« merci pour les commentaires » (de la part d’une enquiquineuse)

Hier je disais à une lectrice assidue d’A dire d’elles que j’ai croisée à la manif, que j’avais la chance d’avoir des commentaires généralement bien intéressants sur ce blog, et pas trop de « trolls » ou d’attaques déplacées. Aujourd’hui j’éprouve le besoin d’en parler ici, d’abord pour remercier celles qui prennent le temps de réagir, de donner des arguments, qui vont dans mon sens ou pas.
En revanche, je me retrouve « éditrice » d’un blog et donc j’ai la responsabilité de « modérer » les débats. En clair, on ne vient pas ici pour insulter les unes ou les autres, mais pour échanger. C’est de la pensée en mouvement dans le meilleur des cas, du « café du commerce virtuel » dans le pire.
Malgré tout, au café du commerce, on ne m’a jamais traitée de taliban des ligues de vertu et je ne saurais donc admettre qu’on traite mes lectrices ou lecteurs de la sorte.

En clair, ici :

-on a le droit de ne pas être d’accord

-on n’a pas le droit de s’en prendre à des personnes, mais d’exprimer des idées avec des arguments.

« A partir de dorénavant », je ne garderai donc que les commentaires qui respectent la politesse élémentaire…

Cela étant dit, je passe à mon sujet de ce soir. Certes, c’est faire couler beaucoup d’encre pour un dessin d’enfant…de petite fille rose derrière une grille…mais je vais revenir sur la publicité sur le « recyclage des déchets », symbolisé par une petite fille dans une poubelle.En effet, une autre blogueuse a répondu à mon billet par celui-ci ça s’appelle : « féminisme inutile ?  » de all-and-co

Il a appelé pas mal de commentaires, et en substance, ceux-ci regrettent non pas le féminisme, mais le féminisme inutile, « l’extrêmiste » qui s’attaque à tout, et surtout à des choses aussi « pas graves » que cette publicité ou la case mademoiselle. Il y a eu là-bas des échanges vifs, ici des échanges plus modérés. Je souhaiterais juste faire partager la réponse que j’ai finalement faite, ici, en commentaire, qui me donne l’occasion de -non pas rendre hommage, c’est trop solennel-, mais remercier toutes celles, féministes, qui se battent, pour certaines depuis des dizaines d’années, pour permettre à un homme sur deux d’être un humain tout en étant une femme…

 

« Tout le problème vient du fait que tu conclus que je/nous sommes extrêmistes dans notre dénonciation. Etre qualifiée d’extrêmiste, ce n’est peut-être pas une insulte, mais c’est grave. Je revendique le fait d’avoir une pensée radicale, et une pratique pragmatique qui est un mode de communication/action pour amener un plus grand nombre vers cette pensée radicale. Mais certainement pas d’être extrêmiste. Contrairement à la société qui nous entoure ou aux extrêmes au sens politique traditionnel, je ne souhaite l’élimination physique, sociale ou économique de personne. Je souhaite la justice. Pour cela, je traque tous les signes qui contribuent à l’injustice et cherche à mettre en évidence ce qui n’est pas dit ailleurs. Tu peux ne pas être d’accord. En conclure que je suis extrêmiste, me semble un peu hâtif.

L’autre chose qui n’est pas une insulte mais mériterait au moins d’être vérifiée avant d’être dite, c’est quant au qualificatif d’extrêmiste nous est accolé celui de « vous n’avez pas mieux à faire » ? Si vous lisez ce blog, vous savez que ma dénonciation de toutes les violences faites aux femmes, y est un cheval de bataille permanent, à laquelle je consacre une partie non négligeable de ma vie. Vous y voyez que celles qui sont qualifiées d’extrêmistes –les associations féministes– sont aussi bien souvent les seules  à se battre pour les femmes qui subissent des violences cherchant à annihiler leur existence, à se battre pour que la solidarité de la société s’exprime envers les femmes de tous les milieux et de toutes les origines, à se battre sans relâche, depuis pour certaines plus de 40 ans, et à voir les mentalités changer si doucement. Dans ce contexte, que leur ton puisse parfois choquer n’est que la moindre des choses. Que vous réagissiez aussi vivement à une simple analyse -peut-être discutable (au sens de « sur laquelle on peut discuter »), c’est bien la preuve que nous dérangeons, que ce soit une case mademoiselle ou une publicité, ou la dénonciation du viol, de l’inceste ou de l’exploitation sexuelle et économique des femmes.
Nous continuerons à déranger. Tant qu’il le faudra ».

Sandrine GOLDSCHMIDT

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9 réflexions sur « « merci pour les commentaires » (de la part d’une enquiquineuse) »

  1. adorable enquiquineuse, continue d’enquiquiner 😉

    tu fais bien de rappeler ta responsabilité d’éditrice de ce blog et à quoi sert la liberté d’expression

    curieusement les féministes sont taxé-es d’extrémistes, en revanche les tenants du patriarcat ne sont pas inquiétés alors il faut le dire redire reredire : le féminisme n’a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours et s’exerce toutes les heures !

    et puis, récemment, une féministe était trainée devant les tribunaux parce qu’elle a osé dénoncer le proxénétisme et ceux qui favorisent le système prostitueur. pourtant personne n’a été cité dans le blog alors où est la diffamation ? eh bien figurez-vous que la justice française a donné raison à ceux qui ont porté plainte ! donc si j’ai bien tout compris, synthèse : interdire la liberté d’expression, c’est bien et dénoncer les violences envers les femmes, c’est de l’extrémisme ! oui, assurément, le slogan de la dernière campagne contre le viol est valable ici comme ailleurs : la honte doit changer de camp !

    marre de voir que les féministes sont stigmatisé-es et que l’on applaudit les machos et les violeurs

    victimes coupables et coupables victimes : ça suffit !!!!

  2. Je lis ce blog avec beaucoup d’intérêt depuis qq mois. C vrai que qq fois, je me dis « elle exagère », ou « ce n’est pas si grave ». Et puis, dans la journée, je cogite, et je réalise que si, c’est grave et discriminant, pas de facon éclatante, mais insidieusement, comme des petites gouttes qui érodent. Et puis, si ces billets provoquent autant de réactions, c qu’ils font mouche.
    Enfin bref, merci de réveiller ma conscience.

  3. Allégorie de la grenouille – wikipédia

    L’allégorie de la grenouille se fonde sur une observation concernant le comportement d’une grenouille placée dans un récipient d’eau chauffée progressivement pour illustrer le phénomène d’accoutumance conduisant à ne pas réagir à une situation grave.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/All%C3%A9gorie_de_la_grenouille

    d’où peut-être le titre du billet d’hier : manif glacée ???

    Muriel Salmona nous explique très bien le fonctionnement du cerveau dans une situation de stress : la dissociation, le déni, les stratégies d’évitement…

  4. « je ne souhaite l’élimination physique, sociale ou économique de personne. Je souhaite la justice » oui tout à fait ! Traiter quelqu’un.e d’extrémiste c’est le/la ranger dans une catégorie criminel et cela est inacceptable.
    Sous ce genre d’attaque, il y a le souhait inconscient et inexprimé de diviser les féministes en les opposant les unes aux autres, ou de les déstabiliser en essayant de leur faire croire qu’il y a quelque part des bonnes féministes dont elles ne font pas partie.
    C’est tellement toujours les mêmes procédés !
    En fait, les féministes sont encore plus discriminées que les femmes et servent volontiers de « tête de turc » à ceux/celles qui cherche à se payer la tête de quelqu’un à moindre frais et ils/ elles le justifient avec ce discours de la bonne féministe (cela fait penser au bon juif, au bon noir, au bon indien, etc…).
    Il n’y a plus tellement de groupes humains que l’on peut discriminer en toute impunité aujourd’hui car il y a des lois pour tous les groupes humains autrefois discriminés mais il reste les femmes et parmi les femmes celles qui défendent les femmes.
    Et le féminisme serait peut-être véritablement inutile s’il n’y avait pas des femmes qui se sentaient menacées par lui, des femmes qui pensent devoir brandir les symboles de leur aliénation (cosmétiques, etc) comme un étendard, ou comme une croix pour crier « Vade retro Satanas ! ».
    C’est comme le dit très bien Sylvie Tranchant-Rousseau la grenouille qui est bien dans son eau chaude, elle ne veut pas en sortir car elle ne sent pas qu’elle est en train d’y cuire, et puis cela rappelle aussi le mot de Rosa Luxemburg : Celui qui ne remue pas, ne sent pas ses chaînes.

  5. – perso je ne perds pas de temps avec les gens de mauvaise foi, je vire les quelques commentaires qui ne mènent à rien qu’à perdre notre temps (nous en avons déjà si peu !)les détracteurs ou détractrices, j’y arrive pas (à parler longtemps, tout ça…)…

    – ton blog est super parce que justement, tu sais mettre les mots sur les choses, tu sais articuler une pensée (avec laquelle je suis généralement +++ d’accord)

    – le problème du « petit sexisme » c’est que si personne ne s’offusque de ce « petit sexisme », il n’y a pas de barrière avant le « grand sexisme », celui qui blesse physiquement, qui viole, qui tue… donc dire « petit sexisme » c’est être là à guetter, à dire « non » à faire réfléchir (j’espère) AVANT que les choses ne tournent à trop grave, à irréparable…

    – « petit sexisme » c’est aussi faire comprendre la globalité des choses. Certes telle affiche n’est pas grave, elle est juste « stéréotypée », et isolément effectivement elle est inoffensive. Mais ce petit sexisme est multiplié dans toutes les sphères de la vie, et c’est en tant qu’élément d’un grand tout sexiste qu’il faut le prendre et le dénoncer… puisqu’il met en péril l’autonomie des femmes

    – « petit sexisme » enfin me permet perso de garder le plaisir de travailler à cela.

  6. Mais d’où parlent donc les critiques?
    D’où parle All & Co? Quel est son combat? All & Co: que faites vous pour l’ Inde, pour l’ Afrique, pour les écoles, pour l’instruction des jeunes filles, contre la mutilation?
    Qu’est-ce qui vous fait bouger, « pour de vrai »? (avec les exemples précédents, je ne fais que vous citer).

    –> Il y a des critiques qui apportent quelque chose, ce sont celles qui sont dans le combat, qui d’emblée ne se posent pas en extériorité supérieure, ou en voyeur.

    Quand All & Co aura fait quelque chose pour que la « cause » des femmes avance (et « faire » veut dire aussi: apporter à la réflexion, penser les pré-jugés), je pourrai apprécier, voir chercher son commentaire.

  7. J’aime bien l’idée du « petit sexisme » dangereux. L’anodin est un commencement insidieux qu’il faut noter ou traquer, c’est selon, parce qu’il entraine vers un mode de pensée laxiste ou complaisant qui risque de nous déborder par surprise à un moment ou un autre.
    Expliquer une situation sexuée n’est pas mener une guerre , c’est faire oeuvre d »assainissement mental et de mise en garde .
    Il y a des gens qui sont plus doués que d’autres pour le faire efficacement . Et c’est tant mieux.

  8. « Le féminisme est désormais une stratégie incontournable dans la lutte contre le patriarcat et son associé le machisme, et dans la lutte pour la protection de l’Enfance. » vk

    « El feminimo es desde ya una estrategia prioritaria en la lucha en contra del patriarcado y del machismo asi como una clave esencial para la debida proteccion a la Infancia. » vk

    “Feminisme’ is uitgegroeid tot een essentiële strategie in de strijd tegen het patriarchaat en mannelijke macht en in de strijd tegen de bescherming van kinderen. » vk

    « Feminism has become an essential strategy in the fight against patriarchy and machismo associated, and in the fight for the Protection of Children. » vk

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