« Les Echos » : hommes 12, femmes 0, les journalistes femmes se révoltent

Je ne parle pas souvent de là où j’ai travaillé avant…Les Echos, premier quotidien économique français, que j’ai quitté suite à son rachat par LVMH. A l’époque, il y avait 3 femmes rédactrices en chef. Elles étaient très minoritaires, et déjà c’était plus dur pour elles pour l’avancement et les augmentations. C’était il y a 5-6 ans. Mais aujourd’hui c’est pire. A tel point qu’elles ont décidé un mouvement de protestation « visible » dans le journal de ce matin : la grève des signatures. En effet, non seulement il n’y a plus aucune femme rédactrice en chef, mais en plus, l’inégalité salariale et de promotion est suffisamment criante pour qu’une quarantaine de femmes journalistes présentes sur 75 dans le mouvement aient décidé unanimement de cette grève, que certains hommes soutiendraient même.
Voici leur explication ci-dessous, et mon commentaire :

Bravo, c’est rarissime un mouvement commun de femmes au sein d’un média, c’est un signe que les femmes ne se laissent plus faire et de l’avancée de nos idées, et je suis fière de mes ex-collègues et pour certaines amiesq ui connaissaient bien mon engagement…

Bravo ! parce que c’est la clé du plancher collant et surtout de la visibilité des femmes dans les médias : tant qu’ils seront tenus par des hommes, il pourra y avoir une majorité de femmes journalistes dans les rédactions, le sexisme y sera toujours aussi fort.Et leur mouvement, du fait que ce sont des collègues, a été immédiatement visibilisé par l’Afp et repris sur le web.

Bravo, mais justement pour toutes ces raisons, il se peut qu’une grève des signatures ne soit pas suffisante…et mes ex-collègues reconnaîtront mon radicalisme si je leur dis qu’il faudra probablement après ce succès rester vigilantes et aller plus loin…priver une journée le journal de leur travail permettrait sans doute encore plus de se rendre compte combien elles sont indispensables et compétentes !

Hommes : 12, femmes : 0 Pourquoi nous, femmes, faisons aujourd’hui la grève des signatures
Nous, femmes journalistes aux Echos, sommes devenues, au fil des ans, invisibles. C’est pourquoi nous avons décidé de faire une grève des signatures dans les éditions papier et web du vendredi 7 juin 2013. Chaque jour, aux Echos, nous sommes aussi nombreuses que les hommes à faire ce journal. Mais il n’y a de femme ni à la rédaction en chef ni à la direction de la rédaction du quotidien. Les femmes ont peu à peu disparu de cette équipe. Nous espérions beaucoup de la nouvelle direction de la rédaction mais rien n’a changé.
On nous dit qu’aucune femme ne correspondait aux profils recherchés ! Les Echos ne manquent pourtant pas de femmes compétentes, motivées et ambitieuses. Mais elles ne sont pas considérées. Ces dernières nominations renforcent le malaise, prégnant depuis plusieurs années au sein de la rédaction du quotidien, concernant la carrière des femmes : augmentations individuelles de salaire, primes au mérite, mobilité interne, gestion de la période de maternité.
Nous appelons aujourd’hui la direction des Echos à prendre la mesure du problème et à agir en conséquence.
Laurence ALBERT, Marina ALCARAZ, Caroline d’AVOUT, Laura BERNY, Eléonore de BAILLIENCOURT, Anne BAUER, Carole BIBILY, Elisabeth BEYEKLIAN, Marianne BLIMAN, Véronique BROUTARD, Emmanuelle CHABERT, Dominique CHAPUIS, Catherine CHATIGNOUX, Julie CHAUVEAU, Myriam CHAUVOT, Véronique CHOCRON, Catherine CIMAGUS, Leïla de COMARMOND, Elsa CONESA, Marie- Christine CORBIER, Cécile CORNUDET, Isabelle COUET, Marie-Josée
COUGARD, Florence COUPIN, Hélène CROIZE-POURCELET, Sabine DELANGLADE, Pascale-Marie DESCHAMPS, Anne DRIF, Catherine DUCRUET, Clémence DUNAND, Anne FEITZ, Anne FLATEAU, Isabelle FICEK, Elsa FREYSSENET, Béatrice GAIGNAND, Solveig GODELUCK, Béatrice GOIGNARD, Arielle GONCALVES, Frédérique HUMBLOT, Muryel JACQUE, Muriel JASOR, Christine JULIEN, Isabelle LABUSSIERE, Sophie LACAZE-MASMONTEIL, Annette LACOUR, Valérie LANDRIEU, Claire LEBEAUPIN, Véronique LE BILLON, Laurence LECOEUR, Isabelle LESNIAK, Catherine LIMAGNE, Valérie MAZUIR, Stéphanie MEUNIER, Véronique MINGUY, Aminata N’DIAYE, Constance PAINDAVOINE, Celia PENAVAIRE, Florence RENARD, Ninon RENAUD, Reijane REIBAUD, Véronique RICHEBOIS, Martine ROBERT, Virginie ROBERT, Lucie ROBEQUAIN, Laure SALA, Fabienne SCHMITT, Valérie de SENNEVILLE, Nathalie SILBERT, Marie-Christine SONKIN, Cécile TEXERAUD, Geneviève THIBAUD, Anne-Sophie VION, Michèle WARNET

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3 réflexions sur « « Les Echos » : hommes 12, femmes 0, les journalistes femmes se révoltent »

  1. Bravo !

    Dans une classe d’une école d’ingénieurs une des quelques jeunes filles élèves a fait l’objet de propos sexistes de la part d’un professeur. Elle en a eu assez, elle a pris ses affaires et elle est sortie du cours. Un jeune homme a alors fait remarqué au professeur que la jeune fille était sortie à cause de ses propos, puis il a pris ses affaires et il est sorti du cours rejoindre la jeune fille et lui dire son appui.
    15 minutes plus tard il ne restait plus que 3 élèves face au professeur, 47 élèves étaient sortis montrant leur désapprobation. Et il était question de produire un écrit au responsable.
    Et bien je leur dis aussi Bravo ! à tous ces jeunes.

    Et ça me met de la joie au coeur de savoir tout cela.
    Je me dis que le grand changement viendra des générations futures contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, ce sont eux notre avenir, même si les bases sont posées par les plus anciens ce qui est bien normal puisqu’ils ont plus de recul.
    Bravo, Bravo à ces jeunes !

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