Aujourd’hui, independance day…

En ce moment, je travaille beaucoup sur la dépendance et le care…

alors, en ce jour de l’indépendance (4 juillet, aux Etats-Unis), qui n’est pas tout à fait anodin pour moi, quelques réflexions sur le care et le féminisme…

Le care, c’est d’abord la reconnaissance de notre dépendance universelle. Un être humain ne peut vivre seul, il est donc dépendant des autres. Un bébé sans personne pour s’occuper de lui, ne peut vivre. Mais la vulnérabilité ne lui est pas réservée, elle est notre lot à tous et toutes. Nous avons besoin des autres pour nous construire, pour penser, pour exister. Pourtant, il est un immense paradoxe que le patriarcat et la domination masculine ont réaffirmé : les hommes sont tellement dépendants des femmes qu’ils les ont maintenues dans la dépendance. Pas étonnement que la rhétorique masculiniste et antiféministe soit faite du retournement !

Je m’explique : les hommes ne peuvent avoir des enfants sans femmes, donc ils les lient à elles et en font leur propriété pour les maintenir. Cela va du mariage à l’hypothèse de la GPA (gestation pour autrui) qu’ils voudraient nous imposer.
Ils ne veulent pas des relations d’égalité, ils imposent tous les moyens pour maintenir les femmes à leur disposition (prostitution, critères de « beauté » qui fragilisent les femmes), ils les affament (exclusion des morceaux nourrissants puis anorexisation).

Ils ne veulent pas effectuer des tâches trop « terre à terre », ils épousent des femmes pour les asservir aux tâches domestiques. Au final, ils n’ont donc aucunement les moyens de leur indépendance.

Parce que si d’un coup, les femmes ne consentaient plus à leur oppression (et quand je dis consentaient, j’y mets tout ce que le radicalisme pense du consentement -qui n’est pas un choix -céder n’est pas consentir, encore moins désirer), si elles avaient d’un coup les moyens de faire une grève absolue de toutes formes de relations avec les hommes, pourraient-ils s’en sortir ? Soit ils déposeraient les armes et se mettraient enfin au boulot, soit ils asserviraient certains d’entre eux…

De la même manière, si les femmes se retrouvaient seules, choisiraient-elles la sororité, la réinvention des relations ou reproduiraient-elles à leur tour les processus de domination et de mise en dépendance, pour que les unes maintiennent les autres en dépendance ? Malheureusement, le degré de féminisme sorore n’est pas forcément suffisant pour y arriver.. C’est pour cela que cette sororité est totalement indispensable, c’est pour cela que réinventer de nouvelles relations humaines, faites de respect de l’autre, à commencer par la relation parent-enfant, est une priorité.  Etre bienveillant-e, ne pas vouloir imposer à celui ou celle sur qui on détient l’autorité des décisions injustes, toujours respecter l’altérité, le fait qu’il y a un autre être humain en face de soi.

Bref, tout ça pour dire, que si l’humanité n’existe pas sans un minimum de dépendance, notre objectif doit être justement de la conserver au minimum. Et nous avons un travail colossal pour tout déconstruire, réinventer, pour réussir cette petite révolution : que notre préoccupation quotidienne soit d’assurer, dans la lutte collective, la sororité et la solidarité, que nos relations de dépendance soient les plus minimes possibles. Ainsi, que nos luttes collectives, soient au profit de chaque individu, et de son autonomie, indépendance-maximum afin d’apporter le plus librement possible sa pierre à l’édifice commun…

Et pour finir, une petite chanson :

Et les paroles :

Well she seemed all right by dawn’s early light
Though she looked a little worried and weak.
She tried to pretend he wasn’t drinkin’ again
But daddy’d left the proof on her cheek.
And I was only eight years old that summer
And I always seemed to be in the way
So I took myself down to the fair in town
On Independence Day.

Well,word gets around in a small,small town
They said he was a dangerous man
But mama was proud and she stood her ground
But she knew she was on the losin’ end.
Some folks whispered and some folks talked
But everybody looked the other way
And when time ran out there was no one about
On Independence Day.

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2 réflexions sur « Aujourd’hui, independance day… »

  1. Juste 2 petites remarques à ce texte auquel j’adhère à 200%,
    1)
    j’ai été pensionnaire (à la Légion d’Honneur, ni mixte, ni clérical), dans un environnement uniquement féminin entre 11 et 17 ans, et je peux témoigner de ce qu’est la sororité qui ressemble comme 2 gouttes d’eau de pluie à la franche camaraderie masculine (on ne passe pas son temps à se regarder dans la glace à se demander qui est la plus belle et une forte solidarité est grandement recommandée face à un règlement complètement con et anachronique !

    2)
    Lysistrata d’Aristophane est une pièce très imaginative de ce que les hommes pourraient faire ou arrêter de faire si les femmes cessaient de « consentir » et de les cocooner:
    la guerre par exemple !!

    bien cordialement

    Catherine Albertini

  2. Et demain 5 juillet : l’Indépendance de l’Algérie! les 50 ans quand même, ce n’est pas rien!
    Au plaisir de vous lire aussi sur le relations intenses entre ces deux pays
    lily and co

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