormais une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et son associé le machisme, et dans la lutte pour la protection de l’Enfance. » (vk)

  2. oui, il y a clairement un problème avec la justice. C’est aussi ce que cette affaire révèle. Et vous formulez parfaitement ce que je ressens notamment sur l’absence de preuves, sur le consentement. Tout cela est assez perturbant.

  3. Pas de justice , Pas de paix,
    ce slogan est très fort et il nous faudra le répéter, le crier, le marteler, le décliner.

    Pour prouver qu’elle existait en tant que victime N. D. a été obligée comme nous toutes, de se mettre à nu et de recommencer ce même strip tease psychologique et social éprouvant censé prouvé …. et auquel n’a répondu que le silence convenu de l’ex-accusé .

    L’Amérique s’est finalement inclinée face … à quoi ?

    1. « Pour prouver qu’elle existait en tant que victime N. D. a été obligée comme nous toutes, de se mettre à nu et de recommencer ce même strip tease psychologique et social éprouvant censé prouvé …. »

      Tel est le problème, se mettre a nu devant les juges, réactiver la mémoire, revivre la douleur, pour au final se faire traiter d’affabulatrice.
      La manipulation tient un rôle principal dans les agressions sexuelles, du viol jusqu’au procès.
      Briser le silence, oui, mais que la justice change également.

  4. Il y a un paramètre qui n’a pas du tout été exploré et qu’a soulevé un intervenant sur Agoravox : N.D. travaillait, quand cela est arrivé. Or même si cette femme a été agressée dans l’exercice de ses fonctions, on fait passer l’affaire pour une affaire privée. Et le droit du travail dans tout ça ?
    L’auteur suggère que N.D. porte plainte en France dans le cadre du droit du travail. Lire ici :
    http://angrywomenymous.blogspot.com/2011/08/la-cruaute-est-un-geste-de-servitude.html

  5. Bonjour,

    « avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non ?

    PEUT-ON PARLER DE CONSENTEMENT DE LA PATIENTE À UNE FAUTE PROFESSIONNELLE GRAVE OU À UN MANQUEMENT À L’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE ?

    Mon témoignage :

    Exploitation Sexuelle dans une relation de soins :

    Quelques lignes pour vous décrire mon expérience d’abus sexuel, d’agression sexuelle par un professionnel de la santé. Il y a quelques années une telle exploitation sexuelle m’aurait semblée improbable. J’ai été victime de la manipulation de ce thérapeute.
    J’espère que ce récit vous aidera à mieux comprendre le caractère insidieux de telles agressions commises par certains professionnels de la santé dans un cadre où la patiente est vulnérable, confiante face à son thérapeute qui a le pouvoir et l’autorité. Pourtant, tout professionnel de la santé doit agir dans le respect et l’intérêt de sa patiente.

    Je suis inquiète : mon enfant souffre, pas de diagnostic.

    La voix de ce kinésithérapeute (ostéopathe) est à peine audible. Jamais je n’aurais imaginé ce qui allait m’arriver. J’assiste aux soins de mon enfant. Il me conseille : éducation, scolarité, est très moralisateur, a de l’influence sur moi. Souvent il me regarde à mon insu. Un jour, pseudo-cours de kiné : il me prend les mains, me guide. Je ressens une drôle d’impression à son contact, il me touche impulsivement sous mon gilet, son corps emboîte le mien, son souffle sur mon visage, une sensation étrange. Je suis perturbée. Je lui fais confiance. Néanmoins des impressions de séduction surgissent dans mon esprit, sans doute mon imagination ?
    Premières manipulations de ce kiné :
    Il m’indique le chemin à suivre, ce que je dois dire ou ne pas dire. Je l’écoute, il veut avoir raison, me dit « vous pouvez compter sur moi ». Son emprise commence insidieusement : parfois il me dévalorise avec ses remarques acérées, il me touche souvent : épaule, cheveux, genou, je suis choquée lorsqu’il me fait la bise pour me dire au revoir. Je m’interroge sur les gestes inhabituels de ce thérapeute. Il est marié, père de famille. Suite à quelques douleurs, je deviens sa patiente.

    Ce sera l’escalade jusqu’à la frustration, l’humiliation, la honte.

    Rendez-vous à son cabinet professionnel principal :

    Je ne souffre pas. Je viens pour un simple entretien, il me demande néanmoins de m’allonger sur la table de massage, je suis surprise. C’est lui le kiné, il ordonne. Je refuse de me déshabiller. Il s’assied contre moi, son corps emboîte le mien, sa bouche près de mon oreille, sa voix séductrice. Je sens les fortes palpitations de son cœur, son souffle dans mon cou, est-ce normal ? Je ne comprends pas cette situation, je suis mal à l’aise. Je considère néanmoins ses gestes comme des actes thérapeutiques. Il palpe mes seins, mon ventre puis descend … Je lui fais confiance mais je trouve ses gestes osés. Il ne m’explique rien. Debout, il se colle à moi impulsivement. Il pose une main sur mon sein à l’intérieur de mon soutien gorge et commence un massage du ventre avec l’autre main. Il me serre contre lui, je pense à une connotation érotique : son corps contre le mien, sa bouche dans mon cou, ses mains sur mes zones intimes. Je suis gênée, estourbie, je ne savais que de tels actes existaient en ostéopathie.

    Que m’a-t-il fait ce jour là ? Une attitude inattendue de la part de ce professionnel de la santé. Un effet de surprise pour moi, une incompréhension de la situation, une confusion sur l’interprétation de ses gestes.

    Je lis et j’apprends par mes lectures qu’un ostéopathe doit expliquer ses actes à sa patiente et avoir l’accord de celle-ci avant d’intervenir !

    Il me tutoie, me touche souvent. Je prends conscience qu’il essaie de me séduire. Je l’admire en tant que thérapeute et l’idéalise certainement. En sa présence, je me détends. A sa demande je lui apporte un dossier. Une nouvelle façon de se rapprocher de moi ? Je ne connais que le professionnel, mais quel homme est-il ? Je ne m’interroge pas sur la déontologie, l’éthique, le secret médical, le respect du patient. Je ne perçois pas sa manipulation. Sa présence est un réconfort pour moi. Malheureusement il profitera de mon besoin de réconfort pour sexualiser cette relation.

    Remise du dossier à son cabinet principal :

    Je dois m’allonger à nouveau sur la table de massage. Il m’a promis une séance d’ostéopathie pour quelques soucis. Mais, aucun soin de sa part. Était-ce une nouvelle stratégie d’approche ? Je dois étendre mes jambes, je suis contre lui, ses bras autour de moi. Il allonge alors ses jambes le long des miennes, c’est très intime. Je sens sous moi « une réaction d’homme », un désir. Il dégrafe lui-même soutien-gorge et ceinture de pantalon. Je pense qu’il fait pareil avec toutes ses patientes. Il m’installe en position fœtal contre sa poitrine, mon visage dans sa barbe. Il est kiné, ostéopathe, un peu psy. Je considère que ce sont des actes thérapeutiques.

    La dérive professionnelle :

    Il me dit : »tu es une femme très désirable (…) ».Gênée je vais partir, il m’attire alors dans ses bras, me caresse. Je réalise que je n’accepte pas son attitude ni d’une telle relation dans un cadre professionnel. Je souhaite simplement collaborer avec lui pour mon enfant. Je le lui écris en lui témoignant toute ma confiance.

    Il me déclare « c’est une relation pleine de tendresse » et « je ne pourrai pas t’envoyer des mots d’amour ». Il m’embrasse. J’ai l’impression qu’il a de réels sentiments pour moi. Ceci n’est en fait que manipulation de sa part. Ses gestes sont plus sexuels sur la table de massage, je suis mal à l’aise. Il identifie sa clientèle à une grande famille, un gourou ? Je constate un côté brutal chez lui. Je m’interroge.
    Il me fixe rendez-vous à son cabinet professionnel secondaire beaucoup plus éloigné de chez lui, tout en me rassurant « ça va bien se passer ».
    Mais pas de massage. Il m’oblige à exécuter un acte sexuel inattendu, moi couchée, lui debout. Il m’impose, ferme le volet de la grande baie vitrée et bloque la porte. C’est très sexuel. Je suis mal à l’aise mais je le laisse faire. Suis-je dépendante de lui ou sous le choc ? Je ne sais pas. Je ne réagis pas. Il me dit « n’aie pas peur », mon visage reflète-t-il l’angoisse? Je me sens instrumentalisée : il donne satisfaction à ses propres désirs, puis une relation intime complète. Il joue avec mon corps. Ce cabinet secondaire est-il sa garçonnière ?
    Il a donné satisfaction à ses propres besoins, si méthodiquement. Je n’ai été que son objet. L’habitude de l’homme ou celle du thérapeute qui abuse de ses patientes ?

    Ses discours paradoxaux créent chez moi une confusion croissante, une incompréhension de la situation. Il veut me revoir. J’ignore les lois, l’éthique, la déontologie.
    Il réitéreras abus sexuels, relations sexuelles sous prétexte de soins qu’il ne me fera jamais. Je l’ai vu être très en colère, méprisant suite à mes questions.
    Je ressens alors honte, frustration, humiliation en repensant à cette relation. Je suis désemparée, un vide immense. Je décide de ne plus le voir et le lui annonce.
    Je finis par faire des recherches sur les abus sexuels commis par certains professionnels de la santé. Une personne adorable me fait prendre conscience de ce que j’ai réellement vécu :
    Ce kinésithérapeute m’a exploitée sexuellement : dans ce cadre de soins, il a profité de ma vulnérabilité pour obtenir de moi des faveurs sexuelles qu’il n’aurait pu obtenir dans aucun autre contexte.
    Durant des mois, je n’ai pas compris ce que je vivais :
    Abus de Confiance, Abus de Pouvoir, Abus d’Autorité, Agression Sexuelle, Exploitation Sexuelle dans une relation de soins : Une Manipulation qui a permis à ce kinésithérapeute d’abuser de moi sexuellement, si insidieusement.

  6. Bonjour,

    « avoir changé d’avis, avoir eu peur de dire non, à avoir dit non mais pas non, non, non »

    PEUT-ON PARLER DE CONSENTEMENT DE LA PATIENTE À UNE FAUTE PROFESSIONNELLE GRAVE OU À UN MANQUEMENT À L’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE ?

    Mon témoignage

    Exploitation Sexuelle dans une relation de soins :

    Quelques lignes pour vous décrire mon expérience d’abus sexuel, d’agression sexuelle par un professionnel de la santé. Il y a quelques années une telle exploitation sexuelle m’aurait semblée improbable. J’ai été victime de la manipulation de ce thérapeute.
    J’espère que ce récit vous aidera à mieux comprendre le caractère insidieux de telles agressions commises par certains professionnels de la santé dans un cadre où la patiente est vulnérable, confiante face à son thérapeute qui a le pouvoir et l’autorité. Pourtant, tout professionnel de la santé doit agir dans le respect et l’intérêt de sa patiente.

    Je suis inquiète : mon enfant souffre, pas de diagnostic.

    La voix de ce kinésithérapeute (ostéopathe) est à peine audible. Jamais je n’aurais imaginé ce qui allait m’arriver. J’assiste aux soins de mon enfant. Il me conseille : éducation, scolarité, est très moralisateur, a de l’influence sur moi. Souvent il me regarde à mon insu. Un jour, pseudo-cours de kiné : il me prend les mains, me guide. Je ressens une drôle d’impression à son contact, il me touche impulsivement sous mon gilet, son corps emboîte le mien, son souffle sur mon visage, une sensation étrange. Je suis perturbée. Je lui fais confiance. Néanmoins des impressions de séduction surgissent dans mon esprit, sans doute mon imagination ?
    Premières manipulations de ce kiné :
    Il m’indique le chemin à suivre, ce que je dois dire ou ne pas dire. Je l’écoute, il veut avoir raison, me dit « vous pouvez compter sur moi ». Son emprise commence insidieusement : parfois il me dévalorise avec ses remarques acérées, il me touche souvent : épaule, cheveux, genou, je suis choquée lorsqu’il me fait la bise pour me dire au revoir. Je m’interroge sur les gestes inhabituels de ce thérapeute. Il est marié, père de famille. Suite à quelques douleurs, je deviens sa patiente.

    Ce sera l’escalade jusqu’à la frustration, l’humiliation, la honte.

    Rendez-vous à son cabinet professionnel principal :

    Je ne souffre pas. Je viens pour un simple entretien, il me demande néanmoins de m’allonger sur la table de massage, je suis surprise. C’est lui le kiné, il ordonne. Je refuse de me déshabiller. Il s’assied contre moi, son corps emboîte le mien, sa bouche près de mon oreille, sa voix séductrice. Je sens les fortes palpitations de son cœur, son souffle dans mon cou, est-ce normal ? Je ne comprends pas cette situation, je suis mal à l’aise. Je considère néanmoins ses gestes comme des actes thérapeutiques. Il palpe mes seins, mon ventre puis descend … Je lui fais confiance mais je trouve ses gestes osés. Il ne m’explique rien. Debout, il se colle à moi impulsivement. Il pose une main sur mon sein à l’intérieur de mon soutien gorge et commence un massage du ventre avec l’autre main. Il me serre contre lui, je pense à une connotation érotique : son corps contre le mien, sa bouche dans mon cou, ses mains sur mes zones intimes. Je suis gênée, estourbie, je ne savais que de tels actes existaient en ostéopathie.

    Que m’a-t-il fait ce jour là ? Une attitude inattendue de la part de ce professionnel de la santé. Un effet de surprise pour moi, une incompréhension de la situation, une confusion sur l’interprétation de ses gestes.

    Je lis et j’apprends par mes lectures qu’un ostéopathe doit expliquer ses actes à sa patiente et avoir l’accord de celle-ci avant d’intervenir !

    Il me tutoie, me touche souvent. Je prends conscience qu’il essaie de me séduire. Je l’admire en tant que thérapeute et l’idéalise certainement. En sa présence, je me détends. A sa demande je lui apporte un dossier. Une nouvelle façon de se rapprocher de moi ? Je ne connais que le professionnel, mais quel homme est-il ? Je ne m’interroge pas sur la déontologie, l’éthique, le secret médical, le respect du patient. Je ne perçois pas sa manipulation. Sa présence est un réconfort pour moi. Malheureusement il profitera de mon besoin de réconfort pour sexualiser cette relation.

    Remise du dossier à son cabinet principal :

    Je dois m’allonger à nouveau sur la table de massage. Il m’a promis une séance d’ostéopathie pour quelques soucis. Mais, aucun soin de sa part. Était-ce une nouvelle stratégie d’approche ? Je dois étendre mes jambes, je suis contre lui, ses bras autour de moi. Il allonge alors ses jambes le long des miennes, c’est très intime. Je sens sous moi « une réaction d’homme », un désir. Il dégrafe lui-même soutien-gorge et ceinture de pantalon. Je pense qu’il fait pareil avec toutes ses patientes. Il m’installe en position fœtal contre sa poitrine, mon visage dans sa barbe. Il est kiné, ostéopathe, un peu psy. Je considère que ce sont des actes thérapeutiques.

    La dérive professionnelle :

    Il me dit : »tu es une femme très désirable (…) ».Gênée je vais partir, il m’attire alors dans ses bras, me caresse. Je réalise que je n’accepte pas son attitude ni d’une telle relation dans un cadre professionnel. Je souhaite simplement collaborer avec lui pour mon enfant. Je le lui écris en lui témoignant toute ma confiance.

    Il me déclare « c’est une relation pleine de tendresse » et « je ne pourrai pas t’envoyer des mots d’amour ». Il m’embrasse. J’ai l’impression qu’il a de réels sentiments pour moi. Ceci n’est en fait que manipulation de sa part. Ses gestes sont plus sexuels sur la table de massage, je suis mal à l’aise. Il identifie sa clientèle à une grande famille, un gourou ? Je constate un côté brutal chez lui. Je m’interroge.
    Il me fixe rendez-vous à son cabinet professionnel secondaire beaucoup plus éloigné de chez lui, tout en me rassurant « ça va bien se passer ».
    Mais pas de massage. Il m’oblige à exécuter un acte sexuel inattendu, moi couchée, lui debout. Il m’impose, ferme le volet de la grande baie vitrée et bloque la porte. C’est très sexuel. Je suis mal à l’aise mais je le laisse faire. Suis-je dépendante de lui ou sous le choc ? Je ne sais pas. Je ne réagis pas. Il me dit « n’aie pas peur », mon visage reflète-t-il l’angoisse? Je me sens instrumentalisée : il donne satisfaction à ses propres désirs, puis une relation intime complète. Il joue avec mon corps. Ce cabinet secondaire est-il sa garçonnière ?
    Il a donné satisfaction à ses propres besoins, si méthodiquement. Je n’ai été que son objet. L’habitude de l’homme ou celle du thérapeute qui abuse de ses patientes ?

    Ses discours paradoxaux créent chez moi une confusion croissante, une incompréhension de la situation. Il veut me revoir. J’ignore les lois, l’éthique, la déontologie.
    Il réitéreras abus sexuels, relations sexuelles sous prétexte de soins qu’il ne me fera jamais. Je l’ai vu être très en colère, méprisant suite à mes questions.
    Je ressens alors honte, frustration, humiliation en repensant à cette relation. Je suis désemparée, un vide immense. Je décide de ne plus le voir et le lui annonce.
    Je finis par faire des recherches sur les abus sexuels commis par certains professionnels de la santé. Une personne adorable me fait prendre conscience de ce que j’ai réellement vécu :
    Ce kinésithérapeute m’a exploitée sexuellement : dans ce cadre de soins, il a profité de ma vulnérabilité pour obtenir de moi des faveurs sexuelles qu’il n’aurait pu obtenir dans aucun autre contexte.
    Durant des mois, je n’ai pas compris ce que je vivais :
    Abus de Confiance, Abus de Pouvoir, Abus d’Autorité, Agression Sexuelle, Exploitation Sexuelle dans une relation de soins : Une Manipulation qui a permis à ce kinésithérapeute d’abuser de moi sexuellement, si insidieusement.

  7. Attention le slogan Pas de justice Pas de paix! n’est pas du tout l’oeuvre de Lola Lafon mais le slogan des émeutes noires de Los Angeles en 1992. C’est d’ailleurs pour ça que nous l’avons aussi repris à notre rassemblement à Rennes le 23 Août pour intégrer la dimension « race ». Merci de rectifier l’erreur.

  8. Merci pour la remarque, c’est juste, nous ne voulions pas dire par là qu’elle en était l’inventeuse. Je prévise que le remerciement à Lola Lafon ne fait pas partie du manifeste, il n’est donc pas politique mais est personnel, sur mon blog.
    Ensuite, sur le fond, j’ai remercié (en y associant Muriel avec son accord) Lola Lafon parce que c’est la lecture de son dernier roman, « Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce », qui a inspiré une partie de ce texte. Pas seulement par le slogan, qui en effet bien antérieur et que je n’ai pas recontextualisé, mais aussi le contenu et la formulation qui dit « quand une femme dit non mais pas non, non, non ». Par ailleurs, le roman rattache explicitement la formule aux violences faites aux femmes.
    J’aurais pu aussi citer d’autres personnes et mouvements, mais c’était ici, donc, plus personnel.

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