Si Mars a plus de testostérone que Vénus, alors pourquoi elle est si petite ?

Une amie féministe a attiré mon attention sur ça. Ca, c’est un article sur John Gray, l’homme qui a foutu en l’air le 21ème siècle avec un petit livre de rien du tout : les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus. Alors franchement, après avoir lu ça, que dire ?

 « Aujourd’hui encore, une femme qui ne reçoit pas de compliments sur son apparence, à qui on n’offre pas de fleurs ou que l’on ne prend pas dans ses bras est malheureuse dans son couple. Idem pour un homme que l’on ne félicite pas d’avoir choisi le meilleur restaurant ou d’avoir porté les cartons… et il en sera sans doute de même dans cent ans. Car ces besoins sont fondés sur des différences hormonales… »

Que dire, sinon que s’il y a des gens qui ne savent tellement rien ou n’ont rien envie de savoir sur l’être humain qu’ils en arrivent à croire que les hormones peuvent vous rendre sensible à un compliment pour avoir porté des cartons, je ne sais pas si je peux faire grand chose pour elles/eux, à part leur envoyer Catherine Vidal…. 😉

Un peu d’intelligence salutaire dans un monde où les planètes ont des hormones, ça fait toujours du bien… Mars serait donc constituée de 30% de testostérone de plus que Vénus, ce qui expliquerait tout de nos différences. Finalement, pour comprendre le monde, il y a encore plus simpliste que les 7 jours où Dieu a créé le monde dans l’ancien testament, il y a John Gray….

S.G

Tiens, ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de ce livre, si vous avez des doutes, à lire absolument, « Féminin Masculin, mythes et mythologies, sous la direction de Catherine Vidal, chez Belin  !

 

 

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8 réflexions sur « Si Mars a plus de testostérone que Vénus, alors pourquoi elle est si petite ? »

  1. Très édifiante video qui devrait être diffusée à grande échelle en faveur d’une espérance majeure de respect entre les êtres humains…

    Ce que John Gray, lui n’apportera pas, même en se forçant très fort, le pauvre…

  2. « Psychologie Magazine », les trois premières lettres du titre habituellement aurait suffi à me faire fuir mais avec la recommandation de « A Dire d’Elles » ça change tout : j’ai exceptionnellement cliqué ; pas déçu ça conforte mon attitude :fuyons les psy-machins et surtout les psygnares bavards.

  3. oui enfin bon, ne mettons pas tous les psy dans le même bateau hein s’il vous plaît. Je vous signale que la psychologie sociale a beaucoup fait pour la déconstruction des stéréotypes liés aux femmes. Par exemple « la menace du stéréotype » que Mme Vidal évoque dans la vidéo (à partir de 5:56) sans la nommer, c’est à des psychologues sociaux qu’on la doit.
    Alors ok la psychanalyse hait les femmes, mais tous les psy ne sont pas psychanalystes, et tous ne haïssent pas les femmes. Je suis moi-même une psychologue femme et féministe.

    1. C’est vrai que d’habitude, Danygold n’est pas du genre à généraliser, il semblerait que pour les psys si 😉 ?
      Et si « la psychanalyse » (?) hait les femmes, peut-être que tou-te-s les psychanalystes non plus ne sont pas à mettre dans le même panier ?
      Et même « les féministes », d’ailleurs…
      ;-)) Bon week-end à Berenice et Danygold et tout le monde !.

  4. La psychanalyse n’est pas les psychanalystes, mais la psychanalyse hait définitivement les femmes, ça n’est pas selon moi contestable à moins d’être de très mauvaise foi.
    On peut juger que l’infériorisation d’un des deux sexes n’est pas de la haine, mais juste une question de vocabulaire si l’on veut, mais de mon point de vue, c’est bien de la haine. Le mépris n’étant qu’une forme raffinée d’une haine froide et intellectualisée. Mais ce sont certes mes conceptions personnelles. Quant aux féministes, je ne pense pas que qui que ce soit ait généralisé sur ces dernières ici ^^
    Il y a même des psychanalystes femmes que l’on peut je pense qualifier de féministes, c’est dire, comme les choses sont complexes.
    Mais la théorie psychanalytique, même dans ces très multiples courants reste toujours fondée sur une base misogyne.

    1. Mais je n’ai pas dit que « qui que ce soit avait généralisé ici sur les féministes » : je disais ça comme exemple, et en boutade… cela dit, je comprends votre argument : on pourrait dire : la théorie religieuse est fondée sur la haine des femmes mais pas toutes les personnes qui la pratiquent…Ok, mais alors, au risque de généraliser, je me pose une question : est-ce que ça ne vaut pas pour à peu près tout ? En effet, si on part du principe que seule la mauvaise foi empêche de penser que la psychanalyse est la haine des femmes, c’est alors pareil pour : -une partie de la science (celle du 19ème par exemple, en y adjoignant la haine des races qui n’existent pas mais qu’on veut faire exister pour les pouvoir les décréter inférieures, celles qui donne des arguments à John Gray), le langage, la justice, la politique, l’art (femmes sans tête), les religions, et sûrement aussi la psychologie…notre histoire toute entière ! Aujourd’hui, il y a même des femmes qui se disent -et sont reconnues comme féministes et en qui transparaît la haine des femmes…(je pense à certaines écrivaines connues). Alors pour les psys comme pour les autres, je pense que psychanalyste ou psychologues ou psychiatres, il y en a aussi qui doivent questionner ce phénomène dans leur pratique.

      1. Il me semble que la psychanalyse a tout de même une place à part, puisque comme la religion, elle est fondée sur les textes et la croyance (au contraire des sciences expérimentales et des sciences d’observation), et que ces textes se basent sur une misogynie des plus prononcées (et des plus folkloriques dans ses « justifications »). Le complexe d’Oedipe et toutes ces jolis petits mythes de la fillette qui croit qu’on lui a coupé le zizi et du garçon qui voit le zizi de la fille et a peur qu’on lui coupe le sien, de la maman dévoreuse, de l’hystérique, etc. constituent le fondement même de la psychanalyse, avec l’organisation tripartite de la psyche (tout aussi folklorique et rigolote d’ailleurs – personnellement j’ai beaucoup d’affection pour « l’écrivain » Freud et pour sa performance, si je n’ai guère, voire pas, de considération pour sa contribution aux sciences).

        Il y a eu et il y a encore des biologistes sexistes, qui essaient d’expliquer la perdurance de la domination masculine par des inégalités biologiques. Mais d’une part ceci ne fonde pas du tout la biologie, qui ne s’appuie par sur des textes mais sur des observations et des analyses « du vivant », des expérimentations, etc., même s’il est évident que c’est une des sciences qui prête le plus à dérapage. Ces dérapages sont d’ailleurs régulièrement examinés par la communauté scientifique : on continue à imaginer des protocoles d’expériences et d’observations (qui montrent que les différences cognitives chez les nourrissons sont minimes, qu’elles disparaissent très vite, et que de toutes façons on serait bien en peine de les interpréter comme un plus ou moins « d’intelligence »). Je dirais qu’il en est de même d’une grande branche de la psychologie : on cherche plutôt à expliquer comment l’éducation va entraîner des différences ou à voir comment inverser la tendance ou traiter les pathologies plutôt spécifiques à l’un ou l’autre des sexes plutôt qu’à les inscrire dans le marbre de l’inné ou à les fonder par des différences corporelles (en avoir un ou pas).

        Il est certain qu’on peut presque tout utiliser pour appuyer son idéologie, et qu’il y a donc des psychologues, des sociologues, des médecins et des historien(ne)s sexistes et d’autres féministes, mais il me semble difficile d’être un(e) psychanalyste féministe (au sens de « personne qui reconnaît que la société attribue une place subordonnée aux femmes en général et qui essaie de changer cet état de fait) à moins de s’asseoir complètement sur les textes fondateurs (et de ce fait de ne plus être un(e) psychanalyste…).

  5. lulu, c’est clair, c’est dur d’être féministe et analyste, mais bon, certaines ont une formation d’analyste et se révolte contre la misogynie de la théorie, par exemple celle-ci:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Luce_Irigaray
    Si on parle avec des psychanalystes femmes, la plupart critiquent la théorie et sa misogynie (sans toujours prononcé le mot d’ailleurs) ce qui n’est pas du tout le cas des psychanalystes hommes. Il s’agit naturellement d’une observation empirique de ma part, et je n’ai certes pas parlé à TOUS les psychanalystes de France, cependant j’en ai côtoyé quelques uns/unes tout de même.
    Je pense tout de même que quelque chose comme 90% des présupposés de la théorie sont misogynes, ce qui rend difficile de la « purger » de sa misogynie sans effectivement l’annihiler totalement. En gros, je suis assez d’accord avec vous :p
    Mais il y a des femmes psychanalystes qui pensent différemment ^^ et que l’on peut qualifier de féministes (au sens de “personne qui reconnaît que la société attribue une place subordonnée aux femmes en général et qui essaie de changer cet état de fait). Le problème étant qu’elles vont être rejetées par leurs pairs et qu’on va leur nié le statut de psychanalyste. Mais alors il faut penser le statut de psychanalyste, est-ce que le fait de critiquer la théorie et de la modifier entraine la radiation? En ce cas, on en arrive au grand reproche adressé à la psychanalyse, elle n’est pas réfutable, c’est un dogme, voire une religion et pas une science… Car si vous êtes physicien et que vous critiquez la théorie de la relativité, vous dénie-t-on le statut de physicien?

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