Iacub, Auschwitz et le viol

« Il y a des gens qui ont été à Auschwitz et qui ont été traumatisés et d’autres non ».

Oui, je sais, c’est choquant. Surtout quand c’est utilisé, tel le point Godwin, pour décridibiliser une femme qui lutte pour aider les victimes de viol.

Vous vous en doutez, ce n’est pas moi qui le dit. Vous savez qui l’a dit ?

C’est Marcela Iacub, la juriste.

Vous savez dans quel cadre cela a été dit ? Dans une émission d’une radio privée pour jeunes, en catimini ?

Non, dans l’émission de Finkielkraut sur France Culture.

Vous imaginez que ces propos ont fait réagir l’animateur, a priori très sensibilisé à la question ?

Non, il n’a même pas relevé.
Il faut dire que cela a été dit le plus vite possible. au détour d’une phrase, à un moment de tension dans une émission.

Ah, et aussi. Vous savez dans quelles circonstances cela a été dit ? C’était lors de l’émission, Répliques, intitulée « la domination masculine », où, pour parler du livre de Iacub « Une société de violeurs ? », Finkielkraut avait invité  en face de la juriste, Muriel Salmona, psychiatre psychotraumatologue et présidente de l’association mémoire traumatique et victimologie, avec qui je milite étroitement.

Cette phrase, a donc été dite, vers la fin de l’émission, pour essayer de discréditer le propos de Muriel Salmona, qui expliquait que la vie des victimes de viol est un terrain miné en raison des  troubles posttraumatiques. Marcela Iacub essayant de nous faire croire que Muriel Salmona « condamne les victimes » au malheur en poussant à faire reconnaître l’existence desdits troubles psychotraumatiques, à les identifier pour pouvoir les traiter.. Alors que bien sûr, c’est le crime de viol subi qui mine la vie des victimes, à moins qu’il soit pris en charge de façon appropriée. Ce qui est très exactement le combat que mène Muriel Salmona, forte de 20 ans d’expérience professionnelle et de son expertise scientifique.

Il faut dire que face aux arguments factuels et précis de Muriel, vers la fin de l’émission, Marcela Iacub n’avait plus qu’une solution : l’empêcher de finir ses phrases et, avec une méthode à l’efficacité éprouvée, faire dire systématiquement à la personne en face le contraire exact de ce qu’elle dit.

Plus c’est gros, plus ça passe ? La réalité, c’est que je crois que cela ne passe plus. Quand essayer de faire sortir de ses gonds son adversaire est le dernier argument qu’on est capable de produire, c’est qu’on est proche d’un aveu d’échec à débattre.

Ce que finalement je trouve très éclairant dans cette émission, c’est la posture de l’animateur, Alain Finkielkraut, qui cache à peine qu’il est à charge contre Muriel Salmona, reprenant une fois qu’elle a parlé à plusieurs reprises par « c’est vrai MAIS ». Dans la posture de l’homme terrorisé à l’idée de l’innocent accusé à tort, il a du mal à entendre que les victimes ne s’amusent pas à porter plainte à tout va, et essaie de ramener toujours la question aux mensonges de Nafissatou Diallo dans l’affaire DSK. Comme si ceux-ci avaient prouvé quoi que ce soit quant à la culpablité ou non de DSK.

Le viol conjugal, une violence non sexuelle ?

Enfin, il se livre, sur la question du viol conjugal, à une intervention surprenante. Je m’explique. Dans le cours du débat, Marcela Iacub affirme qu’elle ne comprend pas que le viol conjugal soit considéré comme un viol, pire, un viol aggravé (ce qui est le cas depuis une dizaine d’années, passible de 20 ans contre 15) : « je trouve absurde qu’on pénalise le viol entre époux », dit-elle. Parce qu’il faudrait certes, le pénaliser, mais pas comme de la violence sexuelle. C’est un viol, mais pas de la violence sexuelle….Sur ce, Muriel Salmona tente de lui faire expliquer comment peut ne pas être qualifiée de viol une pénétration obtenue par surprise, menace ou contrainte (définition légale du viol) sous prétexte que c’est dans le cadre du couple légal. Ce à quoi Iacub ne trouve rien à répondre.

C’est alors que l’animateur intervient :

« il peut y avoir une certaine difficulté. Les couples traversent des hauts et des bas. Des rapports consentis du bout des lèvres ou par fatigue ». Plus loin « la vie conjugale n’est pas un long fleuve tranquille ». Ce qu’il semble craindre ici, c’est que des femmes qui ont fini, par fatigue, par dire oui alors qu’elles pensaient non, qu’elles cèdent donc, et ne consentent pas, portent plainte ? Ne devrait-il pas s’interroger sur les raisons pour lesquelles un homme, fut-il un mari, s’autorise à se contenter d’un « consentement » par fatigue ? Je mets entre guillemets consentement, bien sûr, parce que même Iacub, qui place le consentement entre adultes au pinnacle, le reconnaîtrait j’espère : « céder n’est pas consentir ». Encore moins désirer.

La psychiatre qui reçoit depuis 20 ans des victimes a beau l’expliquer : les plaintes pour viol conjugal sont rarissimes, justement parce que les victimes ne réalisent pas elles-mêmes qu’il s’agit de viol, alors qu’elles ont parfois subi des sévices très importants. Il n’y a donc que très peu de risque d’abus de plainte pour un changement d’avis intempestif. En revanche, il y a tous les risques qu’une femme soit dès lors encouragée à céder, si le viol conjugal n’était plus reconnu…

Si Iacub milite comme elle le dit pour la liberté sexuelle ( selon elle « c’est la sexualité qui est dévalorisée et non pas les femmes » ), pourquoi alors ne veut-elle pas reconnaître que le viol conjugal est un viol ? Ce qui permettrait d’encourager une sexualité libre dans le désir et la valorisation réciproque, plutôt que d’encourager les femmes à céder sans désir, et les hommes à se contenter de cet abusif « consentement du bout des lèvres » dont parle Finkielkraut*.

Sandrine GOLDSCHMIDT

*on peut raisonnablement imaginer que les femmes, ayant déjà du mal à porter plainte et à dire non alors même que le viol conjugal est reconnu, le pourraient encore moins si l’on revenait en arrière de 20 ans. Et que cela  les découragerait un peu plus de faire respecter leur désir…tout en encourageant encore moins  les hommes à se poser a question de le faire…

Comme toujours, il y aurait encore énormément à dire, il y a aussi beaucoup à lire

je vous conseille la lecture

De l’explication de texte par Muriel Salmona elle-même : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2012/04/la-domination-masculine-le-21-avril.html

de la note du blog « Féministes en tous genres » : http://feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/04/25/le-sexe-a-l-etat-de-brut-e.html

Je remercie A.Schmitt de m’avoir signalé la citation qui fait le titre de cet article.

Et voici le lien vers l’émission, pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion : http://www.franceculture.fr/emission-repliques-la-domination-masculine-2012-04-21#.T5JyBwBJ64h.facebook

Enfin, si cela vous intéresse, le programme des interventions de l’Association mémoire traumatique et victimologie

http://stopauxviolences.blogspot.fr/2012/04/emissions-et-debats-en-avril-et-en-mai.html

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37 réflexions sur « Iacub, Auschwitz et le viol »

  1. bonjour Sandrine,
    je trouve tes articles toujours très justes,intelligents et convaincants 100% d’accord avec toi, je suis contente que ton blog existe! bravo continue;
    as-tu lu mon livre: « l’homme féministe, un mâle à part?, », portrait texte/photos de 25 hommes féministes? cela me ferait plaisir que tu en parles,
    bien solidairement,
    Emmanuelle Barbaras

  2. merci de votre réaction. je m’étonnais d’ailleurs que Finki ait laissé passer de telles horreurs mais effectivement son odieux soutien, ou plutôt son ignoble argumentation pour défendre Polanski, puis DSK aurait dû m’alerter.
    mais depuis que des féministes historiques prennent fait et cause pour ces mêmes abuseurs pourquoi s’étonner encore. merci vraiment de votre texte.

  3. Finkielkraut, constant dans sa sensibilité machiste… N’oublions pas sa défense de Polanski où il argumentait que cette jeune de 13 ans n’était plus une petite fille, puisqu’elle n’était plus vierge, donc que ce n’était pas de la pédophilie.
    Il se dépêche de clôturer cette émission par cette phrase « Evitons d’enfermer des innocents ». Les erreurs judiciaires existent mais, ici, en l’occurrence, ce sont des milliers de criminels qui sont en liberté.
    Muriel Salmona a été calme, claire, pertinente, et l’agacement de Iacub , son impuissance, ses contradictions, ont été hautement perceptibles.

  4. “Il y a des gens qui ont été à Auschwitz et qui ont été traumatisés et d’autres non”

    Je ne vois pas de problème.
    Toutes les victimes de violence ne sont pas des traumatisés à vie. C’est aussi une question de force de caractère.
    Cette idéologie de la victime à vie, en plus d’être une plaie sociale, a surtout pour objectif de faire vivre toute une industrie de pseudo-psys, de pseudo-experts et toute une tripotée d’activistes plus ou moins hystériques… C.f. l’affaire Outreau par exemple.

    1. s’il faut expliquer : dire cela, c’est dire que ce n’est pas forcément Aschwitz qui est traumatisant mais aussi la capacité de la personne à y résister. Je ne savais pas qu’on pouvait sérieusement défendre un propos pareil. Auschwitz est une souffrance, dont le traumatisme dépasse largement la génération de ses survivant-e-s. J’espère bien que certain-e-s ont pu vivre, ou plutôt sur-vivre après. Mais nier cette souffrance, c’est incriminer les victimes et non le crime (ce serait la faiblesse de certaines qui expliquerait leur souffrance). Après, Muriel est parfaitement claire. Il y en a qui, grâce à des conduites d’évitement, « fonctionnent ». Ou ne laissent jamais voir leurs traumatismes. Ca, c’est possible. Mais nier l’existence du traumatisme, du fait que le crime est traumatisant, c’est du pur négationnisme…comme son nom l’indique

      1. N’importe quoi!!
        Marcella Iacub ne nie rien. Elle établit un fait, point. Il y en a qui ont été traumatisés et d’autres pas. C’est tout.
        Vous lui mettez des mots dans la bouche qu’elle n’a jamais prononcés et en cela vous êtes malhonnête.

      2. @Solange : la constitution de troubles psychotraumatiques n’est effectivement pas totalement constante. On dispose de statistiques qui montrent que dans le cas de violences sexuelles le risque de développer ces troubles est de 80%, c’est le risque maximal, le même qu’en cas de tortures. Il s’agit dons d’un grave problème médical, reconnu comme tel dans la classification américaine des maladies psychiatriques (DSM IV) qui n’est pas affaire d’appréciation subjective ou de résistance de la victime (on ne connaît pas actuellement les facteurs qui expliquent l’absence de symptômes psychotraumatiques dans une petite minorité de cas) mais qui est un vrai problème de santé publique, et qui doit faire l’objet d’une prise en charge adéquate, et sûrement pas de propos de type méthode Coué (« c’est parce qu’on dit que c’est traumatisant que les victimes sont traumatisées » etc.). Personne n’accepterait qu’on dise que le cancer du sein fait vivre toute une industrie…Nier ou relativiser l’existence de maladies ne permet pas de progresser dans leur connaissance ni dans leur traitement, ni dans la discussion d’ailleurs.

    2. Des forces de caractère qui finissent en psychose!
      Le fait de ne pas reconnaître la souffrance d’autrui, qu’il ou elle ne soit pas fort(e) de caractères, c’est le ou la violenter une deuxième fois!
      Il ne faut pas passer par des épreuves pour tenir de tels propos…ou alors, un syndrome est caché là-derrière…

  5. Votre texte, Sandrine, est excellent et surtout rassurant sur le plan humain, intellectuel, éthique et politique.
    Merci aussi aux commentaires de Sophie chauveau, Lora et Emanuelle Barbaras.
    Quant aux deux protagonistes médiatiques en question, AF et MI, vu leurs propos détestables qui frisent le sadisme et la dénégation, ils sont infréquentables, peut-être que le CSA et les présidences de Radio France et de France Culture devraient être mis au courant qu’il se tient sur les ondes de telles débilités.

  6. Merci de continuer à nous aider, j’ai écoutée le début et après j’ai pas pu…. Je vous ai envoyé un email pour vous apporter mon soutien (à pjp). je trouve ça ignoble de nier l’existence du viol conjugal et de nier l’existence des traumatismes dus aux viols et agressions sexuelles. C’ est dangereux car dans ce cas ça veut dire qu’être en couple est une raison valable pour violer. Elle cautionne le viol. Et parler d’Auchwitz, ça me rappelle bien des phrases comme « il y a pire dans le monde, c’est pas si grave » .
    C’est destructeur et je ne comprends pas ce genre de personne, franchement déjà qu’ on est des milliers à ne pas porter plainte par peur et honte, comment trouver la force d’essayer de porter plainte avec des propos pareils.
    C’est nous considérer toutes comme des menteuses ou des manipulatrices. Franchement, si moi je voulais emmerder un homme, j’irais pas porter plainte juste pour le plaisir de le voir en prison, vu que notre parole est toujous mise en doute à un moment donné et que ca nous retombe dessus, même dans notre propre entourage. Ce que je veux dire c’ est qu’en général les gens mentent pour se sortir de situations délicates, pas pour y entrer car dire qu’on a été violée c’est se prendre des coups sur la tête, des remarques, des abandons, du déni des autres. Je voulais porter plainte pour être protégée de lui, être reconnue, être aidée.

    Et puis l’accueil dans les commissariat est parfois vraiment hostile et il n’y a pas de prise en charge quand on demande de l’aide pour ça.
    Je le sais le gendarme m’a jugée et à été très dur avec moi, il n’a même pas essayé de comprendre et les deux agents qui l’accompagnaient le soutenaient et quand j’ai parlé à un psychiatre du service publique, il a dit que j’avais inventé. Alors peut être que oui certains commissariats et psychiatres sont très accueillants mais il faut pas croire que c’est partout pareil…

    Dslee pour le commentaire à rallonge, j’en ai vraiment marre de ce genre de personnes. On cautionne pas le vol à l’étalage d’un DVD mais on cautionne le viol dans une émission de grande écoute sans que ça choque l’animateur non plus.

    En tout cas merci de nous croire.

    1. Tout-à-fait exact…
      Et le pire est que la justice le sait, mais comme elle a besoin de preuves!
      Comme si le violeur invitait tout le voisinage pour visionner ses ébats!
      Après, c’est parole contre parole.
      Et le menteur est toujours cru, cela aussi est reconnu!

  7. Bravo à Sandrine pour ce texte ! Je désire faire une remarque sur la dernière partie, à partir de
    « C’est alors que l’animateur intervient :il peut y avoir une certaine difficulté. Les couples traversent des hauts et des bas etc. »

    A mon avis, l’animateur tend ici de façon plus ou moins consciente un piège que je trouve grossier et dans lequel Muriel n’est pas tombée : il sous-entend que l’ensemble des rapports sexuels possibles entre un homme et une femme constituerait une sorte de continuum dans lequel il faudrait tracer la limite du viol, et que cette limite pourrait être modifiée a posteriori par une épouse qui aurait « consenti du bout des lèvres ou par fatigue ». Le piège est double : d’abord « le bout des lèvres et la fatigue » n’entrent nullement dans la définition du viol qui suppose « violence, contrainte, menace ou surprise », ce qui n’est pas la même chose que l’insistance (ça n’empêche nullement les hommes de faire leur examen de conscience par rapport à l’insistance qu’ils ont pu mettre en scène, mais on n’est plus dans le cadre du viol, seulement dans celui de la domination masculine, ce qui n’est pas la même chose) ; d’autre part il est clair que la définition pénale du viol est précise et qu’il s’agit d’un crime, donc d’un acte en totale rupture avec un comportement « normal », et qu’il ne saurait être question de commencer à demander la bouche en cœur « et où commence le viol d’après vous ? ». Par ailleurs je pense que l’expression ancienne « céder à un homme » laisse un petit espace à ce piège et qu’il serait préférable de l’éviter dans une optique de rapports égalitaires, mais je suis prêt à en discuter (je parle sur le plan théorique, je ne fais pas semblant de ne pas savoir ce que cela signifie).
    Sur la circonstance aggravante liée à l’existence d’une relation conjugale, je répondrais à Mme iacub qu’elle est liée à la confiance réciproque que suppose une telle relation. Par ailleurs comme l’a souligné Muriel, il est possible qu’une femme qui se réveille le matin à côté de son conjoint se dise « en fait il m’a violée » (on sait que les victimes ont parfois du mal à identifier un viol comme tel, vu le poids des stéréotypes qu’elles ont intégrés), mais dans l’état actuel de notre société, la probabilité d’une plainte est extrêmement faible.

  8. Bonsoir, j’ai écouté cette émission sans connaître les deux intervenantes (l’une de nom, peut-être?), mais en sachant que le journaliste, parfois pertinent, est souvent capable de propos qui me dérangent (voir ses positions sur Israël). La virulence de Madame Iacoub (« Vous mélangez tout », à plusieurs reprises) envers son interlocutrice, m’a semblé suspecte. Puis, au nom de la présomption d’innocence, j’ai ensuite entendu opposer le risque d’emprisonnement (15 ans, je parle ici du cas général) d’un homme contre la nécéssité pour une femme victime de viol de prouver l’agression physique. Car, dixit le journaliste, une femme peut mentir…et un innocent se retrouver etc.Or ce qui m’a choqué est le fait qu’il soit difficile de comprendre qu’entre la réalité d’un traumatisme, qui a eu lieu, et sur lequel il est plus qu’éprouvant de revenir, tant verbalement qu’en revivant les faits, et l’hypothèse d’un dérapage de la justice, il y a les chiffres, il y a ce qui se passe aujourd’hui sur la planète, il y a des siècles d’agression sexuelle: comment cette juriste et cet homme peuvent-ils ergoter sur quelques risques de diffamation lorsqu’il y a urgence? Car oui, en dehors de la pédophilie, ce sont en grandes majorités des femmes qui sont victimes en tant que femme, et non le contraire! En écoutant cette émission, j’en ai conclu que quelques hommes innocents en prison pourrait être le prix à payer pour qu’enfin le dépôt de plainte pour viol soit humanisé ET considéré, mais surtout pour que cesse ce rapport de force évoqué dans cette émission, à savoir : certains hommes sont des violeurs, et il se trouve que certaines femmes les soutiennent, en se conduisant comme des garçons manqués (policières « dur à cuir », juristes défendant des agresseurs…), ou simplement moralisatrice (la victime a dû faire quelque chose de mal, boire, être habillé de manière provocante, …). Bien sûr que les pulsions sexuelles existent, mais le passage à l’acte par la violence ne devrait plus exister. Les arguments et le ton de cette juriste l’ont classé pour moi dans la catégorie des gens infréquentable; alors LA question: pourquoi avoir placé dans cet article une photo de ce livre? Quant à ses explications sur la différence entre viol à l’extérieur du couple et viol à l’intérieur du couple, je n’en ai pas entendu….

    1. sur ce dernier point, je dis la même chose.
      Sur la couverture du livre, je me suis posé la question. Et puis je l’ai mise, parce qu’il n’y a pas d’image dessus. Et que je trouve que c’est une façon de mettre ce livre (et son auteure), que je vais lire ET décortiquer, face à ses responsabilités.Est-ce que vous pensez que cela pose un problème ? Que c’est lui faire de la pub ? En parler, c’est déjà le cas, et on est toujours, avec elle, devant ce dilemme. Mais avec d’autres amies nous avons choisi d’en parler, parce qu’elle commence à prendre beaucoup de place médiatique (invitée d’émissions et ayant droit à une chronique hebdo dans Libé) et qu’à un moment on ne pas la laisser dire sans réagir…

  9. Jamais je ne prendrai la défense de Finkie ou de Iacub sur la question du viol, ni sur aucune autre question, d’ailleurs, je suis proprepemt allergique à ces 2 personnages (tiens, Lagarfeld ne critique pas l’accent de Iacub ??!!!).

    Cela étant dit, si le viol et/ou la déportation sont des crimes et doivent être qualifiés, jugés et punis comme tels, il n’empêche que certainEs peuvent ne pas être traumatisés à vie (et j’en suis), ou du moins pas comme dans un film de Catherine Breillat – ou un film français en général – et je ne reconnais aucune légitimité aux psys en tous genres (bien qu’ayant plus de respect pour les psychiatres qui, quand ils sont honnêtes, reconnaissent qu’ils n’ont jamais guéri personne) pour parler au nom des victimes et de leur « souffrance » (avant on nous faisait le coup avec l’autisme). Qu’une victime souffre ou pas, ce n’est pas le problème. On peut aussi se dire « mauvais moment à passer » et n’en avoir pas moins le droit de porter plainte.

    C’est exactement pour cette raison que les propos de Finkie concernant Polnsky étaient scandaleux: sous le prétexte que la « victime » en avait marre de cette histoire (et je le crois sans peine), Polanski devait être décoré et une statue devait lui être érigée. On s’en fout de savoir si la victie est ou non traumatisée, à partir de là on peut dire que le meurtre ne sera plus un crime, puisqu’après tout, la victime ne sent plus rien. Une victime de viol, conjugal ou non, ne doit pas avoir à justifier d’un traumatisme. Ses droits élémentaires ont été bafoués, point final.

    1. Hallelujah!!!
      Enfin un propos intelligent!!!
      Ce n’est pas au degré de traumatisme à servir d’étalon de mesure en matière de justice. On s’occupe du droit point.
      Ce serait très grave si les criminels étaient punis au prorata du nombre d’années de psychanalyse que leurs victimes ont dû endurer. Et ceux qui n’ont pas été traumatisés alors, ils n’ont pas droit à la justice?
      Et ceux qui ont été « plus » traumatisés vont-ils réclamer plus de peine pour leurs aggresseurs?
      Et bientôt ce sera les grandes enchères victimaires, avec les tribunaux transformés en salles Drouot de la justice!!

      1. Dans l émission.personne ne dit ce que vous reprochez ni ds ce texte. Personne n’a jamais dit que le niveau de traumatisme jouait sur le niveau de la peine.c en tout cas pas Muriel. La seule chose qu elle dit est que les traumas sont des faisceau de preuve de la culpabilité qu’il faut cesser de ne pas voir. Et c est elle en particulier qui rappelle la loi en matière de viol, lorsque I prétend que c’est différent pour le viol conjugal. Ensuite, le fait qu elle établit ne de base sur aucu. Élément de réalité . Et elle l’a dit.

    2. On peut ne pas être traumatisée à vie, certes et c’est encore heureux.
      Mais le plus traumatisant, c’est que la justice agresse une deuxième fois la victime lorsqu’elle prend le parti du menteur et traite la victime d’affabulatrice.
      Il n’y a pas besoin de structure juridique pour en arriver là!

  10. Bonjour,
    Je ne dirai pas ce que je pense de la comparaison entre la déportation dans un camp d’extermination et le viol cela pourrait être grossier. Mais je dirai pour faire simple que les seuls qui sont sortis d’Auschwitz sans être traumatisé étaient les nazis et les kapos.
    Il y a des comparaisons qui n’honorent personne.
    Pour revenir au viol, et aux victimes de cette barbarie très en vogue sous toutes les latitudes, il est indubitable que les réactions, les manières de survivre et de se reconstruire après cette négation de nos êtres intimes et de nos corps sont différentes. La littérature le montre particulièrement bien. Le traumatisme se vit, se matérialise, cicatrise ou métastase différemment selon les personnalités, mais aussi l’environnement et la période. Une femme violée dans un pays en guerre n’aura guère le temps de s’apesantir sur sa tragédie au moment où elle doit d’abord survivre. Une jeune fille violée par un membre de sa famille portera sans doute longtemps les stigmates de cette double trahison. Traumatisme sans aucun doute, mais différentes manières de le vivre et de le dépasser parfois.
    M.Iacub est une apologue de la philosophie de la puissance, victime est pour elle un gros mot. Ce n’est pas nouveau.

  11. Chère Sandrine, je m’étonne de voir mon commentaire en attente de modération depuis hier.
    Qu’ai-je écrit de rédhibitoire ?
    Est-ce la remise en cause de Finkielkraut ?
    Apparemment il ne s’offusque pas aux allégations d’une Iacub sur la question d’un traumatisme « relatif » chez les victimes de l’holocauste.
    C’est pourtant assez choquant de voir que pour relativiser le viol même Auschwitz peut être instrumentalisé et que même un « philosophe » d’origine juive peut cautionner cette instrumentalisation.
    Alors pourquoi serait-ce mal de le dénoncer ?

    1. Bonjour Euterpe,
      en effet je n’ai rien à redire sur ce que tu dis là. Mais je t’avais envoyé un comm en explication que tu n’as pas du voir (je l’ai désapprouvé ensuite). il y avait la deuxième phrase qui pour moi portait fortement à confusion sur le fait que I et A seraient juifs. J’ai peut être mal compris, mais je trouvais cela trop ambigu pour pouvoir le garder sur mon blog. Bon samedi,
      Sandrine

      1. Ah bon. Non je n’ai rien vu et je ne sais pas qui est juif et qui ne l’est pas sauf Finkielkraut qui est sur le devant de la scène médiatique depuis assez longtemps et connu pour s’être toujours plusieurs moins présenté comme quelqu’un qui a la légitimité de parler de la shoah du fait de sa judaité (ce qui rend d’ailleurs son attitude dans cette affaire encore plus fatale).
        Cela me peine tout de même que tu me prêtes des idées antisémites.
        D’ailleurs, je ne savais que Iacub était juive, elle aussi. L’est-elle ? Ta réponse ne me permet pas non plus de l’affirmer avec certitude. Comme quoi, une ambiguité est vite arrivée, en effet.

      2. Ecoute, alors je te prie de m’excuser, en effet, c’est une incompréhension. Je ne te prête pas d’idées antisémites, mais j’ai pensé que c’était surtout une mauvaise formulation. QUand j’écris des papiers à charge, j’ai toujours très peur après d’être sur le terrain ambigu de la diffamation… et suis aussi responsable des commentaires. Je ne sais pas moi non plus si Iacub est juive et en effet ce n’est pas le propos.
        Excuse-moi encore.Et bon dimanche.
        Sandrine

  12. Une émission qui m’a également fait bondir. Dès les premières secondes, on comprend que le débat n’est pas objectif car Finkielkraut se positionne comme un « fan’ si je puis dire de Marcela Iacub.
    Je ne paraphraserai pas davantage les propos des lecteurs ni les vôtres. J’apporte mon soutien également, d’autant que de mon côté aussi j’ai poussé un coup de gueule (si le coeur vous en dit, faites un tour sur mon blog ^^)
    Merci en tous cas de vos articles de qualité, sans parler du fait que je me sens moins seule dans mes luttes grâce à vos textes.
    A bientôt,

  13. Membre adhérent de zéromacho et victime d’abus sexuels prolongés dans l’enfance, victorkhagan@yahoo.com

    Sortant d’une journée d’étude sur l’inceste et la pédocriminalité à la Chambre des Représentants en Belgique en compagnie de membres féministes de plusieurs associations représentées en Belgique : pour les victimes sorties de leur victimisation comme j’estime que c’est mon cas, j’apprécie profondément la lecture de ce débat.

    Sans m’étendre sur certaines interventions y ouïes, mais reprenant au vol les argumentations intolérables mentionnées plus haut, je reviens sur mon dada : nous appartenons à un société fortement empreinte de domination masculine à travers le patriarcat qui s’est notamment fortement imposé via les religions. Nous constatons avec facilité que le rôle des femmes y est systématiquement relégué à une espèce inférieure au service de l’homme, quels que soient les déguisements qu’on s’emploie à utiliser pour maintenir cette soumission et objectisation en douce.

    Dans les actes de mariages, on utilisait jusqu’il y a peu les termes de devoir conjugal et les préjugés courent toujours abondamment sur la mauvaise foi et la vénalité des femmes pour leur faire comprendre qu’elles doivent accepter de « passer à la casserole » pour compenser. Ainsi, le terme de mijaurée revient vite dans le vocabulaire pour nous faire comprendre tout de suite à quel genre d’homme (ou de femme machiste) nous avons affaire.

    Le viol dans le mariage a encore de beaux jours devant lui, vu l’excuse de la surcharge dans les tribunaux ou celui du dérapage (je l’ai encore entendu citer dans les débats à propos d’un viol sur mineur), par exemple, pour ne pas « condamner un innocent », un époux responsable et j’en passe et des meilleures.

    Notre travail de féministes et de porter ces paroles trouvent leur raison d’être à habituer, à force de répétitions, les oreilles des personnes élevées dans le conformisme à sortir de leur torpeur et à penser par elle-même (« penser est déjà un acte révolutionnaire »). La société profonde est résistante au changement et aux idées de progrès. Le patriarcat veule et son associé le machisme (masculin ou féminin) en est conscient et tire sur ces ficelles autant qu’ils le peuvent.

    Indignons-nous (Stéphane Hessel, justement ancien résistant de guerre, torturé par la gestapo et envoyé à Buchenwald) !

    Au cours de cette journée d’étude, nous avons notamment entendu le pédopsychiatre belge néerlandophone bilingue professeur à l’université de Leuven (Louvain) Pieter Adriaenssens détailler techniquement les impacts des traumatismes sexuels sur le non développement des neurones et sur l’atrophie de l’extension de leurs liens mais aussi sur la densité de la masse cervicale et ses conséquences. Ces faits sont facilement vérifiables par IRM. L’argumentation selon laquelle des victimes qui peuvent éviter les traumatismes en raison probablement d’un caractère rendu plus solide par une croissance psychique mieux épanouie a été néanmoins clairement affirmée.

    Mais je cite : « La recherche des dix dernières années démontre que les séquelles de l’inceste ne sont pas seulement psychologique mais qu’elles entravent fondamentalement le développement des jeunes. L’organisation de la structure du cerveau, les capacités de la mémoire, l’apprentissage face au stress ont été perturbés. Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi le rétablissement de la victime est difficile et pourquoi l’appel à l’aide pour arrêter la maltraitance échoue dans beaucoup de cas. Enfin, l’inceste a des répercussions sur la santé à long terme, comme le démontrent les études longitudinales. L’ensemble de ces recherches accentue notre responsabilité pour faire obstacle à toute maltraitance sexuelle. »

    Plus clair, tu meurs ! La comparaison avec le PTSD (Syndrome de Stress post traumatique) des prisionniers des camps et des soldats dans les tranchées a également été relevée.

  14. Simplement pour vous remercier d’avoir pris le temps de réagir. Je cherchais d’abord des réactions sur le site de France Culture mais je ne trouve rien. Il n’y a pas de possibilité pour demander à A. Finkielkraut de s’expliquer sur sa manière de fausser un débat ?

  15. Depuis le début de son activité médiatisée en france, Iacub a une position masculiniste très claire, son postulat étant que les femmes ont tous les pouvoirs et que le sexe biologique n’est qu’un élément parmi d’autres du corps et qu’à ce titre il n’a pas d’importance.
    Par ailleurs, elle ‘passe’ bien (discours, aspect extérieur) donc elle est pile poil dans ce que les media maintream aiment à diffuser, surtout vu sa propension à la provoc.
    Cette femme (?) est un désastre pour la cause des femmes, son dernier coup d’éclat n’aidant pas (coucher pour écrire un livre et donc se faire de la pub et du fric, ça s’appelle comment? Vénalité, oui ce truc qui est dans la ‘nature’ des femmes, bien sûr).
    A gerber.
    Quant à Finkie…. encore un mâle blanc hétéro pas pauvre et réac…

  16. MI va goûter à l’effet boomerang — Ah tous ces gens qul cherchent à être des stars et à le rester, ils ne veulent décidément pas comprendre que …la notoriété ça lasse et ça passe …

    Marcela a le même problème que son grand-papa Finki : elle croit être rationnelle mais ne l’est absolument pas.

    Des frappadingues c’est pourquoi les médias les utilisent : ils se jettent volontairement eux-mêmes en pâture. Et les producteurs d’émissions se frottent les mains. .

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