Réponse aux intellectuels anti-abolitionnistes : un peu de sérieux !

 Le Nouvel Observateur a sorti une tribune signé par une série d’intellectuels, c’est-à-dire en l’occurence des gens qui ne connaissent rien au terrain, pour affirmer qu’abolir la prostitution était une « chimère ». Je dirais que l’effet même du mot -pompeux, fait pour marquer les esprits et dissimuler le manque de fond devrait suffire à nous ouvrir les yeux. La liste des signataires, pareil. Mais comme ça va mieux en le disant, voici une très bonne tribune de la présidente de l’Amicale du Nid, l’autre grande association qui avec Le mouvement du nid se bat auprès des personnes prostituées au quotidien, en rencontrant plusieurs milliers chaque année, et qui est clairement abolitionniste :

A propos de la tribune du Nouvel observateur du 22-08-2012 : « L’interdiction de la prostitution est une chimère »

Faut-il vraiment autant de signatures prestigieuses et de personnes pensantes ou jugées telles pour arriver à produire un article aussi léger, non informé ou de mauvaise foi sur la prostitution, une violence qui touche toutes les personnes prostituées.

L’article commence par une sorte d’appel au peuple. Evidemment tout le monde (en dehors des proxénètes) serait d’accord pour lutter très fermement contre le trafic et les réseaux maffieux qui mettent en esclavage des centaines de milliers de personnes à des fins d’exploitation sexuelle ; c’est bien ce que demandent parmi d‘autres mesures les abolitionnistes!

Mais cette entame qui va servir aux auteurs pour poursuivre dans l’impensé de la prostitution, est malhonnête.

Elle dispense de chercher à savoir ce qu’est la prostitution, ce qui autorise les clients à acheter l’usage d’un corps, dans quels rapports de domination elle s’inscrit.

Elle dit qu’il y aurait deux prostitutions : la prostitution forcée et celle qui serait consentie, expression d’une liberté de gagner de l’argent comme on l’entend et de faire ce qu’on veut de son corps. Pour cela et comme dans les media les plus paresseux, les auteurs évoquent des témoignages de personnes qui se disent libres de se prostituer et heureuses de le faire comme un métier.

Comme l’écrivait une personne prostituée après une de ces émissions de télévision qui transforment la prostitution en métier de travailleur social ou en possibilités de relations humaines les plus glamours : « comment les prostitué-e-s pourraient –ils-elles dire publiquement à leurs clients, vous nous dégoutez, on n’en peut plus de faire semblant, de supporter vos manies, vos fantasmes et votre crasse ». Par ailleurs ont-elles la possibilité, ces personnes prostituées, de dire qu’elles sont sous emprise d’un proxénète compagnon ou pas, d’un réseau ?

Combien de personnes prostituées ont dit un jour : « tout va bien, j’aime ce que je fais et je gagne bien ma vie, je suis libre » puis plus tard ont exprimé leurs souffrances et la violence subie, les associations qui accompagnent les personnes prostituées en rencontrent des milliers. Comment ces penseurs qui oublient que toute action politique a un fondement idéologique c’est-à-dire un point de vue sur le monde ce qui n’est pas une tare mais une garantie de réflexion et la base du débat démocratique, peuvent ignorer les violences de toute situation prostitutionnelle sous traite ou pas ? Comment peuvent-ils ignorer encore ce qui conduit les personnes à être prostituées, violences de tout type subies dans l’enfance, violence économique de l’exclusion, désaffiliation, violence de l’émigration contrainte etc. ?

Il n’y a pas deux prostitutions, il n’y en a qu’une, celle qui consiste à acheter un corps pour sa jouissance personnelle et donc à chosifier l’autre. La prostitution n’est pas sexualité elle est domination. Elle n’a rien à voir avec la liberté et la liberté sexuelle en particulier, elle n’a rien à voir avec la promiscuité et les pratiques sexuelles qu’en toute liberté les personnes devraient pouvoir mettre en œuvre comme elles l’entendent dans un échange de désirs et donc dans le respect mutuel ; la prostitution a à voir avec les rapports sociaux de sexe et la double domination masculine et par l’argent. Il n’y a donc personne dans ce groupe qui a entendu parler de cela ? N’ont-ils donc jamais approché les concepts et les analyses qui expliquent la hiérarchie des sexes, l’inégalité entre les femmes et les hommes, qui montrent comment et pourquoi les femmes et leur corps ont toujours fait l’objet d’une appropriation par les hommes, ont toujours été sous leur contrôle et leur domination. D’où vient leur refus viscéral de penser la prostitution ?

Apparemment ils n’y voient qu’un marché qu’il serait dommage de supprimer et qu’il faudrait moraliser en le libérant. Vive la vente du corps des femmes et des hommes marchandises au profit de gentils clients ! (il n’y manque plus que les panneaux publicitaires !). Mais qui dit que les clients sont des salauds ? Les clients de la prostitution n’ont rien de spécifique en tant que groupe social : jeunes et âgés, modestes et riches, en couple ou pas ; ils exercent le droit que la société leur reconnaît jusqu’alors, à savoir payer pour un rapport sexuel non désiré par la personne en situation difficile qu’ils dominent ainsi. Ils constituent la demande sur ce marché juteux (mais pas pour les personnes prostituées), et font semblant de croire que le corps acheté jouit de leur action et que les personnes ainsi soumises sont libres. Lorsque les clients sont riches, dans l’escorting, la violence de leurs exigences est à la hauteur du prix payé.

A voir les « effectifs » mis sur le marché par les proxénètes de tout poil on ne peut que conclure que la demande est forte. Etant donné le faible pourcentage de personnes qui sont réellement hors de l’emprise d’un proxénète, la « quantité de marchandise » ne sera pas suffisante si la lutte contre les réseaux est efficace. Il faut donc que les clients se préparent à la rareté d’un service qu’il est légitime selon les auteurs de cet article qu’ils puissent acheter… comprenons-nous bien le raisonnement creux des auteurs ?

Malhonnêteté ou ignorance que de dire : mais il y a des femmes clientes aussi, ce ne sont donc pas seulement les hommes qui demandent de la prostitution ! ceci signifie que dans le plus d’autonomie et de liberté que les femmes ont gagnées ces dernières années, le travail de déconstruction de la domination n’a pas été fait ou pas par tout le monde et donc avec de l’argent dans un monde de marchandisation généralisée, des femmes (très peu nombreuses) vivent leur égalité, conquise souvent par d’autres, en faisant comme les hommes.

On ne peut défendre le respect des droits humains et légitimer en même temps la prostitution, cela frise l’imposture ! L’achat du corps d’autrui, de ses trous pour ce qui concerne la prostitution n’est pas un droit humain, n’est pas une liberté, c’est une violence quelle que soit la variabilité des pratiques sexuelles dans le temps et dans l’espace. La prostitution ou prostituer une personne, ce que font les clients et les proxénètes, n’est pas une consommation comme une autre n’en déplaise aux auteurs. Que d’amalgames si peu à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de ces signatures ! La prostitution n’est pas identique au commerce de la drogue avec un produit qui est vendu et qui est demandé. Dans la prostitution, c’est le corps, la personne et son humanité qui sont en jeu ; c’est pour cela qu’il faut l’abolir !

Malhonnêteté ou marxisme bourgeois sommaire que de faire pleurer sur les prolétaires du sexe quand on ne sait pas ou on ne veut pas prendre en compte les rapports sociaux de sexe dans l’analyse de la prostitution ?

Fallait-il ne pas abolir l’esclavage parce que des milliers d’esclaves, à la suite de l’abolition aux Etats-Unis, se sont trouvés dans des situations plus terribles encore qu’avant et ont servi pour une part de force de travail surexploitée à l’industrialisation du nord alors que ceux du sud, sans terre et sans moyens de vie subissaient la misère ?

L’abolition de la prostitution est un projet ambitieux, certes, à la hauteur de l’impératif du respect des droits humains et de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il est un projet de société qui respecte les personnes prostituées en les reconnaissant victimes d’une violence qui doit cesser, c’est pour cela qu’il faut interdire tout achat d’acte sexuel fondement de toute prévention et ne pas traiter les personnes prostituées en délinquantes (très différent de la prohibition) ; c’est pour cela qu’il faut des moyens et pour la lutte contre le proxénétisme et pour l’accompagnement vers l’insertion sociale et professionnelle des personnes prostituées. Personne ne dit que ce sera facile mais c’est une gageure et un combat qui réclament du courage politique, l’implication de la société civile et qui nourrissent l’engagement vers l’organisation d’une société de liberté, d’égalité et de justice.

24/08/2012

Geneviève Duché

Présidente de l’Amicale du Nid

Pour signer l’appel abolition 2012 : http://www.abolition2012.fr/

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35 réflexions sur « Réponse aux intellectuels anti-abolitionnistes : un peu de sérieux ! »

  1. Depuis mai 1968, j’ai compris que mon travail prioritaire et essentiel était de contribuer à l’amélioration de Notre Monde.
    Abusé et violé dès nul âge, j’ai vite compris ce que représentait le mensonge planétaire du tabou sur la condition faite aux femmes et aux enfants. Il m’est impossible de vivre passivement dans un monde qui admette de fait et légalement les violations et la traite de femmes et d’enfants, que ce soit à travers la prostitution justifiée ou encouragée, la correctionnalisation des jugements de moeurs, la matraitance tue, les inégalités sociales appliquées aux femmes ou les stratégies bon marché faites à l’éducation des enfants, ou encore les évidentes complicités avec des violeurs de femmes ou d’enfants dans le monde politique ou dans le monde culturel. Sans oublier les intolérables tolérances avec certains comportements du clergé de n’importe quelle religion. Ni les diktäts de certains professionnels en psychologie ou dans l’exercice du Droit.

    Membre de Zéromacho, de CRIFIP, de “Le monde à travers un regard” et du “Groupe de Travail sur les Droits Humains dans l’Eglise (WMK)”.
    VK

  2. Le système de prostitution « libre » défendu par ces intellectuels proprostitution ne pourrait en effet fonctionner sans la prostitution contrainte. Les abolitionnistes sont-ils les seul-e-s à le voir?

  3. Magnifique tribune que j’applaudis très fort.
    Malheureusement il y a aussi les féministes anti-abolitionnistes. Cela fait encore plus mal. Que doit-on leur dire ?

    1. À Euterpe : je crois qu’il faut leur dire la même chose. Ce ne sont pas des arguments variables selon les personnes. Il faut gratter un peu, essayer de faire comprendre que l’on ne peut être féministe et pour un système qui est comme un condensé de l’exploitation des femmes (et des enfants) par les hommes, et plus généralement des violences commises par les forts (le plus souvent les hommes) et subies par les faibles (généralement des femmes).

      Face à des « féministes » de ce type comme face à toutes les personnes demandant la légalisation de la prostitution, il faut citer des chiffres (réels), avancer des arguments solides, démonter les fariboles (que la prostitution ferait diminuer les viols car elle répondrait à une « nécessité », qu’elle serait endémique, qu’il y aurait des personnes qui, « en toute liberté », choisiraient volontiers la prostitution plutôt qu’un boulot de caissière de supermarché, que les femmes aussi pourraient « profiter de l’aubaine » et auraient elles-aussi plein d’esclaves à leur disposition pour assouvir leur désir – comme si ce que les féministes cherchaient était d’avoir le droit d’être aussi lamentables que le mimile moyen…). Pour cela, les excellents articles de Sandrine, toujours soignés tant dans les informations que dans l’argumentation, sont une mine inépuisable où se ressourcer.

      Comme face à toutes ces personnes, il faut les mettre face à la contradiction majeure qui est mise en avant dans la tribune de Geneviève Duché : soit on est pour la condamnation du client (et donc pour l’interdiction de la prostitution), soit on se range dans le camp des gens pour qui la dignité humaine n’est rien, à côté de ceux qui hiérarchisent les humains, qui pensent que rien ne compte que leur plaisir et que les autres sont là pour les servir. Il faut alors qu’ils (ou elles) s’assument pour ce qu’ils sont : quelqu’un de méchant, d’immature, d’égoïste, d’injuste, quelqu’un d’inhumain ; c’est cela qu’il faut dire : qu’il n’est pas possible de réclamer la légalisation d’une pratique comme la prostitution et d’être, en même temps, quelqu’un de bien.

      En ce moment, c’est entre autre à cela que semblent servir les contes semés dans tous les journaux : à faire que l’on puisse être pour la légalisation et en même temps une personne fantastique, à la pointe du combat pour les droits de l’être humain plus que les philosophes des lumières, quelqu’un de plus libéré que Catherine Millet et de plus moderne que Baudelaire, un de ces magnifiques indignés qui veillent au maintien des libertés et de la dignités.

      1. J’ai déjà essayé. J’ai dit que pour moi vouloir « réguler » la prostitution plutôt que de souhaiter son éradiquation pure et simple c’est être soi-même un.e proxénète potentiel.le, rien d’autre. Et c’est vrai. Mais ces dames se sont senties effroyablement vexées et agressées. Cela les indigne au plus haut point qu’on puisse les voir comme méchantes, immatures, inhumaines et tout ce que tu énumères, adjectifs qui décrivent en fait le/la proxénète type. Ces féministes-là tiennent à ne pas froisser les hommes (ce sont des féministes-maman avec les machos que si on est très très compréhensives et gentilles avec eux, n’est-ce pas, ils vont changé et devenir de vrais agneaux, évidemment) car il pourraient potentiellement avoir envie de consommer de la chair prostitutée si cela les chante et se sentir frustés que de méchantes filles veulent les punir d’une envie si légitime.
        Ces féministes-là veulent être vues comme des gentilles des deux côtés : chez les machos et chez les (autres) féministes. Finalement elles sont surtout appréciées des machos. Mais gare à toi si tu estimes qu’elles ne sont pas féministes. Tu risques le crachat à la figure, pure et simple (elles sont gentilles mais il ne faut pas les énerver…enfin, disons que les (autres) féministes ne doivent surtout pas les énerver, hein !).

  4. Excellente analyse à laquelle j’adhère sans réserve, j’apprécie particulièrement le parallèle avec l’abolition de l’esclavage dont on peut aussi rappeler que selon les principes de la dialectique du Maître et de l’esclave, celui-ci défend parfois son oppresseur !
    Trop peu d’hommes oseront avouer leur accord avec ces points de vue, être abolitionniste est quelque part se montrer faible, en somme un peu… « pédé », non ???
    Merci !

  5. Je trouve votre billet interessant, de ceux qui m ont fait reflechir et meme douter , moi, feministe pas particulierement pro abo!
    Mon point de vue sur le sujet n est ni simple si tranche, mais je vais essayer d en presenter les points principaux.
    deja, je ne suis ni millionnaire, ni des beaux quartiers, etc.. Et a propos de ces attaques contre ceux qui osent enoncer un avis contraire, je trouve cela nul. Le strass, le planning etc.sont autant d organisations ultra legitimes ( plus que vous?) et elles ne sont pas pour l abo.
    J estime en effet que l abo de la prostitution n impactera en rien le coeur du probleme souleve par la prostitution, a savoir et vous le mentionnez: la domination, l exploitation. Le proxenetisme etant deja un delit.
    Sur la forme, interdire une activite, sous pretexte qu elle vehicule ou qu elle implique la plupart du temps des violences ne resout rien, et c est bien dommage. Imaginons plus de putes, l exploitations des etres, de leur corps et de leur vies perdurera.
    Vous correlez par ailleurs la sexualite tarifee a de la domination. Je pense que vous confondez. Si elle est subie, contrainte, et cela par une personne tierce, c est un delit. Si la contrainte est sociale, a savoir  » j en ai besoin pour vivre, pour gagner ma vie », c est premierement le cas de nombreuses personnes dont l activite est minante et alimentaire. Mais reste de la liberte de chacun. Evidement, les process de formation, de reconversion etc doivent prennent tous leur sens ici. Je n ai jamais ete prostitue, mais j ai travaille aupres de caissieres, fatiguees, exploitees, mal en point, leurs corps souffrants et totalement meprisees tant par la direction que par les clients.. La diffence ici? Le sexe.
    Sur ce point, j avoue est tres mal a l aise avec l aspect un peu puritain qui se degage. Oui je considere qu on peut faire de son corps ce que l on souhaite, le louer pour des photos, le pousser a bout pour du sport, lui faire plaisir quand on baise etc. Si quelqu un pour de l argent, pour du plaisir ou autre souhaite tarifer contre argent, services, promotion, etc. Je ne vois qui je serais pour lui interdire. Le corps feminin ne releve pas du sacre, comme celui de l homme. Faire en sorte que toutes les prostitues aient le choix serait selon moi le point fondamental d une politique en la matiere.
    En somme, si l on se concentrait sur le combat contre l exploitation( renforcer les peines de proxe, demonter les reseaux, etc.), sur les violences ( drogues, coups, ) et pour que chacun d entre nous puissent avoir le choix( meme si ce choix nous parait aberrant) de vivre sa vie comme il l entends, cela me paraitrait deja tellement ambitieux !
    Je m opposerai a toutes dominations, et cela dans le cadre de toujours plus de liberte.

    1. 99% des clients prostitueurs sont des hommes.
      La majorité de ceux-celles qui défendent le droit des femmes à disposer de leur corps quand il s’agit de la prostitution défendent en fait la liberté des hommes d’avoir toujours et en tout lieu des corps de femmes jeunes à disposition et le choix parmi ces femmes (couleur de peau, de cheveux, nationalité…). Il s’agit d’un système mis en place par des hommes pour les hommes, pour leur éviter toute frustration sexuelle. Ce système entretient les inégalités femmes-hommes puisqu’il objective le statut inférieur des femmes dans notre société : tout petit garçon sait très vite que contre quelques billets on peut acheter l’accès au sexe de femmes.
      Alors, même le « gentil client » poli, timide, qui dit merci, qui ne se paie que des prostituées indépendantes (qu’il a détectées grâce à son flair infaillible) participe à ce système que sa demande a créé.
      L’abolitionnisme est un projet de société où nul ne sera marchandise. C’est l’achat de l’intimité de l’autre qui est condamnable.

  6. Merci Sandrine pour ce texte et aux nombreux commentaires ainsi qu’à zero macho et Geneviève Duché, c’est rassurant.
    Sinon pour les 12 irresponsables vieillissant très mal qui veulent se faire remarquer à peu de frais, il faudrait une grande pétition unitaire pour marquer notre désaprobation totale à leur égard et boycotter une bonne fois pour toutes « ces gens-là », qu’ils se prostituent entre eux si ça leur chantent, avec DSK si ça les fait vibrer encore plus fort, mais force est de constater que ce sont un peu les mêmes qui défendaient plus ou moins directement les violeurs Polansky et DSK, étrange non, suite logique ou simple coïncidence ?

  7. Euh les non abo ne sont pas toutes des putes ( et quand bien meme) defendant des pretendus violeurs, ni des gens mechants, immatures, injustes etc. Relevons le debat, vous le dites vous meme : un peu de serieux!

    1. enfin un commentaire pertinent qui rompt avec la surenchère habituelle des commentaires de ce blog(immédiatement sanctionné par le message suivant d’ailleurs).

  8. Elle elle 18 vous relevez le débat de façon moyenâgeuse …ou vous confondez avec le libertinage ce qui est un esclavage ! Je vous invite a venir passer une soirée dans le plus grand bordel d’Europe , vous y regarderez le fond des yeux des prostituées dites  » libres  » qui voient passer sur elles tous les  » gentils payeurs  » qui viennent vider leur sperme dessus elles , et après une soirée a les voir monter et descendre vous me reparlerez du plaisir de cette liberté a tout prix ..a quel prix !
    Merci Sandrine et toutes celles et ceux qui se battent pour la véritable liberté et la dignité

    1. Effectivement Agnès, Elleelle18 fait progresser le débat et souhaite sûrement que sa fille plus tard fasse ce beau et vieux métier… reste à choisir, fonctionnaire ou profession libérale…

      1. Pourquoi la votre a déjà tente l expérience? Votre mère peut être? Vous meme?
        Quant a mes filles, j espère surtout qu elles auront la capacité d indépendance et d esprit qu il vous manque.

  9. tiens j’ai été censuré. ici c’est moins dangereux d’avoir des propos méprisants sur les seniors que de dire 2,3 vérités a ce que je vois.
    belle exemple pour des personnes qui distribuent les bon et mauvais points a tout va.
    ça permet aussi de voir a quel point le féminisme promeut la liberté et le pluralisme…
    allez, encore un ptit clic sur le bouton « censure » et votre commissaire politique pourra aller dormir.

  10. On est gêné pour les pauvres « intellectuels » et les malheureuses « féministes » qui ont signé cette indigente tribune de plus volant au secours de la prostitution – cette fois ci, dans Libération du 22 août.
    Leurs quelques paragraphes suffisent à donner à voir combien ses auteur-e-s entendent avant tout ne pas discuter le sujet, ne pas accepter de considérer de quoi il retourne. Les courageux défenseurs du droit à être prostitué assènent une fois de plus leur habituel banal couplet confusionniste, teinté d’un consensuel libéral-libertarisme creux et préfabriqué, propre à satisfaire les oreilles les plus grossières comme les plus distraites. Un discours qui prend soin de se tenir à côté des questions soulevées par les féministes radicales et les abolitionnistes sur le sujet du système prostitutionnel, sa place au sein du sexisme, comme dans le capitalisme. Une défense qui repose avant tout sur une caricature ridicule des positions abolitionnistes (conception abstraite de l’humanité, etc.).

    La question n’est pas d’éradiquer, d’interdire: mais d’oser d’abord dire, enfin, qu’acheter des prestations sexuelles ne va pas sans faire violence à autrui, et dire haut et fort le refus de voir ces violences perpétuées sous la forme « prostitution ». L’enjeu, c’est d’abord me semble-t-il que l’on cesse de voir partout justifier l’injustifiable.
    Que l’on cesse de voir partout l’intelligence la plus élémentaire s’éteindre de peur de se voir suspecter de ne pas être assez ostensiblement libérée et pro-sexe là où il s’agit non de sexualité, mais de Pouvoir, et de domination.
    L’enjeu, me semble-t-il, c’est que la dénonciation de l’injustifiable ne se voit plus, avec l’arrogance et la suffisance que l’on peut si souvent lire, sommée de se justifier par ceux qui le perpétuent ou le cautionnent.
    L’enjeu, c’est que des cerveaux couchés – pour ce qui est des corps, on se fout bien de savoir comment et avec qui ils se couchent – cessent de se sentir en position de calomnier les esprits debout.
    L’enjeu, c’est que la dénonciation la plus élémentaire, hélas si richement argumentée, étayée, par tant de faits, de chiffres, de témoignages de l’injustifiable ne puisse plus se voir accusée par de pathétiques amateurs de rapports de domination et de violence monnayée de vouloir, crime entre les crimes, attenter à la Sainte Liberté d »exploiter qui se vend, à la Sainte Liberté de se Vendre pour survivre, à la Sainte Liberté masculine d’exercer sa domination.
    Les tristes obscurantistes qui défendent le système prostitueur aiment à prétendre que le « plus vieux métier du monde » existerait « depuis la nuit des temps ». Au nom de quoi ils entendent bien que le jour ne se lève jamais sur ce que signifie, suppose, entraîne, le fait que des personnes soient prostituées.
    Assez de nuit! Assez de ténèbres!Il est grand temps d’avoir le courage de faire un peu de lumière sur le sujet: et c’est ce que les survivantes et les féministes abolitionnistes font.

    Et que l’auteure de cet excellent blog me reprenne si je me trompe.

  11. Bonjour
    Votre communiqué est très intéressant et, pareil que pour Elleelle18, il m’a fait douter.
    Mais je trouve ça injuste de supposer que des gens qui donnent leur avis sur un sujet (surtout si ce sont des femmes, « les intellectuelles abolitionnistes ») sont forcément illégitimes.
    En tant qu’Amicale du Nid, vous connaissez mieux le terrain certainement, mais vous n’êtes pas non plus des prostituées, ce qui ne vous rend donc pas beaucoup plus légitimes. Chacun(e) peut avoir ses convictions, et les défendre; et c’est ce contenu qui est important plutôt que sa légitimité.
    Enfin, si on abolissait la prostitution, effectivement ; mais en conservant notre magnifique société patriarcale actuelle, la prostitution ne continuerait-elle pas à se poursuivre, mais d’une manière plus dangereuse et moins encadrée? Puisque la domination masculine continue, pourquoi l’oppression et l’achat des corps ne se poursuivrait-il pas?
    (Là c’est une question naive, moi je débute sur ce vieux débat)

    1. Il faut quand même se rendre compte que la toute grande majorité des personnes prostituées n’a pas droit à la parole, parce que sous contrôle, menaces, mauvais traitements. Les quelques prostitué-e-s indépendant-e-s (dont beaucoup d’hommes, mais ils mettent les femmes
      en avant pour le masquer) sont-ils-elles représentatifs-ives de l’ensemble?
      Interdire l’achat de « services sexuels » par les hommes (je rappelle que ce sont 99 % des acheteurs) est un signe fort pour mettre un frein à la domination masculine, parce que la prostitution rassemble toutes les violences faites aux femmes par des hommes dans notre société : objétisation, utilisation à son usage, mépris, insultes, coups, meurtres, viols… Comment apprendre l’égalité aux enfants si il y a un monde parallèle, la prostitution, où les hommes peuvent acheter quelques instants de pouvoir absolu sur des femmes ?
      La pénalisation de l’achat de sexe serait marquer concrètement et sans ambiguïté que il n’y a pas de sexe inférieur (les femmes et assimilés) qui peuvent servir de défouloir sexuel aux hommes contre quelques billets et qui n’a droit ni au plaisir ni au désir sexuel.

    2. « Chacun(e) peut avoir ses convictions, et les défendre; et c’est ce contenu qui est important plutôt que sa légitimité. »

      Il me semble que non, qu’il ne s’agit pas de contenu ou d' »opinion » car une opinion, c’est une chose toute relative, comme chacun sait : on n’est pas dans le relativisme, il n’y aurait pas une opinion possible (pour la légalisation de la prostitution) et une autre opinion (pour la pénalisation de l’achat de services sexuels) qui seraient comme des choix parmi les nombreux choix possibles et qu’il serait indifférent de promouvoir, un peu comme il est indifférent de préférer les glaces au citron ou à la noisette, parmi tous les parfums proposés.

      Il s’agit d’un projet de société, et d’éthique, alors non, tout n’est pas « légitime » ni de même valeur.

      Plutôt que légitime, j’utiliserai représentatif : le strass est représentatif de probablement 1% des prostituées, parmi celles qui arrivent à se prostituer dans les conditions les moins dangereuses et les plus rentables, et les associations d’aide aux prostituées se confrontent à ce qui est la réalité de quatre prostituées sur cinq.

      Le problème que vous soulevez, le problème de la représentation des catégories de personnes tellement dominées qu’elles n’ont pas accès à l’espace public, c’est le même que celui que celui que soulevait Pialat dans son commentaire sur « L’Enfance nue » à propos des orphelins placé chez les uns ou les autres : non, on ne les entend jamais, tout simplement parce qu’il n’y en a aucun qui soit arrivé à se faire une place dans la société d’où il puisse s’exprimer…

      Quant à votre question à la fin de votre commentaire, elle est étrange : attendez-vous que demain ou la semaine prochaine, on se réveille et pof, le monde soit meilleur et que du coup cela vaille la peine de se mettre au boulot pour le changer ? cela me semble un peu bancal comme raisonnement : soit on vit dans un monde sans domination masculine, et donc sans prostitution telle qu’elle est actuellement, et donc il n’y a plus à lutter, soit on vit dans le monde tel qu’il est, et lutter pour la pénalisation du client est une des facettes de la lutte contre la domination masculine (que personnellement je préfère qualifier de lutte pour un monde plus humain).

      1. merci Lulu de m’éviter d’avoir à faire une réponse…
        magnifique commentaire comme toujours.
        ElleElle18, merci de dévoiler peu à peu au fil des commentaires votre positionnement, qui devient de plus en plus clair…

  12. Tellement caricaturale. J oubliais que ceux et celles qui ne partagent pas l avis que vous semblez défendre ( sans bien meme comprendre), mais tjs en utilisant des exemples les plus terrifiants possibles, sont absolument des proxénètes, avides de cul, et insensible a la douleur humaine.
    Au passage, je vous rappelle que le syndicat des prostitues, comme act up, comme le planning, qui ont certainement fait plus pour les femmes que vous meme, ne cautionnent pas cette mesure. Ça vous arrive de douter? De vous remettre en question? De laisser vos préjuges primaires et victimaires avant de débattre?

  13. coucou Sandrine moi je te soutiens, je soutiens cette position que tu défends avec autant de courage ;o) j’ai su ce que c’est que la galère pour une fille, sans possibilité de trouver un vrai boulot car mineure, en rupture familiale, etc… et la position de ces intellectuels me paraît d’autant plus abjecte. j’ai eu finalement ‘de la chance’ comme on dit… mais je n’ai pas oublié comme ce n’est pas évident de s’en sortir par soi même, sans tomber justement dans ces filets largement tendus par la société machiste qu’est la dépendance des femmes / des filles envers les hommes et leurs prétendus « besoins ». ça, pour ça, y’a pas de problème, le tapis est déroulé ! C’est marrant comme pour tout ce qui nous donne l’autonomie ou la permet, c’est bien + difficile, un vrai parcours de la combattante ! C’est encore + dur pour les jeunes aujourd’hui. Que ces intellos qui font bon marché du corps des femmes laissent leurs privilèges et vivent dans la rue et on en reparle.

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