Qui gardera les enfants ?

Ces jours-ci, le gouvernement planche sur la petite enfance. Il manque de 300 à 500.000 places d’accueil, alors que ce sont à 60% les parents -autant dire les femmes- qui gardent ces enfants.
Ainsi, le congé parental, théoriquement égalitaire entre femmes et hommes, a depuis des années fait la preuve de comment une politique soit disant « neutre », « républicaine », « universelle », pouvait être en fait une politique qui pénalise les femmes : il ne fait qu’encourager les femmes à garder elles-mêmes les enfants de moins de 3 ans. En effet, seules les femmes prenant ce congé parental, possible jusqu’au 3 ans de l’enfant, elles sont ensuite pénalisées à tous niveaux :
-tâches familiales qui leur sont réservées, avancées professionnelles stoppées, décrochage des salaires.
-alors que les motivations pour prendre ce congé ne sont pas seulement liées aux représentations de la « maman » dans notre société mais aussi à des faits concrets très simples : les femmes étant en moyenne à la mise en couple hétérosexuel 3 ans plus jeunes que les hommes. Cela se passe à un moment de la vie professionnelle où les choses peuvent évoluer vite, et donc elles partent avec un handicap : elles sont forcément moins payées que « leurs hommes », puisqu’ils sont plus avancés en carrière et plus vieux, et qu’en plus les hommes à « niveau » égal, sont mieux payés. Logique alors, qu’au moment de l’arbitrage : qui va garder les enfants ? on choisisse la femme. La représentation sociale, venant juste valider le choix…

Cela dit, qui garde les enfants ? (http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/qui-gardera-nos-enfants-caroline-ibos)
Les femmes, donc. Les femmes, les mères, qui arrêtent de travailler pour le faire, pour elles, c’est parfois un soulagement : réalisant souvent 80 -ou 100%- des tâches domestiques, étant souvent dans des emplois précaires, mal payés, aux horaires morcelés, qu’elles préfèrent rester chez elles à garder leur enfant plutôt qu’à -par exemple- aller garder les enfants des autres, c’est un choix qui est facile à comprendre …

Et, comme par hasard, celles qui arrêtent le plus de travailler, et le plus souvent à partir du 3e enfant*, mais parfois dès le premier, sont justement celles qui sont dans des emplois peu qualifiés et précaires, pas les femmes surdiplômées et/ou cadres qui peuvent, grâce aux avantages fiscaux (qui profitent aux 10% les plus riches), se payer une…femme de ménage, ou une nounou à domicile.

Mais il faut bien voir que même si les enfants sont gardés dans des structures collectives, ou par des assistantes maternelles ou gardes d’enfants à domicile, eh bien, ce sont toujours…les femmes qui gardent les enfants !
Et ce, à 98%. Sauf que ce ne sont pas leurs enfants qu’elles gardent, mais les enfants des autres, dans des conditions plus ou moins correctes : entre les crèches où le travail, reconnu, est plutôt encadré, les assistantes maternelles qui après avoir lutté, ont obtenu une convention collective qui rend leurs conditions de travail un peu moins mauvaise qu’avant, et les gardes d’enfants à domicile, qui, même déclarées, sont bien souvent exploitées, il y a des différences, mais une constante : c’est aux femmes qu’on demande de garder les enfants, et tout ce qui « va avec » : faire le ménage (au domicile, ce sont quasi exclusivement des femmes), faire les courses, etc…

Donc, que faut-il faire pour que les choses changent ? Demander plus de places en structures d’accueil collectives, passer d’ici 5 ans à 25% au lieu des 10% actuelles ?
Certes, c’est plutôt une bonne chose, mais cela ne résoudra en rien la question de l’emploi précaire des femmes qui gardent les enfants, ni du fait, que les familles riches feront appel aux femmes migrantes pour garder leurs enfants dans des conditions de domesticité iniques. Ni le fait que l’inégalité pro demeure ou que les hommes refusent de prendre plus de part aux tâches qu’ils jugent ingrates.

Pour pousser vers une vraie politique de la petite enfance, il faut penser globale, avec en tête deux choses essentielles :
-si ce sont les femmes qui gardent les enfants aujourd’hui, c’est parce que les hommes ne font rien ou pas grand chose dans les tâches domestiques et d’éducation, et ne veulent rien faire.
-s’ils ne font rien, c’est aussi parce que les femmes ne sont pas prêtes à les laisser envahir un espace où ils exercent un degré de violence très élevé.

Pour changer les choses, il faut donc accélérer la lutte contre les violences faites aux femmes et les violences intra-familiales : il faut punir tous les mauvais traitements et les violences sexistes et sexuelles, qui prennent leur racine dans la domination parentale patriarcale.

Ensuite, il faut que les femmes soient aidées à ne plus accepter de résoudre les conflits d’injustice au sein du couple en faisant peser (parfois involontairement, et sous l’influence du conjoint) leur poids sur d’autres femmes : elles ont aujourd’hui conscience que ce n’est pas normal qu’elles doivent tout faire, et surtout les tâches les plus ingrates. Mais, n’ayant pas réussi, quel que soit leur niveau d’étude, à imposer une plus grande implication des hommes avec qui elles vivent (quelques minutes supplémentaire de tâches domestiques en 20 ans pour les hommes), elles sont contraintes de résoudre ce conflit (qui est la première cause de divorce demandé par les femmes, contrairement à ce que certaines études aberrantes voudraient nous faire croire) en « externalisant », ce qui arrange en premier lieu…les hommes.
C’est-à-dire : en faisant garder les enfants, et faire son ménage… par une autre femme. Pour se donner bonne conscience, on se dit que ça « lui donne du travail ». Mais les pratiques observées montrent bien comment en fait, il y a la plupart du temps exploitation (voir cet article : http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/garde-enfant/caroline-ibos). Et le résultat n°1, selon François-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau (Du balai), c’est, certes, de diminuer le poids des tâches qui pèsent sur les femmes…mais avant tout, de réduire à néant (oui, à zéro), celles que font les hommes ! Ainsi, dans les ménages qui ont une femmes de ménage (…), les femmes font toujours des tâches domestiques…et les hommes eux, n’en font plus…du tout.

Pour que la politique de la petite enfance mène à plus d’égalité femmes-hommes, il faut aussi changer le travail de toutes et tous : il faut réduire les horaires de travail. Il faut faire en sorte que le fait de rester plus longtemps sur son lieu de travail ne soit plus un avantage de carrière, sinon, on créera des places en crèche, en horaires décalés, pour que certain-e-s puissent travailler 12 heures par jour. Mais ce seront toujours les femmes qui se presseront pour partir et arriver à temps à la sortie… Il faut, au contraire, imposer l’efficacité au travail, juger sur la compétence et non l’apparence et la présence. Pour cela, commençons, comme le demandent Hélène Périvier et Dominique Meda, par réformer le congé parental et les mesures soi-disant neutres qui pénalisent les femmes : le congé parental, le « repérage » des hauts potentiels, la réunionnite à toute heure, etc.

Enfin, et c’est à mon avis le plus important sur le sujet qui nous occupe, on ne peut envisager un débat sur la petite enfance sans mettre au centre, dans tous les débats, les personnes -et donc les femmes- à qui sont confiés les enfants. C’est-à-dire qu’on ne peut pas lancer une campagne sur les « problèmes pour faire garder ses enfants », dans une perspective de « consommation », et de problème individuel. La garde d’enfants, ce n’est pas que l’affaire de la mère… c’est aussi une relation  humaine et économique avec une tierce personne, qui a des droits. Ainsi, au lieu de toujours se demander « comment trouver un bon mode de garde, une place en crèche ou une bonne nounou », rappelons aussi les devoirs qu’on a en tant qu’employeur-e ou citoyen-ne (utilisateur des structures collectives). Et mettons au coeur du débat celles, les travailleuses, qui vont être chargées de s’occuper des enfants, veillons à ce qu’elles soient traitées correctement.

Ainsi, en plus de lutter contre l’impunité des violences des hommes contre les femmes et les enfants, en plus de faire en sorte que les hommes nettoient les draps, et récurent les toilettes (ce à quoi ils opposent une résistance extraordinairement puissante, quand ils n’hésitent pas à mettre en avant leurs talents culinaires pour les soirées de fête…), et changent les couches dès la naissance, en plus de créer des places en crèche et de rescolariser plus tôt les enfants, (cela coût moins cher à l’Etat que de créer des places d’accueil), il faut mettre au centre du débat les personnes, les femmes, qui gardent les enfants, leurs droits, et les devoirs et les responsabilités des parents.

Les devoirs des parents, vis-à-vis de la société, cela reste un des tabous les plus puissants : le devoir de protéger leurs enfants, de favoriser leur développement dans l’amour, la liberté et l’égalité, et non pas de les dresser -par la domination- à un monde qui ne ferait que reproduire, à tous les niveaux, violence, injustice et inégalité.

Sandrine Goldschmidt

Sandrine Goldschmidt

*L’impact négatif sur l’activité des mères pourrait être d’autant plus important que les perspectives d’emploi et de salaire des mères sur le marché du travail sont faibles ou qu’elles doivent faire garder leurs enfants. Cet effet est ainsi particulièrement marqué pour les mères peu diplômées, mais perdure lorsque les enfants grandissent et ne varie pas selon la taille de la ville de résidence. (Insee, Offre de travail des mères en France : l’effet causal du passage de deux à trois enfants, Julie Moschion)

 

17 thoughts on “Qui gardera les enfants ?”

  1. Il y a la phrase « pas les femmes surdiplômées et/ou cadres qui peuvent, grâce aux avantages fiscaux (qui profitent aux 10% les plus riches), se payer une…femme de ménage, ou une nounou à domicile. » qui me dérange.
    Les très riches ne payent pas des femmes de ménage ou des nounous aux smic mais des professionnelles diplômées qui gagnent surement mieux leurs vies que moi ou vous. Ils ne peuvent pas bénéficier de certaines aides vu que le taux horaire dépasse le plafond de la CAF.
    Les hauts cadres de toute façon ont les moyens de faire appel à des nounous, l’avantage fiscal permet juste que ces dernières soient déclarées et bénéficieront d’une retraite et des assurances sociales.
    Si on supprime l’avantage fiscal pour la petite classe moyenne (gagner 3000 euros dans un foyer c’est déjà faire partie du 2 décile en France), elle n’aura pas les moyens de faire appel à une nounou et le calcul sera vite fait pour que la mère s’arrête de travailler.
    Supprimer l’avantage fiscal cela aura un petit impact financier pour les riches, mais cela forcera surtout les femmes de la classe moyenne ou classe populaire à arrêter de travailler ou à travailler au noir.

    Sinon les hommes doivent évoluer mais aussi les femmes. Je pense que l’une des raisons pour laquelle les statistiques sur les tâches ménagères évoluent si doucement c’est parce qu’elles prennent en compte tous les âges. Et un couple qui a été éduqué il y a 40 ans, qui trouve parfaitement normal la répartition des tâches sans doute à tort ne veut pas changer. Je pense qu’il faut plutôt regarder l’évolution sur les jeunes couples par rapport aux vieux couples. Mais je connais beaucoup de jeunes couples où c’est la femme qui interdit à l’homme de s’investir avec les enfants parce qu’elle est la « mère », qu’elle sait mieux faire. Ce sont mes amiEs qui me font des remarques sur mon ménage alors qu’elles ne le font pas à mon conjoint. Du coup c’est moi qui subit plus la pression pour faire le ménage (et mon conjoint se prend des remarques par les autres hommes sur l’état de la pelouse et pas moi). Combien de femmes que je connais préfèrent être avec un macho plutôt que de subir le célibat? Personnellement faire appel à un homme en garde d’enfants ne me dérange absolument pas, mais je suis minoritaire. Je suis fière que ma nounou me dise qu’il n’y a pas beaucoup de mères comme moi parce que je suis particulièrement attentive à ses droits, partant du principe de me comporter comme je voudrais que mon employeur se comporte alors cela me fait crisser des dents quand j’entends certains discours snobs de mes collègues ravies de ce pouvoir envers une personne à leur service, exigeant d’elles ce qu’elles ne toléraient pas un dixième de leur employeur.
    Les femmes sont victimes de la société mais elles doivent aussi évoluer même si c’est dur de passer pour une féministe mal-baisée.

    1. les petites classes moyennes ne font pas appel à des nounous, éventuellement à des ass mat. Les riches ne paient pas bien les nounous et profitent de la déduction fiscale : s’ils le peuvent, souvent, d’ailleurs, ils ne déclarent pas tout pour payer moins de charges.
      Les aides fiscales des services à la personne bénéficient aux 10 % les plus riches…

      1. En disant nounou, je parlais aussi des assistantes maternelles. Je trouve que vous faites trop une généralisation par rapport aux riches. Faisant partie de la classe moyenne, j’en connais beaucoup de mon milieu qui arnaque le plus possible le fisc et leurs assistantes maternelles, je connais beaucoup aussi d’assistantes maternelles qui veulent être payées au noir et qui se retrouvent sans retraite (ma propre nourrice alors que mes parents et ma tante voulaient nous déclarer avec mes cousins, et qui maintenant n’a pas de retraites).
        Vous devriez plutôt parler des 1% les plus riches, parce que les 10% les plus riches ça englobe aussi beaucoup de la classe moyenne (3450 euros à 2) dont les deux conjoints travaillent et qu’on ne peut guère dire qu’ils sont « riches ».
        Même si il y a des gens malhonnêtes (et ça serait si simple si ce n’était que des « riches »), je pense vraiment que l’avantage fiscal bénéficie plus pour l’indépendance financière des femmes les moins diplômées et de la classe moyenne que d’être incitées à rester chez soi et rentrer dans le cercle vicieux d’exclusion du marché du travail comme vous le décrivez.
        Pour déduire, il faut déclarer, c’est une retraite et une sécurité sociale pour des personnes qui n’en n’auraient pas sinon.

      2. oui, c’est vrai que quand je cible les niches fiscales, c’est surtout pour celles qui concernent les gardes d’enfants au domicile + le ménage qui est un service de confort. Et pour lequel, en plus d’une meilleure répartition HF il faut (comme pour le nombre d’heures de travail d’ailleurs) une diminution du nombre d’heures qu’on y consacre globalement.
        Quant à la question des retraites, dans les SAP (et encore une fois, vous avez raison, c’est peut être moins vrai pour les assmat), le « droit à la retraite » qu’ouvre ces travaux sous payés est un droit à une retraite de misère (j’étends, je le redis, à tous les sap, et là, c’est plus vrai pour le ménage que pour la garde d’enfant), parce que la moyenne d’heures travaillées est trop faible. Ainsi, il n’est pas rare que des femmes qui cumulent 25 heures + 15 heures de transport gagnent moins de 1000 euros chez trois employeurs différents et sont promises à une retraite de misère…de toutes façon il faudra qu’elles continuent à travailler, et que quand elles sont déclarées elles travaillent en plus au noir…
        Je pense aussi (et je ne dis pas qu’il n’y a pas de « bons employeurs » ou de « bonnes employeuses, je dis que ce n’est pas la règle), qu’il y a un mépris pour ces métiers, et qu’au contraire il faut retourner le prisme :
        passer de la logique du consommateur à celle de l’échange, la relation, le respect mutuels…

    2. Et il n’y a pas un tel « gap » d’âge dnas les tâches domestiques, le seul facteur vraiment déterminant est le niveau d’études de la femme. Plus elle est surdiplômée, plus il y a équilibrage.

      1. Ok et comme chez les femmes surdiplômées c’est parce qu’elles ont des femmes de ménage. Donc il n’y a vraiment aucune évolution…

  2. Les séparations traitées comme un commerce, enfant et mère sacrifiées, justice corrompue ça arrive aussi ! Diplômée Bac +4 et bac + 2, en revanche ces évènement me sont arrivés à 47 ans, âge tardif…
    Qui a gardé ma fille de 2 ans et demi ! Histoire inverse vécue! alors que j’ai quitté mon domicile suite à des violences, pour aller quelques jours chez une amie, ce voyage a été transformé en « une disparition dans une secte et un kidnapping de l’enfant » par le père et son avocate. Ensuite une fausse enquêtrice ( ça existe) a déposé un faux rapport d’enquête sociale. La violence a été traduite par « Mme cherchait les coups et devenait hystérique parceque Mr ne la frappait pas. ». Ensuite dans ce même rapport, bien qu’ayant signé un bail et un contrat de travail  » Mme est en pleine errance, sans logement et sans travail ». Pour me nuire un faux délit de vol , décrit par l’enquêtrice, » Mme a volé tous les chéquiers et toutes les cartes de crédit professionnels et privés de Monsieur, ainsi que 20 années de comptabilité  » Mr étant gérant d’une trentaine d’entreprises, ça faisait beaucoup ! Plus tard lorsque la fillette va très mal, l’avocate adverse déclarera  » Mme est folle à enfermer, et en proie au syndrôme dit de Munchausen , elle invente les troubles de sa fille ». Les 3 plaintes explicites déposées à Paris et à la Rochelle, en brigade des Mineurs occultées. Certaines affaires sont inoubliables, la justice est corrompue parfois avec de l’argent, les psychologues n’en sont pas, les juges ne vérifient rien, et les enfants mis en péril. Quand à moi cette aventure m’a value d’être privée de tous mes biens, y compris des titres de propriétés Monsieur a pu me harceler librement pendant des années,
    manipuler ma famille, occulter tous les troubles de l’enfant, élevée par 9 femmes différentes; au tarif de 3000e de l’heure moi je ne peux pas me payer d’avocat…sans ma fille, les impôts, la CAF, les OPHLM, me considèrent comme une femme seule, sans aides sociales. Je ne me suis jamais remise de la séparation d’avec l’enfant, des violences subies, des conséquences et des fausses accusations du rapport de cette enquêtrice fantôme rendant mon domicile fantôme aussi, brisant ma vie à tout jamais.

  3. « Je pense aussi (et je ne dis pas qu’il n’y a pas de « bons employeurs » ou de « bonnes employeuses, je dis que ce n’est pas la règle), qu’il y a un mépris pour ces métiers, et qu’au contraire il faut retourner le prisme :
    passer de la logique du consommateur à celle de l’échange, la relation, le respect mutuels… »
    J’ai vu horrifié mes grands-parents anciens ouvriers être des employeurs horribles avec leurs aides à domicile. Le problème vient peut-être plus de notre besoin de nous sentir supérieurs, et cela touche tout le monde. Quand je travaillais à un guichet de banque, les clients les plus horribles étaient ceux qui étaient à peine au dessus de moi, les plus riches de mes clients étaient au contraire extrêmement polis et modestes, peut-être « sur » de leur supériorité ou pouvant l’exercer directement à leur travail.

  4. perso je suis au maximum pour les structures collectives, avec des gens vraiment formés (y compris à l’égalité filles-garçons), car au domicile on ne sait jamais ce qui s’y passe, il y a la nourrice et l’entourage… bien sûr tout devrait reposer sur ‘la confiance’ sauf que moi je n’en ai pas. A Paris j’avais quand même visité quelques nourrices agréées, comme il y a beaucoup + de demande que d’offre, les nourrices avaient la main, ce sont elles qui peuvent poser leurs préférences. J’ai vu des produits d’entretien sous l’évier, des lits pliants d’enfant dans les chambres de leurs propres enfants ou ados avec maquette (donc très petits objets), colles à maquette, peinture, etc. tout ça sorti… et on sent qu’il faut ne pas trop poser de question car bien sûr… ça déplaît et après tout, il y a tellement de parents qui veulent la place. J’ai eu la chance d’obtenir ensuite une place en crèche et globlement on a été satisfaits, et là aussi c’est pas évident malgré tout, surtout quand on fait beaucoup d’heures, le personnel fait sentir que ‘les journées sont longues’ (pour qui ?) etc etc. … bref une galère qui vient ternir la joie d’accueillir un enfant. On sent que la société a quand même un a priori contre le travail des femmes, et je me suis souvent fait la réflexion que nous étions sommées d’élever nos enfants ‘dans notre poche’, avec notre mouchoir dessus. J’espère et soutiens la campagne d’OLF pour des crèches collectives pour toutes ces raisons !

  5. Cette peinture laisse une sensation étrange… et embrassante.
    J’aime bien… 🙂

    Je pense que le débat sur la petite enfance devrait en tout premier lieu mettre les besoins de l’enfant au centre du débat pour ensuite s’élargir.

    Quand je lis tout cela, et que je regarde autour de moi, je peux sentir combien l’enfant finalement n’a pas vraiment de place dans cette société française.

    Quelle importance peut donc avoir un enfant pour ses parents quand ceux-ci demandent à la personne qui va l’élever pendant la journée qu’elle fasse aussi le ménage, le repassage, le repas, etc… qu’elle rentabilise au maximum le temps?

    Quelle valeur peut donc avoir un enfant dont les parents se permettent d’exploiter, de sous-payer la personne qui va prendre soin de lui, qui va l’élever pendant la journée ?

    C’est déjà bien peu de considération pour l’enfant lui-même que d’agir ainsi.

    Si l’on considérait les enfants comme les être si précieux qu’ils sont, comme les être si vulnérables qu’ils sont,
    si l’on pensait en tout premier lieu à répondre à leurs besoins essentiels comme la source même de l’avenir du monde,
    peut-être reconnaitrions-nous l’importance et la valeur du travail des personnes qui élèvent nos enfants à notre place,
    peut-être organiserions-nous notre société de façon plus humaine et égalitaire… ne serait-ce que pour eux…

    La vie en collectivité (crèches et maternelles), la vie avec une nounou ou une assistante maternelle telles qu’organisées majoritairement à l’heure actuelle ne répondent pas aux besoins essentiels de nos petits… il faudra bien arrêter de se mentir un jour tout de même…

  6. @Ellof – quels sont ces besoins essentiels de « nos petits » qui ne peuvent être satisfaits par la collectivité, nounou & co ? J’aimerais bien un peu de développement sur ce mensonge que vous évoquez.

    1. Si tu penses d’emblée que c’est un mensonge je ne vois pas l’intérêt de développer davantage,
      en ce qui me concerne je refuse de faire de la communication (entendre par là le système dominant/dominé), je n’accepte que l’échange d’idées et de pensées (égalitaire),

      informe-toi, déplace-toi et surtout ouvre bien les yeux et garde la tête à l’endroit…

      1. Et puis je refuse aussi cette société de consommation où on devrait attendre la bouche ouverte qu’on nous dise quoi penser et comment penser…
        on est toutes et tous dotés d’un cerveau… qu’il se mette un peu au travail celui là aussi au lieu de végéter dans son coin à attendre qu’on lui dise tout !… il est grand temps de mettre fin à l’élagage neuronal auquel il est soumis depuis notre âge le plus tendre !…

        Il va bien falloir apprendre un jour à écouter et entendre l’autre sans l’écraser avant même qu’il ouvre la bouche…

        Et j’ai pas la prétention de rendre la vue aux personnes qui veulent d’emblée rester aveugles… tu n’as qu’à prendre ce que je dis pour une piste de réflexion, et puis c’est tout…

        et moi je vais plutôt aller admirer les feuilles des cerisiers parce que je trouve que ce sont les plus jolies feuilles de la saison… et que souvent je préfère plutôt regarder les feuilles des arbres que les soi-disants humains…

      2. Mon commentaire est à prendre avec des pincettes, mais je trouve qu’actuellement on place trop l’enfant au centre d’un certain épanouissement qu’il devrait avoir et du sacrifice que devrait faire les adultes pour eux.
        Nous devons travailler que ce soit à l’extérieur dans nos sociétés modernes ou dans les champs pour les sociétés plus traditionnelles pour nourrir nos enfants. Nous devons faire la cuisine, la lessive, le ménage. Je ne peux pas continuellement m’occuper de mes enfants. Et il faut qu’ils apprennent que la vie ce n’est pas que du plaisir, que de l’épanouissement, il faut se baisser pour ramasser les pommes de terre. Je ne peux pas répondre toujours prioritairement à leurs besoins de jouer, de répondre à leurs questions et ils doivent apprendre à vivre en société où ils auront des contraintes aussi.
        Sans caricaturer, j’ai des amies femme au foyer qui passent leurs temps à courir pour emmener les enfants au piano, à l’équitation, pour que ces derniers soient épanouis notamment plus tard dans leur vie d’adulte mais si plus tard ils reproduisent le même schéma, leur fameux épanouissement d’enfant ne leur servira plus car ils seront dans le sacrifice permanent , ils ne pourront plus eux-mêmes jouer au piano. D’autres qui ont moins de moyens, les enfants sont tournés uniquement vers eux-mêmes dans leur domicile ou au parc, ils ne bénéficient pas de voir leurs mères avoir une vie en dehors d’eux, je ne pense pas que c’est le meilleure apprentissage pour leur vie d’adulte, Devrions-nous n’avoir que 15 années d’épanouissement et ensuite vivre que pour nos enfants sans pouvoir jouir de ce que nous avons dans notre enfance, de ces années où il n’y avait aucune contrainte et tout n’était que jeu et bonheur d’apprendre? J’élève mes enfants pour qu’ils profitent de leurs vies, pour qu’ils partent vivre leurs vies, qu’ils comprennent qu’il faut ramasser les pommes de terre pour mieux jouir des autres moments et non pas pour qu’ils répondent à mon sacrifice.

  7. Tu vois Lyly, je comprends très bien ce que tu dis, et je vois bien combien il est difficile en France de penser les enfants en d’autres termes que celui de sacrifice et d’avoir.

    Nos parents nous ont fourgué dans la tête que les enfants sont des objets de sacrifice, qu’ils sont là pour nous embêter et nous ennuyer… quand allez-vous jeter ces idées là à la poubelle définitivement ?
    je dis vous parce que fort heureusement je ne suis pas concernée par ces idées atroces et horribles.

    A partir du moment où tu penses tes enfants dans ces termes là tu ne peux pas profiter de la joie de les voir grandir, tu ne peux pas t’émerveiller à chaque nouveau pas, à chaque nouvelle pensée, tu ne peux pas les accepter tels qu’ils sont…

    Qui a dit qu’il fallait avoir des cours de ceci ou de cela pour être épanouis ?
    Qu’est -ce que c’est l’épanouissement d’un enfant, d’une personne?
    Qu’est-ce que cela signifie élever des enfants ?
    Qui a dit qu’un parent doit être continuellement avec son enfant ou sur son dos ?

    Oui bien sûr que nous devons faire la cuisine, la lessive et le ménage, et où se trouve le problème puisque ce sont des besoins essentiels pour nous, manger, être vêtu proprement et vivre dans un lieu suffisamment propre.
    Faire le ménage n’est pas transcendent c’est sûr mais quelle satisfaction que d’avoir une maison propre, rangée, qui sent bon par la suite, c’est motivant, bien sûr pour apprécier cela il faut avoir laissé cette maison se salir auparavant et ne pas la maintenir nickelle à chaque seconde au point même de ne plus vivre …
    Et toutes ces choses à faire sont à partager tous ensemble, enfant compris et à leur mesure.

    Et pourquoi la vie ne serait pas un maximum de plaisir, pourquoi ?

    Ramasser des pommes de terre dans la joie et la bonne humeur pour les déguster ensuite dans son assiette ou au sortir des cendres d’un feu de bois…
    Qui t’empêche de faire de chaque chose de la vie un moment de plaisir, si ce n’est toi-même ?

    C’est sûr que lorsque tu es dans la survie c’est vraiment plus difficile d’accéder au plaisir et encore que…

    Oui bon allez je me tais, je dis plus rien…

  8. Mais je suis d’accord avec toi Ellof, ce que je veux dire c’est que même si j’adore ramasser les pommes de terre, il y aura des jours où je serai fatiguée ou pas envie ou de mauvaise humeur ou j’aimerai faire autre chose mais il faudra bien que je ramasse mes pommes de terre et qu’on doit aussi apprendre aux enfants ce genre de contrainte. Je prends un exemple :faisant l’aide aux devoirs, je me rend compte que les enfants ne savent plus lire avec la méthode globale car on ne veut plus les faire radoter, les « ennuyer ». Mais pourquoi il serait mal de leur faire radoter des syllabes pendant quelques mois et bien de leur faire apprendre par cœur des poésies? Je me retrouve à faire la « vieille » méthode, au début ça les soule mais au bout de 3 mois, ils découvrent émerveillés qu’ils peuvent enfin lire fluidement un exercice de maths ou une leçon de géographie et surtout les comprendre.
    Et je te rassure je m’émerveille de tout ce que fait mon bébé mais je ne culpabilise pas si certains soirs je piaffe d’impatience pour le fourguer à son père et m’enfermer prendre un bain tranquille (et pourtant je suis de l’école « maternage » pas le genre à le laisser « faire ses poumons » comme le préconise même son pédiatre).Ce que je dis c’est que centrer uniquement le débat sur le rythme de l’enfant ou le plaisir de l’enfant n’est finalement pas le mieux pour l’enfant.

  9. ah ! tu es mère d’un bébé, quel bonheur pour toi !…

    Bah oui tu as raison, parfois on est obligé de faire des choses qu’on a pas forcément envie et les enfants apprennent ça sans difficulté, ils le comprennent bien.

    Ce que je dis de mon côté, c’est qu’il faut centrer le débat sur les besoins essentiels des enfants pour qu’ils puissent grandir, se développer du mieux possible et devenir, être des adultes éclairés, responsables, respectueux du monde dans son entier etc etc…
    Je pense que la société devrait partir de ce point là pour organiser tout le reste. Pour moi ça me parait avoir du sens et une certaine cohérence. C’est seulement ce que je pense….

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