DSK : nous ne voulons pas l’entendre, sauf devant la justice !

Cela passe quasi inaperçu. Dominique Strauss-Kahn a été interviewé pour ses « idées » en économie et cela a été diffusé sur une chaîne française.
Un an même pas et demie après son arrestation pour viol d’une femme employée au Sofitel, un an après l’abandon des charges pénales dans cette affaire, quelques mois après sa mise en examen pour proxénétisme dans l’affaire du Carlton en France, l’ancien Directeur du FMI fait un retour médiatique certes discret, mais significatif. D’autant plus quand on lit comment les journalistes en parlent.

Le voici impliqué dans des « scandales sexuels » : il s’agit en réalité d’implication dans des crimes. Le viol est un crime. Le proxénétisme et le viol des personnes prostituées aussi.

La formulation exacte dans le NouvelObs est la suivante : « Empêtré dans des scandales sexuels qui lui ont coûté son poste de directeur général du FMI et ses ambitions présidentielles ». 

Voilà. Un an et demie après des manifestations contre le sexisme quotidien et le fait qu’on ne s’intéressait qu’à DSK, qu’on invisibilisait les victimes, qu’on le présentait comme une victime, après ce qui a semblé être une prise de conscience -d’au moins les femmes dans la société-, nous serions revenus au point de départ ? DSK serait donc la victime de scandales ?

Dans La voix du nord, il n’y a même aucune allusion aux raisons pour lesquelles il a dû quitter son poste au FMI, et au fait qu’il est mis en examen.

Dans Le Figaro, ce sont bien des accusations contre lui qu’on parle, dans l’affaire de viol en réunion d’une prostituée ouverte au printemps. Il semblerait que le dossier soit bientôt classé. on pourrait également analyser cette affaire, où l’on lit que « DSK n’a pas été correct », qu’il y a eu « rapport de domination », mais que comme il n’y a pas eu coups, l’affaire serait classée. Comme si, encore une fois, le viol avait besoin de violence physique pour être un viol !

Dans les interviews qu’il a donné, il dit ne pas vouloir revenir sur la scène politique. Tant mieux. Mais nous ne voulons pas non plus qu’il donne son avis publiquement sur l’économie. Dominique Strauss-Kahn est un homme qui est poursuivi par la justice pour des faits d’une gravité sans nom.

Pis, il donne cette interview exclusive à LCI, alors même que dans 4 jours, l’affaire pour laquelle il est mis en examen pour proxénétisme aggravé sera examinée par la justice à Lille, dans un plan médiatique qui ne pourrait être mieux orchestré.

Il va donc falloir le redire, et sans relâche, que les féministes redonnent de la voix. Il est temps que la complaisance cesse. Cette homme n’a rien à nous dire, sur rien. Tout ce que nous voulons, c’est qu’il réponde de ses actes devant la justice.

Pas de justice, pas de paix !

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