Des jours historiques : #jenaipasportéplainte

Je voulais vous parler des Etats-Unis et de l’avortement, de la marche silencieuse contre le racisme et l’antisémitisme de dimanche, des fleurs du printemps.
Et puis, un hashtag, ou dièse, m’a empêchée de le faire. Un hashtag, ou plutôt les centaines (à ce soir environ 600) de messages reçus sur le compte twitter de manifestePJP ou sur nos différents comptes mails (si vous voulez envoyer votre tweet anonymement, vous pouvez le faire à l’adresse pasdjusticepasdpaix@gmail.com) Et parce que cela a permis que les médias s’intéressent à ce phénomène. parce que c’est twitter, parce que c’est massif.

Avec des articles dans Le Parisien.fr, Le Monde, Terrafemina, Elle.fr, Atlantico, sur Europe1, Radio Nova, LCI mardi à 22h45, Le Matin et sur de nombreux blogs.

Vous pouvez lire notre revue de presse ici : http://www.scoop.it/t/revue-de-presse-pas-de-justice-pas-de-paix

Nous ne nous attendions pas à un telle vague en lançant jeudi dernier ce mot-clé. Pourtant, qui mieux que nous connaît les chiffres, avec une campagne qui dit chaque année en France, 70.000 femmes ne portent pas plainte ? Malgré cela, c’est assez bouleversant, de se dire qu’avec des messages de 140 signes, un espace commun, de confidentialité, une garantie d’être crues, et on peut libérer la parole. Cela me fait penser à ce que raconte souvent Marie-France Casalis, des premiers temps du numéro vert contre le viol lancé par le CFCV 0800 05 95 95, où le nombre d’appels dépassait toutes les attentes.
Aujourd’hui, twitter correspond un peu au téléphone à l’époque. Quel moyen plus simple et qui pourtant permet d’être entendue que celui-là  Et surtout, de ne pas se sentir seul-e-s, parce qu’on en a la preuve, en direct ?
Cela donne des messages poignants, souvent de femmes qui n’en ont jamais parlé avant. D’un nombre très fort de viols subis dans l’enfance, par des proches. C’est ce qu’on dit toujours dans les chiffres, c’est ce qui transparaît aussi là. Et d’une difficulté à dire, parce que la société, les proches, la famille, la justice, personne n’est prêt à entendre, et considèrent que c’est toujours la faute de la victime

Nous espérons que cette campagne contribue un petit peu à ouvrir une brèche, nous allons la continuer, tirer les enseignements de tous ces témoignages, et ne pas en rester là. En s’ouvrant à l’Europe, en montrant ces témoignages  à celles et ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face : le viol est un crime, massif, grave -ses conséquences sont dévastatrices, ce n’est pas un fléau, mais un crime d’ampleur internationale, dont les Etats et la société sont complices par le déni.

C’est aussi une immense émotion de voir la force de celles qui témoignent, de penser à celles  et ceux qui ne peuvent pas encore le faire. Nous leur disons, tout simplement nous vous croyons, et sommes là pour vous. Nous ne vous abandonnerons pas.

Pas de justice, pas de paix.

S.G