Samedi, 14h30, Bastille : la manif, et les chiffres des violences faites aux femmes

Rendez-vous donc samedi, à partir de 14h30 à Bastille. Le parcours de la manif : Bastille, Boulevard Henri IV, rue des Fossés Saint Bernard, rue des Ecoles, rue de l’Ecole de Médecine, Carrefour de l’Odéon, rue Saint Sulpice, rue du Vieux Colombier, rue de Grenelle, rue du Bac. Direction de Matignon où un rendez vous est demandé.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’appel ici.

Et même si la manif était envisagée de longue date, et que ce n’est qu’une première initiative dans un mois, celui de novembre, qui connaît de nombreuses initiatives à l’occasion de la journée contre les violences masculines faites aux femmes le 25 novembre, force est de reconnaître que l’actualité, avec l’affaire DSK, et aussi surtout certaines réactions de sexisme insupportable autour de cette affaire, lui donne particulièrement de retentissement.

L’occasion de reparler du manifeste « Pas de justice, pas de paix », écrit par Muriel Salmona, présidente de l’association mémoire traumatique et victimologie, et moi-même, les 23 et 24 août dernier, et que nous vous encourageons toujours à signer ici : nous avons déjà plus de 800 signataires, pourquoi pas rapidement doubler ce chiffre ? Cela pourrait nous aider dans les mois à venir pour poursuivre l’action pour la justice !

L’occasion enfin de parler un peu précisément des chiffres et je remercie Muriel pour les avoir compilés d’une façon claire et succinte :

L’enquête ENVEFF de 2000 a donné dans l’année qui précède pour les femmes de 20 à 59 ans le chiffre de 0,3 % de viols soit 50 000 femmes auxquelles il faut rajouter les mineures, les femmes de 18 à 20 ans et celles de plus de 59 ans (en sachant que plus 59% des viols sont commis sur des mineurs, cf l’étude CSF (  http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1359/publi_pdf1_pop_soc445.pdf  ), on estime le chiffre des viols dans une année à 100 000 et c’est un chiffre bien sous estimé (plutôt 150 000)

Comme en 2009 il y a eu 9842 plaintes pour viol (rapport OND 2009 que je vous ai joint en pièce jointe), cela fait bien moins de 10% de plaintes, et comme l’INSEE donne en 2009 : 1392 condamnations ( http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF05312 cela fait  1,42 % de condamnations (entre 1 et 2 % donc).

 

A noter dans les liens donnés par muriel, ce paragraphe : Les rapports forcés avant 18 ans sont davantage liés aux univers de socialisation (famille, école, groupes de pairs), alors que ceux qui se produisent plus tard sont assez logiquement marqués par l’univers du couple et du travail. Ainsi les femmes de plus de 40 ans qui ont eu un premier rapport forcé après 18 ans déclarent dans 35% des cas que l’auteur de l’agression était un conjoint ou un partenaire; celles qui ont connu un épisode de violence sexuelle avant 18 ans incriminent principale- ment leur père, beau-père ou une personne de la famille (27 % des cas), voire des personnes connues d’elles (31 %). A signaler que les agresseurs inconnus restent toujours une minorité (17%), et que leur proportion décroît dans les générations les plus récentes.
Enfin, le viol na pas de catégorie sociale, ainsi, le tableau ci-dessous montre que les femmes mineures qui ont subi le plus de rapports forcés ou tentatives sont les filles de cadres mais que les chiffres sont à peu près équivalent partout. En tout cas, certainement pas en rapport avec la disproportion des agresseurs en prison, qui sont eux majoritairement de catégories sociales les moins favorisées.
A ce sujet enfin, toujours à relire, cet article, le viol, aspects sociologiques d’un crime.
Rendez-vous nombreuses et nombreux, samedi à 14h30 à Bastille, pour lutter contre l’ensemble du continuum des violences masculines faites aux femmes !
PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX !
S.G

 

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6 réflexions sur « Samedi, 14h30, Bastille : la manif, et les chiffres des violences faites aux femmes »

  1. Si je peux me permettre une remarque, je trouve grave que, dans votre tableau statistique, en fin de document, la mineure soit désignéé par la catégorie socio-professionnelle du père. Comme si la profession de celui-ci (aaah l’éternel CHEF de famille …) suffisait à qualifier l’intégralité de la famille, épouse, enfants (et surtout filles), hop, tout le monde dans le même panier !
    C’est un peu gros de laisser paraître ça tel quel, quand on se targue d’agir pour libérer les femmes du pouvoir des hommes sur les femmes, du « continuum des violences masculines faites aux femmes ». Car, pour moi, si continuum il y a, ce fait (définir la fille par la catégorie socio professionnelle du père) en est une part non négligeable.

    1. Vous avez raison sur le premier point. Et que cela fasse partie du continuum du système, oui, peut-être pas du continuum des violences faites aux femmes. Cela dit, nul-le ne peut se targuer de ne jamais reproduire certains des comportements de ce système tellement ancré en nous. J’apprécie donc la remarque plus que l’attaque…il se peut d’ailleurs que je ne l’ai pas commenté plus que cela parce que, sachant que nombre des agresseurs des mineur-es sont leur père ou beau-père, je me suis dit que cela nous donnait une indication sur l’agresseur. C’était excessif. De même, le fait que chez les cadres dans les deux colonnes soit associé un chiffre très fort pourrait -ou pas, aussi s’expliquer par une plus grande possibilité d’en parler, il faut donc être extrêment prudente avec les chiffres, surtout leur interprétation…

  2. Rassurez-vous, il s’agissait bien d’une remarque, pas d’une attaque, qui, comme vous le dites, ne remet pas en cause le travail fait autour. Et j’avais bien vu qu’il s’agissait des catégories de l’INSEE. Je me disais juste qu’un petit mot soulignant que vous l’aviez vu, une explication comme celle que vous venez de donner, aurait suffit.
    Et justement, j’en ai un peu discuté un ami, qui disait que la catégorie socio-professionnelle du père indiquait plus celle du violeur que de la victime. Je suis d’accord sur ce point, que beaucoup de mineures sont agressées par un père ou un beau-père. Mais le tableau peut prêter à une trop grande généralisation, qui risquerait, encore d’être abusive. Mais là encore, c’est plus la conception de l’INSEE que la vôtre qu’il faudrait incriminer.
    Finalement, votre conclusion de prudence avec les chiffres est celle qui s’impose face à ceux-ci.

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