Aux arbres citoyennes…

Aujourd’hui, de retour du Lubéron. Je pourrais vous dire « allez voter », mais comme je n’ai pas dit votez machin, je ne vous le dirai pas : vous avez plus de 18 ans, ça vous regarde donc, si vous allez voter ou pas. Je ne vous ai pas dit « votez machin », et ne le dirai pas entre les deux tours, parce que je ne vois pas pourquoi vous auriez besoin de moi pour vous faire une idée…

Je pourrais plutôt vous parler de Muriel Salmona, psychiatre psycotraumatologue, qui travaille depuis plus de 20 ans avec des victimes de viols et les soigne, les aide à re-vivre, qui sait donc de quoi elle parle, et que Finkielkraut invite sur son plateau face à une femme dont le seul titre de gloire pour affirmer des choses aussi grave que « le viol, c’est les féministes qui le rendent grave » ou « le viol conjugal ne devrait pas être un crime », c’est d’avoir une tribune hebdomadaire dans Libération…ou »une amie qui a été victime de viol et ne le vit pas si mal ». C’est vrai, qu’une amie face à 20 ans d’expérience auprès des victimes de viol, c’est une preuve tangible…

Je pourrais enfin vous parler de toutes ces femmes sans tête que désormais je ne suis plus la seule dans la famille à voir partout…je sais que cela a manqué à certaines… et remarquer que dans une librairie à Banon, elles sont légion, surtout dans la collection « gossip girl » et « It girl ». Justement ces séries que Mona Chollet décrit dans « Beauté fatale » comme des archétypes du mal que fait aux femmes le complexe-mode-beauté…ce n’est pas un hasard. Après avoir lu Levinas et l’importance que l’humain accorde aux visages. Je pourrais vous dire que cette manière de nous représenter sans tête qui est l’apanage de ce monde de la publicité qui, comme le dit très bien Chollet, envahit l’art, qui nous étête et nous décervele…qui nous enlève notre humanité au profit d’objets futiles auxquels il nous est proposé de nous identifier…

mais comme je ne veux pas être déprimée ni vous déprimer, je vous dirai le contraire…que j’ai trouve au marché de Lourmarin (ville où Camus a fini ses jours) un livre de Michela Marzano sur la pornographie (et parle justement de la déshumanisation dans la pronographie) dont j’aurai sûrement l’occasion de reparler ici, et surtout, des mannequins pour présenter des vêtements : des femmes, aux cheveux courts, roux ou rouges, avec des têtes, et hilares ! Ah! que ça fait du bien !

Je choisis donc de vous montrer aujourd’hui toutes ces belles choses rassurantes : les femmes qui s’en-têtent, les merveilles de la nature, les chats qui se promènent dans les vieilles pierres, les marquis de triste souvenir dont le château en ruines à Lacoste surplombe un univers de beauté. Sa tête à lui, elle est là, en cage, et nous laisse le champ libre…des lieux, des arbres des souffles pour nous réapproprier nos vies…un beau programme pour aujourd’hui, non ?

S.G

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4 réflexions sur « Aux arbres citoyennes… »

  1. Superbes photos. En amont d’une belle photo , il faut un bel oeil qui permet de voir les mains des feuilles, une fenêtre où les fleurs servent un peu de rideau, un chat aux yeux japonais, les couleurs dont nous régale la nature . ..
    Dans le collier de perles pour la- dame- de- libé on peut ajouter aussi son commentaire qui avait une fois précisé qu’une femme avait eu la « malchance » d’être violée. Pour la dame de libé c’était une sorte d’incident, prétexte à une démonstration sur l’inutilité d’une analyse de la situation, sauf la sienne (d’analyse)
    Aux arbres ! donc

  2. Bon, pour ne rien passer sous silence, une mauvaise nouvelle : 22 réalisateurs dont le film est sélectionné dans la compétition officielle pour la palme à Cannes, parmi lesquels 0 (zéro, aucune, pas une seule) femmes (raison pour laquelle on peut légitimement se passer d’écrire lesquel(le)s et autres formes mixtes) : comme le titre le Monde (mais en voulant dire autre chose), c’est une sélection en forme d’autoportrait…

    http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2012/04/20/une-selection-cannoise-en-forme-d-autoportrait_1688380_766360.html

    Zéro, pas une, absolument pas une, nous sommes en 2012 (deux mille douze), et en france (en europe éclairée donc), on établit la liste des partants pour un des deux plus grands festivals internationaux de cinéma, et on n’y met PAS UNE SEULE femme. Pas une seule.

    Et c’est bien normal : les femmes, c’est le tricot, le crochet, et Cannes, c’est l’Art (vous avez remarqué le grand A). L’Art, révolutionnaire toujours, surtout à Cannes, et incompatible avec le politiquement correct : quand les femmes feront de l’Art (grand A), on pourra les inviter à Cannes, mais d’ici là, fermement, les sélectionneurs (non, je n’écrirai pas les sélectionneurs et sélectionneuses) ont su résister à la pression, rester incorruptibles, et ne pas sélectionner de films de femmes.

    Pour faire plaisir à tout le monde, on les laisse tout de même apparaître, à raison d’une ou deux femmes par liste, parmi les sélectionnés d’un certain regard et autres compétitions mineures. On n’ira toutefois pas jusqu’à leur décerner une palme.

    On n’a toujours du mal à y croire, et cependant, depuis le temps que la réalité est toujours un peu pire que ce à quoi on s’attend, on ne devrait plus se laisser surprendre.

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