«Je rêve qu’un amour sans tyrannie soit possible»/ Revue de presse abolitionniste

Pluie de bons articles ces derniers jours sur l’abolition de la prostitution avec des arguments simples et clairs pour expliquer qu’être abolitionniste, ce n’est pas être contre la liberté individuelle, mais pour le progrès de tou-t-e-s les individus, pas des uns au détriment des autres.

Avec en premier cette définition de notre rêve par Lee lakeman: « je rêve d’un monde où les femmes vivraient en autonomie, paix, liberté, sans le phénomène hideux de la violence envers les femmes. Elle livre ici une définition simple et clair de ce que c’est qu’être abolitionniste :

http://www.rapereliefshelter.bc.ca/learn/resources/feminist-definition-abolition-0

Dans cette définition qui réaffirme que l’Etat doit être protecteur pour la dignité de ses membres, y compris les femmes, il est nécessaire d’agir, et vite. Voici un texte d’Osez le féminisme (Anne-Cécile Mailfert) qui appelle le nouveau président et le gouvernement à le faire : http://www.osezlefeminisme.fr/article/france-la-violence-d-un-etat-proxenete

Nous souhaitons que cessent ces violences de l’État et que s’opère enfin l’adéquation entre des principes progressistes et une véritable politique de lutte contre le système prostitueur.
Nous demandons que les personnes prostituées soient considérées comme citoyennes à part entières, qu’elles bénéficient des mêmes droits que tout-e-s (dont celui de vivre dans un Etat de droit protecteur), et de mesures d’accompagnement spécifiques pour bénéficier d’alternatives crédibles à la prostitution

Autre article intéressant, qui prend la question sous l’angle du travail, celui que les réglementaristes appellent « travail comme un autre », ce qui justifierait de se constituer en syndicats. L’article démonte point par point le fait que la prostitution puisse être un travail, et donc avoir des syndicats pour défendre les travailleurs/ses.

http://acciofeminista26n.wordpress.com/2012/06/03/syndicalisme-et-prostitution-quelques-questions-embarrassantes/

Deux extraits :

« un «métier» qui connaît un taux de mortalité 40 fois plus élevé que la moyenne, un «travail» associé à des situations généralisées de stress, d’alcoolisme et d’addiction aux drogues devrait, au moins, susciter de vives interrogations et être mis en quarantaine à partir d’un point de vue strictement syndical »…

et la conclusion :

Assez. Dans les conditions réelles des industries du sexe, un monde dominé par le crime organisé dans lequel sont exploitées des personnes préalablement conditionnées par tout un système proxénète, le fait d’évoquer l’action syndicale implique de décharger sur les femmes la responsabilité de leur situation et de la légitimer (au-delà de la promesse d’adoucir certains de ses aspects).

Ensuite, un article du Devoir, qui montre comment le Canada a besoin de prendre des mesures pour sortir les femmes de la prostitution et ce, malgré les récents jugements (Ontario) favorables aux réglementaristes : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/351565/prostitution

Et puis, il faut toujours replacer la prostitution dans son contexte réel : celui d’une société qui (ne) fonctionne (pas) en fermant les yeux voire en encourageant les violences sexuelles depuis l’enfance et jusque dans le viol prostitutionnel, sur lequel s’interroge ce blog :

http://enquelquesorte.blogspot.ca/2012/05/le-client-prostitueur-et-le-violeur.html?m=1

Un article à faire lire à tous les amateurs de football peu avant le début de l’Euro 2011 en Ukraine, qui fait craindre le pire en la matière : www.jolpress.com/article/euro-2012-lukraine-nest-pas-une-maison-close-prostitution-football-femen-692372.html

Le travail est considérable, quand on sait que les fédérations sportives n’ont pas répondu aux appels des féministes :

« Rappeler aux amateurs de football qu’en Ukraine la prostitution est illégale, et que les femmes ne sont pas des biens de consommation. Elles ont été totalement ignorées. « J’en ai conclu que les comités et fédérations sportives étaient en étroites relations avec l’industrie du sexe, comme ils le sont avec les distributeurs de bières » explique Anna Hutsol« Le sexe est l’alcool sont devenus des produits dérivés. » 

Enfin, pour garder espoir en ce monde, je ne peux finir cette revue de presse sans un mot sur Andrea Dworkin, qui a à la fois le mieux théorisé les violences sexuelles, prostitutionnelle et pornographique, et nous offre des moyens pour espérer en sortir et apprendre à nous défendre, comme le rappelle ce texte biographique paru sur Sisyphe : « Andrea Dworkin appelle les femmes à s’unir pour nommer le pouvoir, résister, agir, se réapproprier leur existence. «Nous savons comment pleurer, dit-elle. La vraie question est : Comment allons-nous nous défendre ?» http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2734 Biographie d’Andrea Dworkin

Et voici le lien vers sa seule édition en français http://sisyphe.org/editions/Pouvoir-et-violence-sexiste…

Citation du titre (Andrea Dworkin)
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1 réflexion sur « «Je rêve qu’un amour sans tyrannie soit possible»/ Revue de presse abolitionniste »

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