Contre les violences masculines : une semaine à la Parole errante

Le festival « Elles résistent » aux violences masculines faites aux femmes qui s’est déroulé à la parole errante toute la semaine (et se clôt officiellement demain) aura été un événement d’une richesse exceptionnelle. Articulé autour de trois axes : état des lieux, résistance, utopie, on pourra trouver que, comme toujours, nous avons parfois été encore très dans l’état des lieux -il faut dire qu’il y a tant à dire, et à dénoncer, qu’aller vers l’utopie est forcément plus difficile.

Mais la semaine a aussi été l’occasion de nous faire du bien, par la rage, l’intelligence et la fête, les débats, projections, et performances.

Quelques moments forts à vous faire partager : la présence d’une acrobate magnifique accompagnée par de la musique française ancienne (Solène Riot et Sigrid Guillaume), , le concert baroque avec un répertoire d’oeuvres exclusivement composées par des femmes, deux superbes solistes accompagnées d’une violoncelliste et d’une clavecin, moment magique dans ce lieu magique, le film « endroit », work in progress, de Frédérique Pollet-Rouyer.

Moments de convivialité avec la fête samedi soir, le concert de Système D, la BatucaDykes. Des projets présentés en avant-première (Histoire, mémoire et Bobines féministes), dans le cadre de la séance « femmes en résistance se prolonge à la parole errante », et deux performances/pièces créées spécialement pour l’occasion et qui devront refaire parler d’elles.
D’une part, celle de Typhaine Duch, comédienne et auteure, qui a pris à rebours les contes de fées pour en faire de magnifique textes de résistance et d’utopie radicales. D’autre part, pour clore le festival en utopie, la pièce créée par Gerty Dambury avec trois comédiennes, « la radio femmes n°1 », radio des bonnes nouvelles, ou comment parler de toutes les réalités des inégalités et violences faites aux femmes avec humour, intelligence et espoir : la radio des bonnes nouvelles, c’est celle où une maison des femmes de Paris fermerait, non pas faute de subventions mais parce que violences et inégalités auraient disparu, où les violeurs se rendraient d’eux mêmes en défilant massivement à travers le monde pour se repentir, où les hommes, perdant de la testostérone qui les empêchait de synthétiser le gène du bonheur, se mettent à faire frénétiquement le nettoyage des toilettes…

Car c’est cela aussi, l’esprit du féminisme radical : savoir, ensemble, lutter, tout en nous faisant du bien.

Voici quelques photos de cette semaine.
(photos Laetitia Cellier, S.G)

 

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5 réflexions sur « Contre les violences masculines : une semaine à la Parole errante »

  1. « J’AI TREIZE ANS »
    J’ai 13 ans, je suis ce que l’on veut bien que je sois. Il y a longtemps que je dis ce que les autres veulent entendre. Je suis soumise, soumise à la force de l’autre, soumise au pouvoir de l’autre, soumise à l’amour de l’autre. Je n’ai pas été formée pour les défis, les conflits. Je suis sage, bien élevée. Je ne ferai pas de vagues, pas de drame, pas de bruit. Ils le savent.
    J’ai peur que l’on me bouscule, que l’on me regarde. J’ai mangé autant que je pouvais, à ne plus avoir le gout des aliments, juste pour devenir ce que l’on ne désire plus. J’ai pleuré à ne plus voir, à ne plus savoir. Je suis malheureuse à ne plus tenir, à ne plus vomir, à ne plus vivre. Impunité idiote que donne le statut de parents. Se détruire pour ne plus être vue, plus être touchée, ne plus être aimée, plus de cette façon. Les jeux étaient fait dès les premières années puisque l’on m’obligeait à obéir : j’ai obéi. On m’a touchée, on m’a bafouée, on m’a tuée. Mais, aujourd’hui, je vous ai dénoncés. J’ai déchiré le pacte odieux qui nous unissait… J’ai vu dans le regard des autres cette condamnation, cette incompréhension. On m’a souri, ils étaient désolés, plus que vous ne l’avez jamais été. On peut peut-être changer les choses mais que ferai-je de mon corps blessé ? Je m’en servirai pour détecter le bourreau des autres… À cause de vous, j’ai un combat à mener ! À cause de vous je serai heureuse puisque je sais déjà ce malheur d’avoir peur dans sa maison… et ce bonheur de fuir sa prison.
    Alors je serai forte pour que vous sachiez que vous vous êtes trompés, je ne suis pas obéissante, je ne suis pas soumise… J’attendais juste d’être un peu plus grande.
    MALUSYLE (sur http://www.welovewords.com), octobre 2012

    1. Surprise et touchée de voir l’un de mes textes sur ce blog. Je suis sensibilisée par ce combat, Je déteste cette idée que des voyous ,qui pensent être des hommes, puissent faire du mal à des femmes
      Malusyle (merci Tangakamanu, MERCI de m’avoir emmener jusqu’ici)

  2. j’ai écrit au dessus que le mal était fait aux femmes, mais il y a aussi les enfants (filles, garçons), les jeunes. Il faut arrêter ce pouvoir de cons.
    C’est un sujet qui me fâche.
    Malusyle

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