Des survivantes de la prostitution s’unissent : Survivors Connect Network

Il y a déjà eu beaucoup de magnifiques réponses de survivantes de la prostitution. Il y a l’Imposture, le film d’Eve Lamont, bien sûr. Il y a Rebecca Mott, dont je cite souvent le blog. Mais elles ne sont pas les seules. Grâce à ma veille internet préférée (poke#HSG), j’ai découvert ce blog qui crée un réseau de survivantes de la prostitution qui prennent la parole pour mettre fin à l’hégémonie d’un discours qui prétend les représenter mais ne les représentent pas.

Alors elles ont décidé de se représenter elles-mêmes par ce blog : Survivors Connect Network. Et on y trouve des trésors. Les blogs de Rebecca Mott et d’autres, Dublin call girl, Chong kin,

Extrait : « To understand prostitution you have to understand extreme trauma.  It’s deeply political.  Researchers have found that women in prostitution suffer from the same levels of trauma as the victims of state-sponsored torture.  So the effects of prostitution are clinically equivalent to those of state-sponsored torture ». Pour comprendre la prostitution, il faut comprendre le traumatisme extrême. C’est politique. Les chercheurs ont révélé que les femmes prostituées souffrent du même niveau de traumatisme que les victimes de torture organisées par l’Etat ».

Ou encore, « reality » : cette lettre d’une survivante à elle-même, plus jeune :

Work hard on learning to ask for help.  It’s the only way you’ll ever  break free.  No one ever does anything alone.  You don’t have to.

You’ll learn how to make the men happy.  The happier they are the nicer they treat you.  You’ll become very good at being a hooker.  But when the Johns say “baby you were born for this” that doesn’t mean its true.

Tu dois travailler dur pour apprendre à demander de l’aide. C’est la seule façon dont tu pourras te libérer un jour. Personne ne fait jamais rien seule. Tu n’es pas obligée.

Tu vas apprendre à « rendre les hommes heureux ». plus ils seront contents, le mieux ils te traiteront mieux. Tu vas très bien apprendre à être une pute. Mais quand les macs te diront : tu es née pour ça », cela ne veut pas dire que c’est vrai.  »

Apprendre à demander de l’aide, s’aider les une les autres, c’est la clé pour changer le monde. Merci à ce réseau de survivantes d’exister.

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8 réflexions sur « Des survivantes de la prostitution s’unissent : Survivors Connect Network »

  1. Les témoignages de ces blogs de prostituées sont poignants et révoltants à la fois.Ces femmes qui réussissent à se penser autrement que selon l’avis de leurs macs ont un courage et une lucidité qui requièrent une force intérieure impressionnante mais aussi une consommation d’énergie pour maintenir le cap qui est sûrement épuisante .

  2. Je trouve ça bien qu’elles s’unissent pour témoigner, je pense qu’elles ne sont pas assez bien vu par la société. Certaines personnes pensent qu’elles ont toutes le choix de faire ce qu’elles font, mais je pense que c’est faux, elles n’ont pas toujours le choix… je trouve que les gens qui les haïssent sont cons.

  3. En France ce type de blogs est plus difficile à mettre en place, macs et policiers se côtoyant beaucoup trop pour que cela soit sans risques pour les concernées. La traite des blanches n’est pas un mythe mais une réalité et certaines prostituées (françaises) en furent les victimes, difficile de le dénoncer surtout quand de hauts fonctionnaires sont impliqués.

  4. On peut effectivement craindre ou imaginer des représailles quand des gens importants sont impliqués. Peut-il être possible de raconter et dénoncer sans nommer ?

  5. Rebecca Mot a elle aussi écrit une « lettre àa elle-même plus jeune ». Je l’ai traduite en français et elle est maintenant affichée sur le site Sisyphe, au http://sisyphe.org/spip.php?article4146
    Extrait:
    « (…) Si je ne peux parler plus clairement, c’est que je cherche à rendre compte des silences et des absences de cette époque, parler d’une douleur qui avait si peu d’espace où s’exprimer.
    Tout ce que je peux faire, c’est écrire et espérer trouver un espace de parole pour ma jeunesse perdue. Je la connais au moment où elle hurle dans mon ventre. Je la connais au moment où ma tête cherche à exploser dans son effort pour débusquer ses vérités.(…) »

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