Tri sélectif, attention image explicite

Il y a deux messages, dans cette publicité :

-celui du texte, un peu complexe, mais pas grand chose à redire…il donne même à la triée d’autres vies possibles, pas au non-trié (« avec le tri, un papier a plusieurs vies)…

-et celui de l’image qui est un autre message,  bien différent…

C’est donc un autre message véhiculé par l’image, qui correspond assez à ce commentaire de A. : « Les publicitaires savent condenser en quelques flash spersuasifs les messages de haine qui sont la face mentale du rapport de pouvoir. »

S.G

PS : pour que tout soit clair, je publie ici la réponse à une demande d’explicitation en commentaire de ce post :
La question est : pourquoi montrer un papier à la poubelle (une poubelle grillagée) et un papier dehors, avec dessus des dessins sexués ?
Qu’est-ce que cela apporte comme information ? Sinon qu’il y a une différence entre les deux dessins, au niveau de leur DROIT à être mis à la poubelle ou pas ?

Et cette différence, porte sur le sexe attribé au personnage dessiné. Le garçon est libre, hors de la poubelle. La fille est à la poubelle.
Cela ne serait pas grave, si dans le monde tel que nous le vivons, la situation n’était pas la suivante :

Le tri sélectif sur cette terre entre les individus des deux sexes existe depuis toujours :
aujourd’hui il se traduit dans certaines partie du monde par le tri pré-natal des garçons et des filles.
Dans d’autres pays, il se traduit par une différenciation des soins à la naissance.
Dans certains pays, on met les femmes derrière des grillages de tissu, ce qui est une façon de les « mettre à la poubelle », pour montrer qu’elle n’ont aucune espèce d’importance.
Ici, on fait autrement : on les juche sur des talons aiguilles et on les fait défiler avec des grilles sur le visage, on les contraint à la « réduction de soi » (épilation, photoshopage, exigence de maigreur)…
Autant d’actes qui sont issus d’un rapport de pouvoir qui consiste à déterminer que les unes ne sont rien et que les autres sont tout. Et qui envahissent l’inconscient collectif. Ainsi, si ici le message écrit est : recyclons tout le monde, pas que les filles. Le message visuel va dans le sens de ce qui précède. C’est lui qui saute aux yeux, au moins ceux de l’inconscient.

PPS

J’ai été voir sur le site « source » pour cette publicité, après les réactions postées sur le blog.

Et j’ai trouvé ce film : là, on voit que le but, c’est que tout le monde, fille ou garçon parte au recyclage…mais, malgré tout, c’est troublant…il est introduit par cette phrase :

« Un film d’animation poétique qui réenchante le monde des déchets : même le recyclage peut être romantique ! »…

En estimant « romantique », que le petit papier garçon courre rejoindre la petite fille au recyclage…c’est toute la question du romantisme à toutes les sauces, du prince charmant, etc…

finalement, cette campagne mériterait une analyse beaucoup plus poussée !

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33 réflexions sur « Tri sélectif, attention image explicite »

  1. Bonjour,

    pourriez-vous expliciter votre post. Je ne comprends pas pleinement votre vision de cette publicité. En quoi le choix de mettre le papier « femme » dans la corbeille et de laisser le papier « homme » à côté illustre le commentaire de A?
    Où est le rapport de pouvoir entre les deux papiers?

    Bien à vous,

    E.

    1. Sans problème.
      La question est : pourquoi montrer un papier à la poubelle (une poubelle grillagée) et un papier dehors, avec dessus des dessins sexués ?
      Qu’est-ce que cela apporte comme information ? Sinon qu’il y a une différence entre les deux dessins, au niveau de leur DROIT à être mis à la poubelle ou pas ? Et cette différence, porte sur le sexe attribé au personnage dessiné. Le garçon est libre, hors de la poubelle. La fille est à la poubelle.
      Or, le tri sélectif sur cette terre entre les individus des deux sexes existe depuis toujours :
      aujourd’hui il se traduit dans certaines partie du monde par le tri pré-natal des garçons et des filles.
      Dans d’autres pays, il se traduit par une différenciation des soins à la naissance.
      Dans certains pays, on met les femmes derrière des grillages de tissu, ce qui est une façon de les « mettre à la poubelle », pour montrer qu’elle n’ont aucune espèce d’importance.
      Ici, on fait autrement : on les juche sur des talons aiguilles et on les contraint à la « réduction de soi » (épilation, photoshopage, exigence de maigreur)…
      Autant d’actes qui sont issus d’un rapport de pouvoir qui consiste à déterminer que les unes ne sont rien et que les autres sont tout. Et qui envahissent l’inconscient collectif. Ainsi, si ici le message écrit est : recyclons tout le monde, pas que les filles. Le message visuel va dans le sens de ce qui précède. C’est lui qui saute aux yeux, au moins ceux de l’inconscient.

  2. Personnellement, je pense qu’il aurait pu choisir un autre sujet qu’un garçon et une fille.
    Car oui une feuille se recycle, mais avec un autre dessin dessus ça serait mieux.

  3. Merci d’avoir commenté cette publicité. Pour ma part, elle m’a fait fortement réagir peut-être pour des raisons différentes. Peut-on encore, sous prétexte que c’est « mignon », nous présenter les rapport hommes-femmes sous un angle aussi assymétrique? Ils sont amoureux, souffrent d’être séparés, admettons. Mais, lui est actif, il brave tous les obstacles pour la rejoindre. Tandis qu’elle attend passivement qu’il vienne la rejoindre. Certes, les deux personnages ne pouvaient pas tous deux fuir la filière recyclage. Mais, un organisme qui se dit citoyen devrait réfléchir avant de tomber dans des stéreotypes aussi caricaturaux.

    1. Je crois qu’en fait, c’est pour les mêmes raisons que nous avons réagi (voir fin du billet, sur le « romantisme »)…cet aspect que vous décrivez, je ne l’avais pas vu sur l’affiche en premier, mais sur la video, il est très présent !

  4. Bref, c’est une très mauvaise pub et je suis ahurie qu’elle aie passé les tests et été publiée. On imagine qu’il y a bien du monde qui a contribué à sa conception et personne n’a repéré le double message. C’est fou comme l’inconscient est un puits sans fond !

  5. Le bonheur est dans la poubelle.
    C’est clair : regardez le visage épanoui de la fille, alors que le dessin du garçon est tout triste…
    Derrière les grilles, bien enfermée, elle est heureuse…
    C’est un message « bonus », en plus du recyclage ! Pas subliminal, mais superliminal…

    Monseigneur Williamson, dans une conférence de 2001, ne dit pas autre chose.
    (http://t.co/xYTrcjqN) Dommage que ce ne soit pas traduit en français…

    Dans un pays où les trois principales religions peuvent encore avoir des fonctionnaires exclusivement masculins, payés par le ministère de l’Intérieur (dans les départements d’Alsace-Lorraine, grâce au Concordat de Napoléon…), sans que la HALDE n’y trouve rien à redire, quoi d’étonnant ?

  6. surtout qu’il aurait pu y avoir bien d’autres possibilités de dessin : quelque chose en rapport avec la nature notamment, puisqu’on parle du recyclage (une abeille qui veut rejoindre une fleur, une histoire de feuille morte qui signifie le renouveau de l’arbre au printemps et j’en passe…)

  7. C’est romantique comme un « roman de la table ronde ». Il y a le personnage féminin qui n’est pas libre (poubelle grillagée). Il doit être marié (= recyclé car il sert aux alliances entre puissants : si le vieux barbon qu’il doit épouser meurt, on recycle la gonzesse en la mariant à un autre) contre son gré et l’homme qui l’aime doit se battre contre son futur beau-père et le promis qui est vieux et très puissant, ou alors devenir son amant caché car il n’y a pas de place pour l’amour véritable dans un monde où les filles servent de sceaux d’alliances entre les souverains.

    Le message pervers de cette pub, moderne (quand même), et de faire croire que l’homme aspire au même traitement que la femme (objet) alors que, bien entendu, c’est l’inverse. Il fait également croire qu’être « emprisonné » (jeté, recyclé) est un sort enviable.

    C’est un coup bas fait aux femmes, évidemment. Et tu as très bien fait de la dénoncer.
    Dans l’histoire le mâle restera libre et la femme un objet même si le premier fait semblant de le déplorer affreusement !

    (J’ai publié ton article sur Elle sur angrywomenymous parce que je l’ai aussi trouvé super).

  8. Bonjour Sandrine, comme toi je ne vois pas d’autre symbole que celui, scandaleux mais si pregnant, de la femme enfermée par toutes les formes de domination masculine.. Bises, merci pour l’info et ton analyse. Judith

  9. Quelle horreur, cette pub ! Moi je ne vois que ça : une fille à la poubelle ! Et qui sourit bêtement en plus (bêtement parce que c’est comme si elle ne se rendait pas compte du tragique de sa situation) ! C’est horrible parce que ça ressemble à la vie en vrai. Mais comment on va faire pour réveiller la petite fille et surtout la sortir de là ???

  10. J’ai fait le test ce matin avec mon petit gars de 6 ans. Il a tout de suite vu une petite fille emprisonnée dans une poubelle et un p’tit gars qui veut la sauver. Comme quoi le meilleur banc de test d’une pub demeure encore les enfants. Ils ont le sens du message concis.

  11. Et alors? Non franchement, les filles je ne vous comprend pas. Vous n’avez pas l’impression de chercher le mal là où il n’est pas? Aucun problème dans cette pub. Le petit bonhomme veut sauver sa copine qui a été jetée à la poubelle alors qu’ils y étaient destinés tous les deux. Dans ce cas on interdit les Disney aussi? Parce que la Belle au Bois Dormant, elle est pas très active tout de même… Vos filles n’auront le droit de regarder que Xena ou Mulan parce que ce sont des battantes? Laissez leur un peu de rêve, non? Ca a du bon parfois d’avoir un prince charmant qui se bat pour nous sauver.
    Ce qui me choque, c’est votre raisonnement.
    Mon commentaire est sans animosité, je suis juste indigné à ma façon 🙂

      1. Pas de soucis. Cet article n’était en rien une attaquer personnelle bien entendu (si je viens sur votre blog, c’est qu’en temps normal, j’y trouve des choses intéressantes). C’est un article, certes sous forme de coup de gueule, et qui a pour but d’alimenter le débat. Je pense qu’il exprime largement le ras de bol de beaucoup de femmes/filles en ce moment. Le ton peut paraitre irrespectueux, à ne pas prendre comme une provocation. Je reste juste pantoise devant tout ça… Cependant, j’ai préféré recopier tel quel votre argumentation et mettre le lien vers votre blog (sans vous le demander auparavant, mea culpa, d’ailleurs) pour que chacun puisse se faire son idée =)
        Vos lectrices qui souhaiteront exposer leur point de vue (négatif ou positif) seront, bien entendu, les bienvenues.

  12. Quand j’ai vu cette pub dans MavilleBleue, hier, j’ai bondi.
    Mais j’étais au volant, m’a fallu arrêter de bondir aussi sec.
    Nonobstant j’y ai vu direct une fille/femme comme objet de consommation corvéable à merci et recyclable de même lorsqu’il ne plaît plus ou est trop usagé.
    Le parallèle avec le fémicide, les femmes grillagées/voilées m’est venu dans la seconde qui suit.
    Et l’idée que le petit garçon désirerait sauver la copine ‘jetée’ (humph on dit ‘en difficulté’)me paraît pas du tout pertinente.
    Mais il l’est peut-être pour un/des enfant/s à qui on a martelé ce cliché depuis des lustres.

      1. Sandrine, pas de problème pour que tes lectrices te soutiennent. Mon but était de créer un échange. Je n’ai insulté personne et je n’accepte pas les insultes. (Je ne parle pas pour toi Sandrine, tu ne m’as pas insulté).

        Je me suis efforcée de répondre calmement à chaque attaque fondée ou gratuite, voir insultante.

        Encore une fois, mon but n’était d’insulter personne, j’ai donné mon avis. Il est discutable, certes, merci d’avoir discuté. Loin de moi l’envie de te provoquer, sincèrement.

        Très bonne continuation à ce beau blog (dit sans hypocrisie).

      2. Tout le problème vient du fait que tu conclus que je/nous sommes extrêmistes dans notre dénonciation. Etre qualifiée d’extrêmiste, ce n’est peut-être pas une insulte, mais c’est grave. Je revendique le fait d’avoir une pensée radicale, et une pratique pragmatique qui est un mode de communication pour amener un plus grand nombre vers cette pensée radicale. Mais certainement pas d’être extrêmiste. Contrairement à la société qui nous entoure ou aux extrêmes au sens politique traditionnel, je ne souhaite l’élimination physique, sociale ou économique de personne. Je souhaite la justice. Pour cela, je traque tous les signes qui contribuent à l’injustice et cherche à mettre en évidence ce qui n’est pas dit ailleurs. Tu peux ne pas être d’accord. En conclure que je suis extrêmiste, me semble un peu hâtif.

        L’autre chose qui n’est pas une insulte mais mériterait au moins d’être vérifiée avant d’être dite, c’est quand au qualificatif d’extrêmiste nous est accolé celui de « vous n’avez pas mieux à faire » ? Si vous lisez ce blog, vous savez que ma dénonciation de toutes les violences faites aux femmes, y est un cheval de bataille permanent, à laquelle je consacre une partie non négligeable de ma vie. Vous y voyez que celles qui sont qualifiées d’extrêmistes sont aussi bien souvent les seules -les associations féministes à se battre pour les femmes qui subissent des violences cherchant à annihiler leur existence, à se battre pour que la solidarité de la société s’exprime envers les femmes de tous les milieux et de toutes les origines, à se battre sans relâche, depuis pour certaines plus de 40 ans, et à voir les mentalités changer si doucement. Dans ce contexte, que leur ton puisse parfois choquer n’est que la moindre des choses. Que vous réagissiez aussi vivement à une simple analyse -peut-être discutable (au sens de « sur laquelle on peut discuter), c’est bien la preuve que nous dérangeons, que ce soit une case mademoiselle ou une publicité, ou la dénonciation du viol, de l’inceste ou de l’exploitation sexuelle et économique des femmes.
        Nous continuerons à déranger

  13. J’ai pensé aussi aller au casse-pipe, mais pour l’instant je me suis contentée de lire les échanges avec tristesse et consternation. Merci à Euterpe de l’avoir fait. Quelle désolation cependant de voir des femmes se déchirer de la sorte sur le féminisme (avec la complicité du reste de quelques hommes). Le silence n’est pas non plus une solution. Je continue à réfléchir à une réplique qui, tant dans le fonds, que dans la forme, puisse permettre une forme de conciliation et d’apaisement … À suivre.

    1. @Sandrine. Je comprend Sandrine. Et si mon article a permis à des gens de prendre conscience de votre point de vue et de votre combat, ça n’est en rien un problème pour moi. C’est le cas d’une de mes collègue d’ailleurs, avec qui j’ai eu une discussion très intéressante.

      Pour ce qui est de l’extrêmisme, je suis désolée que vous le preniez pour une insulte, il n’en est rien. En ce cas, peut-être que le terme est mal choisi. Je parcours votre blog de temps en temps et bien entendu, je sais que vous n’êtes pas extrémiste, c’est le fait de s’insurger contre cette pub que j’ai trouve extrémiste. Oui, je sais… vous pensez que je n’ai pas l’éducation pour voir ce que vous voyez, certes, c’est votre avis, je n’y adhère pas mais je le comprend.

      Merci pour votre intervention sur mon blog, elle sera publiée sous peu. Elle exprime votre désaccord, mais dans le respect. Je n’en attendais pas moins. Comme je le disais, je parcours votre blog, parfois, qui est un beau blog selon moi. Vous doutez de ma sincérité mais rien à voir avec mon article. Votre présentation du blog m’avait touché. Vos article, même si je n’y adhère pas, sont des plus intéressants et votre argumentation est riche. Je ne lis pas que les blogeurs qui partagent mon point de vue. Tout ceci non pour vous complimenter gratuitement mais pour vous montrer le respect que j’ai pour vous.

      J’ai reçu beaucoup d’insultes et d’insinuations honteuses qui m’ont parfois blessée (« tu n’est qu’une petite pute, et avec ton vernis à ongle et ton rouge à lèvre, quand t’aura fini de te faire sauter par toute la terre, tu sera bien contente de pouvoir te faire avorter grâce à nous »), envoyé des mails à chaque personne en leur demandant de modérer leurs propos. Certaines ont continué. J’attend que cela se tasse. Si les choses continues dans le temps, je compte prendre des mesures, cependant. Chaque personne a été prévenue.

      Cependant, Sandrine, je vais prendre soin de préciser en bas de mon article que vous n’êtes en rien responsable des propos injurieux qui ont été faits à l’encontre de mes lectrices et moi. Je pense que c’est quelque chose d’important, je ne voudrai pas qu’un amalgame malheureux soit fait.

      @Chernandezca. Si vous souhaitez venir donner votre avis dans le respect, vous êtes la bienvenue. Un peu d’apaisement (qui ne veut pas dire rejoindre mon point de vue, je le conçoit) serait bon. Je tente moi même de l’amener. Mon article n’avait pas pour but de générer toutes ces insultes et attaques. Certaines de mes lectrices ont été blessées mais je leur ai demandé de ne pas répondre de façon virulente. Cependant, c’est difficile, et croyez moi, les commentaires invalidés venaient des deux « cotés ».

      Je suis un peu triste lorsque vous utilisez les mots « casse pipe ». Je suis loin d’être stupide et j’aime le débat constructif. Personne n’a été cassé à part mes lectrices et moi même, j’ai l’impression. Même si parfois, je me suis laissée prendre aux jeux de « je contre chaque argument », face à Eutherpe.

      Bref, celles qui souhaitent échanger calmement et de façon posée sont les bienvenues. Même si j’imagine que la fréquentation de mon blog n’entre pas dans vos habitudes, et je le comprend.

      1. @Gabee Désolée que ma reprise du mot « casse pipe » vous ait donné l’impression que j’adhère aux commentaires déplaisants et parfois insultants qui vous ont été adressés. Du reste cette « pipe », symbole au combien phallique me semble bien mal choisie 😉 Revenons à nos brebis.
        Il n’en ai rien. Je voulais simplement dire que vous répondre et entrer dans le débat est un exercice d’équilibriste auquel on peut se « casser la gueule » dans tous les sens du terme. C’est malheureusement ce qui se passe actuellement en particulier sur votre blogue, mais aussi dans les messages personnels que vous recevez et que vous ne publiez pas. Je le regrette profondément et je joins ma voix à celle des promotrices de la modération. C’est pourquoi, je préfère continuer l’échange sur cette plate-forme, plutôt que sur la vôtre, que je ne fréquente effectivement pas normalement. Nous savons toutes que le débat sur la légitimité du féminisme et des causes qu’il porte est bien souvent sujet à des attaques très virulentes.
        Lorsque j’ai moi même découvert cette campagne publicitaire, source de toutes nos chicanes numériques (comme on dirait icite – ndlr : au Québec ;-), j’ai fait le même lien que vous avec la campagne contre Mademoiselle. Dans les deux cas, je partage votre avis sur l’apparente ‘futilité » de la cause, mais je partage surtout celui des féministes qui mènent ce combat apparemment futile. Dans les deux cas, c’est la même image archaïque de la femme, tellement ancrée dans nos inconscients collectifs par les contes de fée, qu’on finit par ne plus la noter, ni même comprendre la logique qui la préside. Merci donc à celle qui l’ont mise en lumière !
        J’ajouterai à ces débats, deux autres du même ordre : celui sur la règle grammaticale du féminin de proximité pour lequel une pétition est en ligne: http://www.genreenaction.net/spip.php?article8385. Je vous invite aussi à emboiter le pas du Québec quant à l’usage de l’expression « les hommes » (ex. Les droits de l’homme) qui peut très bien être remplacé dans toutes les expressions par « la personne » (ex. Les droits de la personne). Voilà deux autres beaux débats en perspective ;-)))
        Parfois, cela prend un peu de recul pour mieux voir la discrimination systémique envers les femmes que porte une société et en particulier la société française. Du temps où je vivais en France, je la percevais, sans être capable de la nommer et portais au quotidien un malaise diffus. Depuis que je vis au Québec, une des sociétés parmi les plus avancées en matière d’égalité, voire d’équité (il paraît que le mot horripile en France ;-), entre les sexes, je mesure beaucoup mieux l’écart entre un milieu qui réussit à combattre le sexisme et un milieu qui s’y englue.
        Avec le débat sur l’affaire DSK, autre sujet hautement casse pipe/gueule, je crois voir une évolution accélérée en France et je m’en réjouis. Préservons là et amplifions là ! Mais de grâces, mesdames, un peu de solidarité et de pédagogie ! C’est à nous, « vieilles féministes », de convaincre les plus jeunes avec diplomatie du bien fondé de la cause encore aujourd’hui. Nous avons quand même la maturité et la sagesse de notre bord pour leur répondre. Ne leur exigeons pas trop de respect et de reconnaissance ! Elles ont notre fougue d’antan et les mêmes maladresses, d’une autre manière, que celles que nous avons probablement commises à l’encontre d’autres femmes. C’est à elles, jeunes féministes en devenir, de nous confronter à nos démons et de nous forcer à aller les chercher, à nous adapter à la réalité d’aujourd’hui. Les blogues font partie de cette réalité pour le meilleur et pour le pire.

      2. Dommage que vous ne souhaitiez pas diffuser cette réponse dans les commentaires de mon blog également. L’apaisement et la sagesse qui s’en dégage aurait été profitable aux deux « partis » 🙂

        Je vous cite, parce que ça m’a quelque peu heurtée: « Nous avons quand même la maturité et la sagesse de notre bord pour leur répondre. Ne leur exigeons pas trop de respect et de reconnaissance ! » Je ne pense pas avoir été irrespectueuse (le manque de reconnaissance, je vous l’accorde). Eutherpe, quoi que je ne connaisse pas son âge et « GrossePoilue » (je ne sais pas si vous connaissez cette deuxième pesonne par ici) n’ont pas fait preuve de « sagesse » en m’attaquant avec autant de virulence… Mais passons, ceci n’est pas de votre ressort après tout.

        Chernandezca, je vous remercie pour cet apaisement des esprits. Peut-être arriverons-nous un jour à nous tourner vers une discussion enrichissante à l’occasion d’un prochain article (peut-être moins interpellant, et emprunt de boutades). C’est mon souhait.
        Vraiment, si vous souhaitez poster ce commentaire sur mon blog, encore une fois, vous êtes la bienvenue, et je m’assurerai que le respect sera le seul retour. Je serai contente qu’une possibilité de choix « autre » soit proposée à mes lectrices. L’ouverture est enrichissante.
        Merci encore pour votre modération. Vos arguments en sont d’autant plus percutants.

  14. Je ne vois pas ce qu’il y a de respectueux dans un article qui parle non seulement d’extrémisme mais de ridicule, de chercher la petite bête, d’être des enquiquineuses, de ne pas se bouger « pour de vrai », de s’inventer des combats dans le vent sans parler de cette merveilleuse phrase : « Donc après leurs bêtises à propos de « Mademoiselle » qu’il faudrait supprimer, voici que ces dames se mettent à diaboliser tout et n’importe quoi ».
    Ton combat ne vise donc pas seulement cette pub, visiblement. D’ailleurs tu nous demandes quasiment de débarasser le plancher, aller en Afrique, entre autres, expliquer aux africaines qu’, je cite : « elles ne sont pas obligées d’être mutilées ». Non seulement nous sommes stupides, mais les africaines excisées sont également stupides parce qu’il faut aller leur expliquer « qu’elles ne sont pas obligées d’être mutilées ».
    Tout ce discours est rabaissant de A à Z non seulement envers le combat féministe mais envers les victimes de la domination masculine. Alors ici ou tu n’as pas ton public pour en rajouter dans le rabaissant, tu fais profil bas, certes, mais il ne faudrait quand même pas essayer de faire croire que tu as été prête au moindre débat sur une base de respect mutuel.
    Quand on a affaire à une personne qui dès le départ est dans l’insulte, on n’a aucune chance.
    Mais on ne peut quand même pas laisser passer un tel discours même si tu te ranges confortablement du côté du plus fort et qu’on est sûr d’être encore plus ridiculiser !
    On ne peut pas le laisser passer ne serait-e que parce que tu sabotes allégrement et pour ton plaisir personnel le travail d’autrui.

    Je ne sais pas si l’insulte que tu mentionnes a bien réellement existé ou si tu viens de l’inventer pour te poser en victime. Si elle a vraiment exister ce dont je doute quelque peu, les féministes ne traitant jamais personne de « pute » puisque nous savons combien les « putes » sont des victimes, des vraies, elles , alors permets-moi de douter de la véracité de ton accusation et si cela a quand même été , ben je dirais « qui sème le vent récolte la tempête » mais je n’arrive pas à te plaindre. c’est plutôt la personne qui en est arrivé à écrire cela que je plains.

    1. Je tentais d’apaiser les choses par mon commentaire précédent.

      Mon article est certes railleur mais ce sont les mots qui correspondaient à mon point de vue, je ne les jugeais pas comme insultants sans quoi je ne les aurai pas utilisés. Et pour l’allusion à l’Afrique. Il ne s’agissait pas de se débarrasser de vous, je pense que vous l’avez très bien compris… Le reste de ma phrase était maladroit, oui et était susceptible de véhiculer quelque chose de négatif, j’en prend conscience. Je vais reformuler.

      Pour ce qui est des insultes, elles sont réelles, j’ai conservé les mails et IP de provenance. Etant donné votre position, je peux vous les fournir par email comme preuve. J’imagine que vous ne mettrez pas en « danger » les personnes en question donc pas de problèmes. Je ne leur souhaite aucun souci.

      Loin de moi l’idée de saboter votre travail. En tant que femme libre, je me permettait de donner un avis différent, quitte à froisser. Je ne cherche aucun public ici. Je sais que la grande majorité des lecteurs de Sandrine railleraient mon blog « comme il se doit ». Il n’est pas question de profil bas ou de profil haut, juste de dire ce qui est comme je le ressent et de revenir sur ce que j’ai voulu dire et d’éventuels faux pas de ma part comme de la votre.

      Bref, pardonnez mon intrusion, je laisse désormais votre blog en paix. Je constate avec regrets sincères que la discussion que j’espérai sera impossible. Je ne sais pas si c’est la meilleur façon pour vous de mener votre combat et de nous transmettre votre message. Mais c’est votre combat et vous savez tout ça mieux que moi.

      Bonne continuation.

      1. J’ai lu le blog, et j’en ai trouvé le ton peu supportable, et pour moi, il explique (sans justifier) les commentaires acerbes qui y ont répondu : qui sème le vent etc.

        Si c’est une lutte inutile que l’article de Sandrine, pourquoi perdez-vous du temps à le dire en long et en large et à vous en moquer ? Si cette lutte inutile déclenche tant d’animosité et d’agressivité chez vous, c’est peut-être que finalement elle touche un point sensible (et que donc elle n’est peut-être pas si inutile que cela). J’ajouterai que c’est le seul article, parmi les articles consuméristes (achetez du chocolat car la boîte est belle) ou les articles type « Elle », où vous traitez du féminisme : vous ne choisissez d’en parler que lorsqu’il vous semble que vous pouvez vous en moquer – ce qui en dit long sur votre désir « d’exprimer une opinion » : il semble bien plutôt être un désir de rabaisser.

        Surtout, si vraiment il s’agissait seulement d’exprimer un point de vue, il y avait certainement la possibilité de le faire sans utiliser tous les clichés éculés sur les féministes et le ton de connivence type « Elle » (« nous les filles », comme si il y avait d’un côté les féministes extrémistes et de l’autre les vraies « filles », celles qui sont vos potesses et qui se doivent de vous soutenir dans votre lutte).

        La démagogie ne rapporte pas toujours ce qu’on en attend : vous vouliez en appeler à la complicité de celles que vous pensez être vos semblables (les « filles » et les « courgettes » – je vous cite), et par cela et par votre ton agressif et assez méprisant, vous vous mettez à dos toutes celles, féministes ou non, qui ne se reconnaissent pas dans ces pauvres images de la « fâme » (l’éternelle, celle qui attend son prince charmant en se mettant du vernis et qui trouve mignon qu’On vienne la délivrer de sa prison après qu’On l’y ait enfermée).

        J’ajouterai aussi, pour reprendre un des commentaires sur votre blog, qu’effectivement tant ce que vous exposez dans votre article que vos réponses semblent résulter d’un manque de réflexion et d’analyse de sa situation propre – en gros on dirait que vous n’avez jusqu’ici pas eu le temps ni l’occasion de réfléchir à ce qu’était la place assignée de la femme dans la société et à la façon dont les comportements des uns et des autres, les images, les textes, contribuent au maintien de la hiérarchie des sexes, vous ne semblez connaître que peu ou pas les mécanismes sociologiques, vous n’avez pas encore pris conscience de ce que signifient l’acceptation des clichés tels que vous les vivez et les propagez. Et vous vous trouvez face à des quasi professionnelles de la sociologie des genres, qui le plus souvent ont pris conscience des situations inégales de l’homme et de la femme depuis des années, qui ont lu, assisté à des conférences, observé la société, qui ont réfléchi à leur propre parcours et à ses accidents, et surtout qui se battent, sur tous les fronts, pour qu’elle change.

  15. « Loin de moi l’idée de saboter votre travail. » (Gabee)
    non ? alors quel est le but ?
    Perso je ne comprends pas. Il y a tellement d’injustices et d’horreurs au monde, quelque soit sa sensibilité politique ou religieuse ou laïque, pour que je puisse dire : il y a de la place pour TOUS ces justes combats. Aller vers des militant-es, quelque soit leur cause, et prendre autant de temps pour faire un article CONTRE ces militant-es, c’est bel et bien vouloir s’en prendre à ce qui les anime. C’est inutile car notre motivation n’attend pas d’encouragements.
    Il y a des militants qui travaillent pour ramener des fonds et mobiliser le public contre certaines maladies, et des clowns qui travaillent auprès des enfants atteints de ces maladies, eh bien ces clowns ont pour moi autant d’importance HUMAINE que les chercheurs qui luttent aux racines des maux.
    Alors Gabee, si notre lutte vous paraît ridicule, petite, stupide ou tout ce que vous voudrez, eh bien au lieu de perdre du temps avec nous, prenez ce temps et donnez le donc à toute juste cause qui croisera votre route.

  16. A Gabee qui suggère que l’on discute désormais calmement de son billet, j’ai répondu ce commentaire qu’elle ne semble pas vouloir publié donc je le place ici :

    Si tu veux du calme c’est à toi de l’instaurer à la base. Ton blog consiste à présenter ce que tu aimes, et bien, il te suffisait de dire : « J’aime cette pub et je ne comprends pas que certain(e)s ne l’aiment pas voire la rejette complètement. Pour moi elle représente ceci….et qu’en pensez-vous, vous ».
    Au lieu de cela ce billet insulte un certain nombre de gens et invite tes commententateurs/trices à en faire autant, ce dont ils/elles ne se privent pas, puisqu’ils/elles y sont vivement encouragés.
    Ce qui est curieux ce qu’ensuite tu veuilles passer pour la fille réglo et OK.
    Je suis d’ailleurs juste venue voir si tu avais changé ce billet à propos de l’extrémisme comme tu as écrit à Sandrine que tu allais le faire mais je constate qu’il n’en est rien.

    Tout n’est pas juste un produit neutre de consommation.
    Que tu aimes contribuer gratuitement à la promotion de produits industriels et ouvre un blog exprès pour cela, c’est personnellement une chose qui me paraît sans le moindre intérêt mais ce n’est pas pour cela que je vais faire un billet incendiaire sur mon blog à ton sujet et inviter mes visiteurs/trices au lynchage. C’est une question de respect de soi, le même que tu prétends posséder au plus haut point et qui te garantirait d’être victime du machisme. »

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