Une femme en résistance : Juana Azurduy

Ce blog, c’est aussi parce qu’il y a tant de figures de femmes à découvrir, et à inscrire dans notre mémoire. Quand certains arrivent encore à justifier l’absence des femmes de certains lieux en raison du fait « qu’il n’y en a pas suffisamment qui ont du talent ou de la force ».. Ce week-end, j’en ai découvert une , que je ne connaissais pas, et pour cause, s’il y a pas mal de photos d’un tableau d’elle sur Internet, elle n’y est en général même pas nommée ! Et quand on voit son nom dans un article en français, c’est pour dire qu’elle a donné son nom à une province de Bolivie et à….l’aéroport de Sucre.

J’ai tout de même trouvé un article inspiré de Wikipedia entre autres sur un site sur l’artisanat bolivien : http://info.artisanat-bolivie.com/Juana-Azurduy-chef-militaire-1780-1862–a252-sm60

Son nom, c’est Juana Azurduy de Padilla. Née en 1780, elle était cheffe militaire dans ce qui était alors le Pérou et commandante des luttes pour l’émancipation du vice royaume de la Plata.

A 17 ans, elle se retrouve dans un monastère « pour dominer son instinct rebelle et ses envies d’aventure », est-il dit dans l’article…eh bien c’est raté…elle n’y reste pas un an.

Elle rentre chez elle et rencontre  Manuel Padilla (dont il faut dire qu’il n’est pas beaucoup plus documenté en français). Ils seront nommés « les amants guerilleros ».

Avec lui elle participe à la révolution contre les royalistes. Seule, elle mena la guérilla qui attaqua le Cerro Potosí qu’elle prit le 8 mars 1816. Elle reçu le titre de lieutenant-colonel par un décret signé par le directeur suprême des Provinces unies du Rio de la Plata, le 13 août 1816.

Seulement voilà, une fois la guerre finie, elle retombe dans la pauvreté, et même si elle connaît la toute nouvelle Bolivie, elle n’est pas du tout reconnue par le pouvoir en place.
Le seul à lui offrir un peu de reconnaissance est Simon Bolivar :

« Il la fit monter au grade de colonel et lui offrit une pension. Il dit à Sucre « Ce pays ne devrait pas s’appeler Bolivia en mon hommage mais Padilla ou Azurduy car ce sont eux qui l’on libéré. » Mais... »Juana passa plusieurs années sollicitant au gouvernement ses biens confisqués. La pension que Bolivar lui avait cédée lui fut enlevée en 1857 sous le gouvernement de José María Linares« .

Sa fin de vie sera celle de nombreuses femmes combattantes oubliées une fois le conflit terminé…

« Après avoir gagné 33 batailles à la tête des loyaux, après avoir été reconnue par Bolivar et qu’on lui offre une pension oubliée après deux ans, Juana meurt à 82 ans le 25 mai 1862 à Chuquisaca. Quant son neveu va réclamer de l’aide pour son inhumation on lui répond que le gouvernement est trop occupé par l’anniversaire. Elle fut enterrée sans honneurs dans une fosse commune avec la seule présence d’Indalesio ».

Pour elle, (alors que pour Olympe de Gouges il fallut attendre encore plus), la reconnaissance finit par venir…au bout de cent ans.

« Ses restes furent exhumés 100 ans après pour être gardés dans un mausolée qui fut construit en son hommage à Sucre ».

Aujourd’hui, elle est connue en Espagne et aussi en Amérique latine avec entre autres cette chanson de Mercedes Sosa :

Voici une femme en résistance prête au combat pour la liberté…cela pourrait nous inspirer, nous, féministes, pour la liberté des femmes ?

Publicités

7 réflexions sur « Une femme en résistance : Juana Azurduy »

  1. Merci et bravo pour cet article : nous ne manquons pas d’héroïnes et il faut que cela se sache !
    Quelques petites coquilles : il manque un e à Amérique latine (juste avant la vidéo) et dans la dernière phrase « cela pourrait nous inspirer, nousk, féministes, pour la liberté des femmes ? », on lit « nousk », pronom personnel rare mais rigolo ! 😉

  2. Une femme sabre au poing ça nous change de celles qui exhibent leur string. Une image-oxygène en quelque sorte.
    Moi aussi je suis contente d’avoir fait sa connaissance.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s