Poème de liberté en fleurs

entre fêlure et fleurs, il n'y a qu'une lettre qui varie

Aimez-vous le pouvoir ? Aimez-vous pouvoir ? Vous, femmes, élevées de siècle en siècle, en en étant privées, avez-vous le devoir de ne toujours pas le vouloir ?
Dans un débat récent, je m’étonnais qu’une sociologue semble avoir peur que les femmes aient du pouvoir, et je lui répondais que le pouvoir que nous souhaitions n’était rien d’autre que celui de pouvoir faire, certainement pas celui de dominer. Et qu’heureusement cette ambition là, nous pouvions aujourd’hui, au prix d’efforts et de résistances considérables certes, mais nous pouvions, parfois, l’avoir.

Ce que nous voulons, c’est le  pouvoir d’agir , le pouvoir de nous donner les moyens d’agir sur nous-mêmes ou sur les choses, pour approcher un tout petit peu plus près de notre utopie, choisir notre destin, et puis en changer, si on le souhaite.

Et tout d’un coup, est-ce l’effet du printemps ou des fleurs des arbres qui éclosent, est-ce le fruit de la parole qui se libère au fil d’une campagne sur twitter et des mots qui affleurent à la conscience de notre humanité, dans la confiance de notre réciproque bienveillance, il y a des jours où l’on n’a plus peur de pouvoir. Plus peur de pouvoir laisser derrière soi ce qui nous terrorise, nous violente et nous nie depuis des siècles. Pouvoir d’exister, par les mots, la création, l’action. Sans se préoccuper de toutes les forces d’inertie ou de réaction.
Et sentir en plus que cela peut, parfois, aussi, contribuer à ce que d’autres prennent le pouvoir sur elles-mêmes, et s’ouvrent un petit espace de liberté, c’est notre petite utopie qui prend forme.

Alors je dédie ces photos de liberté d’un lundi printanier à toutes celles qui n’ont pas peur de pouvoir, ou qui un jour n’auront plus peur, qui créeront leur vie, et un nouveau monde où nous aurons toutes notre place. Comme le dit une amie, plus poétèsse que moi : « pour nous, en nous, entre nous, vers d’autres, à la place de certaines qui n’ont plus de voix à force de crier et qui peuvent reprendre leur souffle désormais  … »

S.G Cliquez sur la première photo pour voir apparaître la galerie en grand

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8 réflexions sur « Poème de liberté en fleurs »

  1. Merci pour ce texte et ces photos.
    Cela me rappelle le « Flower Power » qui visait à nous remettre en harmonie avec nous-mêmes, les autres Humains, les autres espèces, la nature et l’univers loin de tout rapport de domination ou d’oppression.
    Simplement construire ensemble mille bonheurs à s’offrir en partage !
    Amitiés humanistes, féministes, socialistes et libertaires
    Michel Carrière

  2. Sandrine,
    merci de créer des espaces – campagne de solidarité, blogs où tu nous emmènes dans tes chemins combatifs et douloureux, festival de Femmes en Résistance, activisme au quotidien, etc. – où ce pouvoir existe : pouvoir d’agir sur soi, d’agir avec les autres, d’agir parfois pour d’autres qui ont perdu momentanément la force face à la brutalité de l’oppression …. mais aussi pouvoir d’agir sur le réel de notre oppression, car faire reculer ses agents de l’ordre, les stopper dans leurs oeuvres individuelles et collectives de destruction, c’est un pouvoir que nous nous devons de revendiquer : nous avons le droit de ne plus avoir peur ni être blessées ni mourrir sous leurs coups ! Nous avons le droit de prendre ce pouvoir face à nos persécuteurs ou exploiteurs ou leurs gentils complices silencieux. Car ne pas le faire, c’est nous laisser détruire, en masse et chacune isolément.

    Nous avons le droit de vivre sans peur ni blessure ni insécurité (matérielle ou physique ou sexuelle) ! Nous avons droit à l’auto-détermination de nos corps, de nos vies, décolonisées de leurs projets d’exténuer (exploitation domestique), d’anéantir (viols, utilisation et terreur sexuelle, négation de l’existence par un monde et une langue organisés par et pour la misogynie), de mort (destruction de nos droits fondamentaux à un corps inviolable, inaliénable, à ne subir ni coups ni blessure ni actes de torture et de la barbarie), tout ce qui pèse sur nous. Nous avons le devoir pour nous-mêmes et pour toutes les autres de réclamer immédiatement le cessez-le-feu, et le retrait des troupes de nos corps (envahis continuellement par leurs exigence d’exploitation ou de sexualité) et de nos cerveaux (envahis continuellement par leur propagande de haine misogyne).

    Merci Sandrine pour tes mots, car tous ils rayonnent d’un appel à vivre et non plus survivre, à être là et non plus passer comme fantôme parmi les dominants ni fuir à tâtons pour ne pas voir leur violence ni se faufiler en catimini pour les esquiver ni foncer en kamikaze par courage désespéré ….

    Merci aussi à chacune qui fait siens tes mots, qui justifiez tout cet espoir.
    b.

    1. Merci pour votre définition des mots dites par Sandrine. Merci à Sandrine et à vous toutes et tous pour votre noble engagements.
      Je vous souhaite de Joyeuses fêtes des Pâques.
      Brigitha

  3. Admiratif de ce bel Ikebana de mots et de fleurs traduisant une vision apaisée après de rudes et victorieuses campagnes .

  4. [concernant les commentaires de Michel et Dany]

    Cela m’étonne toujours (de moins en moins à vrai dire) de voir combien les hommes sont prompts à nous appeler à l’harmonie et à l’apaisement … même ceux qui, à un moment, concèdent « vous avez raison » veulent rétablir très vite une « paix ».

    Or il me semble que cette « paix » à laquelle nous appellent les hommes n’est qu’un visage souriant de leur statu quo politique, où ils veulent enterrer nos luttes pour maintenir leurs privilèges. En effet, il est frappant de voir qu’ils substituent à nos valeurs féministes des valeurs jugées supérieures, faussement englobantes, systématiquement abstraites de l’ancrage éthique qui anime les mouvements révolutionnaires. Pourquoi ? pour neutraliser les enjeux politiques de la guerre sociale dont ils bénéficient. Apparaissent alors magiquement toutes les vieilles lunes de la « raison naturelle » qu’a analysée Christine Delphy. Nous tendant leurs bras fraternels, ils nous appellent à les rejoindre au nom de :
    – ce qui nous lie fondamentalement …. ici fleuissent les essences invérifiables, purs oppiums : la Nature et sa cruauté ou son bien-être innocents, la Nature de l’Humain et ses Lois naturelles, piochées dans la manuels patriarcaux – ethnologie, psychanalyse et sociobiologie, voire [pour Michel] l’Univers et ses catastrophes ou ses beautés insondables et abstraites de tout jugement moral ou éthique ;
    – ce qui nous ferait du bien à nous, femmes agitées. Ici les mauvais conseils psycho pullulent (apaisement, harmonie, calme …).

    Ces appels au statu quo fleurissent dès que des femmes appellent à la libération concrète. Ceux qui se sentent menacés détournent alors le message, pour mener les subalternes vers des impasses ou des actes symboliques. Exemple : l’interprétation des photos de fleurs. Sandrine appelle à un souffle de renaissance, à faire de nos fêlures une source de création et de vie, à les reconnaître pour les transmuter en force, ainsi trouver une ancrage puissant pour agir dans le réel … au contraire, Michel et Dany nous appellent à respirer les fleurs, contempler et nous fondre dans la nature, harmonie où tout s’oublie, les inégalités et les rages !

    Nombreux sont les hommes à vouloir nous faire oublier une chose fondamentale : nulle « harmonie » ne pourra exister entre hommes et femmes tant que nous n’aurons pas obtenu justice. La condition préalable à l’apaisement est la justice pour toutes et chacune. Tant qu’une seule femme est exploitée, violée ou battue, il n’y a pas d’apaisement possible pour aucune de nous, car son insécurité est la nôtre, sa disparition des histoires collectives est la nôtre !

    Nous affirmons : Pas de justice, pas de paix ! Les hommes qui veulent neutraliser nos colères et nos actions réelles nous menancent : « Pas de « paix », pas de « justice » …. [ce qui signifie du point de vue du Prince : Si vous ne nous foutez pas la paix, nous ne vous rendrons pas justice « ]. Pure absurdité politique car les dominants ne peuvent « rendre justice » à leurs subalternes, puisque leur statut suppose que l’inégalité persiste. C’est aux opprimées de se rendre jsutice, en faisant désarmer et capituler les dominants. Mais surtout, la libération des opprimées n’est pas une guerre. C’est leur oppression qui est une guerre totale et injuste. S’affronter aux dominants consiste pour les subalternes à simplement faire respecter leurs limites vitales (physiques, psychiques, sexuelles), allègrement franchies et détruites par les dominants rassis dans le statu quo.

    Méfions-nous des appels à faire la paix sans que la trève ne soit conclue. Je vous conseille cette extraordinaire allocution d’Andrea Dworkin, où elle dit que le préalable à toute « négociation » est la trève des hostilités … elle réclame à un parterre d’hommes militants 24 heures durant lesquels il n’y aurait pas de viol.
    http://www.nostatusquo.com/ACLU/dworkin/WarZoneChaptIIIE.html

    Andrea est morte sans connaître ce jour de trève ni pour elle ni pour aucune. Combien de génération de femmes encore mourrons sans avoir connu cette trève ?!
    b.

  5. « Le pouvoir ne supporte pas la résistance, l’indépendance, la liberté. Lorsque le récit s’organise apparemment autour de l’intrigue, c’est la même logique de victime que suit l’auteur. La culpabilité ressassée, l’intériorité morbide cultivée, la révolte toujours avortée par l’impuissance, ce fruit vénéneux de l’intimidation qui fait la condition de victime: tout a été mis en place par le viol. »
    Analyse de « Les chemins de l’aurore » de Vkhagan, par F.Lavachery – Tazieff

    Il faut parfois fuir pour être libre, il faut parfois crier pour se faire entendre.vk

  6. Tous les changements de comportement de société se font graduellement et il faut compter sur une voir même deux générations avant que les choses évoluent de manière durable et significative pour la majorité de la population d’une région ou d’un pays. Nous devons à nos mères d’avoir pu émerger de la situation de dépendance qu’était celle de nos grands-mères et ainsi de suite pour toute évolution de société… Il y aura toujours du travail à accomplir par nos enfants et nos petits-enfants pour poursuivre le schéma de l’évolution car on n’arrivera jamais à une société parfaite et l’homme en général est en constante évolution, jamais satisfait de la situation présente…
    Heureusement d’ailleurs car le bonheur parfait n’est pas de ce monde…
    Enfin voilà ma considération sur ce sujet et je trouve intéressant de mettre en évidence cette organisation qui traite de ce problème tout en constatant qu’il y a aussi encore beaucoup de mentalité à changer parmi certains d’entre nous… ne nous endormons pas sur nos lauriers mais agissons en douceur auprès de nos hommes, nos fils, pour faire évoluer les choses dans le bon sens.

    Brigitha Balet

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