Revue de presse : harcèlement sexuel, sexisme médiatique, pornographie

L’actualité est toujours aussi forte…en attendant une réponse longue au manifeste « nous, féministes » par femmes en resistance sur son blog et ici, dans quelques heures, voici une petite revue de presse.
1/Suite à l’abrogation du délit de harcèlement sexuel, trois infos intéressantes :

-l’Assemblée des femmes qui déclare le Conseil constitutionnel anti-constitutionnel parce que non paritaire (mais comment ne le serait-il pas : il doit statuer sur une constitution qui est forcément anti-constitutionnelle, puisque jamais bâtie avec l’égalité femmes-hommes en tête : donc, malgré la parité rajoutée, malgré les principes édictés qui devraient nous inclure, nous femmes, ce n’est pas possible !). A lire ici : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/1890-le-conseil-constitutionnel-en-accusation

et ici : feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/05/10/inconstitutionnalite-du-conseil-constitutionnel.html

Toujours sur le harcèlement, une mauvaise nouvelle de plus : le harcèlement moral risque à son tour une question prioritaire de constitutionnalité, lesquelles sont en train de se transformer en machine à backlash, à faire reculer les droits des femmes : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/10/apres-le-harcelement-sexuel-le-harcelement-moral-suspendu-a-une-qpc_1699660_3224.html

2/Le sexisme ambiant des médias, des institutions, du monde cinématographique, avec deux exemples : un, qui finit bien, l’immonde « tweet » de Pierre Salviac, qui après une carrière de journaliste sportif caractérisée par de nombreuses remarques sexistes, a fini par en payer le prix : RTL l’a renvoyé. Espérons que cela fera réfléchir ses confrères à deux fois ! A lire la mise au point d’Isabelle Germain sur le sujet : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/549870-merci-pierre-salviac-le-seuil-de-tolerance-au-sexisme-est-en-baisse.html

Et la performance qu’on avait remarquée mais contre laquelle La Barbe a lancé une pétition, du festival de Cannes, qui une fois de plus, n’a pas « trouvé » de film réalisé par une femme dans sa sélection. Il faut dire que 4 l’an dernier, cela devait être « trop »… A lire la réponse ici ! http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/11/a-cannes-les-femmes-montrent-leurs-bobines-les-hommes-leurs-films_1699989_3232.html On étudiera ensuite le » bechdel test » (voir sur ce blog)  du palmares, cela devrait être amusant…

3/ Sexualité et son ennemie la pornographie, enfin :

en commençant par une vraie réflexion sur la sexualité, par Lucie Sabau : http://egalite.blogs.liberation.fr/sexes/2012/05/sexualites-bien-liberees-commencent-par-soi-meme.html

En continuant par l’arme normative de la violence contre les femmes, la pornographie : mise au point sur le blog féministes radicales : « porno et féminisme, pas même combat ! »

Et pour faire contrepoids, ce lien vers un livre recueil de textes féministes sur la question : http://radicalhub.com/2012/03/11/big-porn-inc/
En résumé, plein de lectures, en trois jours à peine, on dirait que le féminisme, si on ne lui fait pas une place, commence à savoir s’en faire une lui-même !

S.G

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11 réflexions sur « Revue de presse : harcèlement sexuel, sexisme médiatique, pornographie »

  1. En ce qui concerne Cannes, le pire du pire du pire est la réponse de Thierry Frémiaux.

    Là on aimerait que quelqu’un, symboliquement, porte plainte contre la discrimination impliquée par ses paroles (les femmes ne tournent que des navets, c’est pourquoi elles ne sont pas invitées), même si il est clair qu’il est légalement hors d’atteinte (puisque le tout n’est dit qu’implicitement, car il tourne ses phrases selon la classique défense du macho : je n’ai rien contre les femmes, je veux simplement garder au festival sa haute qualité…. Ce à quoi j’ajouterai : c’est pourquoi il préfèrera toujours les nanards qui pullulent à Cannes (ne parlons pas de Bonello et al. dont le seul exploit n’est pas de tourner de bons films, mais de tourner des films de cul misogynes avec des dialogues pédants au milieu de sorte qu’on puisse les regarder en étant capable de se faire croire que ce n’est pas juste un film de cul misogyne) à n’importe quel film, bon ou très bon, tourné par une femme, qu’il faudrait inviter et à qui il faudrait parler d’autres choses que de ses fesses.

    1. tu as raison, Lulu, je ne l’avais pas vue au moment où j’ai écrit, c’est juste dingue…mais en + c’est TOUJOURS ! la réponse donnée…

    1. le contraire de quoi ? les femmes n’ont pas à prouver qu’elles savent faire des films, il y a des dizaines de femmes grandes réalisatrices ! La première invitée à cannes était d’ailleurs l’Eisenstein bulgare, Binka, comme par hasard, oubliée…sauf à Femmes en résistance…

  2.  » les femmes n’ont pas à prouver qu’elles savent faire des films »
    on parle bien de Thierry Frémaux ?
    Sinon pourquoi les femmes réalisatrices ne représentent que 12 a 15% du cinéma ? Ou est le mal qu’elles auraient a monter des projets?

      1. Depuis Premiere:

        « Une tribune d’un groupe féministe reproche au Festival de Cannes 2012 l’absence de toute femme réalisateur dans la sélection officielle pour la Palme.

        Le Festival de Cannes étant sans conteste l’évènement cinéma planétaire de l’année, cristallisant tendances et controverses, il est normal qu’à quatre jours de son ouverture (le 16 mai prochain), des polémiques diverses naissent. Dernière en date, celle lancée par le collectif féministe La Barbe. Sous le titre « Le Festival de Cannes 2012 : un homme est un homme ! », le collectif a publié une tribune dans le journal Le Monde d’hier. Une pétition, en fait, qui reproche en termes sans équivoque au Festival de n’avoir sélectionné dans la compétition pour la Palme que des films réalisés par des hommes. « Pour sa 65e édition, le festival couronnera donc pour la 63e fois l’un d’entre eux, défendant ainsi sans faillir les valeurs viriles qui font la noblesse du 7e art », écrit le communiqué avec ironie. « Le festival de Cannes 2012 permet à Wes, Jacques, Leos, David, Lee, Andrew, Matteo, Michael, John, Hong, Im, Abbas, Ken, Sergei, Cristian, Yousry, Jeff, Alain, Carlos, Walter, Ulrich, Thomas, de montrer une fois de plus que « Les hommes aiment la profondeur chez les femmes, mais seulement dans leurs décolletés ». »

        Le fait d’avoir une sélection 100% réalisée par des hommes est ainsi à leurs yeux « un signe fort envoyé à la profession et au public du monde entier. Car, qui mieux que le cinéma, qui mieux que Cannes, le plus prestigieux festival au monde, pour être le porte-voix de cet immuable message ? », écrit le collectif. « Avec une grande lucidité sur le rôle primordial d’un tel événement, vous avez su empêcher toute velléité féminine de briguer une quelconque place dans ce milieu si bien gardé. Surtout, ne pas laisser penser aux jeunes filles qu’elles pourraient avoir un jour l’outrecuidance de réaliser des films et gravir les marches du Palais autrement qu’au bras d’un prince charmant. » Tout en insistant sur le fait que les femmes ne peuvent espérer mieux, depuis la Palme d’or décernée à la néo-zélandaise Jane Campion pour La Leçon de piano (1993), que de devenir maîtresses de cérémonie, à l’image de Mélanie Laurent en 2011 ou de Bérénice Bejo cette année.

        La Barbe reproche également au Festival de ne mettre en avant les femmes que sur ses affiches : « Des icônes troublantes aussi que vous savez laisser à leur juste place : en vitrine et sur papier glacé. Les affiches du festival en témoignent: cette année c’est Marilyn Monroe qu’on célèbre, en 2011 Juliette Binoche, en 2009 Monica Vitti (…) De quoi se plaindraient nos muses ? Elles sont célébrées pour leurs qualités essentielles : beauté, grâce, légèreté… Evitons-leur les affres de la direction d’une équipe de tournage, épargnons-leur la pénible confrontation avec les contraintes techniques d’un plateau. Qu’iraient-elles s’ennuyer dans le comité d’organisation où se prennent les décisions importantes et qui, pour preuve, n’a connu depuis sa création que des présidents ? » Les César du cinéma français sont égratignés au passage, trophées qui « avaient en 2011 montré un digne exemple en ne sélectionnant aucune femme dans les catégories «meilleurs films» ou «meilleure réalisation». »

        Parmi les signataires de la tribune, on trouve Virginie Despentes, Coline Serreau et Zabou Breitman. Pour rappel, l’édition 2011 du Festival comptait quatre femmes parmi les réalisateurs des films sélectionnés (Naomi Kawase, Julia Leigh, Maïwenn, Lynne Ramsay). Quant au jury de l’édition 2012 présidé par Nanni Moretti, il comporte quatre hommes et quatre femmes : Emmanuelle Devos, Hiam Abbas, Diane Kruger, Andrea Arnold. »

    1. De toutes façons, Les Inrocks est depuis longtemps devenu un magazine de merde tenu par des mecs, écrit et lu principalement par des mecs (sauf exception pour confirmer la règle, of course!) un petit milieu d’entre soi -encore un!- répétant jusquà plus soif des clichés sexistes, consuméristes et moutonniers, qui se pare d’un vernis « rock & tendance »
      Bref, qui n’a plus rien de rock’n roll ni d’incorruptiblement rebelle. Une simple publication « de société » comme les tout aussi sexistes Elle ou Voici.
      Beurk !

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