Abolition 2012 : la prostitution est la dernière des violences des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas.

Voici le lien vers l’émission de radio libertaire « femmes libres » d’hier soir, où était invité le collectif abolition 2012 qui demande l’adoption d’une loi d’abolition du système prostitueur :

http://media.radio-libertaire.org/backup/45/mercredi/mercredi_1830/mercredi_1830.mp3
Un moment très intéressant auquel j’ai pu participer avec Florence Montreynaud qui animait, Typhaine Duch qui m’accompagnait pour Femmes en résistance, Muriel Salmona, présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, Hélène Hernandez de la fédération anarchiste et Jean-Yves Wilmotte de Zéromacho.

L’occasion de revenir en détail sur les raisons de l’existence de ce collectif et de présenter aussi la mobilisation du 25 novembre (journée internationale de lutte pour l’élimination des violences faites aux femmes, autour des 50 associations qui font aujourd’hui partie d’Abolition 2012 et demandent l’abolition du système prostitueur, parce que la prostitution est la dernière des violences des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. (comme nous le rappelons dans l’émission, il y a aussi tout le champ des violences contre les enfants qui n’est pas du tout reconnu par la loi et il est indispensable de militer aussi pour qu’il le soit)

Voici (à télécharger ici) le tract que vous pouvez utiliser et diffuser largement. Et si vous ne l’avez pas encore fait, n’hésitez pas à diffuser l’appel :

Enfin, comme on en parle dans l’émission, revoici les vidéos de Typhaine au Divan du monde, premiers sketches de sa future seule en scène féministe et abolitionniste !

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11 réflexions sur « Abolition 2012 : la prostitution est la dernière des violences des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. »

  1. Oui, hé bien, de parler de dernière des violences que la loi ne condamne pas moi ça me gène beaucoup trop parce que ce n’est pas la dernière… c’est nier les violences faites aux enfants que d’écrire ça… je ne supporte pas l’incohérence avec moi-même, l’incohérence fait switcher mon cerveau… je suis désolée, je peux pas distribuer ce tract… mais j’en parlerai… de toutes façons c’est toujours mieux d’échanger sur le sujet que de donner un papier…

    Très bonne émission en tout cas.
    Il y a aussi la très bonne intervention de Muriel Salmona sur le sujet, ici:
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/search?updated-min=2012-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2013-01-01T00:00:00-08:00&max-results=1

    Encore une remarque et puis je me tais: nulle part on entend parler de l’esclavage sexuel, celui qui se passe sans transaction financière, pourquoi?
    Comment fait-on pour se repérer et comprendre ce qu’on vit dans ces cas là?

    1. le tract dit « dernière violence des hommes contre les femmes » que la loi ne condamne pas et je précise dans l’article qu’il y a aussi les violences contre les enfants + nous avons insisté dessus à plusieurs reprises pendant l’émission, et ce aussi grâce à vos réflexions sur ce blog, dont je profite pour vous remercier à mon tour.

      1. Oui j’ai bien lu le titre, je l’ai lu plusieurs fois pour essayer de bien le comprendre, la question étant: dois-je considérer le mot femme comme femme et enfant fille ou seulement comme femme adulte?

        Je vous ai prévenu, nous, les victimes, nous ne vivons pas dans le même monde que vous, et je tente désespérément de vous expliquer comment cela fonctionne pour nous pour que nous nous comprenions. C’est vraiment un exercice difficile.

        Quand je lis le titre déjà je me questionne sur le contenu du mot femme, et si je considère que le mot femme englobe le mot enfant-fille alors mon cerveau swiche parce qu’il a détecté une incohérence entre le titre et la réalité. Une victime de violences c’est comme un vrai scanner ambulant, rien ne lui échappe, il faut le savoir. Et quand je swiche je ne peux même plus lire la suite parce que mon cerveau ne fonctionne plus bien, je vois bien les mots, je peux les déchiffrer mais je ne comprends plus rien, la concentration, la compréhension ne fonctionnent plus. J’attends un peu , je réessaie et ça ne fonctionne pas. Donc je ne lis pas la suite du tract, non pas parce que je ne le veux pas mais parce que je ne le peux pas. Il faut comprendre ça, vraiment. La mémoire traumatique c’est une catastrophe pour nous, une véritable catastrophe…

        C’est ce que j’essaie de vous expliquer avec la déclaration des droits de l’homme, le mot féminisme/te, le mot patriarcat etc etc etc
        Je sais que c’est difficile pour vous de comprendre ce que je dis, mais c’est aussi difficile pour nous de le comprendre, et de vivre avec ça. Les maux ont un impact énorme sur les mots et vice et versa, dans le bon sens comme dans le mauvais sens. Je ne sais pas si c’est compréhensible pour vous ce que je dis, je ne sais pas.

        Oui j’ai bien entendu dans l’émission concernant les violences faites aux enfants, et ça m’a grandement soulagé, vraiment un grand merci pour les enfants. Si on ne respecte pas le corps et la pensée des enfants, si on leur enseigne tout petit que leur corps et leur pensée n’ont pas de valeur et ne leur appartiennent pas alors on ne s’en sortira jamais, ce qui est incorporé tout petit est incorporé avec vraiment peu de chance d’être décolonisé par la suite. D’où le désastre actuel concernant les violences.

        Et pour l’esclavage sexuel ?

  2. Je pourrais vous donner d’autres exemples pour que vous compreniez mieux. Par exemple mon cerveau swiche beaucoup dans les transports en commun, en région parisienne c’est pas simple à vivre.

    Je peux me retrouver sur un quai de métro avec le cerveau qui ne fonctionne plus bien parce que j’ai croisé un détail qui rappelle une situation de violence extrême que j’ai subie. Dans ces moments là, je peux regarder le plan de métro autant que je veux je ne suis plus en mesure de le comprendre. Je ne sais plus où je suis ni où je vais, je ne peux pas me concentrer et ma pensée ne fonctionne plus. C’est très impressionnant pour soi-même. Je dois attendre un long moment pour retrouver un peu mes esprits. Je peux vous assurer qu’il faut avoir un peu de connaissance en mémoire traumatique pour ne pas paniquer et ne pas penser que vous devenez folle.
    Quand Muriel Salmona dit que notre vie est un enfer… notre vie est un véritable enfer, il faut la croire.

    Parfois quand ça swiche je ne suis même plus en capacité d’utiliser mon téléphone portable, je l’ai en main et je ne sais plus comment faire pour appeler quelqu’un, parce que mon cerveau ne fonctionne plus bien. Muriel dit que c’est une torture… c’est une vraie torture.

    Quand on vit tout ça on comprend très bien ce que c’est que l’échec scolaire et d’où ça vient, croyez-moi.

  3. Bon hé bien ça y est… j’ai enfin réussi à le lire ce tract… en cachant le titre ça swiche plus… et je le trouve vraiment très bien… en dehors du titre.
    Je suis assez têtue et tenace… c’est ce qui me vaut d’être encore en vie… il me faut du temps mais je finis par y arriver… 😉

  4. « la prostitution est la dernière des violences des hommes contre les femmes que la loi ne condamne pas. » => mais au fait, pourquoi ils n’y a pas plus de prostitués homme?

    1. zero réponse? il semblerait qu’il soit bien plus facile d’insulter (voir article précédent) que d’expliquer vos propres théories.

  5. Je continue pour que vous compreniez bien, dans les périodes difficiles ça swiche tout le temps, je finis par rester enfermée chez moi pour ne plus croiser une seul détail de violence subie qui me ferait swicher…
    mais la nuit…
    ce sont les cauchemars qui font revivre les violences…
    je me réveille dans le même état que lors des violences subies… parfois à moitié morte… je sens plus mon corps, en partie ou entièrement, j’ai des difficultés pour respirer, mon coeur est en accéléré, je peux plus me rendormir, et j’ai même plus de larmes pour pleurer…

    et avec tout ça il faut continuer à faire semblant, à faire comme si tout allait bien, travailler, se divertir, rire, participer…
    et si c’est pas le cas alors là oui il y a du monde pour juger… beaucoup de monde pour nous juger… pour juger notre comportement, notre manque de dynamisme, notre retrait….
    et comme on le sait bien la victime c’est la coupable !!
    alors on la juge… et on la condamne… à l’hp !… (hôpital psychiatrique)
    c’est une condamnation l’hp, une vraie condamnation…
    il faudra s’intéresser sérieusement à ce qui se passe dans ces lieux là… mais vraiment sérieusement…

    Mon premier hp à 20 ans à peine, mon cerveau avait swiché parce que déjà beaucoup trop de violences subies, j’ai cru que j’allais dans un hôpital, dans un hôpital où on allait me soigner, où on allait prendre soin de moi… hé bien non! je me suis retrouvée jetée à la poubelle… jetée dans la poubelle de la société… j’ai été battue, enfermée, traitée comme un objet-déchet… dans un hôpital… il y a de quoi devenir folle je vous assure…

    alors le jour où Muriel m’a dit que j’étais une personne et que j’avais des droits, moi qui n’en ai jamais mais jamais eu de toute ma vie… j’ai suffoqué de l’intérieur, j’ai cru que je m’étouffais de surprise, j’ai cru qu’elle se moquait de moi… comment ça j’ai des droits?….
    moi qui sait tout plein de choses, je ne savais pas que j’avais des droits, cela ne m’est même jamais venu à l’esprit que moi, je pouvais avoir des droits… vous vous rendez-compte ?

    Tout cela juste pour vous expliquer que lorsque je dis que je ne comprends pas le sens des mots: droits, droits fondamentaux, ma dignité, ma valeur humaine, être humain etc… c’est sérieux… c’est vraiment sérieux… je suis loin d’être une imbécile mais j’ai le cerveau qui se brouille parfois parce qu’il y a trop d’incohérence.

    Bon, quand bien même ma vie est une catastrophe monumentale, que je suis un véritable désastre à moi toute seule… je vais m’en sortir… et je vais même guérir !!!… n’en déplaise à tous ces agresseurs et criminels croisés sur ma route !! 😉

    Quand je dis agresseurs j’inclus dedans certains représentants des institutions de la société bien sûr !! (enseignants, médecins, policiers, assistantes sociales, soignants en tout genre etc, etc… )

  6. Quid des travailleuses du sexe qui ont, en toute conscience, fait le CHOIX de leur métier ? Car elles existent et sont beaucoup plus nombreuses que les mouvements abolitionnistes cherchent à nous faire croire…

    Et je trouve très désagréable que certaines personnes, sous prétexte de « protection », s’accordent le droit d’infantiliser ces femmes en les présentant comme d’éternelles victimes : empêcher des femmes de pratiquer un métier qu’elles assument pleinement est selon moi un acte profondément anti-féministe.

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