Avec Martine Aubry pour l’égalité femmes-hommes ?

Hier, je suis allée, à l’invitation de Caroline de Haas, chargée de l’égalité femmes-hommes, à une rencontre organisée par les soutiens féministes de Martine Aubry. Parmi elles, Elisabeth Guigou, Anne Hidalgo, Gaëlle Lenfant,  Fatima Lalem du PS et quelques féministes « historiques » (pardon), comme Françoise Picq et Martine Storti, l’économiste Rachel Silvera et quelques journalistes. Pour moi, l’objectif était de « prendre la température » et pouvoir échanger sur certains sujets qui me tiennent à coeur.

Il est incontestable que les efforts de Caroline de Haas, avec le lancement de l’appel « avec Martine Aubry, je m’engage pour l’égalité femmes-hommes », sont importants, qu’il y a des propositions concrètes, que ces propositions concrètes visent à faire de la politique de l’égalité femmes-hommes un tout, c’est-à-dire, comme l’a souligné Martine Storti, d’affirmer que l’égalité femmes-hommes n’est pas catégorielle mais bien politique et transversale.

Martine Aubry a également décidé de faire son premier rassemblement à Paris sur le thème de l’égalité femmes-hommes. C’est une première, et c’est sûr qu’on n’entend pas parler du sujet du côté de ses adversaires aux primaires…

Enfin, une de ses premières lois serait sur l’égalité professionnelle, pas une « énième loi sur le sujet », a répondu Rachel Silvera à une question, mais une loi et des décrets qui permettraient d’appliquer et, surtout, de sanctionner les entreprises qui ne la respectent pas. Alors que semble-t-il, la conscience des femmes des discriminations qu’elles subissent est en train d’exploser dans les entreprises, selon une avocate qui était également présente.

Alors bien sûr, les promesses n’engageant que celles et ceux qui les croient, le programme est tellement ambitieux, le féminisme de Martine Aubry n’ayant jamais été évident, le problème c’est qu’il faut réussir à convaincre que cette fois-ci, ce sera différent, que la politique sera appliquée et pas seulement un effet d’affichage. Pour cette raison, Elisabeth Guigou et Anne Hidalgo, Fatima Lalem ont pris la parole pour souligner que Martine Aubry « quand elle dit quelque chose, elle le fait », exemples à l’appui.

De fait, il me fallait aussi aborder le sujet qui aujourd’hui, risque de retenir bien des femmes de voter aux primaires : celui de l’écoute de la parole des victimes de viol. Car on ne peut pas être autonome, s’investir dans la vie de la société, si on n’est pas d’abord en sécurité. Or, les femmes aujourd’hui ne sont pas en sécurité et leur parole lorsqu’elles subissent violences et viols n’est pas entendue. J’ai donc demandé comment, dans le contexte actuel, (et j’aurais du préviser en particulier avec la plainte en cours pour tentative de viol contre DSK), et l’attitude pour le moins ambigüe de la dirigeante du PS, Martine Aubry pouvait convaincre les femmes qu’avec elle, leur parole serait enfin prise en compte.

Deux réponses m’ont été faites : qu’elle était engagée sur les violences faites aux femmes et que le fait d’avoir une politique globale sur l’égalité femmes hommes (avec, c’est vrai, des propositions conctrètes, en particulier sur l’hébergement des femmes victimes de violence), l’autre, c’est que probablement elle dirait quelque chose là-dessus mercredi prochain au Cabaret sauvage. Par ailleurs, Caroline de Haas a affirmé que sa détermination à faire une loi pour l’abolition du système prostitueur était sans ambiguïté, et que sa position sur la GPA était catégorique (contre).

J’attends donc avec grand intérêt ce qu’elle dira mercredi prochain, et espère que le profond sentiment de découragement ressenti par de nombreuses femmes depuis quelques semaines sera entendu.

I

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16 réflexions sur « Avec Martine Aubry pour l’égalité femmes-hommes ? »

  1. Je ne vois pas comment ce parti corporatiste pourrait avoir une vision du combat feministe dénuée d’intérêts arrivistes et politiciens. Preuve en est: fidélité à DSK protégeant avant l’affaire ses frasques afin d’avoir un candidat présidentiable.

  2. Je n’ai pas une once de confiance en Martine Aubry qui projette sans le dire de nous refourguer le tocard soi-disant blanchi (et c’est très gentil comme terme) dans son gouvernement si elle est élue. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et la schyzophrénie de ses propos ne la gêne en rien. D’ailleurs je me doute que personne n’a même osé lui poser la question de savoir si elle prendrait ou pas le Perv dans son gouvernement parce que ça aurait été langue de bois assurée et sortie magistrale du piège avec une pirouette. Les promesses de ces personnalités lâchissimes, vue leur attitude au moment de l’affaire-symbole, sont à prendre avec de très très longues pincettes ! Elle est en campagne et soudain le PS a découvert que la moitié des électeurs sont des électrices. Elle a commis de graves bourdes qu’elle tente de réparer vite fait sur le gaz. Mais on l’a entendu son vrai cri du coeur dans la fièvre des événements : il avait pour nom Do-mi-ni-que (! Que lui a t-on fait !!! Un si gentil compagnon !) Et pas un mot pour Nafissatou Diallo. Ni hier ni aujourd’hui. On ne trahit pas le boss. Martine Aubry n’a aucune indépendance. Elle n’est qu’un rouage dans une machine que nous ne pouvons voir tant elle est énorme.

    1. je ne défends pas ici Martine AUbry, tu l’as bien compris. Cela dit, j’y suis justement allée pour demander (Aubry n’y était pas, puisque c’était un dîner avec ses soutiens), pour porter la parole des victimes et bien sûr, il y a eu de la langue de bois en réponse. Néanmoins, j’y suis allée et je l’ai fait. y être, écouter, m’a permis de discuter et débattre, de tenter de faire passer le message qu’il fallait qu’elle soit claire sur la question du « retour de DSK » que sinon elle prenait un grand risque.
      Enfin, je ne crois pas qu’il soit tout à fait exact qu’elle n’ai jamais rien dit sur Nafissatou Diallo et sur les victimes. A vérifier.

    2. je suis tout à fait d’accord avec vous! Les contorsions de Mme Aubry et il faut bien le dire de toute la classe politique, y compris les femmes, toutes tendances confondues, tend à nous montrer que la seule chose qui les passionne c’est leur CARRIERE et l’avenir de leur parti.
      Le silence des femmes politiques a vraiment été assourdissant! Quant aux propos de Ségolène Royal qui affirme se ficher de ce qui s’est passé dans la suite du Sofitel entre Nafissatou Diallo et « Mr Propre », c’est le genre de propos qui réduit à néant tout ce qu’elle a pu dire concernant ses objectifs en matière de lutte contre les violences faites aux femmes.
      Ce contexte électoral est finalement très favorable à l’expression du peuple, et que nos politiques comprennent que de belles paroles sont caduques lorsque les actes ne suivent pas.
      A bon entendeur…

  3. D’accord avec emmanuelle qui écrit : « Ni hier ni aujourd’hui. On ne trahit pas le boss. Martine Aubry n’a aucune indépendance. Elle n’est qu’un rouage dans une machine que nous ne pouvons voir tant elle est énorme. »

    Martine Aubry ne sera jamais candidate. Je la trouve fade, faible et inconsistante. Comment ose-t-elle parler de l’égalité hommes-femmes alors qu’elle affiche sa solidarité avec un homme qui a utilisé la force et la manipulation pour avoir des relations sexuelles « consenties » avec de nombreuses femmes.

    Mais surtout comment ose-t-elle déclarer qu’elle engage pour lutter contre les violences faites aux femmes et d’avoir une politique globale sur l’égalité femmes hommes, alors qu’elle joue le jeu de l’Islam qui est une religion anti-femmes, anti-sémites, anti-homosexuels, anti-laïcité, anti-liberté.
    Pour mémoire : Martine Aubry justifie l’attribution d’une heure hebdomadaire réservée aux femmes musulmanes à la piscine de Lille-Sud – Edition du 1er Juillet 2003
    http://www.maire-info.com/article.asp?param=3234&PARAM2=PLUS

  4. A Sandrine : j’ai très bien suivi ce que les femmes politiques ont dit au cours de l’affaire et M.A. a toujours soutenu son mentor. Elle a fait un petit accroc la veille de son retour parce que le sondage sur le rejet des français et surtout des françaises du Perv est sorti à ce moment-là et la voilà qu’elle a déclaré « penser ce que les autres femmes pensent ». De quelles « autres » femmes parlait-elle exactement ? De Michèle Sabban, d’Elisabeth Badinter, d’Anne Sinclair, et d’Anne Hommel, entre autres, et toutes celles qui défendent DSK bec et ongles ou des autres « autres » ? Elle ne nous l’a pas précisé afin que chacune se sente visée. Par la suite, elle s’est même rétractée. Et il n’est pas exclu que si c’est elle qui l’emporte aux primaires socialistes, elle trouve un prétexte pour laisser sa place à DSK comme ils en ont convenus avant l’affaire du Sofitel.
    Les primaires devaient avoir lieu en juin. Elles ont été repoussées en octobre POUR DSK. Il ne faudrait peut-être pas l’oublier. Et ils ont trouvé moyen, Anne Sinclair en tête, de le faire revenir en France début septembre, le temps d’enterrer l’affaire, de se refaire une virginité et de poser ses fesses sur le siège de candidat à la présidentielle comme si de rien n’était, tu verras. Là on nous a fait le coup des sondages favorables à Hollande mais depuis ce matin déjà, on nous dit de nous préparer à la surprise. Tout est télécommandé. Le PS nous ment de A à Z. Leur exposer nos souhaits c’est les aider à préparer des discours clés en main pour nous faire rêver qu’ils s’occuperont de ce qui nous intéressent. Du vent !
    La seule qui est descendu dans la rue aux côtés des féministes c’est Eva Joly. Mais j’attends d’elle une position vraiment sans équivoque aucune. Qu’elle dise qu’avec elle pas de DSK. De Martine Aubry, on obtiendra jamais de clarté. Jamais.

  5. Cela dit, c’était bien d’y aller et d’écouter ce qu’elle a à dire mais que personne ne se fasse la moindre illusion. Le réveil pourrait être très dur.

  6. Merci d’avoir assisté et de nous rapporter les propos. Je n’ai pas confiance en le féminisme de martine Aubry, (et pas plus de la droite !) par exemple en lisant le site de l’AVFT, avec le PS qui a été interpellé parce qu’un élu avait été condamné et néanmoins restait en poste. C’était avant ‘l’affaire DSK’. Et aussi pour ce qu’elle a dit alors qu’elle participait en tête à une marche féministe un 8 mars ou 25 novembre, elle disait en gros : en France ça va, mais dans les autres pays du monde, etc. et ça m’avait choquée parce que la marche était en france et qu’avec toutes les femmes tuées par leurs conjoints, je n’aime pas faire d’échelle de valeur par respect pour les femmes tuées massivement, excisées, mariées de force ou tuées à la naissance parce qu’elles sont femmes ou filles, mais tout étant lié, la marche étant en France, on ne peut pas dire qu’ici tout va bien… et mettre le projecteur en vitesse sur l’étranger uniquement. en France aussi le sexisme existe.
    Je trouve aussi le soutien à DSK très appuyé, le fait que certaines assoc féministes se débinent et les paroles martelées ‘on ne sait pas ce qui s’est passé à New York’, ‘on ne saura jamais’ réitérées comme pour nous le faire entrer dans la tête… y compris par des féministes pro Aubry… de mauvais augure. C’est une forme de loi du silence. En fait, les femmes, dont les femmes socialistes, ne connaissent pas leur force, elles pourraient simplement reconnaître les faits (et rien que les faits qui tout de même jettent une sacré ombre sur DSK) et se montrer plus exigeante car elles sont une force, les femmes sont une force et en position d’exiger les choses surtout en période pré électorale. Les femmes font comme si elles n’étaient pas en position de demandeuse et se bradent. Je suis sévère mais c’est mon impression.

  7. Aubry concernée par la cause des femmes, depuis quand ?
    Il me semble que par le passé et notamment sur des sujets tel que celui de la parité, elle s’est montrée plutôt frileuse voire même réfractaire. Je veux bien que sa candidature de remplacement (son ami Dominique à qui elle chauffait la place étant indisponible) lui inspire de soudaines bonnes résolutions, et qu’après les magouilles de Reims elle dispose des moyens logistiques lui permettant de financer un mouvement alibi tel que « osez le féminisme » (mouvement soi dit en passant, qui s’est bien gardé de se mouiller sur l’affaire DSK) mais tout de même, comment peut-on se laisser berner par une femme qui a, je le rappelle, accepté de servir d’instrument au duo DSK/Fabius dans le seul but d’évincer une autre femme (tactique masculine habituelle, rien de tel qu’une femme pour abattre une autre femme, et ce seul argument pour moi est définitivement rédhibitoire), le pacte de Marrakech n’est pas une légende!
    Votez Aubry vous aurez Fabius premier ministre celui qui se montrait soucieux à propos de la candidature de Royal en 2007 sur la garde des enfants. Bref, je veux bien admettre que Royal dans son refus de s’exprimer sur le sujet DSK a pour le moins manqué de courage politique mais dire comme je l’ai lu plus haut qu’elle aurait déclaré ne pas vouloir savoir ce qui s’était passé dans la chambre du sofitel est malhonnête, Royal n’a jamais fait ce genre de déclaration! Royal ménage la chèvre et le choux c’est vrai, elle a perdu l’audace politique qui la distinguait des autres candidats sur ces sujets en 2007 mais c’est bien la seule au PS à afficher depuis toujours une véritable vision féministe. Et si je suis très critique sur ses choix tactiques, je n’ai aucun doute sur la sincérité de son engagement féministe et de ses choix dans ce sens si elle était élue

  8. Sans vouloir insister lourdement et ce sera mon dernier com’ sur la question, je voudrais reparler de la comparaison que l’on fait souvent assez superficiellement pour des raisons d’apparence entre Angela Merkel et Martine Aubry .
    En réalité, il y a beaucoup plus de points communs entre Angie (je ne voterai pas pour la CDU dimanche, cela dit en passant mais elle inspire le respect quand même) et Ségolène Royal.
    D’ailleurs, A. a été élue pour l’impression d’intégrité qu’elle dégage et loin d’être bonnasse comme elle en a l’air, elle est très fine + relativement féministe. Et puis elle n’est pas arrivée en politique comme fille à papa, contrairement à Aubry.

  9. Martine Aubry, Fatima Lalem, Anne Hidalgo et leur silence vertigineux pendant des mois face aux élus PS auteurs d’ agressions sexuelles ou de violences conjugales, en Seine St Denis et à Paris.
    Quand le parti socialiste se sera clairement prononcé pour l’inéligibilité des élus condamnés pour violences sexistes il sera un peu plus crédible question égalité femmes/hommes.

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