« La fabrique du féminisme » et « questions féministes »

Est-ce l’effet de ce renouveau féministe que Geneviève Fraisse, féministe et philosophe, a situé autour des nouveaux mouvements tels qu’Osez le féminisme ou La Barbe, ainsi que dans l’affaire du Sofitel (DSK-Diallo) ? Est-ce celui de la difficile continuité du féminisme qui pour Christine Delphy a eu du mal à se faire, mais qu’elle a et je/nous l’en remercions, soulignée au travers d’Internet, de ce blog et de la campagne #jenaipasportéplainte, voici une bonne nouvelle : de nombreux textes sont réédités, en même temps qu’un hommage sera rendu à une maison d’éditions pionnière, celle de Françoise Pasquier, les éditions Tierce (le 6 juin à Violette and co;).

Cette semaine, j’ai pu écouter Geneviève Fraisse donc, à la librairie Violette and co, parler de son ouvrage sorti un peu plus tôt cette année, « La fabrique du féminisme », recueil de textes qu’elle a écrit depuis les années 1970, et qui lui ont semblé particulièrement en phase avec l’actualité qui a découlé de l’affaire du Sofitel, justement : la question du consentement, de la domesticité, de la servitude, etc.

En outre, forcément, la rencontre ayant lieu le 9 mai, l’actualité la mettait encore plus en lumière, avec le retour de la gauche au pouvoir. Elle qui s’est beaucoup interrogée sur les rapports féminisme et socialisme, qui s’est située d’abord en dehors du système, avant d’y participer en tant que membre issu de la société civile dans le gouvernement Jospin, estime qu’il est difficile de savoir si un ministère des droits des femmes ou la parité changera vraiment les choses. Et elle trouve par ailleurs que la société française est « bloquée » dans un conservatisme sociétal qu’elle trouve regrettable.

La lecture de son ouvrage en tout cas, fait de courts articles parus dans la presse (elle qui dit que la presse ne parle pas de ses livres mais ne cesse de la solliciter pour remplir ses colonnes de tribune sur moults sujets), permet un vrai retour sur l’évolution des enjeux du féminisme en 40 ans, avec, comme toujours, cette impression qu’il faut finalement toujours repartir à zéro, tant la société se refuse à écrire l’histoire des femmes et du féminisme au-delà des milieux spécialisés, et tend à perpétuer une ritournelle que je qualifierai de perpétuation des mêmes ressorts sexistes, et que G.Fraisse situe dans un manque d’historicité.

Autre rencontre, jeudi 10, avec Christine Delphy et Sabine Lambert, qui a préfacé la nouvelle édition de Questions féministes, avec l’intégralité  des huits numéros de la revue créée en 1977 (directrice de publication : Simone de Beauvoir), avec des textes fondateurs mais introuvables de Colette Guillaumin, Monique Wittig, Monique Plaza, Nicole Claude Mathieu, Christine Delphy ou encore Emmanuèle de Lesseps.

L’objectif : « être  une revue de réflexion et de combat pour penser l’oppression et la libération, appréhender le système de genre, inscrire le féminisme dans une perspective matérialiste et abolir le système de domination patriarcal… Il s’agit de désigner clairement l’oppression, de la décrire dans tous ses aspects, d’en chercher les causes, les mécanismes et les outils pour en sortir. Il s’agit, en somme, de proposer une théorie de l’oppression des femmes », peut-on lire sur le résumé des éditions Syllepse.

Les deux soirées ont été filmées, d’ici peu vous pourrez donc les retrouver en ligne !

S.G

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4 réflexions sur « « La fabrique du féminisme » et « questions féministes » »

  1. Merci pour ces pistes de lecture et réflexions et pour les infos des articles précédents . On peut craindre l’effet « hochet » du grand ministère du droit des femmes, de satisfaction cosmétique . A suivre de près.
    Pour un petit sourire familial , pendant que l’animation est encore visible , ouvrir –>google.com.au

  2. Les agressions sexuelles, les excisions et les viols de toutes natures sont des faits INACCEPTABLES sans autre commentaires, ici et ailleurs, alentour de Notre Monde !! La mégalomanie machiste en est une cause majeure qui doit être BANNIE. Aucun Etat, aucune société, aucune “civilisation”, aucune loi, aucune citoyenne, aucune autorité, aucun homme digne ne peut les tolérer. ZERO TOLERANCE MAINTENANT !!

    Victor Khagan

  3. Merci pour cet article et ce livre. Je me réjouis de voir un jour émerger une société pensée non par par des hommes pour des hommes mais par des hommes ET des femmes, pour des hommes ET des femmes.

    A quand les luttes des femmes pour leurs droits à la citoyenneté PRIS EN COMPTE dans les livres d’Histoire et enseignés à l’école comme les faits réellement importants qu’ils représentent ?
    Il me semble que vouloir l’égalité des sexes dans nôtre pays serait déjà de commencer par là… Sinon ce n’est qu’hypocrisie. Ce que je crois manifestement.

    Ce que je vois est que ce « droit de vote » a été donné aux femmes vraiment, mais vraiment du bout des doigts… Et que tout le travail « de fond » reste à faire.

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