Avant de se reposer un peu…manifeste PJP fait le bilan de #jenaipasportéplainte sur Slate

Voila, juste pour vous dire qu’après plus de 600 tweets nous avons voulu faire un petit bilan et remercier toutes ces victimes qui ont parlé et permis une petite fissure dans le monde du silence…c’est ici : http://www.slate.fr/tribune/52405/je-nai-pas-porte-plainte-viol-temoignages

 

Evénements : féminisme, droits LGBT, économie, cinéma et Tenon(s) bon !

Hier avait lieu le colloque des Nouvelles news : « le deuxième sexe de l’économie », dont le site pour lequel je travaille, cnikelenquête, était partenaire. Partenaire, parce que dans les services à la personne, l’enjeu de genre est crucial. Et que pour viser l’égalité, il faut s’attaquer certes, à rendre possible aux femmes d’être aux commandes, mais aussi faire cesser leur précarité croissante, dans des conditions de travail qui constituent une nouvelle domesticité, dans les services à la personne et quelques autres secteurs : http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/au-coeur-du-business/le-sexe-de-l-economie
Autour de 3 tables rondes, richesses au féminin, richesses au masculin, la question de l’égalité et l’accès aux postes de directions dans les entreprises et des progrès à faire en politique, à peu près tous les sujets ont été abordés par des intervenant-e-s et des animatrices de grande qualité. J’ai particulièrement apprécié l’intervention vraiment féminsite de l’écrivain Vincent Cespedes, celle d’Armelle Carminati, fondatrice du réseau de femmes cadres d’Accenture, de Patricia Delon, de Grandes écoles au féminin, de Karine Berger, co-auteure de « les 30 glorieuses sont devant nous », qui a expliqué comment, alors qu’elle se présente aux législatives avec une femme pour suppléante, tout le monde lui demande, systématiquement, comment elle a bien pu former un ticket avec une autre femme. Alors qu’en face, il n’y a que des tickets homme-homme, et cela ne dérange personne.
Olga Trostiansky, adjointe à la mairie de Paris, a pour sa part fait l’éloge d’une loi sur la parité plus contraignante  telle que la propose le laboratoire de l’égalité dont elle est fondatrice : elle réclame de suspendre le financement des partis qui ne présenteraient pas 50% de candidates aux élections.

En effet, la loi actuelle n’a permis que d’avoir 18% de femmes à l’Assemblée nationale. Et elle estime qu’on ne dépassera pas les 25% dans la prochaine assemblée.

Enfin, il y a eu l’intervention d’Elue opposition. Dans la ville où elle a un mandat de conseillère municipale sans étiquette, elle met en évidence la difficulté des femmes à prendre la parole. Alors qu’il y a parité, le temps moyen de parole des femmes au conseil municipal hors interventions du maire et lecture des délibérations, est le plus souvent à 10%. Un jour qu’elle n’était pas là, il fut même de 1,5%…et elle, en communiquant, à chaque conseil sur ces chiffres effarants, fait peu à peu évoluer les choses. Elle a même obtenu qu’après un an de délibération, et avec l’aide des réseaux internet, que la loi soit appliquée pour les élu-e-s sans indemnité : que les frais de garde pour réunions politique le soir puissent être remboursés.

Car comment évoluer vers une économie et un pouvoir moins détenus par les hommes, si les femmes, dès lors qu’elles sont mères, doivent en plus assumer le coût financier de leur engagement citoyen, que ce soit en politique ou dans les milieux militants, même féministes…

En résumé, c’était un colloque de haute tenue, et je vous conseille de vous procurer le numéro spécial papier sorti à cette occasion, dans lequel il y a deux pages sur les services à la personne, écrits par Cnikel…

Pour finir, trois événements à suivre ce week-end : demain, la poursuite de la mobilisation contre les intégristes qui tentent de nier le droit à l’avortement à Tenon et qui ont récemment été soutenus par les forces de l’ordre, selon le collectif de soutien au centre IVG : à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/leon-et-paulette/280312/droit-l-avortement-le-31-mars-tenon-bon

L’interpellation des politiques avec le meeting d’interpellation des candidat-e-s aux Folies Bergère demain à 18h, et le site dédié : http://www.egalitelgbt2012.fr/

Enfin, le rendez-vous annuel du cinéma des femmes à Créteil avec le Festival international de films de femmes qui commence ce soir et se terminera le 8 avril à la maison des arts de Créteil. C’est déjà la 8ème édition. Tout le programme à découvrir ici : http://www.filmsdefemmes.com/

Des jours historiques : #jenaipasportéplainte

Je voulais vous parler des Etats-Unis et de l’avortement, de la marche silencieuse contre le racisme et l’antisémitisme de dimanche, des fleurs du printemps.
Et puis, un hashtag, ou dièse, m’a empêchée de le faire. Un hashtag, ou plutôt les centaines (à ce soir environ 600) de messages reçus sur le compte twitter de manifestePJP ou sur nos différents comptes mails (si vous voulez envoyer votre tweet anonymement, vous pouvez le faire à l’adresse pasdjusticepasdpaix@gmail.com) Et parce que cela a permis que les médias s’intéressent à ce phénomène. parce que c’est twitter, parce que c’est massif.

Avec des articles dans Le Parisien.fr, Le Monde, Terrafemina, Elle.fr, Atlantico, sur Europe1, Radio Nova, LCI mardi à 22h45, Le Matin et sur de nombreux blogs.

Vous pouvez lire notre revue de presse ici : http://www.scoop.it/t/revue-de-presse-pas-de-justice-pas-de-paix

Nous ne nous attendions pas à un telle vague en lançant jeudi dernier ce mot-clé. Pourtant, qui mieux que nous connaît les chiffres, avec une campagne qui dit chaque année en France, 70.000 femmes ne portent pas plainte ? Malgré cela, c’est assez bouleversant, de se dire qu’avec des messages de 140 signes, un espace commun, de confidentialité, une garantie d’être crues, et on peut libérer la parole. Cela me fait penser à ce que raconte souvent Marie-France Casalis, des premiers temps du numéro vert contre le viol lancé par le CFCV 0800 05 95 95, où le nombre d’appels dépassait toutes les attentes.
Aujourd’hui, twitter correspond un peu au téléphone à l’époque. Quel moyen plus simple et qui pourtant permet d’être entendue que celui-là  Et surtout, de ne pas se sentir seul-e-s, parce qu’on en a la preuve, en direct ?
Cela donne des messages poignants, souvent de femmes qui n’en ont jamais parlé avant. D’un nombre très fort de viols subis dans l’enfance, par des proches. C’est ce qu’on dit toujours dans les chiffres, c’est ce qui transparaît aussi là. Et d’une difficulté à dire, parce que la société, les proches, la famille, la justice, personne n’est prêt à entendre, et considèrent que c’est toujours la faute de la victime

Nous espérons que cette campagne contribue un petit peu à ouvrir une brèche, nous allons la continuer, tirer les enseignements de tous ces témoignages, et ne pas en rester là. En s’ouvrant à l’Europe, en montrant ces témoignages  à celles et ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face : le viol est un crime, massif, grave -ses conséquences sont dévastatrices, ce n’est pas un fléau, mais un crime d’ampleur internationale, dont les Etats et la société sont complices par le déni.

C’est aussi une immense émotion de voir la force de celles qui témoignent, de penser à celles  et ceux qui ne peuvent pas encore le faire. Nous leur disons, tout simplement nous vous croyons, et sommes là pour vous. Nous ne vous abandonnerons pas.

Pas de justice, pas de paix.

S.G

Acquittement d’une femme battue pour le meurtre de son mari : les choses bougent ?

Photo du film Sin by Silence, d'Olivia Klaus

Il y a des jours où l’on se dit que le travail militant paie. Pas seulement grâce à twitter et Pas de justice pas de paix, mais que le même jour, la justice prenne une décision historique à l’égard d’une femme qui a tué son mari, après des années de violences subies, cela donne le sentiment que les choses avancent.

C’est assez incroyable que cette décision soit une première exemplaire : parce que l’on aurait pu imaginer que c’était une évidence. Et bien pas du tout. Il aura fallu des décennies de luttes féministes pour faire comprendre les mécanismes de la violence conjugale et du cycle de l’emprise, pour que la justice soit en mesure de prendre la décision qui s’impose : acquitter une femme qui, au bout d’années de violence subie, finit par se défendre et tuer son mari.

http://www.liberation.fr/societe/01012398039-une-femme-battue-acquittee-pour-le-meutre-de-son-mari

C’est en effet la décision que vient de prendre la cour d’assises du Nord. Le cas est exemplaire. L’avocat général a réclamé l’acquittement, replaçant l’affaire dans le contexte de la réponse de la société à la violence conjugale. A été reconnue le fait que la société, bien que prévenue, n’avait pas su prendre en charge une femme qui avait tenté de s’en sortir avant.
A été reconnu que ce cas n’était pas un de ces énièmes cas isolés de violence conjugale -si l’on en croit les médias- mais bien un phénomène de la société patriarcale : « Ce procès vous dépasse », avait lancé l’avocat général à l’accusée, « parce que, derrière, il y a toutes ces femmes qui vivent ce que vous avez vécu (…), le bruit de ces pas qui montent l’escalier et qui nous font comprendre chaque soir que quand il rentre du travail (…) le danger rentre à la maison ».

Il y a deux ans, au festival féministes de documentaires Femmes en résistance, nous avons projeté un film qui traitait de la question aux Etats-Unis : « Sin by silence ». Ou comment des femmes, ayant tué leur mari, se retrouvaient en prison à vie, mais avaient réussi à s’unir, se soutenir et faire changer la loi et la jurisprudence.
Comment il avait justement fallu qu’enfin soit reconnue l’emprise et le cycle de la violence conjugale pour qu’on puisse enfin parler de légitime défense.

Enfin, il faut souligner que si c’est une avancée pour la justice,  le problème reste entier : en effet, il faut absolument continuer à oeuvrer pour qu’on n’en arrive plus là, que les femmes puissent vivre en sécurité chez elles. Que le meurtre par légitime défense, après des années d’alerte et de plaintes, ne soit plus la seule solution pour soi-même survivre.

Pas de justice, pas de paix, là encore.
Sandrine GOLDSCHMIDT

Et moi non plus

#jenaipasportéplainte è l’hashtag, (ovvero mamma il cancelletto + qualcosa che si usa su twitter per segnalare un argomento di discussione) lanciato dall’associazione « Femmes en Résistance« , giovedì 22 marzo 2012. L’idea è quella di promuovere una campagna contro lo stupro intitolata « Pas de Justice, Pas de paix« , ovvero « niente giustizia, niente pace ». 15 giorni fa era stata l’associazione britannica « London Feminist Network » a lanciare il #ididnotreport e ora è la volta della Francia.

La Presidentessa dell’associazione Sandrine Goldschmidt ha dichiarato al giornale « Le Monde« : « L’obiettivo è quello di fare prendere coscienza del gran numero di stupri e molestie, farne parlare perché cessi di essere un tabù ». 75000 le vittime in Francia ogni anno secondo le associazioni femministe e di queste solo l’8% hanno « porté plante », ovvero hanno deciso di denunciare. Numeri spaventosi, che sembrano lanciare grida d’aiuto, nella speranza che qualcuno riesca a…

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Pas de justice pas de paix, la presse en parle, grâce à vous !

Grâce aux centaines de témoignages publiés sur le hashtag twitter #jenaipasportéplainte,

que nous avons lancé jeudi matin et a connu un grand succès presqu’immédiat, au point de déchaîner les trolls…

qui n’ont fait que confirmer la justesse de notre combat, la presse s’intéresse de plus près à Pas de justice pas de paix.

Car tous ces tweets qui prennent à la gorge et aux tripes, sont exactement l’illustration et la preuve de ce que nous avons voulu avec cette campagne : c’est l’ensemble de la société, justice et institutions comprises, qui empêchent la parole de se libérer, les victimes de porter plainte.

Grâce à vous, notre propos que vous avez pu suivre depuis le 1er mars se voit confirmé. Merci infiniment pour cette participation. Ces témoignages ne resteront pas sans suite. Nous les publierons d’une façon ou d’une autre en préservant l’anonymat de toutes et tous, et nous continuerons le combat, pour que justice et réparation vous soient rendues !

Pas de justice, pas de paix !

Les principaux médias qui ont parlé de nous :

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/24/sur-twitter-le-succes-d-une-campagne-contre-le-viol_1675150_3224.html?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001

http://www.terrafemina.com/societe/solidarites-engagement/articles/12141-qpas-de-justice-pas-de-paixq-fait-parler-les-twitteuses-jenaipasporteplainte.html

http://www.elle.fr/Societe/News/Viol-sur-Twitter-les-victimes-brisent-le-silence-1971700

http://www.madmoizelle.com/jenaipasporteplainte-hashtag-twitter-95184

http://fr.news.yahoo.com/twitter-victimes-viol-expliquent-pourquoi-nont-port%C3%A9-plainte-165259320.html

http://www.roomantic.fr/controle-d-une-breve-125-campagne-il-m-a-menacee-de-mort-je-n-ai-pas-porte-plainte.html

pasdejusticepasdepaix

#Nous avons lancé jeudi pour la France le hashtag #jenaipasportéplainte. Il a été retweeté des centaines de fois. Et le phénomène ne s’arrête pas. Comme prévu, les trolls ont passé leurs chemins, les témoignages restent. il y en a maintenant près de 500.  En voici  recension la plus complète possible.  Le Monde, Europe1, Elle.fr, Terrafemina, Madmoizelle.com en ont parlé ainsi que de nombreux blogs. Vous pouvez retrouver tous les liens ici : http://www.scoop.it/t/revue-de-presse-pas-de-justice-pas-de-paix

 Le hashtag, envahi par moment par des « trolls », des perturbateurs, a aussi montré combien est justifiée la difficulté de se dire et de porter plainte : signe de la réaction de la société qui ne veut pas voir. Car lire tous ces tweets, c’est dur. C’est vrai. Mais ce qui est dur, c’est de se dire que tous ces crimes ont été commis et n’ont pas été punis. Et que derrière les quelques centaines de témoignages, il y en…

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@manifestePJP s’internationalise et crée le hashtag #jenaipasportéplainte sur twitter

Il ne s’agit bien sûr pas de pousser qui que ce soit à porter plainte ou de culpabiliser qui ne le ferait pas. Mais comme pouvoir dire les choses est si important, surtout quand le silence a été imposé, parfois de nombreuses années voir décennies, pouvoir s’exprimer, anonymement ou pas, est très important. Manifeste Pas de justice pas de paix, après London Feminist outre-Manche, vous propose de le faire pour twitter. Ce sera une façon de plus de faire prendre conscience à la société de la massivité du crime de viol. Et que si les femmes ne portent pas plainte, ce n’est pas de leur fait, mais parce que tout dans la société les décourage.

C’est bien sûr l’objet de la campagne PJP, que nous avons traduite pour London Feminist et toute personne anglophone qui souhaiterait la partager.

Voici la version de la video en anglais

 

Hasta la vista, de la sexualité des hommes en situation de handicap

Pour mon premier article pour Prostitution et Société, l’excellent journal écrit et site Internet du Mouvement du nid, j’ai été voir Hasta La Vista, film de Geoffrey Einthoven, dont l’affiche m’avait déjà fait réagir il y a quelques semaines. Du coup, j’ai été voir, et j’ai bien fait. Comme ça, la critique est plus justifiée.

Et faire le point sur un film qui, tout en s’intéressant à la sexualité et la liberté des hommes en situation de handicap, ne s’intéresse ni aux femmes dans la même situation, ni aux personnes prostituées…

C’est à lire ici : http://www.prostitutionetsociete.fr/cultures/films/hasta-la-vista-de-la-sexualite-des?lang=fr

Pour ne plus en finir avec le poil : féministes, hystériques et poilues

Il faudrait quand même qu’on finisse par s’y faire, par l’accepter :

L’être humain a des poils.Et il n’y a vraiment pas de raison d’en avoir honte, ni de vouloir en finir avec le poil.

L’humain a moins de poils que d’autres animaux, certes, mais il en a. C’est d’ailleurs un sérieux défaut : c’est moins doux, moins beau, moins chaud. Du coup, on est obligé-es de se vêtir et de se fabriquer des duvets. Ce qui nous entraîne ensuite à la catégorisation de l’espèce en deux sexes : féminin et masculin. Parce qu’avoir à nous vêtir, c’est donner le loisir de créer des « normes sexuées » en matière de vêtement, celles-là même qui de la jupe au niqab en passant par le talon aiguille nous font tellement de mal. Et c’est donner l’illusion à certain-e-s qu’il faudrait se débarrasser de tout ce qu’il y a de poilu en nous…

Mais comme tout n’est pas si mal fait dans la nature, au moins avant que les humains ne l’essentialisent donc, les endroits où l’animal humain a toujours des poils, sont plutôt bien choisis.

Sur le caillou, d’abord. Les cheveux, c’est beau. Si les hommes ne sont globalement pas très beaux, et les femmes globalement assez belles, ce n’est pas parce qu’elles sont des femmes et qu’ils sont des hommes. C’est parce que la construction sociale nous fait avoir des cheveux longs, leur fait avoir des cheveux courts. Et de plus en plus courts. Jusqu’à nous montrer des cranes chauves pas toujours bien proportionnés (à quelques expressions près). Les cheveux adoucissent le visage, détournent l’attention des imperfections, et nous rendent un peu moins nu-e-s.

Mais le poil, ça n’est pas que beau. C’est aussi protecteur. Sous les bras, d’abord. Les aisselles sont des zones sensibles du corps humain, et  perméables aux irritations. Le poil y fait rempart. pourtant, depuis quelques décennies, il a totalement disparu, au profit de produits déodorants nocifs mais enrichissants…pour l’industrie.

Sur le pubis, c’est pareil, et c’est encore mieux. Zone sensible s’il en est, c’est  aussi une barrière protectrice pour les microbes. Mais en plus, dans cette zone de frottements, ils ont aussi l’avantage d’être doux. D’où…un avantage indéniable, lorsqu’on fait l’amour ! Et c’est une évidence, il est beaucoup plus confortable, agréable et excitant, et surtout moins agressif et irritant d’être protégée par ses poils plutôt que totalement épilée. « S’épiler le minou » pour plaire, c’est un peu comme vouloir faire l’amour directement sur la moquette plutôt que sur des coussins duveteux…ça râpe…et ça fait mal.

Ce n’est pas laid, non plus. Bien au contraire. Car la beauté, c’est aussi une norme, de ce qui peut nous exciter. Or la présence du poil, c’est signe qu’on est adulte. Ou, en tout cas, l’inverse est un signe qu’on ne l’est pas. Alors non seulement c’est plus agréable, mais c’est aussi plus excitant. Parce que cela n’évoque pas l’enfance, qui n’a pas de place dans une sexualité libre adulte…

Et puis, les hommes et les femmes ont du poil aux pattes. Et du poil aux bras, parfois.

Mais depuis que le cinéma -l’image animée- a créé l’image de la femme à vendre, anorexique et totalement épilée au prix de souffrances totalement inutiles, et que les marchands de l’image, les publicitaires, s’en sont emparés, évidemment, on voudrait nous faire croire qu’un femme ne peut être désirable si elle a des poils. Et de plus en plus, il semblerait qu’il faille aussi que les hommes doivent cacher ces poils que nous ne saurions voir. Ainsi, on lit, sérieusement, que la barbe n’a plus sa place chez les hommes. Bientôt, au lieu de se battre contre le diktat de l’épilation intégrale des femmes, il y en a qui vont même réclamer qu’ils se rasent le torse, peut-être ? Mais qui se permet de décider cela pour eux ? Qui se permet de décider cela pour elles ? Des « spécialistes du sexe autoproclamées » ? Il n’y a pas de spécialistes du sexe. Il n’y a que des relations sexuelles plus ou moins libres et plus ou moins réussies.

Avec ou sans poil, cela ne change rien à l’affaire. Et je prends le terrible risque de me faire traiter de féministe hystérique et poilue : parce que je le suis indéniablement : je suis féministe, j’ai un utérus et j’ai des poils…pas vous, mesdames ?

Mais je l’avoue : je pense qu’il faut une bonne dose d’héroïsme féministe pour pouvoir, à 25 ans -(je ne parle bien sûr pas de moi qui les ai dépassé depuis fort longtemps et m’épilait alors, mais de jeunes femmes que je connais), clamer haut et fort qu’elles s’en fichent.

Mais celles-là, qui n’ont pas honte de leurs poils aux pattes ou au menton, et les hommes ou les femmes qui les aiment,  il est fort à parier qu’elles jouissent et désirent plus librement que celles et ceux qui voudraient nous imposer des images de ce qui est -ou pas- désirable…

Alors poils de tous les pays, unissez-vous, et jouissez de la vie !

Sandrine Goldschmidt